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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE PUZZLE VA EXPLOSER

Quelle drôle d'Europe libérale nous a-t-on créé ? Alors que tout le système économique qu'elle a imposé aux peuples (concurrence à outrance, alignement sur le minimum social, fermeture apeurée des frontières, destruction du système de péréquation par les aides) s'effondre, elle plonge dans la marmite bouillonnante de ses vieux démons. Le puzzle se disloque au fil des scrutins, et on se demande encore ce qui peut constituer l'unité de ce Continent, mis sous pression par une mondialisation des profits puis des pertes financières. Il ne reste plus aucune cohérence dans aucun des secteurs de la vie politique. La France a détruit en plein vol le fameux Traité constitutionnel européen, dont personne n'ose dire qu'il aurait été une catastrophe dans le contexte économique actuel. Les Pays-Bas ont suivi, et se sont mis en marge d'un processus qui les inquiétait. Les Allemands ne cessent de se démarquer des initiatives françaises, pour se replier frileusement sur leur taux de croissance. Les Anglais sombrent dans la défiance à l'égard de leur gouvernement et seraient majoritairement hostiles aux obligations de solidarité européenne s'ils étaient consultés. Les Italiens, encore plus ruinés que leurs voisins transalpins, se débattent dans le sauvetage de leur compagnie aérienne proche du crash. Les Espagnols ne peuvent plus se dépêtrer de l'ETA, et découvrent les effets pervers d'un développement trop rapide. Les Irlandais ont définitivement plombé le Traité constitutionnel européen. Les américains imposent leur loi militaire en Pologne, et se moquent pas mal des inquiétudes de ses voisins. Et depuis hier, l'Autriche a renoué avec son sulfureux passé fasciste.
En Autriche, selon les résultats provisoires publiés par le ministère de l'Intérieur, les deux partis d'extrême droite font une percée spectaculaire à l'occasion des élections législatives anticipées qui se sont tenues dimanche. Le FPÖ réalise en effet un score de 18,4 %, en hausse de 7,3 points par rapport à 2006 et le BZÖ, le parti dissident du FPÖ créé par Jörg Haider en 2005, bondit de 9,7 % (+ 6,1 pts). Parallèlement, les deux principaux partis politiques autrichiens, les sociaux-démocrates du SPÖ avec 29,5% et les conservateurs de l'ÖVP avec 26,0%, ont réalisé le plus mauvais score de leur histoire.
La progression de l'extrême droite était attendue, en partie à cause de l'éclatement de la grande coalition gauche-droite au pouvoir depuis 20 mois, et de l'impasse gouvernementale sur tous les grands dossiers. Cette force politique redevient donc désormais la troisième du pays, ce qu'elle avait déjà été dans les années 1990 et au début des années 2000. Ce sont les conservateurs qui ont provoqué les élections anticipées à la suite d'un virage eurosceptique unilatéral des sociaux-démocrates. Ceux-ci venaient de décider de soumettre à référendum tous les futurs traités européens... et se retrouvent avec un effet catastrophique sur leur électorat.
Dans une campagne électorale dominée par le thème de la lutte contre la vie chère, le gouvernement sortant, faisant dans le volontarisme, et s'alliant pour l'occasion, parfois avec l'extrême droite, parfois avec les Verts, a réussi, in extremis, à faire adopter pêle-mêle, lors de la dernière séance du Parlement, la baisse du taux de la Taxe à la valeur ajoutée (TVA) sur les médicaments, l'abolition des droits d'inscription universitaires, une substantielle augmentation des retraites et des allocations d'entraide. Rien n'y a fait : les partis d'extrême droite se sont régalés en mettant en évidence les... promesses non tenues !

EXTREMES DROITES TRIOMPHANTES
Les Autrichiens ont-ils sanctionné les deux grands partis de la coalition sortante, les immigrés ou encore... l'Europe ? Difficile d'analyser le résultat des élections législatives, et en particulier ce raz-de-marée des deux formations d'extrême-droite. Elles totalisent ensemble près d'un tiers des suffrages, si bien que l'extrême droite, c'est à présent la troisième force politique du pays. Reste qu'aujourd'hui, les résultats ont pour certains un goût amer. « Je pense que c'est la réponse de beaucoup de gens insatisfaits de la coalition, ces deux dernières années, réagit un habitant de Vienne. Voilà ce qui s'est passé. Moi, j'ai grandi à une époque où un basculement à droite avait des conséquences, de graves conséquences ». Un peu moins de 30% aux sociaux-démocrates, un peu plus de 25% pour les conservateurs et respectivement 18% et 11% pour Le FPÖ et le BZÖ dont les programmes divergent peu et dont les idées, notamment anti-européennes, l'emportent, au total, sur toutes les autres.
En 2000, la participation de Jorg Haïder au gouvernement avait entraîné des sanctions politiques des 14 contre l'Autriche. Ce lundi matin, la réaction, à Bruxelles, se situait entre prudence et vigilance : « Nous espérons que l'Autriche restera un partenaire important et constructif de l'Union ». Il serait intéressant de savoir ce qu'en pense le Président en exercice de cette Union, qui ne ressemble plus qu'à un conseil d'administration de multinationales tracassées par leurs déficits respectifs. Heinz Christian Strache, le leader du FPÖ et Jorg Haïder, celui du BZÖ jubilaient dimanche soir, arborant sourires et gestes de vainqueurs, et promettant à la foule de leurs supporters une ère nouvelle. Mais qu'en sera t-il réellement ? Même alliés, ils ne pourraient gouverner seuls. Et qui voudra d'eux dans une coalition? Pour faire appliquer leurs programmes, il leur faut transformer l'essai, ou bien rester dans l'opposition.

LOURDE RESPONSABILITE
En attendant l'hypothétique défaite d'une nouvelle grande coalition, avec les deux partis qui n'ont pas réussi à s'entendre en 18 mois. Lesquels ont une lourde responsabilité à porter. Cars s'ils s'allient une fois encore, un autre échec ne ferait que conforter, à leurs dépens, ce nouvel échiquier... L'avenir s'annonce brun ! « Je suis très cynique et très méchant, mais à partir du moment où il y a ce résultat en Autriche, qu'ils fassent le gouvernement » avec les deux partis d'extrême droite, a déclaré Daniel Cohn-Bendit, lors d'une conférence de presse dans le cadre de la journée parlementaire des Verts, à l'Ecomusée d'Alsace. « L'Autriche le mérite, c'est comme ça, ils ont voté », a-t-il indiqué. Un pari dangereux !
Rien ne va pour le mieux en Irlande où l'on suspecte une intervention de la CIA dans le résultat du référendum sur le Traité européen. Plusieurs articles de la presse allemande, dont le dernier numéro du Spiegel, font état d'une enquête de l'UE sur les sources douteuses de financement d'un milliardaire, Declan Ganley. dont l'association, nommée « Libertas », s'occupe « de l'Europe des valeurs traditionnelles » telles que « la liberté, la vérité, la justice, la paix ». Alors que l'année précédente, elle n'a pas sorti un sou, en 2008 , année du vote, plus de... deux millions d'euros ont été dépensés (milliers d'affiches, annonces dans les journaux et les spots TV diffusées pour conseiller aux Irlandais : « Dites non au traité de Lisbonne ») . La question est : d'où vient l'argent ?
C'est la raison pour laquelle un groupe de travail du Parlement européen doit, conjointement avec les autorités irlandaises compétentes, découvrir d'où proviennent ces fonds. Et si nécessaire, enquêter à Washington et au Congrès.

MEFIANCE GENERALE
Le Ministre français des Affaires européennes et président du Conseil, Jean-Pierre Jouyet, a demandé "une transparence totale" dans les finances de la campagne Ganley. Car les activités de cette compagnie alimentent les soupçons. Elle a en effet les meilleures relations avec le complexe militaro-industriel des États-Unis. Cette société vend des équipements techniques modernes à l'armée US, notamment des systèmes de transmission sécurisés, pour les soldats combattant au front. Allons donc : que serait venue faire la CIA dans le jeu irlandais ? Mais diantre, ne vient-on pas de découvrir que la CIA joue un rôle clé dans les scrutins européens ? Ne me dites pas qu'elle aurait eu une influence dans les élections présidentielles françaises ! Pas avare de commentaires sur les avanies européennes, Daniel Cohn-Bendit découvre le monde :« Aux États-Unis, il existe des forces, et des gens, prêts à payer pour déstabiliser une Europe unie, forte et autonome ». Il devrait en parler aux Polonais ou aux Autrichiens, dont on sait qu'ils sont très éloignés de ces actions secrètes ! Bizarre que l'on se mette à expliquer un résultat défavorable à la vision technocratique de Bruxelles par une influence occulte... comme s'il fallait d'urgence en discréditer le résultat !
Ainsi va l'Europe, semaine après semaine, se fissurant, de délitant, se déshydratant pour ne pas avoir su parler du social, avant de parler du profit, et élaborer des normes avant de construire des liens entre les Peuples. Progressivement, ils sont devenus des rivaux, des ennemis crispés sur leur territoire, désireux de coincer l'autre par une surenchère à la déréglementation, aux réflexes protectionnistes. Cette Europe-là mène droit dans le mur. Plus celui de Berlin, mais celui, beaucoup plus dur à abattre, de l'argent, du racisme, du nationalisme triomphant. Et surtout ne riez pas, car votre tour viendra !
Mais je déblogue...

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E
@ AnnieNon, je ne suis pas "admirable", je sais juste qu'il n'y a pas d'autre solution au maux actuels. Mon enthousiasme apparent cache mon inquiétude. Je sais que si nous ne saisissons pas ce coup-ci notre "chance", nous basculerons alors dans le précipice... Ce sera la fin ! En tout cas pour moi !
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P
Je sais, Eric. Tu as sans doute raison. Mais j'admire ton enthousiasme, sans le partager totalement.....
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E
@ AnnieLis la motion C et tu reprendras espoir... 
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P
Eh oui ! Quelle drôle d'Europe libérale nous a-t-on créé? Qu'est devenu notre rêve européen?Pourtant, je faisais partie de celles et ceux qui croyaient profondément dans l'avenir de l'Europe. Je faisais partie de celles et ceux qui ont milité pour le OUI au référendum constitutionnel européen, parce qu'il nous semblait que ce devait être un début, que même s'il était -très- imparfait, nous serions, en faisant avancer l'idée européenne capables de l'amender, et d'en effacer les imperfections...Quelle illusion !Et puis, c'est vrai, il a fallu très vite déchanter...Les positions ultra-libérales de ses défenseurs, l'absence totale de perspectives sociales, n'ont pas tardé à nous convaincre, à me convaincre, en tout cas, que nous étions en train de faire fausse route. J'ai écouté, j'ai étudié le discours de Laurent Fabius, et de quelques autres, et j'ai vite compris qu'ils étaient aussi européens que moi, et qu'ils avaient raison de ne pas accepter cette Europe qui ne faisait aucune part au social, et ne défendait que le profit capitaliste.Et aujourd'hui, qu'en est-il advenu? Un sinistre spectacle s'offre à nous, qui, là où nous espérions l'union, ne montre que des divisions, des pays européens qui se tournent vers l'extrême droite, où chacun ne songe qu'à la défense de son pré-carré, à accroître les avantages qu'il peut tirer de son appartenance à l'Union Européenne, sans jamais songer à cette Europe solidaire que nous avions appelée de nos voeux ! Pauvre Europe, pauvres citoyens européens! Ils voient s'amonceler des nuages bien menaçants !
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