Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

DEVINEZ QUI VA ENCORE BANQUER ?

La grande idée politique à la mode, c'est tout simplement la nationalisation des banques ! C'est vrai qu'il s'agit là d'un concept tout à fait nouveau dans certains pays. Mais chez nous,  il est assez surprenant d'apprendre de la bouche même du chantre du libéralisme que la France pourrait, elle aussi, revenir à ce vieux principe dont les socialistes n'osaient même plus parler. Une nationalisation (ou étatisation) est un transfert de la propriété privée à l'Etat. Cette pratique est en usage... depuis l'Antiquité, et a donné, par exemple, naissance au domaine public dans la Rome antique. Le terme moderne est plutôt associé à la social-démocratie, et a connu son âge d'or en Europe entre 1945 et 1973, lorsque le consensus politique qui a suivi la seconde Guerre mondiale était favorable à la nationalisation des secteurs stratégiques des services et de l'industrie. On cherchait alors à maîtriser politiquement l'économie, avec le souci de la mettre au service des femmes et des hommes, en leur procurant du travail garanti, et surtout en s'assurant des conséquences des fluctuations des marchés.
Les nationalisations des banques furent décidées pour assurer des flux financiers profitables à l'intérêt général. Il s'agissait alors d'actes positifs et productifs, allant à l'encontre du principe d'exploitation possible des hommes par un monde du capital, abstrait et non respectueux des intérêts nationaux bien compris. Nous ne sommes plus actuellement dans la confiscation des biens capitalistes au profit du pouvoir. C'est historiquement la plus ancienne pratique, et aussi la plus fréquente, avec des exemples innombrables, car elle s'exerçait, en général sans discernement, pendant ou après des guerres, à l'égard des vaincus ou des « traitres », leurs « complices ».
Il ne s'agit plus non plus d'une nationalisation de soutien dans l'intérêt des propriétaires et de leurs employés. La création en France de la SNCF, par nationalisation des compagnies de chemins de fer, virtuellement en faillite, ou le soutien à l'industrie lourde après la guerre, en France et au Royaume-Uni, s'inscrivaient dans cette logique. L'espoir n'était pas uniquement de sauver un pan entier de l'économie, mais surtout de permettre d'assurer sa continuité, pour l'intérêt général bien compris.
Les banques représentent-elles une activité revêtant une importance stratégique pour une nation, comme le pétrole, les ressources minières, l'armement, l'énergie nucléaire ? Si c'est le cas, leur nationalisation s'impose naturellement, mais pas seulement en situation de crise ! Il reste une hypothèse que personne n'a évoquée, et pour cause : le choix idéologique ! La propriété nationale, serait alors considérée par le gouvernement Ump actuel comme préférable à la propriété privée, soit par principe, soit simplement pour appliquer plus facilement certaines politiques (par exemple de péréquation tarifaire en matière d'électricité ou de service postal, ou encore de prêts bancaires). Les régimes léninistes ont pratiqué les nationalisations sous forme de confiscation, sans contrepartie financière. D'autres pays, au contraire, procèdent à des expropriations indemnisées... mais nous n'en sommes pas encore là, puisque, dans le cas présent, nous découvrons avec stupéfaction qu'il s'agit de nationalisations de réparation ! Il appartient à l'Etat de compenser, avec la fiscalité, les pertes considérables faites au nom justement du droit du monde économique à gérer comme bon lui semble ses intérêts ! En fait on applique, au nom du socialisme, une mesure compensatoire, pour effacer une faute contraire à tous les principes du socialisme. Et ce, d'autant qu'on prône, pour masquer cette déroute, des réformes... libérales créant une véritable insécurité sociale angoissante !

LE CHAUFFARD PRESSE
Le tremblement de terre dans la finance va certes « changer » le monde, mais pas la politique de contre-réformes libérales conduite par le gouvernement, a prévenu Nicolas Sarkozy. Selon lui, « la crise appelle à accélérer le rythme des réformes, en aucun cas à l'arrêter ou à le ralentir ». Pas question, donc, de renoncer à déréglementer tous azimuts, à « flexibiliser » les salariés en mettant en pièces le Code du travail, à démanteler les protections sociales et les services publics, à refonder la fiscalité au profit des privilégiés.
Une attitude de « chauffard », qui justifierait ses actes néfastes par la nécessité absolue de la fuite en avant. Il détruit tout sur son passage, dans un véhicule dont tous les clignotants sont au rouge, mais il continue à écraser les piétons et les cyclistes désarmés avec, comme seule excuse, celle de ne plus pouvoir s'arrêter. Président de la République depuis dix-huit mois, Nicolas Sarkozy souhaite se dédouaner de l'échec de la politique économique et sociale qu'il a impulsée, sans se soucier de l'avenir. Il cherche à appliquer une stratégie de choc, et à profiter de la crise pour aller plus loin et plus vite dans les réformes néolibérales, et donc il fait le contraire... des mesures de nationalisations justifiées par un état d'urgence ! Alors, quand il faudra voler au secours des banquiers, il trouvera les ressources, puisées à la Caisse des Dépôts, pour « renationaliser » sans barguigner, avec les fonds publics qu'il refuse au pouvoir d'achat des plus modestes.
Certes, il sent bien que la pilule sera difficile à avaler pour des gens qui, pour un découvert minime, sont aussitôt mis sur le gril par leur banquier; alors, on fera l'aumône aux plus démunis pour Noël, et aux veuves que leurs revenus condamnent à être sous le seuil de pauvreté ! Un effet d'annonce pour les uns, un nouveau cadeau colossal pour les autres.

L'EUROPE TOUCHEE
Partout, on ne parle pourtant que de nationalisations, en raison de la contagion des
« malades » américains. Le Trésor britannique coordonne, par exemple, les discussions sur le sauvetage de la « banque » B&B, et a fait savoir hier que ces travaux se poursuivaient. La BBC a précisé que B&B serait... nationalisée et que son portefeuille de créances hypothécaires serait fusionné avec celui de Northern Rock, la banque que l'Etat britannique a déjà prise en charge en février pour éviter sa faillite. Le gouvernement britannique nationalisera B&B en recourant à la législation qu'il a déjà utilisée pour agir en urgence, lors de la crise à Northern Rock cet hiver. L'action B&B est en effet tombée à son plus bas historique vendredi, et le coût d'assurance de sa dette a flambé, ce qui a amené les autorités bancaires britanniques à accélérer les procédures pour tenter de trouver à cette banque des chevaliers blancs potentiels. Un autre établissement financier suscite l'inquiétude ce week-end en Europe. Les autorités de tutelle en Belgique et aux Pays-Bas sont au chevet du groupe de services financiers Fortis, qui, selon les médias belges et néerlandais, pouvait être mis en vente ou céder des actifs bancaires, mais qui a été en fait... nationalisé.
En début d'après-midi hier, ING a dit qu'elle n'était pas intéressée par une offre de la BNP-Paribas qui voulait mettre des conditions de garanties, avant de se porter acquéreur de cette structure belge, pourtant réputée solide. En fin d'après-midi, le gouvernement belge a donc décidé de préférer la nationalisation. Tout au long du week-end, les autorités du Bénélux ont multiplié les réunions pour venir au secours de Fortis, confrontée à une grave crise de confiance des marchés, et qui devrait s'effondrer demain sur les marchés des profits boursiers. De partout les coutures craquent, et les plaies financières s'ouvrent.

UN MAL PROFOND
On ampute à la hâte et on plâtre, sans se soucier de l'esthétique. On recoud les fonds des chaussettes et on planque les lingots ! Le seul hic, c'est que se sont les contribuables qui mettent la main au portefeuille, alors que, quand les actionnaires réalisaient des profits juteux, ils étaient, comme en France, protégés par des exonérations, des niches fiscales, des boucliers blindés et des textes bienveillants. Combien de fois avons nous entendu le discours sur la libéralisation de l'entreprise croulant sous les charges et les contraintes... et incapable, sous peine de ne plus être rentable, de contribuer à l'effort social solidaire ? Bizarre, ce n'est plus à la mode !
Les pertes du système financier sont maintenant estimées entre 2000 et 3000 milliards de dollars, ce qui place virtuellement les banques dans une situation de faillite généralisée. Qu'on le veuille ou non, c'est le reflet de la réalité.
En tentant de se protéger en différant la reconnaissance de leurs pertes, elles accroissent le risque d'un effondrement systémique. Tous les économistes s'accordent à penser qu'une recapitalisation d'urgence est nécessaire, mais que cette mesure nécessiterait une nationalisation massive de tout le système bancaire mondial, impensable au pays de la libre entreprise. Faute de pouvoir - pour l'instant - briser ce tabou, les états en sont réduits aux expédients, et se transforment en monts de piété pour créances douteuses.
Voilà la seringue ou sont piégées les autorités américaines. Les banques, qui réagissent en essayant de se protéger individuellement, aggravent la situation. Leurs réflexes de survie mettent en danger le système dans son entier. Mais, sauf à prendre le contrôle de l'ensemble de la place financière, il n'existe aucun moyen de traiter en profondeur les causes et d'y apporter des remèdes. Ce ne sont que des traitements de surface, car le mal est profond : une sorte de septicémie mondialisée du profit, auquel la France n'échappera pas, quoi qu'en dise le Guronzan de l'Economie qui gère Bercy. A vos comptes en banque !
Mais je déblogue...

Ajourd'hui c'est la 1 100° publication sur L'AUTRE QUOTIDIEN !

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Vous croyez pouvoir constatEr, M.d'Héré, que la France est un des pays qui se sortent le mieux de cette crise, grâce à votre "Grand" Nicolas Sarkozy !Ce que je constate, pour ma part, c'est que votre blog personnel doit avoir tellement peu d'audience, qu'il est sans doute tellement peu lu, que pour vous faire entendre, pour vous faire connaître, pour vous faire de la pub, pour je ne sais quel autre motif encore, vous vous croyez autorisé à venir squatter le blog de Jean-Marie Darmian. Le vôtre pèse combien? Trente, quarante lecteurs? alors que celui-ci en compte chaque jour entre 500 et 1000... Alors, bien sûr, c'est avantageux pour vous de l'utiliser !!Mais figurez-vous que nous, qui apprécions les chroniques de Jean Marie Darmian, les idées qu'il y développe, son style, sa lucidité, et aussi son humour, nous en avons plus qu'assez d'y trouver, jour après jour, vos élucubrations de béni-oui-oui sarkoziste...Ne pourriez-vous pas nous dispenser de vos dityrambes péremptoires que ne vient jamais étayer la moindre argumentation solide et convaincante. Vos commentaires sont strictement sans intérêt, et n'apportent rien au débat d'idées."Devinez qui va encore banquer?" demande Jean-Marie Darmian. Sans doute pas vous, M.d'Héré. Vous, vous faites sans doute partie des profiteurs du système, ceux pour qui le citoyen-contribuable va devoir payer davantage d'impôts pour renflouer des banques aux agissements scandaleux, et des patrons qui ne se sont jamais préoccupés de rien d'autre que de ...leurs comptes bancaires, et de leurs profits. Maintenant, tout ce beau monde est en difficulté, au bord de la faillite, et il faudrait "nationaliser" pour permettre que l'Etat, et le contribuable, prennent en charge le renflouement rendu nécessaire à force d'incompétence et de soif d'argent! (à noter que la Chambre des Représentants américaine vient de rejeter le plan de sauvetage financier et bancaire... les élus des Etats Unis seraient-ils devenus plus lucides que les hommes politiques français?)Et surtout, pauvres français, vous qui avez souffert depuis des mois du détricotage des lois sociales et du code du Travail, de la chute du pouvoir d'achat, qui allez souffrir de la nouvelle flambée du chômage, que cette fois on ne peut pas nous cacher, n'allez surtout pas espérer et croire que l'on va ralentir le flot des mesures drastiques qui vous mettent chaque jour un peu plus en difficulté. Non, on va accélérer et renforcer les réformes, celles qui enrichissent les riches, et pèsent sur les plus modestes. Vous allez payer plus d'impôts, vous serez moins remboursés par la sécurité sociale, vous aurez moins de services publics, moins d'enseignants, moins d'infirmières. Mais on ne touchera surtout pas au bouclier fiscal, si cher aux patrons, amis du "Grand...Guide".Et il faudrait que nous disions "Bravo et merci, Mr Sarkozy"?Vous rêvez éveillé, Monsieur d'Héré !J'allais oublier... Bravo, Jean Marie, pour ce 1100ème numéro de l'Autre Quotidien. Il nous a aidé, 1100 fois, à rester éveillés...et à espérer dans notre avenir socialiste.  Et Merci.
Répondre
S
L'equilibre financier et économique n'est-il pas justement de passer de la privatisation à la nationalisation et vice versa sans cesse? on peut se demander si cette grave crise sera un moteur de changement de conscience de l'humain. personnellement j'en doute. ceux qui ne spéculent pas seront toujours les moins riches donc des idiots. il y a quand même peut-être une bonne nouvelle, moins de croissance donc moins de production, moins de consommation et c'est mieux pour la planète. je crois que le petit potager et l'arbre fruitier va s'imposer. un vrai bouleversement sera -t-il possible? on est à la charnière d'une grande décision mondiale et historique, cette effonfrement du système est uns hance pour se réorganiser espérons que l'on saura la saisir.
Répondre
M
On doit constater aujourd'hui (et j'espère qu'on pourra le faire aussi demain...) que la France est un des pays qui se sortent le mieux de cette crise. Voyez les E.U., le bénélux et la G.B. qui nationalisent, l'Italie mal en point, l'Allemagne où une crise politique s'annonce.... La politique économique  de Nicolas Sarkozy et du gouvernement, les réformes qui commencent  à faire leur effet ou qui en tous cas, montrent une volonté qui rassure, l'attitude responsable et raisonnable de Sarkozy durant cette crise (malgré l'affolement que Bayrou, Royal et "Le Monde"... cherchaient à répandre) y sont sans doute pour quelque chose. Cela dit, rien n'est fini, de grandes difficultés sont certainement  encore devant nous....espérons en tous cas que l'appel à l'unité nationale lancé par Fillon sera entendu.
Répondre