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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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PATRONS SUR MESURES

Si l’on en croit les analyses des séquelles de la contestation du Contrat Première Embauche faites par le MEDEF ou la CGPME, la France n’aimerait  pas ses patrons et "coulerait" ainsi les valeurs de l’entreprise. Cette affirmation est remontée dans bien des débats et plus encore dans quelques déclarations de chefs d’entreprises, supposés sincères, sur la méfiance que l’on entretiendrait à tort à leur égard. Croix de bois, croix de fer : ils n’ont jamais eu l’intention de transformer la "flexibilité" en "précarité" et jamais ils n’ont envisagé, ces parangons de vertu, de faire de l’intérim moins coûteux avec les C.P.E.  Tout cela, n’est que médisance pure !
Ils seraient, en effet, si l’on se réfère au mouvement patronal Ethic, les vraies victimes du CPE! Cette organisation a fait part de son inquiétude quant à la dégradation de l'image des chefs d'entreprise dont a été responsable le Contrat Première Embauche. « Les patrons vont payer très cher un soutien mesuré d'un contrat devant lequel ils ont été mis, comme les autres, devant un fait accompli », a souligné Sophie de Menton, sa présidente. Selon elle, « les jeunes ont développé dans les manifestations leur haine du patron ennemi », qui « ne recrute que pour mieux virer, et jette les salariés comme des kleenex ». Du coup, la « fameuse réconciliation » entre l'entreprise et les jeunes en pâtirait aussi.
Il est vrai que, par pure idéologie et par pur calcul politique (1), Crin Blanc a saccagé la vision que peuvent avoir les citoyens du monde économique. Ce dernier avait pris déjà une claque monumentale avec la campagne relative au traité constitutionnel européen, avec l'arrivée sur le tapis du fameux "plombier polonais" et la vague des délocalisations sauvages. Le climat de confiance a résolument tourné à l’orage et désormais ils semble bien que le MEDEF ait entraîné De Villepin sur une pente savonneuse, où tous deux ont glissé vers les abîmes de l’impopularité. Or on sait qu’il est toujours beaucoup plus long de restaurer une image écornée que de maintenir une image positive. La lutte des classes est entrée concrètement dans la tête des jeunes, qui seront désormais extrêmement méfiants chaque fois qu’ils entendront parler du patronat. Mais nul ne sait s'ils en tireront, en revanche, les conséquences électorales ! Or ils n'ont pas tous les torts en critiquant la caste des chefs d'entreprise (PME comprises).

ASSUMER LA RESPONSABILITE

Hier matin, j’ai par exemple, siégé dans une commission d’appel d’offres relative à la construction du nouveau pôle de gérontologie que j’essaie, avec la Directrice de la Maison de retraite actuelle, extrêmement motivée, d’implanter depuis… dix ans sur Créon. Cette réunion m’a, une fois encore, conforté dans tout ce que je constate lors de toutes les autres CAO que je préside (Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Gironde, Communauté de Communes du Créonnais, Mairie) sur l’évolution du milieu économique. C’est l’attribution de dizaines de millions d’€ d’argent public dont, dans les faits, je dois assumer la responsabilité.
Travaux routiers, construction de bâtiments, achat de matériel banal ou extrêmement pointu, services… chaque CAO apporte son constat sur les pratiques réelles des responsables de ces entreprises se voulant exemplaires. Or, cette tâche "dangereuse" à plus d'un titre, devient de plus en plus pesante moralement.

 Il faut, en effet, bien reconnaître que ceux qui défendent le plus farouchement la liberté absolue d’entreprendre, qui vantent les mérites de la concurrence, de la loi du "meilleur", se révèlent incapables de s’appliquer à eux-mêmes les règles qu’ils prônent. Ils haïssent le système des marchés publics, qu’ils accablent de tous les maux : paperasserie insupportable, réglementation trop stricte, effets pervers sur leurs marges de cette concurrence qu’ils réclament en public mais contournent en privé. Ils veulent bien qu’elle existe… pour les autres, mais pas pour eux ! Ils s’arrangent le plus souvent pour éviter de la faire jouer. De manière adroite ou plus sommaire.
En France, le libéralisme économique se proclame mais ne se pratique qu’à contre cœur, contrairement à ce qu’il se passe dans les pays anglo-saxons ou même (je n’y peux rien car c’est la vérité) aux Etats-Unis. En revanche, il constitue un enjeu politique majeur, bien que totalement théorique et destiné surtout à élargir les profits.

DES OFFRES ABERRANTES

Hier, dans divers corps de métier spécialisés, et sur la base du même descriptif, on s’est retrouvé confrontés à des offres aberrantes allant du simple au double, ou même dix fois supérieures d'une offre à l'autre. Comment peut-on prendre au sérieux ou faire confiance à des chefs d’entreprises capables d’évaluer un chantier à 40 % en dessous de l’estimation d’un bureau d’études ou à 60 % au-dessus, pour le même travail, dans les mêmes conditions et avec les mêmes matériaux ? Quel est le véritable prix du travail ? Quel est le plus sérieux des deux ? Quel est le plus crédible ? Quel est celui auquel le maître d’ouvrage doit se fier ? Apparemment tous perdurent, tous se plaignent de ne pas trouver de main d’œuvre qualifiée, tous gémissent sur le manque de flexibilité de l’emploi, tous accusent la flambée des prix des matières premières, tous prétendent qu’ils ne dégagent aucun bénéfice sur les chantiers qu’ils assument…Tous sont condamnés par ces "politiques" incapables. "Libérez-nous et vous verrez" clament-ils, nous sommes capables de nous débrouiller tout seuls !
Il est également difficile d’entendre, en permanence, les entrepreneurs gémir sur le manque de chantiers. La France serait un pays dans lequel les fonds publics prélevés sur les bénéfices des sociétés partiraient en fumée dans des salaires accordés à des fonctionnaires inutiles. C’est oublier que les collectivités locales sont d’extraordinaires pourvoyeurs de commandes en tous genres.
Le pôle de gérontologie, dont nous poserons la première pierre avant la fin de 2006 à Créon, représente économiquement un pactole de 8,5 millions d’€ , la salle omnisports terminée, avec les aménagements annexes, constitue une offre pour les entreprises de 1,5 millions d’€. Deux équipements structurants réalisables en Haute Qualité Environnementale, pour lesquels il faut se battre comme un forcené pour décrocher des…entreprises capables ou désireuses de les réaliser. Ils ne semblent pas intéresser des décideurs qui, soit disant, manquent cruellement de perspectives pour embaucher !

PAS TOUJOURS RECLAMER PLUS DE MARGE

Dites-moi combien de fois les journaux télévisés, les débats entre têtes pensantes nationales ont tenté de vous persuader que, si l’on ne créait pas d’emplois en France, c’était parce que les textes, lois et règlements étaient trop contraignants ? Qui vous a dit que dans le fond, être patron ce n’est pas toujours réclamer plus de marge, plus de bénéfices, plus de profit, mais c’est aussi accepter d’être citoyen et prendre du plaisir à participer au développement de son pays ? On a oublié de vous dire que moins d'impôts, c'est moins d'investissements publics et plus de chômage!
Le C.P.E. n’a jamais préoccupé les entrepreneurs les plus dynamiques, les plus compétents. Ils savent qu’en payant bien leurs ouvriers, en "exploitant" intelligemment (au bon sens du terme) leurs qualités, en présentant des prix adaptés au marché, en jouant à fond le bon côté de la concurrence (meilleur rapport qualité-prix) ils installent leur entreprise dans la durée. Le C.P.E. ne leur a fait ni chaud ni froid!
Le seul à ne pas l’avoir compris semble être mon collègue, Maire UMP de Marly le Roi. Il lui a fallu un courage exceptionnel pour déprogrammer un concert du groupe Danakil, estimant le texte de leur chanson offensant pour… les patrons ! Il est vrai que toute vérité n’est pas bonne à chanter. Et donc à écrire... Je suis malade!
Mais je déblogue…

(1) Lire la chronique "Vaudeville" qui prévoyait la fin de l'histoire du CPE...
Photo prise à Bayonne et transmise par Catherine Truant

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T
Effectivement, les grands patrons actuels qui rêlent contre le contrôle étatique sont souvent les prmiers à invoquer cet état trop lourd et trop coûteux lorsque la concurrence internatioanle
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E
Je crois que le problème décrit par JMD montre tout simplement que ce n'est pas parce que l'on est chef d'entreprise que l'on est forcément "intelligent" !<br /> Beaucoup de "petites" entreprises (comme celle de M.Vion ?) souffrent de l'incompétence de leur chef. Ces gens se croient "malins" juste parce qu'ils ont eu le courage de créer une entreprise ! En fait, beaucoup n'ont ni le niveau intellectuel ni la culture qu'il est indispensable d'avoir pour diriger une entreprise dans notre monde moderne !<br /> Mon commentaire peut paraître violent pour certains mais je me sens moi aussi agressé par les commentaires "simplistes" de M.Vion !<br /> Désolé !
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R
Réponse à VION<br /> Si vous recevez des convocations aux prud'hommes, entre nous c'est mauvais signe ! Ya pas de fumée sans feu !<br /> Expérience d'élue : les entreprises missionnées sur les gros chantiers d'une commune sont souvent incapables de tenir des délais corrects et incapables de réaliser les travaux dans l'enveloppe attribuée. Moults avenants financiers viennent toujours compléter les budgets initiaux et foi d'élue honnête et probe je n'ai jamais vu les entreprises arroser de pots de vin les fonctionnaires d'état ou les élus (je ne dois pas avoir de chance moi !!!!!) ! Pauvres entreprises matraquées de charges !!! On va pleurer ! Elles font pour certaines d'entre elles des bénéfices extraordinaires tout en dégraissant les salariés ou en délocalisant leurs unités de production. Alors bien sûr et heureusement il y a des chefs d'entreprises éthiques et mais ceux là sont contre le CPE et contre la précarité de leurs  salariés car ils savent où sont leurs intérêts réels !!<br /> Amitiés rénovatrices
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V
je termine en complétant, par manque de place.<br /> commentaire 1 : ils ne savent pas rapprocher les produits des ventes ou prestations des charges, comme dans tt entreprise normale.<br /> Commenteire 2 : dans le Monde d'hier. Laissez-nous embaucher des salariés des autre pays européens(Pologne,Lituanie,Roumanie) , même au-dessus du SMIG, et il n'y aura plus de pb de CPE;<br />  <br />  <br />  <br />  <br />  <br />  <br />  
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V
je complète : ils ne savent pas rapprocher les produits des ventes ou prestations des charges, comme dans tt entreprise.<br /> dans le Monde d'hier.Laissez-nous embaucher des salariés des ex-pays de l'Est, même au-dessus du SMIG et il n'y aura plus de pb de CPE.
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