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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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AU SECOURS, TARTUFFE N'EST PAS MORT

Le retour à l'ordre moral, sous l'influence des religions de tous ordres, n'est plus une vue de l'esprit mais une réalité sociale. Il y a, malgré les apparences, une profonde différence entre la « morale » et « l'ordre moral » car, entre les deux, il existe l'espace réservé à la liberté sous toutes ses formes. L'Ordre moral est le nom donné au célèbre gouvernement d'Alabert de Broglie, formé par le Maréchal Patrice de Mac-Mahon à partir de mai 1873, deux ans après l'anéantissement de cette belle période de l'Histoire de France que fut la Commune de Paris . L'objectif de ce gouvernement était, en fait, de préparer la société à la troisième... Restauration. L'expression est employée dans le discours de Mac-Mahon le 28 avril 1873 : « Avec l'aide de Dieu, le dévouement de notre armée, qui sera toujours l'esclave de la loi, avec l'appui de tous les honnêtes gens, nous continuerons l'œuvre de la libération de notre territoire, et le rétablissement de l'ordre moral de notre pays. Nous maintiendrons la paix intérieure et les principes sur lesquels repose notre société ». Concrètement, il s'agissait d'une politique visant à imposer un mode de vie jugé plus conforme à une certaine forme de morale, ou, plus précisément, aux valeurs du christianisme, quitte à diminuer la liberté de l'individu. Et c'est le grand danger qui menace nos sociétés ayant, en réaction à des dérapages condamnables, des crispations «suicidaires » totalement inconscientes.
Les historiens emploient également l'expression « d'ordre moral » pour désigner la politique du Maréchal Pétain durant le régime de l'Etat Français. Lui-même se défendait pourtant d'une telle intention dans son discours du 11 octobre 1940. « L'ordre nouveau ne peut, en aucune manière, impliquer un retour, même déguisé, aux erreurs qui nous ont coûté si cher, on ne saurait davantage y découvrir les traits d'une sorte "d'ordre moral" ou d'une revanche des événements de 1936. » Malgré cela, la volonté de contrôle des mœurs du régime de Vichy lui vaut l'emploi de l'expression, justifiée, par exemple, par la politique menée contre les homosexuels. Ces attitudes renaissent au fil des jours, et viennent, sur de nombreux points, heurter la sincérité de la démarche de « moralité républicaine ». Loin d'être laxiste, cette dernière se fonde sur des valeurs laïques, se défendant de tout jugement pouvant altérer autre chose que la liberté des autres ! Encore faudrait-il l'expliquer un peu plus que nous ne le faisons depuis des années. Nous avons les uns et les autres, dans nos rôles sociaux, des difficultés à assumer une « morale » qui fait dépassé, archaïque, rébarbatif.
MORALE DE DEVOIR
La morale républicaine est une morale du « devoir » individuel. L'accomplissement du  «devoir » est, en effet, une manière d'exercer sa liberté, c'est le résultat d'un choix, celui d'un homme libre, non d'une contrainte. Mais un choix au nom de quoi ? La morale républicaine, parce qu'elle veille au respect des convictions de chacun, n'a pas, comme les religions, la ressource d'en référer à une divinité. Il lui faut trouver en soi sa propre finalité : elle doit « tenir debout toute seule », selon l'expression de Jules Ferry. Pour autant, elle respecte les choix individuels de croire ou de ne pas croire, elle permet le libre exercice des cultes, sous réserve qu'ils ne troublent pas l'ordre public : la laïcité dans toute sa splendeur.
Le devoir accompli est ce qui met chacun en harmonie avec ses semblables, car les devoirs de l'un sont les droits de l'autre. Le principe de la réciprocité se trouve ainsi posé, qui fonde l'équilibre des droits et des devoirs, en sorte que le bien de chacun coïncide avec le bien de tous. C'est ce principe qui assure la solidarité des citoyens et leur cohésion . L'augmentation des libertés et des droits suppose donc l'augmentation de la responsabilité et des devoirs réciproques. On évite ainsi les pièges du despotisme, la mise en place de jungles sociales, et on assure la qualité du « vivre-ensemble » démocratique. Nous nous en éloignons chaque jour un peu plus. Tricheries dans le sport. Abandon de la notion de solidarité. Renoncement permanent à la notion de devoir citoyen.
LE TETON MALEFIQUE
L'Italie, par exemple, amorce, sous la double influence des membres influents de l'Opus Deï proches du Pape et du gouvernement Berlusconi, un virage vers l'ordre moral afin de masquer ses manquements systématiques à la morale. Tartuffe dans toute sa splendeur, avec l'histoire cocasse qu'a dénoncé un journal italien. « Qui pourrait se sentir offensé face à la "Vérité" nue de Tiepolo ? C'est une sottise absolue », a souligné Antonio Paolucci, directeur des musées du Vatican et ancien ministre de la Culture. Il réagissait à une révélation du Corriere della Sera : le sein de la femme nue qui incarne la Vérité dans le célèbre tableau de Giambattista Tiepolo "La Vérité dévoilée par le temps" avait été retouché pour en dissimuler... le mamelon. Un acte sublime de tartufferie, quand on sait que sur toutes les chaînes de télévision berlusconienne, il n'y a pas une seule émission grand public sans femmes dénudées dans le décor ! Il avait pourtant lui même choisi une reproduction de ce tableau, lors de son retour au pouvoir en mai dernier, comme toile de fond de la salle de presse du Palais Chigi à Rome, siège du gouvernement. Tout un symbole !
« C'est du moralisme niais. L'entière histoire de l'art de la Renaissance, puis de l'époque qui a suivi, est pleine de nus (...). Ca ne vous fait pas rire, quand on pense à ce qui est montré sur Canale 5, l'une des chaînes de télévision du groupe Mediaset de Silvio Berlusconi », a commenté Andrea Emiliani, un historien, ex-conservateur de la pinacothèque de Bologne. Ce sont les cameramen du gouvernement qui auraient pris l'initiative de dissimuler le sein de la Vérité pour qu'il n'apparaisse pas près... du visage du chef du gouvernement, afin d'épargner la sensibilité de certains téléspectateurs, selon des sources gouvernementales. Ce fait serait risible, s'il ne s'accompagnait pas, dans un pays phare de cette « merveilleuse » Europe libérale, du fichage des Roms, de la mise au pas du système judiciaire, de toutes les magouilles financières, de la connivence avec l'extrême droite la plus réactionnaire. Il faut plaire, pourtant, à cette église qui reprend lentement le chemin du temps passé avec... par exemple, la mise en place en France d'un curé issu de l'Opus Deï !
SIDA : ON SE DEFILE
Le comportement du monde politique sur le SIDA illustre aussi ce revirement discret des grands de ce monde. L'association de lutte « Act Up » s'est étonnée hier, que le discours de Nicolas Sarkozy à la conférence mondiale sur le sida à Mexico n'ait pas été lu, comme prévu, à la tribune, et a évoqué une "reculade". Jean-Luc Romero, président UMP des « Elus locaux contre le sida », a parlé « d'incohérence ». Le discours présidentiel devait être lu par l'ambassadeur chargé du sida, Louis-Charles Viossat. La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, l'avait annoncé à plusieurs associations reçues au ministère, selon M. Romero. Or, pour représenter la France, un « ambassadeur chargé de la lutte contre le VIH-sida » avait été spécialement nommé il y a un an. « Une première et un geste fort », avait-on affirmé au cabinet d'Alain Joyandet, secrétaire d'Etat chargé de la Coopération. Un geste qui ne compensera donc pas l'absence des politiques français, puisqu'il n'a pas eu lieu, annulé au dernier moment.
Les associations voient, dans cette absence de ministre, un symbole de désengagement, après une ère Chirac où la France était plutôt en pointe dans le combat contre l'épidémie. Se retrouve-t-on au carrefour de l'ordre moral, puisque l'on abandonne la « morale » de solidarité pour celle, plus ostentatoire, d'un « ordre moral » inavoué, stigmatisant des porteurs du sida ? Les malades du Sida sont-ils moins « vendeurs » qu'ils le furent il y a quelques années ?
INTEGRISME RAMPANT
Le problème essentiel c'est que, discret ou ostentatoire, « l'ordre moral » fait le lit des extrémistes religieux de tous poils. De nos jours, si l'on parle d'intégrisme, le néophyte pense immédiatement aux intégristes musulmans. Toutefois, l'intégrisme n'est pas un produit de fabrication d'exclusivité islamique. Il peut également être bouddhiste, hindouiste, catholique, protestant, juif, orthodoxe ou même...laïque ! Les intégrismes chrétiens ont des liens, souvent mal connus, avec l'extrême droite, que ce soit au sein du FN français, belge ou du Vlaams Belang. Ainsi, des élus d'extrême droite défendent, dans les parlements démocratiques, les valeurs de « l'ordre moral » visant à sauver l'Occident chrétien d'un anéantissement programmé par le « lobby cosmopolite ». Ces positions naissent dans l'indifférence générale.
La dissimulation du mamelon de la vérité de Tiepolo, dans une Europe se prétendant civilisée, libre, créatrice et donneuse de leçons à bien d'autres civilisations, n'est qu'un épiphénomène, mais il n'empêche qu'elle traduit un terrible manque de culture. De plus en plus, la morale républicaine est remplacée par une « nouvelle morale », une « morale sauvage », un « ordre moral » avançant masqué. Il prône parfois le laisser-faire et la complaisance (étalement médiatique, indulgence coupable vis à vis des « fautes » liées à l'argent...), mais dans sa pratique, il recourt à l'interdit et l'exclusion qu'elle prétend refuser. C'est une « morale » contradictoire et versatile, faite à la fois de laxisme et de conformisme, d'effets de mode et d'indignations, programmés et surtout médiatisés. Cet «ordre moral » sur-valorisé a pour mérite essentiel de développer la consommation, et de faire « croire que... », sans développer la réflexion. La superficialité des événements et surtout leur rapidité de consommation ne facilitent guère la profondeur des analyses.
Le sein masqué de la « Vérité » aurait beaucoup plu à Molière, qui traitait des maux du XVIIème siècle ! Tartuffe n'est pas mort et devient une pièce d'une actualité brûlante ! Mais qu'aurait écrit Molière si, à son époque, avait circulé des photos dénudées de la Reine de France ? il est vrai que dans ce cas, un mouchoir n'aurait pas suffi !
Mais je déblogue...

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A
Non, Tartuffe n'est pas mort, et Molière trouverait encore chaque jour dans les décisions des hommes politiques français - pour ne citer que ceux-là - matière à alimenter ses comédies. Dernier exemple aujourd'hui....Après avoir clamé urbi et orbi que l'on ne se laisserait pas impressionner par les "observations" chinoises, et qu'on recevrait, comme il l'a demandé (parce quoi qu'on vous dise aujourd'hui, il l'a demandé), le Dalaï Lama.... voilà notre cher Président qui annonce qu'il ne le rencontrera pas, lors de sa visite en France.....Mais le Saint homme rencontrera, par contre, la belle Carla, envoyée en mission de représentation. Entre nous, il gagne au change!! Qu'est-ce qu'il va être content, le Dalaï Lama ! Est-ce qu'il se rend bien compte du privilège qui lui est accordé, et du nombre d'éminents hommes politiques qui voudraient bien être à sa place? Espérons seulement, que malgré les chaleurs de l'été, Carla saura ....cacher ce sein, qu'il ne saurait voir (et tout le reste aussi d'ailleurs). Espérons aussi qu'elle n'oubliera pas d'emmener son merveilleux C.D. pour le lui offrir !Il accompagnera agréablement ses soirées de prières et de recueillement.Quant au Tibet, et à la défense des Droits de l'Homme,  on en reparlera plus tard, quand les contrats avec la Chine auront été signés, et que nos athlètes seront rentrés au bercail, couverts de médailles....Vous avez dit tartufferies? Et ce n'est hélas qu'un exemple...
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J
Molière n'est pas le seul,avec son Tartuffe, a avoir fustigé l'hypocrisie de ces camarillas qui entourent ces princes qui ont la prétention de nous gouverner et qui détiennent le pouvoir.La Fontaine également, d'une manière plus discrète mais tout aussi efficace a dénoncé ces disproportions dans l'appréciation de certains faits.Le malheureux âne de la fable qui a eu l'audace de brouter une misérable herbe tentante sera déclaré coupable. On va crier"haro sur le baudet", cependant que les prédateurs voraces et sanguinaires verront leurs forfaits minimisés.Ce sein de la Vérité fait bien l'affaire du cavaliere, esayant de s'approprier une image honorable et ne se ralliant en fait que les bigots de tout poil, alors qu'il vient de se faire octroyer une scandaleuse amnistie. Et que dire de l'assourdissant silence qui entoure la procédure d'instruction (à laquelle il a été imposé semble-t-il une confortable sourdine) à propos de ce digne ecclésiastique responsable des finances des pélérinages de Lourdes qui aurait effectué à son bénéfice personnel de substantiels versements ?
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