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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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UN CONTE : DE LA CHEVRE A L'ART

Tout le monde s’accorde à reconnaître le caractère royal du lion ou de l’aigle, et d’ailleurs, ils symbolisent un port altier, même si leur comportement manque parfois de dignité. En effet, ils ont tous deux une fâcheuse tendance à vivre sur le dos des autres. Ils savent être sans pitié et sans aucune retenue au moment où il leur faut mettre en œuvre la conquête d’un territoire ou d’un pouvoir. Mais personne n’avait encore songé à affubler la chèvre d’une telle aura. Certes, partout où elle passe, la végétation trépasse, mais comme elle préfère les ronciers et les épines à toute autre nourriture sophistiquée, elle a une vocation plus populaire que royale.
Pourtant, comme il y eut, en une époque lointaine, une guerre des deux roses, il existe depuis quelques années un conflit des deux chèvres dans la France profonde. En Poitou exactement, lieu dans lequel la douceur du climat incite plutôt à la négociation qu’au conflit. En fait, tout a commencé pour une "histoire" dont on pouvait faire un fromage. Le Chabichou, devenu une appellation d’origine contrôlée, grâce à un coup de pouce royal, s’est installé comme une référence en matière de produit du terroir chevrier. Tout a commencé à Melle capitale mondiale de la chèvre.
En s'y installant, aussitôt après son élection… royale, la députée découvre une terre saignée par la désertification, la crise de l'emploi et le délitement des services publics. L'endroit possède bien quelques atouts, mais ils manquent cruellement de renom. Ainsi le chabichou. Ce fromage de chèvre, apprécié des gourmets, se vend alors bien peu en dehors du Poitou. La filière souffre. "On crevait la gueule ouverte et les politiques ne faisaient rien", raconte un fermier. La députée va se faire l'apôtre du chabichou. Elle obtient pour lui le label d'appellation d'origine contrôlée (AOC) en un temps record : dix-huit mois, au lieu des cinq à dix années généralement requises… Un exploit qui lui vaudra une aura d’efficacité particulièrement appréciée dans un secteur où le développement économique patine depuis des décennies.

LE CHABICHOU ROYAL
Le Chabichou est un fromage au lait de chèvre entier, à pâte molle, qui a la forme caractéristique d'un petit tronc de cône, dite " bonde ", de six centimètres de hauteur et de cinq à six centimètres de diamètre. Sa croûte fine, originellement blanche, devient progressivement gris-bleu. Avec l'âge, elle fonce, devient parfois cassante et peut se couvrir de taches de moisissures jaunes, bleues ou rouges. Sa pâte est blanche, ferme mais souple. Elle devient légèrement friable en vieillissant, sans perdre ses qualités gustatives.
La légende du Chabichou remonterait, selon les historiens locaux à…732, lors de la défaite des Sarrasins (on ne connaissait pas alors le mot arabes) dans la région, au VIIIe siècle, après la fameuse bataille de Poitiers dont tous les titulaires du " Certif " connaissaient l’importance historique, liée à Charles Martel. Beaucoup d’entres eux ont quitté ces terres, mais quelques-uns s’y installèrent avec leur famille et, notamment, leur troupeau de chèvre. Le pays convenait tout à fait à la " vache du pauvre ", car les pâturages étaient de qualité. On fit alors un fromage nommé cheblis (" chèvre ", en arabe), qui deviendra par la suite le " chabichou ". Toutefois, la domestication de la chèvre dans cette région est supposée antérieure à la colonisation romaine. En devenant chouchou royal, ce produit en perdition allait trouver le chemin de la gloire gastronomique.
D’ailleurs, on lui dédia très vite une route royale spécifique, dont le succès fut incontestable dans les années 90, après une lutte musclée avec Raffarin qui souhaitait s’approprier le bébé. Les chèvres furent prises en otage. Comme président du Conseil régional, il a en effet tenté de revendiquer la paternité de cette fameuse " Route du Chabichou " qui invite ses hôtes à prendre connaissance de l'exploitation des chèvres en forcerie intensive. La modernité des élevages présentés fait passer l'anormalité de l'enfermement des biquettes en atelier industriel comme normal, et même recommandé ! 
Cette industrialisation aidée a fait que les pâturages du Poitou ont été privés de la présence du petit herbivore ruminant, et une désertification s'est opérée dans les campagnes. Le Poitou-Charentes, qui représentait 35 % du cheptel caprin, et comptait 13 900 fermes possédant des chèvres en 1979, n'en comptait plus que 2 000… en 2001 ! La chèvre devenue un enjeu électoral, donna lieu à une furieuse surenchère électoraliste qui allait mal finir !

UNE SORTE DE PARC D’ATTRACTION CONSACRE A LA CHEVRE
Dans le cadre de cette farouche concurrence pour s’approprier la faune caprine, Raffarin a voulu en effet surclasser tout ce qui avait été accompli jusqu’alors. Sur des modèles pourtant en difficulté financière, il inventa " Cabrilia " une sorte de parc d’attraction, ferme parc autour du divin animal. Ce fut un désastre régional, que le pouvoir royal s'employa à pointer d’un doigt vengeur.
Après avoir fait une tentative de reprise des activités grâce à la nouvelle équipe régionale, le sort en fut jeté pour Cabrilia, pompeusement baptisé "Centre International Caprin". Il fut déclaré, par le Tribunal de Grande Instance de Poitiers, en liquidation judiciaire. Triste fin pour un complexe qui avait coûté la bagatelle de 5,6 millions d’€ (dont 3,6 pour la Région), mais surtout pour sept employés, qui furent mis au chômage. La route du Chabichou triomphait.
Justifiée, la disparition de Cabrilia, œuvre raffarinesque, laissait un passif énorme, de 270.000 €, passif qui ne pourrait même pas être épongé par la vente de l’actif (matériel agricole, tracteurs, ordinateurs, trayeuses) et le cheptel, composé de 350 chèvres (dont 250 laitières et cent bêtes "de collection")... On prétend que certains animaux moururent de chagrin en voyant leur hôtel quatre étoiles disparaître.
"C’est l’exemple d’un gaspillage, d’un mauvais investissement, d’un mauvais choix, décalé, en dehors des éleveurs et de leurs besoins" déplora-t-on logiquement dans le camp royal qui avait déclaré "prendre le temps de regarder ce qu’on peut en faire", puisque "le site appartient à la Région". Dans son optique "de faire des économies", la Région - via sa Présidente - avait à cœur de recycler Cabrilia en Maison de la Chèvre, avant que vienne la bonne idée ! On ne fermerait pas les portes, mais on installerait dans le beau village de Linazay, le Fonds régional d’Art contemporain. Après la chèvre on entrerait dans l’art !

DIGNE D’UN MUSEE D’ART CONTEMPORAIN
"Cabrilia est tout à fait digne d'un musée d'art contemporain, à la fois rustique et majestueux, expliqua-t-on royalement. Il n'y aura aucun frais de réhabilitation, c'est un bâtiment tout neuf. Il nécessitera juste quelques travaux d'aménagement." Un aspect contesté par les détracteurs du projet, pour qui il ne suffit pas "de balayer un coup et d'accrocher les tableaux au mur". Vice-président du conseil régional, à l'origine de ce projet, Paul Fromonteil avance avec prudence : "Il est difficile de chiffrer ce projet tant qu'aucune étude n'est faite. Mais cela coûtera beaucoup moins que l'ancien projet prévu. Tout y est, salle de projection et ascenseur : c'est le Centre Pompidou en plus petit !"
Il est vrai que l’essentiel consistait à trouver une utilisation publique au site, pour éviter de rembourser les fonds européens injectés dans Cabrilia !
La présumée candidate à l'élection présidentielle a fait part de sa décision à la presse rassemblée, lors du Festival de la bande dessinée d'Angoulême, le 28 janvier dernier. Directeur du FRAC, Olivier Chupin en a été informé à travers un article de La Charente libre, paru le 30 janvier 2006. Il a appris, par la même voie, "qu’il n'était pas l'homme de la situation pour assurer cette mutation". Olivier Chupin, directeur du Fonds régional d'art contemporain (Frac) de Poitou-Charentes depuis 1989, a déposé lundi une plainte pour harcèlement moral contre la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes et de présidente du Frac (1).
Rédigée par l'avocat pénaliste bordelais Me Daniel Lalanne, la plainte a été remise au doyen des juges d'instruction d'Angoulême, ville qui abrite le siège du Fonds régional depuis sa naissance, en 1983.
Olivier Chupin accuse Ségolène Royal d'avoir porté atteinte à sa dignité, ainsi qu'à sa santé physique et mentale, en étant à l'origine de la dégradation de ses conditions de travail. Les faits dénoncés par ce salarié de 42 ans concernent une série de mesures, d'événements et de vexations ayant conduit, au cours de ces derniers mois, à une mise à l'écart qu'il ressent comme une déconsidération publique. La chèvre ou l'art ne font pas bon ménage.
Et les chèvres me direz-vous, dans tout ça ? Vous n’allez pas, tout de même, en faire un fromage… sauf s’il est original et que vous puissez considérer que c’est une œuvre d’art moderne, à signer Chabichou !
Mais je déblogue…
 (1) SUD OUEST du 7 novembre 2006
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E
Ici, il ne s'agit pas de "procédé répugnant" mais juste d'essayer d'ouvrir les yeux de tous ces militants qui ont subi un lavage de cerveaux. Et oui, il y en a qui croient toujours que SR incarne une "rénovation" ! Rigolo, non ? Il ne faudra pas ensuite qu'ils viennent se plaindre !
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V
Comment il a dit déjà Fabius ? Ah oui , procédé répugnant...<br /> Décidément la corrida du PS va laisser des séquelles...
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E
Segogo l&#039;Europe et les cantinesenvoyé par jules-ferry-2
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E
Son sens de la "révolution" est assez étonnant ! Oui Ségolène, faisons la révolution pour revenir aux conditions de travail du 19ième siècle ! Merci Ségolène !<br /> Sinon, elle montre une fois de plus qu'elle ne comprend rien aux problèmes de l'E.N. en disant que le noeud de l'échec scolaire se situe au collège ! NOn Ségolène, le problème commence bien plus tôt ! Connais-tu l'école primaire chère Ségolène ! Tu sais, l'endroit où l'on apprend à lire, à écrire, à compter, à avoir un comportement "social", etc. Tu es nulle ma pauvre ségolène ! NULLE !
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J
<br /> Dailymotion blogged videoSego_enseignantsVidéo envoyée par segolhaine_royal<br />
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