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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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UNE SECONDE SELECTION

Pour la seconde fois de ma vie publique, me voici engagé dans une aventure électorale législative. Hier soir, dans un vote interne, 157 des 162 militants (97 %)socialistes de la neuvième circonscription qui s'étaient déplacés, ont accordé leur confiance à Martine Faure, vice-présidente du Conseil général, pour ramener à gauche cette terre de Gironde qui le fut durant des décennies. Par ricochet, comme ce fut le cas en 1993 avec Bernard Castagnet, je me retrouve engagé dans la bataille comme suppléant. La première étape de ce que je sais déjà pour l’avoir pratiqué comme une exercice exigeant, aura révélé la mobilisation modérée des adhérents " anciens " du PS. Les " vieux de la vieille " étaient donc les plus nombreux, et l’ambiance ne fut chaude qu’en raison du climat. Pas d’enthousiasme conquérant, mais une assemblée qui m’a paru inquiète et crispée.
En effet, la vague soit disant très motivée des " 20 € " n’avait pas eu le droit de participer à la désignation de celles et ceux qui devront donner une majorité parlementaire à la Gauche. Situation absolument bizarre, car ils auront en revanche le privilège de désigner, dans plusieurs mois, "le" candidat aux présidentielles pour une élection devant se dérouler… avant les législatives, alors qu’on leur refuse celui de voter en faveur des candidats à l’élection qui viendra après. Or, on sait pourtant que le résultat de l'élection des députés sera en grande partie conditionné par la victoire du candidat d’un camp ou de l’autre dans la course à l’Elysée. Tant pis pour eux : ils prendront ce que les autres leur auront donné… sans trop comprendre cet ordre de désignation que le PS a su concocter.
En expédiant, un an à l’avance, dans l’arène ses " gladiateurs ", les socialistes prennent également le risque de les voir singulièrement maltraités, car identifiés et donc continuellement sous les tirs d’adversaires encore plus ou moins dissimulés. Par exemple sur le neuvième Philippe Dubourg, député UMP sortant, tarde à désigner sa (son) suppléant(e) car il connaît l’importance tactique de son choix. En Gironde, le risque de rafales destructrices est encore plus grand car, dans la moitié des circonscriptions, ce sont de nouvelles " têtes " qui entrent en campagne. Blayais, Graves, Langonnais, Libournais, Médoc… tournent la page avec des péripéties diverses. C’est à la fois satisfaisant et inquiétant. Ces cinq circonscriptions auraient dû être réservées à des femmes, mais les " hasards " de la vie font que seulement deux d’entre elles (les deux plus difficiles à reconquérir) auront droit à une candidate. Vue de Paris, la situation risque de créer quelques aigreurs d’estomac… ou pour le moins des digestions difficiles.
SELECTIONNE DE REMPLACANT
Partir dans une campagne législative ressemble étrangement aux sensations que j’ai éprouvées, il y a trente ans, en jouant une demi-finale puis une finale de coupe de football. Une pression particulière accompagnera maintenant tous mes actes. L’échec ne peut être que près du but. Cette certitude de disputer la phase finale implique une responsabilité particulière, même si je ne suis " sélectionné " que comme remplaçant pour participer aux ultimes manches qui se dérouleront en juin prochain. Je suis devenu une sorte de Chibonda du socialisme.
J’aurai donc le temps de faire mes gammes, de participer à la rencontre entre Martine Faure et les autres, de décocher quelques tacles ou des coups de tête, mais aussi, je le sais bien, car rien n’est définitif, de courir le risque de me faire exclure du banc sur lequel je viens d’obtenir le droit de m’asseoir. Je vais vivre au milieu des " stars ", des " vedettes " départementales, et je pourrai, une seconde fois, dire j’y étais ! Je suis donc pleinement heureux de ne pas être " titulaire " et fier de soutenir celle qui sera sur la pelouse du suffrage universel. Il me faudra, pour cela, accepter un régime difficile : un an d’entraînement avant la confrontation. D’autant qu’entre temps, les querelles internes au groupe PS vont fleurir, et générer des affrontements réputés amicaux, mais au cours desquels il vaudra mieux avoir des protège tibias solides. Le risque sera alors grand de mécontenter un " sélectionneur national " ou l’un de ses coaches. On le ressentait déjà hier soir à quelques mines déconfites, ou à des départs anticipés, ou mieux à des absences significatives.
J’ai eu parfois l’impression (probablement médiocre) que les non-dits étaient beaucoup plus importants que les déclarations enflammées. Dans les " vestiaires ", tous les compétiteurs le savent : un silence a plus de poids que la volubilité. Le tout, c’est de savoir l’interpréter. Et dans ce cas-là, l’expérience compte autant que l’enthousiasme. La sélection ne suppose pas la confiance aveugle. Faute de le savoir on perd vite ses illusions!
FAIBLESSE DE L’ENGAGEMENT DE QUELQUES EXCLUS
En 1993, des délais plus courts n’avaient pas réussi à estomper toutes les cicatrices des face à face de préparation. Le résultat s’en était ressenti, car il fut pénalisé par la faiblesse de l’engagement de quelques exclus de la finale. Il s’en fallut pourtant de peu, alors que le public n’était pas très réceptif, pour que Bernard Castagnet l’emportât.. La vaillance des supporters ne parvint pas à estomper les défaillances techniques réelles. Cette fois, le recul permettra peut-être de l'éviter.
Hier soir, avant de nous lancer sur le terrain, les " cadres " ont eu la sympathique initiative de nous donner une feuille de route parfaitement détaillée. Une sorte de "règles du jeu" à apprendre par cœur. Elle répertorie toutes les consignes que nous devrons, dans l’avenir, appliquer pour espérer correspondre à l’attente du grand public. A nous de nous l’approprier et de la transmettre au groupe.
Les promesses pourront évidemment avoir la couleur " jaune " du compromis, ou celle beaucoup plus rare du " rouge " qui fâche. Il semble bien, par ailleurs, que le poste " d’ailier gauche " ne soit plus d’actualité et qu’il faille lui préférer celui de " gardien du temple " ou de " milieu de terrain " créatif. La tendance tactique ne plaide pas trop en faveur de l’offensive, car elle repose sur une future attaque réduite à une seule personne. Incisif, combatif, résistant et doté d’une ambition débordante, cet élément constituera le fer de lance de la France de demain. Nous lui serons redevables de notre succès ou de… notre défaite. S’il se montre maladroit, s’il évolue trop à droite ou plutôt dans l’axe, s’il perd brutalement, sur un tir manqué, la confiance du public, nous aurons bien du mal à jouer ensuite uniquement sur la défensive.
SELECTION DU CAPITAINE
Comment allons nous être utilisés? Nous ne le saurons que dans plusieurs mois, quand la sélection du capitaine de route aura eu lieu. C’est lui qui décidera en fait de notre engagement. On a conscience en effet que, dans toutes les équipes, les choix tiennent parfois à des affinités et ne sont pas nécessairement liées à la valeur personnelle.
En cas de faiblesse du "Zidane" que se donnera l’équipe, dans cette période décisive, l’avenir de " la titulaire " et de son remplaçant ne seront plus enviés. Ils se retrouveront alors bien seuls pour tenter d’arracher une victoire qui ne tiendra plus, alors, qu’à leur qualités personnelles, et la tâche deviendra beaucoup plus ardue.
Me voici donc, si la fédération ne revient pas sur ce choix, parti pour ce qui ressemble bien à une sorte de défi. Ayant connu la défaite en 93, je ne peux pas, de toutes manières, plus mal faire.
Est-ce que j’apporterai aux autres ce qu’ils m’ont donné hier soir ? Le doute me taraude toujours trop. Il ne m’arrange pas la vie. Heureux doivent être ceux qui revendiquent un poste, qui s’y installent sans crier gare, qui expédient sur le banc les titulaires, qui ont l’assurance d’être providentiels, dans un contexte où l’on ne connaît même pas encore le déroulement du match.
Je suis ravi de n’être qu’un " Ribery " du Poing et la Rose, travailleur, indépendant, incisif, dérangeant, atypique, parfois aussi décevant… Sur le banc, on me fera attendre la dernière demi-heure pour me jeter, derrière les leaders, dans la bagarre, pour tenter, si le staff technique le veut, d’influer modestement sur le résultat de la rencontre. Seules mes convictions décomplexées peuvent être utiles. Mon ambition se limitera à leur mise en œuvre. Du moins, c’est ce que je crois. Pour me rassurer ! Une sélectin 13 ans plus tard que la première ne peut pas avoir d'autre sens!
Mais je déblogue…
 
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M
Oui, cette organisation est absurde et vous met en situation difficile... comme est absurde l'encouragement du PS aux adhérents : allez sur le forum, donnez avis et suggestions sur le programme et ce jusqu'à fin juin... mais les mêmes doivent voter le 22 juin sur le projet en question ! Où est la logique dans tout ça ? <br /> Bon courage à vous 2 !
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