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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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TAPEZ 1... TAPEZ 2

Le coté bizarre de la vie publique, c’est que l’impopularité se mérite. Il faut faire des efforts au moins aussi importants pour être au plus bas que pour être au plus haut. Ce travail constant consistant, comme celui de Villepin et Chirac, à commettre le maximum de maladresses, n’est pas donné à tout le monde. Il suppose un long investissement dans l'erreur, dont on sait qu’il ne sert à rien, puisque tôt ou tard vous plongez dans un monde où plus personne ne souffre votre présence. C’est la rançon de tout pouvoir que celle de rompre plus ou moins rapidement le charme créé lors de l’arrivée aux affaires.
Il y a exactement 11 ans, aujourd’hui, que j’ai accédé aux fonctions de Maire de Créon. Un moment fortj dont je garde la trace dans ma mémoire. Ces instants où vous entrez dans un rôle social ne peuvent pas se vivre honnêtement sans un mélange plus ou moins bien dosé d’une certaine fierté et d’une forte appréhension. C’est un peu comme les vacances : on pense parfois à la fin le jour où elles commencent. 
En effet, il faut savoir que cette vague qui vous emporte au large, heureux et louangé, peut à tout moment vous ramener sur le sable avec une ingratitude qui frôle le mépris. Se préparer à cet " échouage " forcé, c’est tout simplement admettre qu’il n’y a pas de popularité éternelle, mais seulement des tranches de vie durant lesquelles vos positions correspondent aux besoins conscients ou inconscients des femmes et des hommes.
Tenez, Jacques Chirac (élu avec le plus fabuleux score dont peut rêver le Président d’une démocratie) et Dominique de Villepin (un prodige de la politique) battent à nouveau, en juin, un record historique d'impopularité dans l'opinion, selon un sondage Ifop publié dans le Journal du dimanche. Le Premier des quelques ministres qui lui font encore confiance ne recueille plus que 23% de bonnes opinions, soit cinq points de moins que le mois précédent. Le pourcentage de mécontents passe de 71% à 73% dans la même période : un tsunami politique !
Avec ces résultats, Dominique de Villepin bat désormais les records d'impopularité de son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin, qui était descendu… jusqu'à 24% de bonnes opinions et s'approche du record absolu, détenu par Alain Juppé, avec 20%, lorsqu'il était à Matignon entre 1995 et 1997. Il faut le faire ! Encore un effort avec la fusion GDF-Suez, et il rattrapera comme l’avait appelé Chirac " le meilleur d’entre nous ! " Quant à Jacques Chirac, il enregistre seulement 27% de bonnes opinions, un chiffre en baisse de deux points par rapport à celui de mai. Le pourcentage de mécontents reste stable à 70%…ce que les exégètes ne manqueront pas de prendre pour un signe positif !
EFFONDREMENT DE LA CONFIANCE DANS LE POLITIQUE
Croire que la France serait le seul pays au monde dans lequel se produit cet effondrement de la confiance dans les dirigeants politiques, relève de l’exagération. Ainsi, pour aller très loin dans un autre système, la cote de popularité du Président de Taïwan… Chen Shui-bian a atteint, par exemple, son seuil historique le plus bas avec seulement... 16% d'opinions favorables. Les analystes politiques interrogés sur la question de ce résultat historique ont indiqué que le Président souffrait certainement des récentes informations concernant la mise en cause de son beau-fils dans une affaire de corruption.
Le président Bush bat, lui aussi, un record d'impopularité, avec seulement 29 % d'Américains ayant de lui une opinion positive, contre 35 % au mois d'avril, révèle un sondage Harris Interactive. Selon ce sondage, 71 % d'Américains jugent le travail accompli par Bush "tout juste correct ou médiocre".
Tony Blair n’est pas mieux, mais il surnage grâce à son talent, ne reposant absolument pas sur une adéquation entre ses idées et ses actions, mais sur le respect des trois piliers de la popularité de l’action gouvernementale : la politique, les médias, le public. Il n'a jamais négligé ou sacrifié l'une de ces trois dimensions. Il n'a pas non plus investi le dialogue – ou les échanges parfois vifs – avec les commentateurs médiatiques, au détriment de son lien vivant avec le peuple britannique. Ce dernier reste, à ses yeux, essentiel, et c’est ce qui lui permettrait d’espérer un quatrième mandat consécutif possible. Ce n'est absolument pas le cas en France.
CAPACITE A SURFER SUR LA VAGUE
La popularité ne reflète pas pourtant la capacité réelle d’un homme ou d’une femme à régler les problèmes collectifs, mais elle illustre surtout sa capacité à surfer sur les vagues de l’opinion dominante, et à dialoguer directement avec les gens. Avec une adresse et une technique parfaitement au point, il faut savoir prendre le bon " tube " au bon moment.
En revanche, dès que vous avez les mains dans le cambouis idéologique, vous avez bien du mal à tenir une courbe positive. Chaque remplacement de " pièces ", chaque tentative de modification du " moteur ", chaque critique sur les " conducteurs " responsables des dysfonctionnements, ne permettent pas d’élever son niveau, surtout si ces décisions indispensables ne conviennent pas à un groupe organisé.
La popularité ne porte pas les convictions. Elle se calque sur une ambition que l’on cherche à développer. Le chemin vers l’idéal n’est pavé que par les bonnes intentions du fameux pragmatisme. Il faut être réaliste et donc mettre ses idées dans la poche avec un gros mouchoir de regrets par dessus. Vous tenterez de les ressortir, si les vents dominants changent, et si vous avez l’occasion de placer, de temps en temps, une pointe d’essai, destinée à vérifier si le moment est venu ou non d’aller plus loin. Pour être populaire, il suffit donc d’être gris muraille, rose bonbon ou bleu azur. Il n’y a pas de mystère : il faut donner à entendre ce que les gens veulent entendre. La mise en scène compte maintenant autant que le texte. Et c’est ainsi que l’on en est arrivé au système des effets d’annonce. Ces derniers doivent être rares, ciblés, percutants, pour que les médias s’en emparent voracement.
POPULARITE SONDAGIERE ET ELECTORALE
La question de la popularité des responsables politiques implique d’abord de revenir sur le mode de production des instruments utilisés par les instituts de sondage. Elle suppose également d’interroger le passage (réussi ou non) d’une popularité " sondagière " vers une popularité " électorale ", processus dont existent des exemples " avortés ", de Simone Veil à Michel Rocard, des exemples semi-réussis avec Edouard Balladur, mais aussi des cas de personnalités politiques peu populaires qui ont accédé aux plus hautes responsabilités, François Mitterrand ou Jacques Chirac.
En tête de tous les baromètres, Bernard Kouchner est par exemple typique d’une " popularité d’empilement consensuel ". Il ne suscite que peu de rejets, et dispose d’une popularité de bonne intensité, mais il n’apparaît quasiment jamais dans les situations de concurrence, car il n’a jamais fait de véritable entrée en pré-campagne. Bernard Kouchner ne parviendra pas à transformer sa  popularité "sondagière " record en popularité " électorale ".
Nicolas Sarkozy est pour sa part typique d’une " popularité d’intensité et d’antagonisme ". Très peu de responsables politiques suscitent autant de soutiens (et pareille intensité de soutien) et autant de rejets. Mais, s’il dispose d’une extraordinaire popularité, il rencontre aussi suffisamment de rejets pour que le boulevard que certains lui prédisent vers la fonction présidentielle ne soit pas aussi ouvert que cela. Rien ne dit qu’en situation de confrontation, le rejet ne sera pas supérieur à l’adhésion, alors que seul il cumule sur son nom dans les sondages plus que le " positif " que lui attribuent les gens.
Enfin, Ségolène Royal est typique d’une " popularité de renouvellement ". Son triomphe dans les sondages n’est pas un triomphe par défaut. Certes, au départ, son envolée spectaculaire laissait perplexe. Mais la durabilité du phénomène impose le principe de réalité. Elle semble être une des manifestations d’une rupture de la vie politique française.
Longtemps, la popularité " sondagière " ne se transformait pas en popularité " électorale ".Or aujourd’hui, les deux personnalités favorites pour la prochaine présidentielle, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, ont une popularité  d’ensemble, fusionnelle, avec un noyau dans leur propre famille.
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal seraient devenus deux symptômes de l’avènement de la démocratie d’opinion, cette  "démocratie du public ", qui supplante la " démocratie des partis" et consacre une mutation fondamentale du "gouvernement représentatif". C’est probablement ce que ne mesurent pas leurs adversaires, crispés sur des principes dépassés, et bien des hommes politiques de tous bords, persuadés, comme Laurent Fabius, qu'hors du parti il n'y a point de salut ! La notion de la "démocratie du public" vous conduira bientôt à voter par SMS. Pour Nicolas : tapez 1. Pour Ségolène : tapez 2. Mais je suis dépassé...
Mais je déblogue
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J
A supposer qu'il faille "taper 1" pour Nicolas et "taper 2" pour Ségolène, où serait le mal? Croyez vous que la majorité des électeurs se "masturbe" les neurones avant de voter, dans l'isoloir? Bien sûr que non!Ce dont nous sommes statistiquement sûrs, c'est que, en moyenne, les électeuirs votent selon leur conscience ... du moment. <br />  
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