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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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L'HONNEUR DU VIDE

Dans le fond, si je vous dis que je me retrouve aujourd’hui comme l’un de ces bons-hommes Michelin qui aurait été gonflé à l’hélium de la passion durant plusieurs jours, et qui se serait brutalement affaissé, vous ne me croirez pas!. Plus de six mois de préparation ; six semaines de travail quotidien ; deux jours de forte angoisse ; une heure de peur panique de décevoir ces 200 personnes qui me suivent dans cette aventure ; le souci du budget à boucler, et plus encore l’imbécillité humaine, voulant qu’il faille se battre pour faire respecter des règles de vie collective basiques… Un sentiment de vide m’a envahi. Je suis à plat, sur le sol, inutile, sans gaz, sans… pression intérieure.
J’ai des heures de retard de sommeil, et une folle envie de me cacher pour éviter de voir la réalité qui m’attend : la rentrée des écoles à préparer, avec du retard dans l’aménagement des locaux neufs promis, et le forum des associations à organiser pour samedi prochain. Je voudrais dénicher des lunettes susceptibles, comme celles qui protègent du soleil, de me garantir que je supporterai de voir la réalité en face sans être ébloui ! Je sais pourtant déjà que, dès demain, en reprenant le rythme des 15 heures quotidiennes consacrées aux autres, il me sera indispensable de me remettre dans le bain des emmerdements. Alors, aujourd’hui, j’aurais voulu rester sans volonté, sans pression, sans obligation. Dommage ! Ce fut manqué!
La Communauté vient de lancer le second grand chantier d’aménagement du territoire créonnais avec la construction de sa salle omnisports Haute Qualité Environnementale. Un pari osé, et plus encore douze à treize mois de complications quotidiennes qui vont avec. Elle complètera l’immense pôle expérimental de gérontologie du Créonnais qui remplacera la Maison de retraite, et vient d’être retenu comme pilote par… le gouvernement. Il a reçu, à ce titre, 2 900 000 € de subvention. Et croyez-moi, si j’avais conservé un brin d’énergie, la confrontation avec une douzaine de chefs d’entreprises ayant accepté le marché suffirait à me le faire perdre.
Il faut encore une dose de passion pour dynamiser tout ce monde réputé sérieux, qui s’enlise dans les procédures, qui se plaint déjà d’être ruiné par le travail qui lui est accordé, qui commence à préciser que les délais sont impossibles à tenir… Sauf à avoir des piles Duracell "spéciales motivation" ou le même taux naturel de testostérone que Floyd Landis, vous avez envie de jouer à l’autruche, et d’aller vous cacher la tête dans le sable chaud de l’indifférence.

QUE DES BRIBES DE BONHEUR
Les fêtes ont ceci de spécial qu’elles demandent beaucoup d’efforts pour quelques instants de bonheur (personnel et secret). On râle beaucoup, mais on regrette de ne plus pourvoir le faire quand les derniers feux se sont éteints. Il ne faut alors retenir de son investissement au service des autres, que des bribes de bonheur que de rares participants acceptent de vous confier, et vous résigner aux inévitables critiques. Facile à dire mais extrêmement exigeant, car non seulement vous devez assumer votre déception, mais aussi et surtout celle des jeunes et des moins jeunes qui vous ont accordé leur confiance.
Vendredi soir, par exemple, ils étaient 140 face à moi, à l’abri dans la salle de l’espace culturel. Il m’a fallu leur annoncer que le spectacle qui les mobilisait depuis plusieurs semaines ou plusieurs jours était annulé, et les remotiver pour le lendemain alors que la météo imprécise laissait encore planer un doute… Impossible d’exiger pour eux d'être obéissants. Impossible d’utiliser d’autres arguments que la conviction et la confiance. On essuyait une larme discrète en se séparant. En revanche, le samedi soir, à l’issue de la première représentation, quand vous avez la chance de leur demander s’ils acceptent de revenir le lendemain et qu’ils clament leur bonheur, la vie collective a une toute autre allure.
Désolé pour les puristes de la démocratie participative, mais ces journées passées en commun ,à faire face aux soucis matériels, aux états d’âme, aux réussites possibles, comptent autant pour moi que des célébrations emphatiques dans des universités diverses. Le seul problème, c’est que c’est véritablement épuisant. Beaucoup plus épuisant que d’accueillir une vedette pour un concert. Le cataclysme financier de Saint Martin de Seignanx, qui a voulu jouer à "la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf" en accueillant Johnny, donne à réfléchir. Le prêt à porter ne vaut jamais les costumes que vous créez, même s'ils sont modestes.

J’AI VU… J’AI VU…J'AI VU...
Les seules véritables fêtes réussies ce sont ces moments familiaux, collectifs, populaires, où des gens prennent du plaisir à construire les loisirs des autres gens. Personne ne me retirera les images que je garde de ces journées et de ces nuits. J’ai vu des Créonnaises et des Créonnais qui jusqu'alors ne se parlaient pas ou s’ignoraient, et qui, dimanche à 23 h 30, se tutoyaient et s’interpellaient par leur prénom. J’ai vu pleurer des jeunes filles, heureuses qu’on leur ait offert la possibilité de réussir, même fictivement, un projet collectif. J’ai vu des femmes et des hommes dont on se moque ou que l’on oublie tout au long de l’année, jouer un rôle décisif durant une semaine. J’ai vu, durant ces fêtes, le médecin spécialiste côtoyer le Rmiste, le professeur agrégé rire avec l’élève qui ne comprend rien à ses cours, le maçon s’amuser avec le journaliste, la lycéenne dialoguer avec la retraitée.
J’ai vu des centaines de spectateurs venant de partout pour aller vers ce que les autres avaient préparé pour eux. J’ai vu des dizaines de personnes, venues de toute la France échanger leurs adresses en se promettant de se retrouver à Aubière le 30 mars prochain. J’ai vu plus de 350 convives trinquer, chanter, plaisanter, fraterniser. J’ai vu de vieilles dames sincèrement émues de se replonger dans leur nostalgie. J’ai vu la tristesse de nos amis des autres régions de France, obligés de nous quitter dimanche vers 17 h pour faire des centaines de kilomètres pour revenir à leurs réalités !
J’ai aussi vu, c’est vrai, des idiots refuser de fermer leur porte ou leurs fenêtres, pour tenter de gâcher le spectacle qu’ils pouvaient voir gratuitement de la place. J’ai entendu des gens se plaindre du coté intellectuel de ce spectacle, et réclamer des fusées dans les airs… J’ai remarqué des sourires narquois ou des conciliabules désobligeants.

DES CERTITUDES, DES REALITES, DES CONVICTIONS
Je n’ai pas entendu parler de " Karcher ", de " racaille ", de " sans papiers ", d’expulsions, de violence, de sondages, (j’avais marié vendredi, pendant les fêtes, un sans papier algérien dans la plus grande discrétion pour me rassurer sur mon courage politique). Certes, je suis vidé, mais j’ai, dans ma tête, autre chose que des discours (ndlr : selon Eric Mouchet, le mien était proche de la longueur de ceux de Fidel Castro), des concepts, des programmes électoraux. J’ai puisé des certitudes, des réalités, des convictions nouvelles. Je n’arrive pas à réaliser que c’est fini et qu’il faudra, encore et encore, rouler le rocher de Sisyphe de l’organisation pour espérer retrouver, quelques instants, un sommet. Il est des querelles, des rivalités, des déclarations qui paraissent lointaines, très lointaines car elles ne sont faites que de poncifs et jamais calquées sur les faits. Toutes les filles et les fils de La Rochelle peuvent rêver d’armer un bâtiment dont il seraient forcément le capitaine, il leur faudra bien des...soutiers pour le faire avancer. Et ce sont les plus rares, car là où ils sont, ils sont oubliés…
D'après la théorie solaire, Sisyphe représente le soleil qui s'élève chaque jour, pour replonger le soir sous l'horizon. D'autres y voient la personnification des marées ou des vagues qui montent, pour soudain redescendre. Il peut s'agir aussi d'une métaphore de la vie elle-même, où cette punition signifiait qu'il n'y avait pas de châtiment plus terrible que le travail inutile et vain. On perçoit l'absurdité du personnage, tant dans le désespoir de tenter d'échapper à une mort inévitable, que dans la tentative d'achever un travail interminable. Dans son premier essai philosophique "  Le Mythe de Sisyphe "  Camus qualifie le héros d'ultime héros absurde. Il y établit pourquoi la vie, malgré l'absurdité du destin, vaut la peine d'être vécue. Autant ne se pencher sur ce sujet que si l’on a décidé de ne pas se consacrer aux autres. Ce sont eux, et eux seuls, qui font votre paradis ou votre enfer !
Mais je déblogue… 
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P
Quel plaisir de relire ces anciennes chroniques ! En voici une qui est un vrai régal, un rayon de soleil, une bouffée d'air pur dans le monde de brutes que nous vivons actuellement....
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P
une semaine inoubliable.Des liens se sont crées,une équipe soudée,la larme a l'oeil dimanche soir.J'ai plus l'age des colonies de vacances,mais j'ai eu le plaisir de revenir 20 ans en arriere. Merci pour ce reve de qualité .Une bonne leçon de convivialité que chacun devrait adopter                                                                                                    Sandrine.
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E
Oui Jean, je suis d'accord avec toi, "Sans Additif" est un super duo !Vous pouvez les retrouver sur leur site internet : http://www.sansadditif.com.Il ne faut pas se prendre la tête avec "les critiques". Il y en aura toujours. Et puis, il n'y a que ceux qui "font" qui sont critiqués."La critique est aisée et l'art est difficile. C'est là ce qui produit ce peuple de censeurs, et ce qui rétrécit les talents des auteurs."[Destouches]Extrait de "Le glorieux"
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S
Ces fêtes 2006 furent, pour moi, d'une très grande qualité. Elles ont réussi  à mélanger la joie, la convivialité, l'émotion et évidement la colère de certains abrutis qui préfèrent critiquer que construire. Ton émotion et celle d'Aurélie lors du couronnement furent également un des moments marquant de ces fêtes. J'aimerais dire toute mon admiration pour deux artistes dont j'ai trouvé la prestation époustouflante, je veus parler du groupe "Sans Additif". Ces deux jeunes ont mis une ambiance extraordinaire durant le repas du dimanche midi et lors des deux représentations. Alors Bravo à eux, bravo vous tous et vivement les fêtes 2007.
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