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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA PREUVE PAR DEUX

Il y a des moments où il faut avoir un cœur véritablement accroché, au sens de l’intérêt général, et ce que l’on appelait autrefois le bien public, pour maintenir sa confiance dans la République actuelle. Chaque jour apporte en effet des informations dont on se demande comment elles auraient été accueillies, à une époque, s’il en fut une, où la morale devait présider aux destinées de l'Etat. Ainsi, dans la soirée de hier, au plus fort du plus long week-end de l’année, deux " nouvelles " tombent. Toutes deux fournissent un reflet exact de la déliquescence d’un régime n’ayant absolument plus rien de républicain.
D’abord Le Parisien annonce que l’un des plus éminents fonctionnaires, conseiller du gouvernement (pour être plus clair, sous les ordres de "Crin Blanc"), en charge du renseignement économique, Alain Juillet, a reconnu lors de la perquisition de son bureau, le 30 mars, avoir détruit un dossier concernant l'affaire Clearstream. Alain Juillet aurait avoué devant les deux juges chargés de l'enquête, Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, avoir "détruit le dossier" il y a environ six mois.
DESTRUCTION OSTENSIBLE DE PREUVES
Nommé en 2004 par le Premier ministre d'alors, Jean-Pierre Raffarin, "haut responsable chargé de l'intelligence économique", Alain Juillet assure à ce titre le secrétariat général du Comité interministériel de renseignement (CIR), présidé… par le chef du gouvernement. Il a donc, à titre de contribution à sa mission, expédié au pilon tous les documents en sa possession sur l'affaire "courant clair".
Mais vous le savez toutes et tous, " D de V " est absolument étranger à toute cette affaire et, mieux, il est victime de basses calomnies. En effet, quand les documents produits ne sont pas faux, ils disparaissent. Mais au fait, qui a donné l’ordre de fabriquer les faux listings et de diffuser les preuves irréfutables du carnet du général Rondot ? Ce brave espion d’élite est le seul couillon à avoir gardé chez lui, dans un dossier proprement rangé, tous les documents indispensables à faire pincer le clan Chirac… La police cherche donc sûrement le coupable avec une frénésie exceptionnelle… sous les ordres de Sarkozy qui, n’en doutons pas un seul instant a mis ses plus fins limiers sur la trace des coupables.
Le juge Renaud Van Ruymbeke, qui avait lui aussi rencontré secrètement Gergorin dans le cabinet d'un avocat, le 30 avril 2004, trois jours avant de recevoir la première missive du corbeau, a posé un autre problème. Désormais, il ne fait en effet plus guère de doute que le vice-président d'EADS, déchargé de ses fonctions au sein du groupe aéronautique pour "préparer sa défense", est à l'origine des envois anonymes des listings de Clearstream en mai et juin 2004. Plus grave, les enquêteurs ont la preuve que le disque dur de son ordinateur a été partiellement effacé dans la nuit du 24 au 25 avril 2005, quatre jours avant une perquisition dans son bureau. Autre élément troublant : les juges qui ont cherché à vérifier si une personne était venue au siège d'EADS cette nuit-là, ont constaté que la page du registre des entrées et sorties correspondant à cette date avait disparu, probablement déchirée...
Gergorin, ami de Crin Blanc, risque d'avoir à répondre en plus à des accusations de dissimulation et de destruction de preuves. Décidément, on peut avoir une confiance aveugle dans l’impartialité de l’Etat républicain, et plus encore dans ceux qui ont fréquenté ses grandes écoles, pour y apprendre à le servir loyalement.
SERVICES RENDUS A LA NATION
Ensuite, hier, en soirée, après que les Journaux télévisés aient été bouclés, on a appris dans la torpeur du week-end, que le président Jacques " Droopy " Chirac avait "décidé de prendre une mesure d'amnistie individuelle" en faveur de l'ancien champion olympique Guy Drut, condamné en octobre dernier à 15 mois de prison avec sursis et à 50 000 € d'amende dans l'affaire des marchés publics de la région Ile-de-France.
L'Elysée a confirmé avoir pris cette mesure "en application de la loi de 2002 qui le prévoit pour les personnes ayant rendu des services à la nation, notamment dans le domaine sportif. Cela permettra à Guy Drut de pouvoir continuer à siéger au sein du Comité international olympique (CIO), ce qui est tout à fait essentiel pour la France et la défense de ses intérêts dans le domaine sportif". Comme quoi, il vaut mieux courir vite, être de droite et pote de Chirac, pour gérer une Mairie et être à l’abri des événements malheureux. Les autres idiots ayant agi sur ordre n’auront pas la même chance !
A la suite de sa condamnation, le député UMP et ancien ministre des sports avait en effet été suspendu provisoirement de tous ses droits, prérogatives et fonctions attachés à sa qualité de membre du CIO, le 9 décembre dernier, par la commission exécutive de cet organisme. Et des mauvaises langues ont prétendu que cette magouille avérée n’avait pas arrangé la candidature de Paris pour 2012 ! L'affaire avait fait, semble-t-il, grand bruit dans les villes concurrentes de Paris pour l'organisation des J.O.
Elle avait surtout embarrassé deux malheureux dirigeants de la société de bâtiment et travaux publics Sicra (filiale de l'ancienne Compagnie générale des eaux, devenue Vivendi), qui avaient fait travailler Guy Drut de 1990 à 1993, lui versant, en deux ans et demi, environ 120 000 € au titre d'un emploi qualifié de fictif. Ils avaient cependant tout tenté pour corriger l'effet fâcheux de leurs déclarations antérieures, qui affirmaient que le sauteur de haies olympiques n'avait effectué aucun travail pour le compte de leur société, mais avait été employé "à la demande de la Mairie de Paris", alors dirigée par… Jacques Chirac (mais vous le savez, il ne faut pas en parler).
Au bout de trois ans, la Sicra avait d'ailleurs décidé de mettre fin à son contrat, ce qui ne s'était pas passé sans heurts, Guy Drut jugeant ses indemnités de départ insuffisantes. Devant le juge d'instruction, M. Chaudru avait été féroce, en estimant que l'image de marque avait été "cher payée" et que, par crainte de "l'effet de nuisance" d'une rupture de contrat, il s'était montré "laxiste" sur les conditions financières accordées à son salarié.
En se plongeant dans les déclarations de revenus du champion, député, maire, conseiller régional le juge avait constaté qu’elles s’élevaient à 13 millions de francs en 1994, 12 millions de francs en 1995 et mettait en évidence des versements de dividendes à hauteur de 2,5 millions de francs de la part d'une autre entreprise de BTP, la SAR, dirigée par un proche du RPR. Je vous invite, aimables lectrices et lecteurs, à comparer cette situation avec celle de ces élus de base traduits devant la justice pour des erreurs administratives de gestion, n’ayant généré absolument aucun € d’enrichissement personnel.
Depuis hier soir, Guy Drut, lui, est blanc comme neige olympique, milieu dans lequel on le sait les magouilles financières n’existent pas davantage. Il manque seulement des preuves. Sûr qu’elles n'ont pas été détruites.
Mais je déblogue… 
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R
Comme dit Arnaud Montebourg :<br />  <br /> "Même les médailles d'or doivent respecter la loi" !
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E
Très bon article avec lequel vous ne risquez pas d'exclusion du PS !<br /> Là, vous devriez même recevoir une médaille !
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J
Chirac et consorts ont tué la V° République, ce qui n'est pas irrémédiable; hélas ils sont en train de tuer LA République et ses valeurs!
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