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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LES BANLIEUES SONT PARTOUT

Pas moins de cinquante unités de forces mobiles (CRS et gendarmes mobiles), soit 4.000 hommes, ont été mobilisés en renfort sur l'ensemble du territoire français pour la nuit dernière, un an jour pour jour après le début des émeutes en banlieue. Ce dispositif pourrait être prolongé ou renforcé en fonction des événements de la nuit… C’est dire si, comme on le disait autrefois dans mon village, on a eu le " trouillomètre " à zéro au Ministère de l’Intérieur. Aux aguets de la moindre sonnerie du téléphone, les cadres sarkozistes dans chaque coin de France, ont passé une nuit blanche, avec la crainte d’en voir l’écran noir s’illuminer de quelques incendies divers.

Tous les observateurs indépendants et lucides s’accordent en effet à reconnaître que toutes les déclarations provocatrices, toutes les annonces apaisantes, toutes les promesses électoralistes ont été lettres mortes et que véritablement rien n’a changé dans ces cités où se concentrent les problèmes actuels de la société : chômage, renoncement parental, inculture, surendettement, communautarisme excessif… Comme les mêmes causes produisent tôt ou tard les mêmes effets, les Renseignements généraux, véritablement peu efficaces dans ce secteur difficile à infiltrer car très différencié, ont donné l’alerte. Au cas où…

Le Préfet de la Gironde, en recevant récemment le nouvel Inspecteur d’Académie, lui a bien précisé qu’il lui donnait toute latitude pour gérer le système éducatif mais… qu’il exigeait un suivi permanent de la politique de la ville. Les consignes sont formelles, car un nouvel embrasement coûterait probablement son élection à Sarkozy ! Malheur au Préfet de police qui, cette nuit, aurait dormi uniquement du sommeil du juste. Et donc, celui qui aura pris des vacances de Toussaint pour aller sur la tombe de sa famille, risque bien d’aller se recueillir un jour sur celle de sa carrière. Il valait mieux rester éveillé pour réagir au plus vite. Le danger était partout.


IL N’Y A PAS D’ANNIVERSAIRE

Pas " populiste " pour un centime d’Euro, Sarkozy avait hier, fait sa déclaration de " Rieufort sur Rançon ", qui demeurera selon moi dans l’histoire comme le top du top de la démagogie. " Pour moi, il n'y a pas d'anniversaire. Il y a une France qui est multiple et chacun doit se sentir considéré et respecté. Ce n'est pas parce qu'on ne brûle pas de bus qu'il n'y a pas de souffrance, d'inquiétude, de besoins, d'aspirations et de demandes", La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait déjà critiqué "l'agitation médiatique" autour d'un "pseudo-anniversaire", comme s’il était étranger à ce processus ayant conduit à convoquer des dizaines de caméras et de micros lors de ses opérations commandos .
Le " président-ministre-candidat " de l'UMP a ajouté : "l'Etat républicain ne peut pas se préoccuper uniquement de ceux qui se comportent mal, mais aussi de ces millions d'anonymes qui vivent sans rien demander mais qui entendent être respectés", devant des habitants à mille lieues de ces problèmes qu’ils ne connaissent que grâce à la vérité selon Saint PPDA. "Cette France-là, elle compte aussi. Etre là en Lozère aujourd'hui, c'est une façon de dire que ce n'est pas parce qu'elle ne casse rien qu'elle ne doit pas avoir la parole. Vous avez fait beaucoup d'efforts. On ne donne pas assez à ceux qui veulent construire et un peu trop à ceux qui veulent empoisonner la vie des autres". Même Poujade ou De Villiers, parangons royaux du populisme, sont relégués au rang d’amateurs. La Lozère, pour faire une déclaration sur le thème " Aux armes citoyens, formez vos bataillons ", relève de la manipulation intégrale, au moment où Jacques Chirac, lui, se pavane en Chine !

Or, il se trouve que ce beau département de Lozère a fait récemment partie de ceux dans lesquels la délinquance s’était brutalement aggravée. Il faut y voir certainement la véritable raison de ce déplacement du " candidat officiel ", qui avait fait expédier un questionnaire au Préfet responsable, selon lui, de ces statistiques catastrophiques. Celui de Seine Saint Denis s’était rebiffé… et celui de Lozère a donné une explication implacable à ce mal des banlieues : le commissariat de Mende, qui avait connu un triste record de hausse, avec +200 % de vols enregistrés sur les six premiers mois de l'année, fournit une superbe réponse. Le vol d'une paire de chaussettes, de bonbons et de magazines dans quatre magasins différents avait été la cause de ce bond des chiffres de la délinquance. Sur la même période de 2005, le commissariat de Mende n'avait en effet enregistré qu'un seul délit de ce type : le vol d'un pot de yaourt dans un hypermarché ! C’était le lieu rêvé pour parler des problèmes des banlieues, et les journalistes n’ont pas manqué de questionner le "président-ministre-candidat " sur la fiabilité de ses statistiques ! L’appel de Rieufort sur Rançon (sic) était le bienvenu pour ramener le calme.


DANS LES CITES DITES DE GAUCHE

Vers 18h 15, hier soir, devant la gare du Blanc-Mesnil, deux individus cagoulés ont mis le feu à un premier autobus après avoir fait descendre, sous la menace d'une arme, le conducteur et une quinzaine de passagers. Le conducteur, comme les occupants, n'ont pas été blessés, a précisé la compagnie Transports rapides automobiles (TRA, du groupe Veolia transports), propriétaire du bus. Les assaillants ont répandu de l'essence dans le véhicule avant de mettre le feu. Le même scénario s’est déroulé, quelques heures plus tard, dans la même ville… dirigée par un Maire communiste. Précision importante, car vous constaterez que ce genre de faits ne se produisent majoritairement que dans des cités dirigées par la gauche. C'était le sixième bus incendié en France en quarante-huit heures, dont cinq en région parisienne et tous dans des villes dites de gauche. A droite tout est calme ! Mais bien évidemment : c’est un pur hasard!

Inutile de préciser que de tels faits n’ont rien à voir avec la crise des banlieues, mais plus prosaïquement avec une forme larvée de "guérilla " urbaine. Ce que Sarkozy ne reconnaîtra jamais, c’est qu’il y a dans chaque acte collectif de rébellion, des groupes chargés de mettre le feu au sens figuré. Expliquer ce rôle connu de certains agitateurs semi-professionnels, ce serait admettre l’existence d’un réseau intra-français, organisé pour lancer des émeutes, et donc l’échec complet de la politique de répression. La vérité est plutôt là.

Il existe des mouvances qui ont intérêt à ce que l’anniversaire soit dignement fêté dans les prochains jours, ne serait-ce que les dignitaires religieux, proches de l’extrémisme, qui ont clairement été mandatés en 2005 pour secourir le pouvoir républicain défaillant. S’il s’avère que ce rôle leur incombe, ils peuvent fort bien pacifier une nuit d’anniversaire, et donner un signe fort de puissance sur le terrain. C’est ce qui s’est passé la nuit dernière.

En revanche l’attaque des autobus avec des armes de poing relève d’une pratique éloignée de la simple manifestation collective de " haine " à l’égard des policiers. Il est certain que, dans un avenir plus ou moins lointain, on déplorera un " accident " avec une confrontation armée directe. Alors, il faudra bien se pencher sur un problème extrêmement difficile : celui de la circulation préoccupante d’armes à feu dans les " cités ". Mais ce sera plus tard !


GROUPES RESTREINTS CONSTITUES

Toutes les communes ont leurs phénomènes "banlieue", et les maires qui prétendent le contraire ne sont pas crédibles. La différence, c’est que médiatiquement, les habitants n’en ont pas conscience, dans la mesure où ces faits ne sont pas diffusés. Ils restent dans un cercle réduit et ainsi leur importance est minimisée. Par exemple, sur Créon, nous savons que, la nuit, sans que ce soit au pied des immeubles, mais dans divers points de la commune, se retrouvent des groupes restreints constitués qui attendent on ne sait quoi en vidant quelques packs de bière ou une bouteille d’alcool fort. Les parents abandonnent tout contrôle et ne se posent aucune question sur les heures auxquelles ces mineurs regagnent leur domicile.

Les têtes mal pensantes ont déjà été interpellées pour des broutilles, ou sont en passe de l’être; mais… ils ne renoncent pas pour autant, et ne se décident pas  à changer de manière de se comporter. La semaine dernière, les grilles de protection des locaux collectifs du stade municipal ont été arrachées avec les murs eux-mêmes. Toutes les portes ont été forcées, pour finalement  dérober… 2 packs de bière et 1 d’Orangina ! Coût des dégâts : 3 000 €  pour la collectivité ! De temps en temps, des bacs poubelles brûlent la nuit quand, dans leur vagabondage, les troupes ont froid. Parfois, ils cassent quelques panneaux de signalisation ou taguent des murs innocents. Certains vivent de petits trafics, comme ailleurs, sans que les familles cherchent à savoir d’où vient leur train de vie. Inutile de le nier, même la plus petite commune a son abri bus où se rassemblent les désabusé(e)s du quotidien.

Nous avons donc tous notre phénomène banlieue, qui ne passe pas, heureusement, par la caisse de résonance médiatique, et qui ne bénéficie pas, heureusement, d’une publicité gratuite. Si l’on admettait notre responsabilité collective dans cette réalité, un pas en avant serait franchi. Résoudre les problèmes au pied des immeubles ou sous les abris bus ruraux relève d’un changement des comportements et pas nécessairement d’une circulaire sarkoziste de plus. Et l’on sait que les comportements sociaux ne se modifient jamais par un texte, mais par un lent et complexe processus solidaire. Et là, on en est véritablement très loin, surtout quand on le voit de... Rieufort sur Rançon !

Mais je déblogue…  

JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...

http://permanent.nouvelobs.com/politique/20061027.OBS7179.html

Relire la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN  "Jury sans assise"

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R
Désolé j' ai fais une mauvaise manip et c' est pourquoi il y a un doublon plus lisible. Jean-Marie, pouvez-vous effacer le commentaire en doublon illisible svp.
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E
Commentaire n°7 illisible pour moi ! Ron, peux-tu le remettre sans trafiquer la police de caractère ? ;-)
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R
Bonjour à tous, Sur l' article, beaucoup de provoc' (et c' est ca qu' on aime !) alors je me permets de tempérer. 1/ La politique de Sarko me dégoute dans les banlieues et c' est un échec cuisant cependant j' approuve que des mesures soient prises durant des périodes à risques comme ce jour anniversaire ou encore le réveillon etc...et j' espere que non seulement les sarkosistes mais les autres étaient sur le pied de guerre (hélas le mot est choisi) 2/ Bien fait pour les préfets qui non seulement n' ont pas besoin d' un jour spécial pour aller se recueillir mais qui également devraient être athées ( Salut Eric ;-) ) 3/ On devrait envoyer l' armée encadrée par des jeunes à Mende ( bon ok la aussi je déconne ! ) 4/ Je connais très bien Le Blanc Mesnil pour y avoir vécu (cité des fleurs, joli nom...). Je me souviens malgré mon jeune âge de la police qui interrogeait mes parents sur un meurtre en bas de chez nous, je me souviens des souris que chassait mon père de derrière le frigo, je me souviens de ces jolies tours qui pour info ne datent pas d' hier, comme le reste. Pour info, Le Blanc Mesnil est collée à Aulnay sous Bois, joli ville où règne la quiétude digne de la petite maison dans la prairie...ou je me trompe peut être mais comment ca pourrait en être autrement avec un maire UMP. C' est comme à Strabourg, où les voitures se consument forcement spontanément puisque la mairie est loin d' etre à gauche ;-) Tout est calme mais aucun hasard ! La connerie n' a pas d' étiquette politique ! Enfin, je ne pense pas que CAT parlait de mai 68 et faire l' amalgame montre qu' analyser les événements en banlieue nécessite leur connaissance. Je vous invite tous à lire l' excellent article de Libé (non, non ce n' est pas un complot du Figaro !) du 27 octobre sur l' histoire des violences urbaines qui reparle de Vaulx en Velin, des Minguettes...mais il ne parle pas de 14-18 ! Si vous le trouvez pas, je vous l' envoie posteron@hotmail.com
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J
Cat ne doit pas avoir connu mai 68 sinon il saurait que que la provoc ça existe et cette fois là elle était à peine voilée....
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Y
Mr Sarkozy a pourtant bien provoqué les émeutes de 2005 pour pouvoir après passer pour un sauveur et héros.<br /> C'était grossier et pourtant ça a marché.
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