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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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DES TRANSPORTS DE FONDS

Il va falloir s'y habituer : il n'y a plus une seule promesse gouvernementale ou présidentielle qui sera tenue. On laisse filer tous les engagements quotidiens effectués à grand renfort d'effets d'annonce. Mieux, on va à l'encontre de ce qui avait été programmé. La crise va avoir bon dos. Alors que le quinquennat avait commencé sous le signe du fric (Fouquet's, jet privé, croisière sur un yacht, vacances aux States...), il sombre dans les déboires financiers. Pas un seul fait qui ne constitue un reniement de ce que l'on croyait être la parole donnée. Par exemple, il fallait bien comprendre que l'état de santé des banques françaises n'était pas plus fiable que celles de nos voisins. Et pourtant, quand dans ces chroniques j'évoquais le fait que, tôt ou tard, les cautions virtuelles offertes aux banquiers se transformeraient en espèces sonnantes et trébuchantes, je suis certain que parmi vous, il y avait des incrédules... Nous devions seulement « cautionner », mais pas encore prêter. Or hier, les premiers versements ont eu lieu, car les réserves étaient insuffisantes.
Vantées jusqu'à présent pour leur solidité, les banques françaises encaisseront finalement 10,5 milliards d'euros du guichet public mis en place par le gouvernement, mais il s'agit surtout, selon celui-ci, de soutenir une économie en récession. Les titres des grandes banques françaises se sont donc immédiatement envolés hier en Bourse, après l'annonce de cet apport d'argent frais, et gagnaient jusqu'à 15%, marquant le soulagement des marchés. Il est certain que le contribuable va en profiter ! Le gouvernement et la Banque de France ont pourtant, une fois encore, expliqué que les banques françaises restaient solides et que l'argent du contribuable ne servirait qu'à les aider à accorder plus de crédits aux consommateurs et aux entreprises... Mais qui va récupérer les bénéfices ?
« Pour nos banques, et contrairement à d'autres pays, la recapitalisation publique n'a pas pour objet de pallier un quelconque défaut ou une quelconque faiblesse », a assuré hier le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Il faut que les banques soient « en mesure de financer correctement l'économie », avait affirmé lundi la ministre des Finances, Christine Lagarde. On a donc donné un bol d'air aux plus mal en point, mais on a aussi paradoxalement dopé les plus aisés. « Dans l'intérêt de ses clients et de ses actionnaires (sic), BNP Paribas a décidé de participer à ce plan à hauteur de 2,55 milliards d'euros », a sobrement commenté le groupe bancaire. Outre BNP Paribas, le Crédit Agricole va recevoir 3 milliards d'euros, la Société Générale 1,7 milliard, le Crédit Mutuel 1,2 milliard, la Caisse d'Epargne 1,1 milliard (ça compensera les 700 millions partis en fumée) et la Banque Populaire 950 millions.

TOUT LE MONDE RECUPERE
Rappelons à celles et ceux qui auraient la mémoire courte que, le 6 octobre, BNP Paribas avait repris, en Belgique et au Luxembourg, les activités de Fortis, la banque belgo-néerlandaise au bord de la faillite, pour environ 15 milliards d'euros, et s'était présentée comme un des établissements les plus... solides en Europe. Ce qui ne l'empêche pas de prendre ce qu'on lui offre, et qui pourra toujours être utilisé à bon escient. L'Etat n'entrera pas, en revanche, au capital de ces banques, et se contentera de prêter des fonds. Ils seront débloqués avant la fin de l'année, et pris sur l'enveloppe de 360 milliards d'euros consacrée au soutien des banques, dans le cadre du plan d'action européen. Cette opération de soutien aux banques traduit aussi l'inquiétude du gouvernement de droite, face à la situation économique de la France. Le pays est en récession (Mme Lagarde et M. Woerth finiront bien par l'annoncer), et le chômage devrait augmenter fortement dans les prochains mois.
Privé de marges de manoeuvre budgétaires, le Premier ministre, François Fillon, veut à tout prix éviter un tarissement du crédit qui limiterait la consommation et mettrait à genoux les Petites et Moyennes Entreprises (PME). Selon des chiffres publiés mardi, les défaillances d'entreprises étaient, au troisième trimestre, à leur plus haut niveau depuis 1997. Oubliés les principes idéologiques du libéralisme. On en revient, sans cesse, à la même méthode : « privatisation des bénéfices et socialisation des déficits ». On a beau faire et beau dire : le naturel revient inexorablement après les décisions de principe.
Pour le pouvoir d'achat, par contre, il faudra repasser. Les députés ont en effet décidé, en commission des Affaires sociales, de supprimer l'article du projet de budget 2009 pour la Sécu, instaurant la prime transport annoncée par le gouvernement. Allez, ce n'était que le premier Ministre qui avait pris cet engagement dangereux et... coûteux. La France ruinée prête à ses banques de l'argent emprunté à d'autres banques, mais elle ne trouve pas le moyen de modérer l'augmentation du coût du déplacement domicile-travail !

UN CHEQUE SANS PROVISION
Cette mesure, adoptée à l'issue d'un âpre débat en commission, doit encore faire l'objet d'un vote en séance publique lors de l'examen, la semaine prochaine, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). On peut donc encore espérer un sursaut de la majorité présidentielle....
L'aide au transport pour les trajet domicile-travail, incluse par le gouvernement dans le PLFSS, s'articulait en deux volets: l'extension de la prise en charge obligatoire de 50% des titres de transports collectifs, actuellement en vigueur en Ile-de-France, et la prise en charge facultative des frais d'utilisation d'un véhicule personnel, dans la limite de 200 euros par an. « Le dispositif proposé ne se justifie pas ou plus, en particulier parce qu'il vaut mieux privilégier le salaire direct et que les prix du pétrole ont baissé », peut-on lire dans l'amendement du président UMP de la commission, Pierre Méhaignerie, et du rapporteur du budget Sécu, Yves Bur (UMP).
Dans un amendement identique, Dominique Tian (UMP) dénonce, lui, « une nouvelle taxe qui frappe l'appareil productif dans un contexte de crise financière systémique, de récession au sein de l'économie réelle et de poussée de l'inflation qui obère le pouvoir d'achat ». La prime transport pourrait, selon lui, avoir « un impact négatif en matière d'emploi ». Et pour la promesse du Président relative au pouvoir d'achat, l'effet sera probablement... positif. Parmi les autres amendements retenus, l'un reconduit pour 2009 la contribution de 1% sur le chiffre d'affaires des entreprises pharmaceutiques. Un autre limite par contre à 35% le remboursement à un assuré social de soins thermaux. Encore une amélioration pour les retraités ou les malades, après les franchises médicales ! Promesse tenue : les plus faibles vont trinquer !
Dans une seule journée, on trouve, effectivement cette fois-ci, plus de 10 milliards d'euros pour améliorer le sort de l'économie mais aussi celui des actionnaires, on retire un peu plus de 10 % de cette somme pour ne plus étendre le chèque transport, on va chipoter sur des broutilles en réduisant les remboursements pour les... curistes, et on ne sollicite pas les laboratoires pharmaceutiques, premiers bénéficiaires de la sur-consommation médicale ! Comprenne qui pourra !
Au moment où les députés s'installaient dans l'union nationale pour défendre l'environnement et la qualité de vie sous toutes ses formes, une mesure concrète disparaît. Chaque annonce devient suspecte. Tous les Grenelle pourront se réunir et déboucher sur des textes, toutes les annonces pourront être faites, mais la réalité reviendra au galop : tant que le profit passera avant l'intérêt général, chaque jour portera une déception pour certains et des espoirs pour d'autres. Actuellement, quand le « Titanic » financier coule, le principe est simple. Il faut sauver le coffre-fort !
Mais je déblogue...

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P
Oui, il va falloir s'habituer au caractère purement provisoire de toutes les promeses gouvernementales... Les seules qui soient tenues, ce sont celles qui concernent les privilégiés de tous bords: je ne répéterai pas les exemples, cela serait trop fastidieux. Mais une fois que l'on a tenu celles-là, il ne reste plus un sou pour tenir les autres, celles qui auraient pu améliorer la vie des citoyens, redonner des couleurs à leur pouvoir d'achat, réduire le coût des transports. Alors, on aide les banques à grands coups de milliards et on rogne sur les remboursements de securité sociale. Et dans le même temps où elle reçoit de l'Etat une somme rondelette pour se renflouer...une de ces banques élues offre à 60 de ses dirigeants....un safari photo ! Si ce n'est pas se moquer du monde, et des gens qui rament pour pouvoir manger, qu'est-ce que c'est?Jusqu'à quand nos concitoyens vont-ils supporter ce mépris et cette arrogance?Oui, tu as raison, nos gouvernants n'ont aucun autre objectif que de sauver l'économie ultra libérale, et le "coffre-fort" !
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