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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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CONDAMNES A LA CLANDESTINITE

Il faut sans cesse aller contre l’opinion dominante, se battre inlassablement afin de rechercher l’invisible, le non-dit, rester en éveil pour ne pas mourir intoxiqué par l’apparente réalité. Ainsi, dans quelques jours, va se poser le problème de l’application des principes de régularisation édictés par le Roquet de Neuilly. Elle sera (de l’avis unanime) quasiment impossible, car personne n’avait véritablement envisagé la situation inextricable qui naîtrait de la réalité française du système migratoire. Actuellement, d’après les statistiques les plus fiables ce seraient entre 25 et 30 000 dossiers de demandes de régularisation qui auraient été déposés dans les préfectures de notre beau pays des Droits de l’Homme. Un nombre que les " limiers " de la Place Beauvau découvrent avec stupéfaction. Et encore ce ne sont que ceux qui ont des enfants scolarisés…
Le ministère de l'Intérieur, qui estimait à 20 000 le nombre de candidats fin juillet, a revu son estimation à la hausse : au minimum 25 000 demandes ont été enregistrées. Or, Place Beauvau, on table sur 5 000 à 6 000 personnes seulement, éligibles à un titre de séjour, et personne n’a encore trouvé ce que l’on va faire des autres. Maintenant qu’ils sont sortis inutilement de la clandestinité se pose la question de la suite donnée à leur confiance dans leur Pays d’installation. Leur seule certitude : rien ne sera réglé pour la rentrée, et ils pourront replonger dans l’insécurité des sans papiers, mais en revanche, la constitution d’un fichier fiable (pays d’origine, âge, adresse…) sera un jeu d’enfant pour les services de Police. Il suffira alors d’organiser, selon la fiabilité des états concernés, des expulsions symboliques pour gagner au bon moment des points dans les sondages. Une vaste supercherie se met en place, en plein été, car il sera financièrement impossible de mettre en œuvre un " effet d’annonce " transformé en texte de loi ne correspondant à aucune réalité.
SE FONDRE DANS LE PAYSAGE
L'aide au retour, systématiquement proposée, a rencontré très peu de succès : seulement quelques dizaines de familles, tout au plus, auraient accepté de retourner dans leur pays, en contrepartie d'un pécule dont le montant varie en fonction du nombre d'enfants (7 000 € pour un couple, auxquels s'ajoutent 2 000 € par enfant mineur jusqu'au troisième, à condition de s'être déclaré candidat avant le 13 août). Il reste donc une certitude : tous vont tenter de se fondre dans le paysage français pour éviter qu’on ne les retrouve aisément.
Beaucoup savent que, de toutes les manières, la décrépitude financière de l’Etat est telle qu’il n’aura jamais les moyens pour reconduire à la frontière les adultes et les enfants portés sur plus de 25 000 dossiers. Les enquêtes nécessaires, les procédures administratives, demanderont une telle mobilisation des personnels concernés que ce ne sera effectif qu’au hasard des contrôles ou des fautes commises par les étrangers eux-mêmes. En plus, et c’est significatif du décalage entre les jappements sarkoziens et les faits : l'Etat ne dispose que d'une centaine de places destinées aux familles dans les centres de rétention administrative… Il va falloir louer des centaines d’hôtels et les transformer en ghettos provisoires si des " rafles " suivent le refus de la carte de séjour tant convoitée.
Au total, au cours des six mois écoulés, 10 462 étrangers en situation irrégulière ont été éloignés du territoire français. Un chiffre stable par rapport à celui de 2005 pour la même période. Pour l'instant, il n'est pas en phase avec l'engagement pris par M. Sarkozy en décembre 2005, qui avait alors fixé à 25 000 le nombre de reconduites à la frontière à effectuer en 2006… Il va falloir accélérer le processus pour que Le Pen y trouve son compte. Mais comme la France demeure un Etat de droit, il faut ajouter aux frais très lourds de la première phase, ceux de la seconde, plus obscure, devant les tribunaux.

TRIBUNAUX SUBMERGES
Alors qu’elles sont déjà surchargées, le contentieux des expulsions d'étrangers représente une part croissante de l'activité des juridictions administratives et judiciaires. Cette évolution est principalement le fait du contentieux de la reconduite à la frontière. La politique affirmée de lutte contre l'immigration clandestine, mise en œuvre à partir de la fin de l'année 2003, s'était traduite par une forte augmentation des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière et, mécaniquement, par une multiplication des recours devant les tribunaux administratifs. Le très sérieux Président du Tribunal administratif de Paris a précisé que le contentieux des reconduites à la frontière avait désormais " toutes les caractéristiques d'un contentieux de masse ", auquel les juridictions du premier degré et les cours administratives d'appel, depuis le 1er janvier 2005, sont toutefois très inégalement exposées.
En 2004, 16.952 requêtes ont été enregistrées devant les tribunaux métropolitains et 17.921 en 2005. Si les tribunaux administratifs de Bastia ou Limoges n'ont enregistré que quelques dizaines de recours, ceux de Paris ou de Cergy-Pontoise ont été saisis respectivement de 6.000 et 1.975 requêtes en 2004, puis de 4.826 et 2.412 requêtes en 2005. Ces deux dernières juridictions totalisent à elles seules près de la moitié des affaires portées devant les juridictions métropolitaines en 2004 et 40 % en 2005. Le contentieux des étrangers dans son ensemble (recours contre les APRF, les refus de séjour) représenterait désormais plus du quart des affaires enregistrées chaque année dans les tribunaux administratifs. Trois tribunaux - Paris, Cergy-Pontoise et Marseille - totalisent à eux seuls la moitié des affaires jugées. M. Patrick Mindu a indiqué que le tribunal administratif de Paris avait, quant à lui, enregistré 10.312 requêtes concernant les étrangers en 2005 soit, sur un volume global d'entrées d'à peine plus de 20.000 requêtes, 51 % des affaires nouvelles… On peut, sans être grand clerc, prévoir que ce phénomène ne va pas diminuer avec les dispositions en cours de mise en place.
LA FRANCE 17° SUR 21
 L’analyse objective de la situation à l’échelle européenne ou même mondiale revient sans cesse sur les mêmes causes produisant les mêmes effets. Faute d’un véritable rééquilibrage économique entre les pays pauvres et les pays riches, les flux migratoires ne cesseront jamais : loi Sarkozy ou pas. Entre la misère absolue et l’espoir, le choix sera toujours le même et les exploiteurs de clandestinité ont de beaux jours devant eux !
Le Roquet était allé en Afrique expliquer aux potentats locaux que la France ferait le maximum pour venir en aide à leurs peuples accablés par la famine, par le SIDA, par les génocides, les guerres… en contre partie de l’acceptation de sa loi sur l’immigration choisie. Or, une fois encore,  les faits têtus démontrent l’inanité de ces propos, dans lesquels les tyrans divers qui piochent allègrement dans les caisses, ne peuvent même pas croire. La France n’arrive en effet qu’à la 17e place… sur 21 pour l'aide au développement des pays pauvres. Les Pays-Bas sont en tête des pays riches pour ce qui est de l'implication dans la lutte contre la pauvreté dans le monde, et la France recule, malgré les déclarations officielles.
La contradiction flagrante ne changera rien à l’opinion dominante qui veut que les "pauvres" qui viennent chercher chez nous le minimum vital, n’ont que le sort qu’ils méritent, compte tenu de leur improductivité absolue, de leur impossibilité à faire du profit, de leur inexistence culturelle, et que, surtout, ils ne viennent pas manger notre pauvre quignon de pain blanc.
Mais je déblogue…

Retour sur chronique (articles publiés après celle-ci dans la presse) :
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R
Régulariser en masse les sans papiers sans examen au cas par cas, serait de mon point de vue particulièrement injuste vis à vis de ceux qui dans quantité de pays pauvres font des demandes légales d’immigration. Comment accepter que ceux qui trichent soient récompensés et les autres pénalisés ! Nous devons aider ces pays à ce développer, les pays riches en ont les moyens, il suffit de prendre un pourcentage de nos dépenses superflues ! L’immigration est inéluctable, elle devrait ce faire avec humanité et non selon les « lois de la jungle ». http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1089/ip1089.html
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