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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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SIGNES D'HYPERTENSION

Grande journée pour la France et son gouvernement. L’une de celles dont on sera fier, car elle porte haut et fort les couleurs de notre pays. Il faut dire que les " têtes pensantes " majoritaires font véritablement le maximum pour éradiquer les moindres brins de citoyenneté. "Crin Blanc De Villepin" demeurera, à cet égard, comme le meilleur d’entre elles. Une sorte de fossoyeur de la démocratie de représentation, et probablement le plus brillant des atouts de Le Pen. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il ne porte un coup sévère au fonctionnement institutionnel dont il censé protéger l’avenir. Ce gars-là est devenu une catastrophe hebdomadaire !
On en arrive même, après l’incident de hier à l’Assemblée nationale, à se demander s’il ne le fait pas volontairement, pour " ressouder " son camp en lambeaux. Son attitude à la Pyrrhus parait calculée sur le principe que plus ça ira mal, moins on  pourra se débarraser de lui. Il espère que son parcours sera susceptible de lui redonner les allures enviables d’un chef de guerre outrancier, mais d’une accablante médiocrité pour un Premier Ministre.
Il a en effet déclenché la colère des députés socialistes, en dénonçant violemment "la lâcheté" de François Hollande qui l'interpellait sur le dossier EADS… Vous imaginez un instant : voici un "noble et pur seigneur", a qui l’on ose demander de s’expliquer sur la situation critique d’une entreprise, sur laquelle l’Etat possède un droit de regard capital. " Dès lors que le président de la République et vous-même avez joué un rôle dans la nomination du coprésident d'EADS , je vous demande M. le Premier ministre si vous maintenez, au nom du gouvernement, votre confiance à M. Forgeard", a demandé François Hollande à Dominique De Villepin, en évoquant la vente suspecte d'actions d'EADS par M. Forgeard. "Si c'était le cas, cela voudrait dire que nous serions dans l'irresponsabilité générale".
AUTHENTIQUE CRIME DE LESE - MAJESTE
Vous imaginez un instant la gravité de tels propos… Un authentique crime de lèse-majesté, susceptible de provoquer l’ire de Messire Crin Blanc ! Qu’on le sache, Dominique Galouzeau de Villepin, écrivain, diplomate et désormais homme politique, ne souffre pas qu’on lui demande des comptes. Surtout pas ceux de ventes d'actions pour le moins suspectes, car miraculeusement anticipées, par tous ses amis. Ces gars-là devraient être, au contraire, loués pour leur intuition, leur capacité à prévoir un avenir sombre, leur sens de l'anticipation boursière. 
Dans ces colonnes de L'AUTRE QUOTIDIEN, le 15 juin, dans une chronique sur EADS, je me suis étonné que personne ne réclame des explications à Forgeard sur les magouilles commises par son directeur adjoint et ses employés. Gergorin, copain avéré de Crin Blanc, barbouze notoire, ayant tout craché aux flics ; le Général Rondot ayant soigneusement noté tous ses rendez-vous avec un Ministre des Affaires étrangères nommé De Villepin ; les combines les plus sordides ayant été montées pour que Forgeard accède aux plus hautes fonctions qu’il convoitait, ne doivent pas toucher celui qui s’honorerait en assumant ses responsabilités. Tout est faux, archi-faux, se contente-t-on désormais de clamer, face à l'évidence. Les journalistes sont des menteurs, pourris, malhonnêtes. Les députés n’ont rien à voir. Les citoyens encore moins… D’ailleurs de quel droit les "manants" socialistes s’arrogent-ils le monopole de la demande d’explication ?
ON NE PEUT PAS DIRE N'IMPORTE QUOI
"Il est des moments dans la démocratie où on ne peut pas dire n'importe quoi", a brutalement rétorqué Dominique de Villepin à François Hollande, aui ne faisait pourtant pas preuve d’une agressivité débordante, . "Je dénonce, Monsieur Hollande, la facilité, et je dirais même, en vous regardant, la lâcheté qu'il y a dans votre attitude", a-t-il alors lancé. Incroyable : la lâcheté est supposée être du côté de celui qui pose la question pas de celui qui… refuse de répondre ! Crin Blanc lave plus blanc que blanc.
Il affiche, vous avez tous pu le constater, un courage politique à toute épreuve : capitulation honteuse face à la révolte anti-CPE, humiliation infligée par son pire ennemi, le Roquet de Neuilly sur l’affaire " Courant clair ", désaveu de Chirac lui refusant le droit de solliciter la confiance de ses pairs, piteuse retraite sur la fusion GDF-Suez… Jamais on n'a peut-être vu, dans l’histoire de la V° République, un Premier ministre aussi couard et aussi minable, face à ses turpitudes. D’ailleurs, contre les révélations accablantes de la presse, il adopte l’attitude des lâches : la plainte en diffamation, après avoir tenté de faire interdire les écrits défavorables à ce qu’il reste de son image. Il sait qu'elle n'aboutira pas, car elle doit reposer sur des propos précis, des allégations millimétrées, mais en attendant... il se donne l'illusion du courage. Le prince de l’énarchie ne supporte pas que son camarade de promotion ne se contente pas d’une ode à l’innocence.
SIMPLEMENT DEMANDER UNE EXPLICATION
Hollande a osé, non pas accuser, mais simplement demander une explication, après un constat réaliste que seuls les inconditionnels de Crin Blanc refusent de voir. Invraisemblable réaction que celle d’un homme devant avoir le sang-froid nécessaire pour faire face aux critqiues inévitables de sa fonction. Elle dénote un désarroi coupable, un cynisme exceptionnel, une faiblesse criante, ou une panique affligeante ! Personne, dans sa majorité, n’a volé à son secours… Au contraire.
Son opération " tous contre un et un contre tous " semble avoir échoué, puisque certains députés UMP, à commencer par les sarkozystes, n'ont guère apprécié la sortie du Premier ministre. "Je pense qu'il l'a fait volontairement", mais "ressouder le groupe, c'est mission impossible. Le fil est coupé", a prévenu Alain Gest.
Jean-Paul Anciaux a aussi appelé le chef du gouvernement à "s'interroger sur le fait (de savoir si) cela peut durer longtemps". "C'était une excellente question" et "la façon dont on lui a répondu était inacceptable", a estimé sans langue de bois Christine Boutin. "Il faut que le Premier ministre s'en aille", a-t-elle lâché. "En entendant cette réponse, j'ai eu envie de pleurer sur la France (...) On ne peut plus continuer comme ça"… Des propos éloquents sur le climat qui règne au sein de l’UMP. Et Bayrou a même réussi à revenir dans l’opposition en justifiant ma chronique du 8 juin (1) titrée " Rendez vous le 14 juin ". Le président de l'UDF a demandé " des élections anticipées ", estimant que " plus rien ne marche " et que " les commandes de l'Etat ne répondent plus ".
" On est dans un moment de décomposition complète. Chacun se demande combien de temps ça va pouvoir durer encore comme ça. Je parle de cette ambiance incroyable dans laquelle on vit, et où plus personne ne se reconnaît ", a déclaré François Bayrou. Selon le président de l'UDF, " à un climat comme ça, il faudrait une décision exceptionnelle, qui est celle d'organiser des élections anticipées, de mettre un terme à cette lente décadence dans laquelle on se trouve ".Ce Bayrou là mérite une bonne claque!
Heureusement que ces critiques sans ambiguité ne sont pas venues des socialistes car ils auraient aggravé leur cas. La déliquescence désastreuse du pouvoir ne profite qu'à une seule personne, silencieuxe, attentiste, ravie : Le Pen ! Quand l'électeur moyen contemple, par petit écran interposé, les colères pitoyables de Crin Blanc, et plus encore ses extraordinaires turpitudes, il perd ses dernières illusions. Il ne votera pas ou il votera FN. Et donc, si vendredi soir, les Bleus chutent...
Je fais bien finir par avoir raison. De Villepin va bien, d'une manière ou d'une autre, être contraint de se consacrer à la poèsie... Le temps presse, car jamais le ventre de la bête immonde n'a été aussi fécond.
Mais je déblogue... 
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D
C'est dommage parce que la seule chose que l’on n’aurait pas regretté c'est son départ au premier sinistre,<br />  <br /> <br /> Parce que dans le genre, pour dégoutter définitivement les français de la politique il se pose là, et pour augmenter les voies du FN en 2007 il n’y a pas mieux. Ridicule dans le CPE ridicule dans l’affaire clearsteam ridicule avec EADS, ridicule avec François Hollande, ridicule avec GDF, il a pas d’amour propre cet homme là, c’est ça la politique du pouvoir, en tout cas en terme de résultats c’est afligeant…
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E
Villepin restera jusqu'au bout s'il le désire !<br /> N'oublions pas ce qu'il a dit à des journalistes :<br /> “Le président ne peut pas me virer. Il ne pourra jamais. Il m'a introduit dans le saint des saints. Je sais beaucoup trop de choses. A l'extérieur du système, je deviendrais une bombe à retardement.”
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