Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

DUO POUR UNE PLACE

Le torchon brûle…Il y a le feu dans l’équipe de France et le climat ne va pas s’arranger au fil des jours. Ce " drame " social ne tardera pas à éclipser les difficultés de salariés de la SOGERMA à la une de tous les médias. Il est vrai que le sujet est important, car il relève du " secret défense nationale ". Une faille dans le système, et tout peut s’effondrer avant même l’arrivée des échéances décisives. Durant toute l’année, ils n’ont pas pu se voir, ils se sont regardé en chiens de garde en faïence. Il est de notoriété publique que leur rivalité est très ancienne et que malgré le fait qu’ils appartiennent au même groupe il ne se sont jamais aimés.

L’un fantasque, courant depuis maintenant très longtemps les enceintes bourrées de fans, habitué aux agitations ou aux excès de langage, capable de tirer contre son camp, bénéficie de la plus forte cote de popularité. Il est vrai qu’il a su, dans un passé récent, démontrer un talent spectaculaire pour juguler de violentes attaques venues de partout. Il n’a pas, pourtant, fait gagner son camp dans tous les cas, mais on le sait capable de faire des coups d’éclat, de réaliser des prouesses, de devenir l’homme providentiel qui accomplit des miracles dans toutes les situations. Il a même connu des problèmes en ayant été accusé d’avoir commis, à l’étranger, une grosse faute répréhensible, et susceptible de lui valoir un arrêt immédiat de sa carrière. Petit, pas très élégant, agité dans le verbe et dans les gestes, il cristallise les soutiens de tous les partisans de la tradition, du respect des résultats obtenus antérieurement, de cette partie du public qui aime les envolées efficaces. Pas un poil flamboyant, mais fantasque et adepte d’un parler vrai provocateur, ce gardien populaire n’a jamais généré la paix autour de lui. Bien au contraire !

L’autre, chevelure au vent, n’a jamais cessé d’être le bon élève de la classe. Appliqué, réputé sérieux et extrêmement bosseur, il cultive un look de poète. On ne l’entend guère, et sa carrière ne l’a jamais confronté à des concurrences exigeantes. Il avait volé, jusque là, de succès en succès, avec une grosse faute ou deux (celle de la dissolution un soir sur une bourde commise des espoirs de son équipe lui a vite été pardonnée) mais jamais rien de grave. Mieux, toute la France, le pressentait devenir l’ultime rempart à la place du " vieux ", usé par les multiples accrocs d’une carrière chahutée.

On sait que cette ascension ne lui a pas valu que des amis. Loin s’en faut… Il a même menacé à de nombreuses reprises de quitter l’Hôtel où il a ses activités professionnelles. Une ou deux explications franches avec le " sélectionneur " ont remis les pendules à l’heure, et il s’est ravisé, pour finalement donner du temps au temps. Il ressasse néanmoins sa rancœur et sa jalousie. Dur, dur, de rester le second alors que vous aviez accumulé les prouesses à l’étranger, et que vous avez tous les titres pour attester de bos capacités. Les accusations de déstabilisation avérées, mais niées, de son rival, n’ont pas arrangé les relations humaines. Plus personne ne peut croire que des liens forts d’amitié existent encore entre les deux.

ANCIENS ET AMBITIEUX

C’est dans ce climat que désormais la France doit gagner. Un groupe critiqué porte ses couleurs, et l’on ne sait même pas s’il résistera jusqu’aux rendez-vous importants qui s’annoncent. Il est constitué des " anciens " qui ont connu la belle époque des défilés heureux dans les rues, drapeaux tricolores flottant au vent, avec du bleu partout et du rouge gommé de la carte. Et les autres, les "ambitieux", déterminés, prêts à se faire une place au soleil. Tous ont été soigneusement sélectionnés, et devraient pourtant rendre hommage à celui qui leur a permis de vivre une grande aventure. Mais l’on sait que la composition d’un tel groupe n’est que le fruit de concessions à des clans, des sous-clans ou à des liens d’amitié imposés.

Dès que l’on rassemble tout le monde à huis clos dans un même lieu, les querelles ressurgissent et peuvent s’amplifier. Les médias sont à l’affût des moindres bruits de couloirs, et certains se chargent même de leur fournir matière à entretenir le feu qui couve sous les braises. Le coup de blues de l’un, les coups de gueule de l’autre, les déclarations réputées secrètes, ou les accusations d’incapacité portées sur l’un, les transferts potentiels concernant l’autre… servent de lots quotidiens à l’exacerbation des querelles. A quelques encablures des moments clés, ce n’est guère idéal. Il y a donc fort à parier qu’une faiblesse opportune, un événement imprévu mettra un terme à la rivalité.

Les observateurs habitués savent donc qu’une blessure (d’amour propre ou circonstancielle) règlera tous les problèmes. L’un des deux va craquer et se retirer avec les honneurs avant d’être considéré comme " battu ". La fierté et l'avenir supposent une sortie par le haut. Un incident ou un accident, selon les opportunités, règlera le différend. Mais c’est top secret ! Un talon d'Achille quelconque sera le bienvenu.

INTERET GENERAL AVANT INTERET PARTICULIER

Ah…j’ai totalement oublié de vous préciser que la lutte oppose deux hommes qui ont le même sponsor, et portent les espoirs de millions de fans de toutes les générations, qui veulent encore croire que l’intérêt général passera avant leur intérêt particulier. La France a de plus en plus de mal a se frayer désormais un chemin dans le concert mondial, tant elle est discréditée par ses médiocres querelles intestines. Les portes claquent. On échange des horions en public. On revient d’où on était parti. On apostrophe le " patron ". On ne s’adresse pas la parole. On tente de museler la presse en clamant que les problèmes n’existent pas et que les turbulences visibles ne sont que des phénomènes normaux.

Tout en définitive repose sur un imbroglio : celui qui est réputé être le numéro un semble tellement en piteux état que tout le monde pense que c’est le numéro 2 qui devrait être le numéro un… Situation pas très simple. On attend donc une sortie publique prochaine, pour savoir si la permutation va avoir lieu. Le pays ne va vivre que pour ce moment où, devant une presse en haleine, le " parrain " annoncera son choix. Il peut en effet faire basculer définitivement l’avenir de l’un ou de l’autre en quelques secondes, et rassurer définitivement son groupe fort déboussolé, dit-on, par cette confrontation inutile.

Dans le fond, jamais cette superbe phrase résumée d’Albert Camus n’a autant été d’actualité : «J'ai appris la plupart de ce que je sais de la vie en jouant au football», a dit un jour Albert Camus, éphémère gardien de but dans le club d'Oran.

 Ah oui, je me rends compte que je ne vous ai pas donné les clés du sujet. Non… Pas possible vous avez cru que c’était encore une fois du Roquet de Neuilly et de Crin Blanc que je parlais. Pas du tout. Vous n'y êtes pas! C’est de Fabien Barthez et de Grégory Coupet. Mais je suis certain que vous ne vous étiez pas tompé!

Mais je déblogue...

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article