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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE BUSH A BUSH

Il paraît, si l'on en croit des déclarations récentes, que le Peuple n’aurait pas toujours raison. Et d’ailleurs, en France, on en a une certaine expérience avec le résultat du vote négatif sur le traité constitutionnel européen. Dans toutes les sections socialistes on se plaint amèrement que certains aient eu l’idée malheureuse d’avoir été en accord avec la majorité d’un peuple ignare, débile, irrationnel qui n’avait pas vu que l’on essayait de faire son bonheur... à l’insu de son plein gré.
Regardez ! Même Chirac, fabuleusement élu avec les voix de la gauche, a pensé la même chose : le Peuple qui l’avait ramené à l’Elysée par défaut ne pouvait avoir le droit de lui imposer quoi que ce soit. Il a mis en place, depuis son " triomphe ", les gouvernements les plus à droite que l’on ait eu en France. Il a ensuite perdu lors de toutes les autres échéances électorales (conseils généraux, conseils régionaux, européennes…) sans jamais donner le moindre signe de renoncement à conduire la politique par laquelle, en fait, il avait recueilli au premier tour des présidentielles à peine 13 % du Peuple ! Pas la moindre lueur de démission. Et, en revanche, un œil extrêmement critique et suffisant sur les autres pays.
Chez nous, un vote populaire ne se respecte que quand il est favorable à son camp… Ainsi le soir d’un scrutin, tout le monde a gagné ou au moins n’a pas perdu. Le seul qui ait eu une réaction d’orgueil sans ambiguïté fut ce pauvre Lionel Jospin, qui n’avait pas compris qu’en France, une défaite ne suffit pas à vous contraindre à vous retirer de la vie publique. Il a eu ce mérite qu’on ne lui reconnaît pas : tirer les conséquences de son échec… sans véritablement, ensuite, admettre que c’était le sien et pas celui des idées qu’il était censé représenter.

LE PEUPLE POUVAIT AVOIR RAISON
Les Etats Unis d’Amérique, que l’on présente comme une démocratie véritablement non participative, a démontré bizarrement hier que… le Peuple pouvait avoir raison et que, malgré tout ce que l’on déblatère sur ses pratiques, Bush avait su entendre son message. Il n’est pas absurde de penser qu’il est, finalement, plus " démocrate " que Chirac, sourd à toutes les injonctions qui lui ont été faites.
En surfant comme prévu l'impopularité logique de la guerre en Irak, et de George Bush lui-même, les démocrates ont en effet pris hier le contrôle de la Chambre des représentants pour la première fois depuis 1994, et la bataille pour le Sénat qui se joue elle en Virginie peut encore faire basculer la totalité des assemblées délibérantes dans l’opposition. Deux ans avant la course à la succession de Bush, les élections à mi-mandat ont vu les démocrates s'emparer d'une trentaine de sièges à la Chambre des représentants, quand quinze leur auraient suffi pour redevenir majoritaires. C’est un signe fort et indiscutable de l’impopularité de la politique de Bush.
Au moment où j’écris, au Sénat, dont le tiers des sièges était renouvelé, les jeux sont plus serrés. Des six sièges détenus par les républicains et qu'il leur fallait décrocher pour s'emparer de la majorité, les démocrates en ont néanmoins obtenu quatre (Missouri, Pennsylvanie, Ohio et Rhode Island). Dans les deux derniers (Montana et Virginie), leurs candidats sont également en tête. Si John Tester l'emporte dans le Montana et Jim Webb en Virginie, la chambre haute tombera également dans l'escarcelle du Parti démocrate. Bush en a cependant illico tirer les conséquences...

PROFOND RESSENTIMENT CONTRE BUSH
Le pouvoir local a été aussi bouleversé. Là encore, le profond ressentiment contre l'administration Bush et les Républicains a poussé les candidats démocrates vers les fauteuils de gouverneurs. Six Etats, jusque là administrés par la droite américaine, ont changé de bord, et les gouverneurs démocrates sont désormais majoritaires. Les républicains ont toutefois résisté, notamment en Californie, où la stratégie de recentrage d'Arnold Schwarzenegger a fonctionné à plein, au Texas et en Floride, trois des quatre Etats les plus peuplés du pays. Cette alternance devrait compliquer la donne pour George Bush au moment d'aborder les deux dernières années de son bail à la Maison blanche.
" Aujourd'hui le peuple américain a voté pour le changement et voté pour que les démocrates entraînent notre pays dans une nouvelle direction. C'est exactement ce que nous avons l'intention de faire ", a déclaré Nancy Pelosi, appelée à devenir la première femme présidente de la Chambre des représentants, lorsque le 110e Congrès des Etats-Unis se réunira, seulement en janvier. Elle aura le temps de recevoir la visite d’autres femmes… Suivez mon regard !
Or, il n’est pas inintéressant de rappeler que notre Nicolas Sarkozy " Ministre-Président-candidat " est récemment allé faire acte d’allégeance à cette administration Bush qui lui paraissait digne de confiance. Il a même eu la veulerie de critiquer son propre pays qu’il considérait comme " trop arrogant ". Espérons qu’il aura le courage politique, comme d’autres, d’envoyer un message de condoléances à son pote George. Il a démontré en l’occurrence un " flair " particulier de caniche de Bush. En revanche,  son maître n’a pas hésité longtemps pour écouter le Peuple puisqu’il a immédiatement vidé, sans ménagement, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et l'a remplacé par Robert Gates, ancien directeur de la CIA.

MECONTENTEMENT SUR LE MANQUE DE PROGRES EN IRAK
Artisan d'une guerre en Irak devenue impopulaire, Rumsfeld aura été six années au poste de ministre de la Défense. Le président américain a reconnu que "beaucoup d'Américains avaient (...) signifié leur mécontentement sur le manque de progrès" en Irak lors des élections et indiqué que la nomination de Robert Gates au Pentagone devait apporter "une nouvelle vision". On aurait bien aimé entendre Chirac s’exprimer de la même manière après le référendum sur le Traité constitutionnel européen, car nul ne peur prétendre que ce vote-là a eu une influence réelle sur la politique française européenne ! Le président américain a même avoué qu'il assumait une "large part de responsabilité" dans la défaite de la majorité républicaine et la victoire de l'opposition démocrate.
Après avoir félicité les démocrates pour "leurs victoires", George W. Bush s'est dit "évidemment déçu par le résultat des élections.En tant que chef du parti républicain, je partage une large part de responsabilité. J'ai dit aux dirigeants de mon parti que c'était maintenant notre devoir de mettre les élections derrière nous et de travailler ensemble avec les démocrates et les indépendants sur les grands problèmes auxquels ce pays est confronté", a-t-il encore déclaré… A en tomber à la renverse ! Mais que l’on aurait aimé entendre pareils propos dans les déclarations présidentielles françaises. Le paradoxe, c'est que ce sont  justement ces USA que l'on présente come étant totalement insensibles à la démocratie, gouvernés par un idiot mégalomane, attaché à une forme de pouvoir personnel omnipuissant, qui affiche une volonté populaire forte. Là-bas, on ne sauve pas les apparences. On prend une claque et on l'assume. Chez nous, même un coup de pied au cul répété ne change rien à la donne. C'est probablement la raison fondamentale du désamour entre le Peuple et ses élus nationaux. Leur surdité feinte aux appels répétés en faveur d'un changement. Heureusement, il ya a Bush !
Mais je déblogue... 
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS ET VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...
Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN  "Le roi du puzzle" puis
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E
Ok Ron, je comprends...
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R
Salut Eric, Ne confond pas l' objectif et le moyen. L' idéal est un objectif et je pense que nos idéaux sont communs. Le pragmatisme est un moyen comme le dogmatisme. En effet je crois pas en une revolution mais plus en avancées franches sucessives qui nous ferons aller vers un monde meilleur. C'est peut etre peu ambitieux mais c' est ma conviction. Je trouve ca plus réaliste.
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E
@Ron<br /> Le "principe du vrai" ? La vérité existe-t-elle ?<br /> Ce ne sont pas des pragmatiques qui font avancer les "choses" mais ceux qui ont un idéal. Oui, les pragmatiques ne font que gérer "l'existant" inventé par ceux qui "inventent" notre société !<br /> Allez Ron, un peu de rêve avant le pragmatisme ! ;-)
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J
Il tombe évidemment sous le sens que les Etats-Unis sont une démocratie. Je rejoins complètement Ron sur cette question. La démocratie, c'est un mose de fonctionnement reposant sur des valeurs partagées par une écrasante majorité des citoyens.C'est un régime politique où les minoritaires acceptent que les majoritaires gouvernent; ils ne cherchent donc pas à leur savonner la planche pour entraver leur action.Aux Etats-Unis, les discussions au sein des commissions de la Chambre des Représentants et du Sénat sont toujours publiques. Avant qu'un "ministre" (ils les appellent "secretary") soit investi, il doit montrer patte blanche devant le Sénat. Un Sénateur, aux Etats-unis, a beaucoup, beaucoup plus de pouvoirs qu'un député en France et encore plus qu'un sénateur.Les sénateurs fédéraux représentent les Etats fédérés. C'est la raison pour laquelle il y en a DEUX par Etat, quelle que soit la population de cet Etat.Il est impropre de dire que tel état a basculé quand on parle des élections sénatoriales. Chaque Etat élit deus sénateurs mais ceux-ci ne sont pas élus en même temps. Si l'un est élu l'année n, le second est élu l'année n+2, sur une autre circonscription de l'Etat. Il n'y a alors de nouvelles élections sénatoriales que l'année n+6 dans cet Etat.Par contre, les représentants sont élus, en totalité, tous les deux ans, sur tout le territoire fédéral. Les gouverneurs sont élus tous les 4 ans, dans la moitié des Etats de l'union.Si bien qu'il y a des élections sénatoriales, dans l'Union, tous les deux ans (1/3 du total) et des élections de gouverneurs tous les deux ans également.
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R
Le pragmatisme n'est pas un ideal mais un moyen de l' atteindre. Par ailleurs je prefere partager des definitions plus abordables : Pragmatisme, "Doctrine selon laquelle la valeur pratique est le principe du vrai". En effet, une idée m'interesse si elle est applicable. Les discours dogmatiques ne me semblent pas faire avancer les choses et seules les propositions concretes pourront remotiver les gens à s' impliquer d' avantage.<br />  
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