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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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RESPONSABLES MAIS PAS COUPABLES

« Je suis responsable mais pas coupable ! ». Cette fameuse phrase de Georgina Dufoix, qui occupa divers postes ministériels durant sept ans, va revenir à la une de l'actualité. La formule qu'elle employa pour sa défense sur TF1, en novembre 1991, est restée fameuse, et les banquiers vont la reprendre à leur compte devant leur conseil d'administration. Et encore, si l'on en croit les exemples de la Société Générale ou de la Caisse d'Epargne, ils ne seraient même pas responsables, mais plus nettement « victimes » de collaborateurs peu regardants. Le dernier en date n'est autre que le président du directoire de l'Ecureuil, celui à qui on a caché que l'on avait gagné beaucoup d'argent, durant des années, avec les dépôts des épargnants honnêtes, mais qui a vu un trio inconscient en perdre au mauvais moment. Il a été exécuté par Nicolas Sarkozy, depuis l'autre coté de l'Atlantique, car il faut au moins une victime rapide, pour l'exemple, comme le fut le directeur de Paris Match, ou Dominique Rossi, coordinateur des services de sécurité intérieure sur l'île de Beauté, ou les soldats rebelles durant l'offensive de Verdun. C'est devenu à la mode : le fait du Prince, qui passe avant toute autre considération. La mort au champ du déshonneur devient une règle républicaine.
Le problème, c'est que cette méthode de désignation de victimes expiatoires relève un peu des circonstances. Indulgence discrète pour les uns. Sévérité médiatisée pour les autres. Il arrive que, parfois, il y ait des grincements. Selon Libération, Charles Milhaud, le Président du Directoire de la Caisse d'Epargne, n'a pas voulu ternir sa sortie par un comportement vil d'homme intéressé par le fric. Il est vrai que la mamie qui tremble pour son livret A aurait probablement mal pris que ce grand serviteur de l'épargne populaire parte avec un pactole. D'ailleurs, il l'a lui-même annoncé : « ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un homme d'argent ! ». On comprend mieux pourquoi le Caisse d'Epargne a pu perdre 600 millions d'euros quand « l'argent » n'est pas la préoccupation essentielle du patron. On a, dans cette déclaration, à la fois une excuse valable, et une démarche désintéressée passionnante. Cet homme de pouvoir entre dans la catégorie des « ni coupable, ni responsable ! ».
En démissionnant de la présidence du directoire de la Caisse d'Epargne, Charles Milhaud a fait une déclaration très émouvante, dans laquelle il a annoncé qu'il renonçait à son indemnité de départ. « Je ne demande aucune indemnité » a-t-il ajouté, pour rassurer le gouvernement, mal à l'aise que ce soit une banque placée sous contrôle de l'Etat qui ait fait une telle bourde ! Enfin, il ne faut pas imaginer que son désintéressement soit extrême. A lire les rapports annuels de la Caisse d'Epargne, on ne remarque pas cette volonté de ressembler à un petit Frère des Pauvres partant dans un désert pour ascète des finances. On est même très loin du... compte !
Le patron de l'Ecureuil se caractérise, au contraire, par un appât du gain démesuré par rapport à ses performances. La politique de rémunération du patron de l'Ecureuil permet même de comprendre pourquoi ce dernier s'est lancé dans une course à la taille effrénée, qui s'est révélée une catastrophe pour les comptes de l'Ecureuil. Il a voulu développer, absorber, fusionner, acquérir, pour augmenter le rendement de la maison la plus sûre durant le siècle dernier.

TRES DESINTERESSE
On a une idée plus précise de son désintéressement en relevant, toujours dans Libération, l'évolution de ses rémunérations : 2002: 514 000 euros ; 2003: 453 000 euros ; 2004: 664 000 euros ; 2005: 914 500 euros ; 2006: 1 064 000 euros ; 2007: 1 584 000 euros. De 2002 à 2007, la rémunération du patron de l'Ecureuil a été multipliée par trois ! En dehors de l'année 2003, la progression est régulière, atteignant d'un exercice à l'autre jusqu'à +50%. Une réalité qui relativise son geste généreux, annoncé avec des sanglots dans la voix. On le comprend d'ailleurs, car abandonner une telle croissance de ses revenus ne peut que serrer le cœur ! Cette évolution l'a conduit, en fait, à changer de catégorie: au début des années 2000, Charles Milhaud a un salaire de patron d'entreprise publique. A la fin, il s'approche de ce que gagnent ses collègues banquiers, qui sont à la tête d'entreprises cotées.
Rappelons que la Caisse d'Epargne n'est pas cotée, au contraire de sa filiale Natixis, dont Charles Milhaud est le président du conseil de surveillance. C'est même « sa » créature. Il a voulu aller jouer dans la cour des « Grands » et il méritait bien une récompense pour le bon boulot effectué, que l'on nous a vendu, avec force publicité et conférences, dans les Provinces. Etant administrateur (peu assidu, je l'avoue) de la Société locale de mon territoire, j'ai eu droit à un grand raout Tuperware avec petits fours, pour « vendre » les promesses financières de Natixis ! La cotation de cette banque casino fut, en fait, un désastre pour les actionnaires : l'introduction s'est faite à 19,55 euros, le titre tourne en ce moment autour de 2 euros, ce qui a été un élément supplémentaire d'inflation. Charles Milhaud a reçu une prime exceptionnelle de 150 000 euros (pour la réussite de l'opération, sic) ainsi que 100 000 de stock-options (les a-t-il revendus ?) pour ses formidables résultats ! Et à ceux qui s'inquièteraient pour ses vieux jours, rassurez-vous, son départ n'est que partiel, pour amuser la galerie.
D'abord, officiellement, Milhaud est toujours président du conseil de surveillance de Natixis, ce qui lui permet de toucher encore 308 000 euros par an. Ensuite, cet homme de 65 ans, « responsable à l'insu de son plein gré » pourra toucher, selon Libération, la retraite « spécial » Caisse d'Epargne. Son contrat de travail lui donne droit à « une rente annuelle égale à 10% de la rémunération brute moyenne des trois meilleurs années civiles complètes perçues au sein du groupe Caisse d'Epargne ». Il s'agit, comme par hasard, des trois dernières années. Et cela donne 119 000 euros par an ! Comme quoi, il vaut mieux partir sur la pointe des pieds, que se révolter bêtement contre une déclaration présidentielle intempestive !

TOUS IRRESPONSABLES
A la place de Charles Milhaud, n'importe quel mauvais esprit aurait pu faire une déclaration vacharde sur le principe voulant que les « responsables » paient au prix fort leurs erreurs. Il aurait pu rappeler que lui, au moins, il n'a pas ruiné l'entreprise dont il avait la charge. Un « déficit » conjoncturel lui coûte son poste, alors que celui du pays était proche, en août 2008, des 68 millions d'euros. Qui songerait à exiger pour autant la démission du responsable de ce trou qui ne cesse de grandir ? Pour 2009, le déficit budgétaire continue, sans soulever d'autres polémiques que celles qu'entretiendrait l'opposition : il est prévu à 52,1 milliards, compte tenu d'une hypothèse de croissance de 1%, la même qu'en 2008, selon les dernières prévisions actualisées du gouvernement, qui risquent toutefois d'être remises en cause par l'emballement de la crise financière et son impact sur l'économie réelle. Mais peu importe, ce n'est pas le Président qui va exiger la démission du... Président !
Au 31 août dernier, les dépenses du budget général atteignaient 184,9 milliards d'euros, contre 180,9 milliards un an plus tôt. Leur augmentation est due "presque exclusivement" à la croissance des charges de la dette, qui atteint des records dans l'indifférence générale. Or, les ouvertures potentielles de prêts cautionnés pour les banques atteint... 360 milliards, alors que la caisse d'Epargne n'a fait que prêter des sommes dérisoires à des familles désireuses d'accéder au rêve sarkozyste du tout le monde doit devenir propriétaire. Qui songerait à demander la démission de celui qui a pris un tel risque avec l'argent virtuel des contribuables ? On ne peut que comprendre l'amertume de Charles Milhaud. Il a constaté, comme tout citoyen un tantinet attentif, que la Droite avait ruiné le pays, selon l'aveu du principal collaborateur du Président, le 21 septembre 2007 : « Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ça ne peut pas durer.» Et effectivement ça n'a pas duré, puisque tout a empiré. A la place de Nicolas Sarkozy, j'appliquerais ces déclarations sans concessions, depuis le Québec : « il faut, avait-il annoncé, que les responsables de cette affaire « en tirent les conséquences ». Chacun doit « prendre ses responsabilités, quel que soit son niveau et quelles que soient ses responsabilités », a-t-il insisté, mais sans viser son gouvernement pour ses résultats catastrophiques.

UNE AFFAIRE QUI MARCHE
Il est vrai qu'il y en a qui sont prévoyants et sérieux. Tenez, prenez Hortefeux. Lui, au moins, il essaie de faire du chiffre et il voit l'avenir en rose. Son entreprise de déménagement de sans papiers devrait tourner à plein en 2009. La prévision de crédits pour parvenir à l'objectif de 26 000 reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière s'élève à 42 millions d'euros, selon le programme « immigration et asile » du projet de loi de finances 2009, présenté par le ministre du budget Eric Woerth.
Le texte précise, par ailleurs, qu'il apparaît qu'avec 17 210 reconduites au 30 juin 2008, l'objectif de 26 000 reconduites à la frontière sera dépassé pour l'année. En ce qui concerne les mesures d'éloignement, la prévision de crédits est de 42 millions d'euros, avec 39 millions pour les frais de billetterie (le coût moyen d'un billet étant estimé à 1 500 euros) et 3 millions pour la location d'avions. Le montant moyen d'une expulsion est ainsi évalué à 2 186 euros.
Pour la rétention administrative, le montant de la dotation prévue pour 2009 est de 28,8 millions d'euros. A la mi-année, 1 538 places étaient gérées par la police et 434 par la gendarmerie, 2 030 places au total étant prévues pour 2009.
Le coût moyen d'une place en rétention est de 38,84 euros par jour. Par ailleurs, le coût estimé du nouvel appel d'offres, lancé par le gouvernement pour les missions d'information et d'assistance juridique dans les centres de rétention, est de 15 millions d'euros sur trois ans. Le marché public actuel, souscrit avec l'association Cimade, était, dans la loi de finances 2008, d'un montant de 4,56 millions d'euros, soit 57 790 euros par intervenant de la Cimade. Le programme "immigration et asile" est globalement doté de 436 millions dans le projet de loi de finances 2009, lequel prévoit une enveloppe globale de 513,8 millions d'euros pour le ministère de l'immigration, soit une forte baisse (de 96,2 millions, - 15,7 %) par rapport à l'année passée, qui avait vu la création du ministère.
Dans le fond, on peut avoir une seule certitude : les sans-papiers, eux au moins, sont  responsables et coupables ! C'est plus facile pour le jugement que l'on doit porter sur le rendement de Monsieur Hortefeux. Il mériterait une prime, comme les conseillers de l'Elysée !
Mais je déblogue...

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P
Tu as raison Yannick, ça fait du bien!Sur ce coup là, encore, on essaie de faire pleurer dans les chaumières en attendrissant les uns et les autres sur le sort de ces malheureux responsables de la caisse d'épargne qui se sont fait virer comme des malpropres.... Et qui ont eu la grande dignité de ne pas réclamer leurs indemnités. Les pôvres!!!c'est vrai, ils sont bien plus à plaindre que ces richissimes déposants à 15000 euros le livret, qui faisaient confiance à la Caisse d'epargne, sans penser que d'habiles banquiers faisaient joujou avec leurs économies ..... On nous prend vraiment pour des imbéciles et cela fait bigrement plaisir que certains, comme Jean Marie Darmian, mettent de temps en temps les points sur les i...même si certaines vérités en fâchent quelques-uns! Et puis, pour ceux qui seraient inquiets sur l'avenir de ces messieurs, j'ai cru comprendre, ce soir aux infos, que l'un d'entre eux allait être nommé directeur du Crédit Foncier de France. Ben voyons! c'est ce que l'on appelle une sanction dans les sphères du pouvoir....Et il y aura sans doute des sanctions du même genre pour les autres...
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M
Je comprends mal le dernier paragraphe: - doit-on renoncer à toute expulsion, et considérer que tout clandestin entré sur notre térritoire a vocation à y demeurer et à être régularisé?- doit-on renoncer à toute expulsion parce qu'elles coûtent trop cher? - doit-on faire des "expulsions" à moindre coût?
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Y
des coups de gueule comme ça, ça fait du bien!merci... 
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