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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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DANS LE RETRO

CHRONIQUE PUBLIEE LE 25 AVRIL 2006, sous le titre "NE VOUS FAITES PAS DE TCHERNOBYL"

Cette nuit à 1 h 23, il y aura exactement 20 ans que la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé. La plus grande catastrophe de ce type qu'ait enregistré le monde ne va pourtant pas provoquer immédiatement un vent de panique. Dans la nuit ukrainienne, quand la " machine " s'emballe, personne ne mesure, en effet, l'ampleur réelle du drame qui vient de se dérouler.
La catastrophe de Tchernobyl est consécutive à la fusion, par élévation excessive de la température, des barres constituantes du combustible d'un réacteur, un des accidents les plus graves qui peut survenir dans une centrale électrique. Lorsque la chaleur produite n'est plus évacuée en quantité suffisante par le système de refroidissement, le combustible se met à fondre, ce qui provoque la libération de grandes quantités de gaz radioactifs. C'est ce phénomène qui s'est produit à Tchernobyl, sur le fameux réacteur numéro 4. En quelques secondes, le pire événement pouvant se produire dans une telle structure va faire basculer le site de Tchernobyl dans la terreur.
La radiolyse de l'eau a conduit à la formation d'un mélange détonnant d'hydrogène et d'oxygène. De petites explosions en série se produisent, éjectant les barres permettant le contrôle du réacteur. " En 5 secondes, sa puissance a augmenté plus de 1000 fois ". Les mille tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur ont été projetées en l'air et sont retombées de biais sur le cœur de réacteur. Celui-ci a été, dès cet instant, fracturé. Un incendie très important s'est déclaré, tandis qu'une lumière aux reflets bleus se dégageait du trou formé.
PAS SAISI L'AMPLEUR DE LA CATASTROPHE
Il est à noter que les techniciens présents sur place et le directeur, réveillé à 1 h30, n'ont pas saisi immédiatement l'ampleur de la catastrophe. Celui-ci appelle le ministère de l'énergie seulement à 4 h, en déclarant que " le cœur du réacteur n'est probablement pas endommagé " alors qu'un gigantesque incendie s'est déclaré. Afin de le juguler, le responsable mobilise simplement les pompiers de la caserne, située à 3 km de la centrale. Ils interviennent sur les lieux, sans équipement particulier. Au matin, avec un courage totalement inconscient, ils parviennent à juguler les flammes. Gravement irradiés, ils sont aussitôt évacués et mourront pour la plupart, dans des conditions atroces, dans les jours ou les semaines suivantes.
En fait, ils ne sont que les premiers d'une longue liste de " sacrifiés " que vont être les pauvres ouvriers envoyés, quasiment sans protection, récupérer des débris sur le toit, puis les pilotes et mécaniciens des hélicoptères, obligés d'aller déverser plus de 80 tonnes de mélanges divers pour tenter de stopper la fusion nucléaire en cours.
C'est une noria, réalisée à partir d'appareils militaires de transport. Un millier de pilotes y participeront. Il s'agit de larguer dans le trou béant des milliers de tonnes de sable, d'argile, de plomb de bore... La mission est difficile, car elle revient à lâcher des sacs à une hauteur de 200 mètres dans un trou de 10 mètres de diamètre environ, et le plus vite possible, car les personnes reçoivent des radiations 3000 fois supérieures à la dose maximale tolérée par an, en France, pour une personne... La véritable catastrophe ne fait que débuter, sans que le système médiatique occidental accorde l'importance qu'il aurait fallu à ce que personne ne savait réellement maîtriser.
ON EST POURTANT LOIN DE LA VERITE
Dans les premières heures qui suivent la catastrophe, chacun s'efforce de cacher la vérité. Gorbatchev n'est informé officiellement que le 27 avril. Le rapport qui lui est transmis parle d'une explosion, de la mort de deux hommes, de l'arrêt des tranches 1, 2 et 3. Rien d'autre ! C'est certain, l'accident a été totalement sous-évalué. Volontairement ou non!
Dès le 28 avril au matin, une radioactivité anormale est constatée dans une centrale nucléaire suédoise, ce qui entraîne l'évacuation immédiate de l'ensemble du site. Les premières analyses montrent que l'origine de la contamination est extérieure à la centrale et provient de l'Est. On est pourtant encore loin de la vérité. Même sur place, on maintient toujours le secret. La population locale n'a pas été prévenue immédiatement, et a poursuivi ses activités habituelles plusieurs heures, sans prendre de précautions particulières, ni être évacuée.
Le 28 avril, les 45 000 habitants de Pripiat sont évacués par l'armée. Ils avaient été informés quelques heures auparavant par la radio locale, qui leur demandait de ne prendre que quelques affaires, et leur promettait qu'ils seraient de retour sous 2 ou 3 jours. Ils furent hébergés dans des conditions précaires dans une région, elle-même hautement touchée par les radiations. Les premiers symptômes d'une forte exposition aux radiations (nausées, diahrées, etc.) apparaissaient déjà chez beaucoup d'entre eux. Début mai, 100 000 personnes placées dans un rayon de 30 km du site furent évacuées. C'est trop tard. Beaucoup d'entre elles ont été fortement irradiées et sont condamnées. Lentement, le cercle s'est élargi, et l'Europe entière est touchée.
LES GAZ BRULANTS RADIOCATIFS SE SONT ECHAPPES
La pression des gaz provenant de la fusion du réacteur a fait exploser la dalle de béton couvrant le réacteur, car l'enceinte n'était pas conçue pour résister à une telle pression, si bien que les gaz brûlants radioactifs se sont échappés et se sont condensés dans l'atmosphère, pour former un nuage radioactif qui s'est déplacé, sous l'effet du vent, vers l'ouest et le nord-ouest, sur plusieurs milliers de kilomètres, pendant les jours qui ont suivi. Les particules radioactives sont retombées sur une large zone géographique, couvrant une grande partie du continent. Aucun commentaire particulièrement alarmiste ne met en garde les populations concernées. À l'époque où le nuage survole l'Europe, il atteint notamment la France le 29 avril, les systèmes de détection de la radioactivité encerclant la centrale de Cattenom, près de la frontière luxembourgeoise, donnent l'alerte, mais le gouvernement français estime qu'aucune mesure n'est à prendre.
Le Professeur Pierre Pellerin, éminent spécialiste, annonce le 29 avril une élévation générale du niveau de radioactivité sur le territoire français. L'information n'est reprise par la presse que le vendredi 2 mai, tout simplement parce qu'il n'y a pas de journaux... le 1er mai. On attendra ! En fait, le nouveau gouvernement Chirac s'installe et a d'autres chats à fouetter !
Le 6 mai, un fameux communiqué de presse du Ministère de l'Agriculture avoue maladroitement : " Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées radioactives consécutives à l'accident de Tchernobyl " tout en contredisant cette affirmation dès la phrase suivante: " A aucun moment les hausses observées de radioactivité n'ont posé le moindre problème d'hygiène publique." C'est la première phrase seule qui sera retenue.
L'ANTICYCLONE DES ACORES
La présentatrice de télévision Brigitte Simonetta a annoncé, dans un bulletin météorologique, que la France, était protégée du nuage par l'anticyclone des Açores (sic). Pour appuyer ses dires, elle a fait ajouter un signal " STOP " sur la carte de France au niveau des Alpes. Cependant, il s'avère que l'anticyclone s'est déplacé pendant cette période, infirmant la prévision. Il s'en est suivi une polémique, souvent résumée par " le nuage s'est arrêté à la frontière ".
Tchernobyl symbolisera désormais définitivement le " mensonge d'Etat ", celui qui se représente par trois singes, avec l'un qui se bande les yeux, l'autre qui se bouche les oreilles et le dernier qui se met la main sur la bouche. La responsabilité des dirigeants de l'ex-URSS est certes engagée, mais elle n'est pas la seule.
Le vendredi 25 mars 2005, la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy communique aux parties civiles le rapport qui vient de lui être remis par deux experts, Paul Genty et Gilbert Mouthon. Les conclusions sont accablantes pour le gouvernement français de l'époque : le Premier ministre était... Jacques Chirac. Le porte-parole du gouvernement était... Alain Juppé. Il n'y a pas eu "erreur" de la part de ces autorités, mais bien un mensonge délibéré.
Une évaluation du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), un organe de l'OMS, évoque 16.000 décès par cancers attribuables à la catastrophe, soit 4 fois plus que la normale. Deux scientifiques britanniques citent, dans une étude réalisée à la demande des Verts du Parlement européen, une évaluation de 66.000 décès, soit 15 fois plus que les prévisions des Nations unies. Selon les auteurs de cette étude, Ian Fairlie et David Sumner, un total de 3,9 millions de km2 ont été contaminés, à travers toute l'Europe, par les retombées de Tchernobyl.
On n'en fera pas une nouvelle affaire d'Etat... pour si peu !
Mais je déblogue...

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A
Tchernobyl ! Oui, il y a maintenant plus de douze ans que cette catastrophe nucléaire est survenue.... Et que l'on nous a raconté toutes les bêtises possibles et imaginables, et que les autorités de l'Etat nous ont menti ! Entre autres sottises, on nous avait recommandé, ici, près de la frontière italienne, de ne pas aller ramasser des champignons, réputés pollués par le nuage radioactif, sur le versant italien,.... laissant entendre par là que ce nuage, fort intelligent, avait renoncé à passer la frontière!!! Bien sûr, quelques semaines plus tard, l'interdiction était étendue au versant français, mais trop tard. Le mal était fait, et de nombreux habitants de la région se révélaient, quelques mois plus tard, atteints d'un cancer de la thyroïde, ou des os. J'avais suivi cela de très près, car une de mes jeunes collaboratrices avait été atteinte, et il n'avait pas été très facile de faire reconnaître, par les autorités, le lien entre sa maladie, et les effets de cette effroyable pollution.....Hélas, cette triste expérience n'a pas servi de leçon. On continue à privilégier la filière nucléaire pour se procurer de l'énergie, et nos gouvernants font fi des risques qu'ils font encourrir à la population. Cela ne peut pas se produire chez nous, nous dit-on....Et pourtant! Sait-on l'ampleur, et a-t-on mesuré les conséquences des incidents de Tricastin, et d'ailleurs ? Oui, sans doute, mais on ne nous le dira pas. Toujours les mêmes silences et les mêmes mensonges.Les apprentis-sorciers n'ont pas fini de jouer avec notre santé et avec nos vies.
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