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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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HULOT : C'EST CHOUETTE !

Au volant de sa vieille auto pétaradante, Monsieur Hulot part en vacances : sa conduite pour le moins originale lui vaut les injures de nombreux automobilistes. Il s'installe dans un hôtel semblable à tous les hôtels de vacances, et y retrouve les mêmes baigneurs, les mêmes pâtés de sable que partout ailleurs. Son arrivée provoque quelques bouleversements dans la petite communauté... C’est le résumé officiel du film de Jacques Tati.
On sait depuis quelques jours qu’il pourrait y avoir une suite, encore plus comique, qui pourrait s’appeler " le retour de Monsieur Hulot " sur le même thème, sauf que l’automobile serait un splendide 4x4 climatisé qui se garerait sur un trottoir, et qu’il en descendrait un conducteur déjà pré-bronzé aux U.V. de son SPA personnel. Son arrivée, escortée de caméras et de micros, sèmerait le trouble dans un lieu réputé jusque-là réservé à la haute société des candidats aux présidentielles. Une sorte de bunker où, pour entrer, il faut obligatoirement montrer une recommandation signée par plus de 500 spectatrices ou spectateurs appréciant le jeu de rôles.
Le scénario étant écrit d’avance, on sait qu’il ne fera qu’un petit tour pour montrer sa force et obtenir la juste récompense de ses efforts, grâce à un contrat tenant compte de sa notoriété.
 
D'UN HULOT A L'AUTRE
Le premier Hulot avec son "visage à la Prévert sur le corps de De Gaulle" va promener sa silhouette dégingandée sur une plage qui n’avait que du sable chaud pour légionnaire et pas de mazout pour tortionnaire ; arbitre dans "Mon oncle" l'éternel conflit de l'ancien et du nouveau comme en une revue de deux mondes ; plonge avec le courage de l'inconscience dans l'univers cybernétique de "Playtime" et affronte dans "Trafic "le terrifiant monstre automobile aux cent gueules de chauffards. Il a déjà, incontestablement, un profil écolo, une allure à ne pas déranger les mouches et une naïveté de militant vert au moment de choisir un(e) candidat(e) aux élections présidentielles. Il vit dans un contexte où l’on sait donner du temps au temps. Il ignore la pression d’une société dans laquelle la parole est d’argent quand l’image est d’or et le silence de plomb.
Le Hulot de Tati n’est en effet qu’un personnage échappé du cinéma muet dans le monde du parlant. Il se heurte à la technologie, à un univers impersonnel et gadgétisé. Il ne sait jamais comment réagir dans un contexte où tout paraît pour le moins agressif ou surprenant. Il ne semble pas avoir de famille sauf que, quand on connaît un brin la vie de son successeur, le petit Nicolas, on y retrouve un incoyable lien de parenté historique : " Mon grand-père était l'architecte de l'immeuble dans lequel habitait Jacques Tati. Chaque fois qu'il y avait un problème, la gardienne lui disait : " Il faut appeler Monsieur Hulot ! " Cela revenait comme un leitmotiv. Il semble que mon grand-père avait une silhouette particulière, qui a frappé Tati. Aussi, lorsqu'il a créé son célèbre personnage, il s'est souvenu du nom et a demandé l'autorisation de l'utiliser. " explique, dans l'hebdomadaire l'Express du 7 février 2005, celui qui vient de débouler dans l’arène politique. Etrange destinée que celle qui permet au petit-fils de prendre la relève dans un tout autre domaine que celui du cinéma (bien qu’entre la politique et le cinoche, il n’y a pas beaucoup d’écart).

TAXES ET IMPOTS EN TOUS GENRES
N’étant jamais si bien servi que par soi-même, Jacques Tati se mettait en scène. L’autre aussi, ce qui lui donne une indépendance redoutable, mais qui fait aussi sa faiblesse car il lui faut se produire, se diffuser, se vendre au plus offrant. Déjà, la super production fabiusienne lui a promis un contrat d’exclusivité comme " assistant réalisateur ", et celle de Chiraquie, gérée par de Villepin, lui a donné une "avance sur recettes", ce matin, lors d’une conférence de presse à faire verdir de rage Dominique Voynet.
En fait, le Nicolas, héritier de l’autre, a déjà semé le trouble parmi ses rivaux potentiels, puisque lui, qui ne rêve que d'être le second des Ministres du culte écologique, a vu le Premier Ministre affirmer qu’il fallait un renforcement de la fiscalité écologique avec la création d'une taxe sur la consommation de charbon et l'augmentation de 10% de la taxe sur la pollution industrielle et les déchets, et celle sur les nuisances aériennes. Rien que ça dans la même journée, alors que par ailleurs ce même de Villepin réclame une baisse des impôts et taxes diverses; mais dans le fond, rien n’est trop beau pour séduire Monsieur Hulot ! La taxe sur la consommation de charbon, seul combustible exempté jusque-là de toute taxation spécifique, alors qu'il est l'un des plus polluants, sera donc notamment instaurée en 2007. Cette taxe sera acquittée principalement par… EDF, c’est à dire vous et moi sur notre facture, pour les centrales électriques au charbon.
Autre impôt acquitté lui par les industriels, le taux de la taxe générale sur les activités polluantes va par ailleurs être revalorisé de 10% pour prendre en compte l'inflation. La TGAP sera désormais indexée sur l'inflation. Il s'agit de "renforcer le principe pollueur-payeur" a déclaré le Ministre, en réponse à la "Hulomania" qui risque bien de supplanter la Ségolénomania dans quelques semaines, et d’affecter les ressources découlant de ces deux taxes, de l'ordre de 50 millions d’€, prioritairement à de nouvelles actions de lutte contre le changement climatique, comme " le soutien à la chaleur renouvelable ". Un programme joliment mis en scène, et qui relègue l’autre Nicolas et son impôt pollution européen ou Laurent et son offre de second rôle, à des statuts d’acteurs de série B ! L’appétit venant en mangeant, Monsieur Hulot a décliné l’offre du second et s’est empressé de prendre ses distances avec les propositions jugées insuffisantes du premier.

SENTIMENT DE PUISSANCE DETENU PAR LE MEDIATIQUE
On assiste en effet à la " vedettarisation " de la campagne présidentielle, et ce n’est pas la réélection triomphale de Arnold Aloïs Schwarzenegger, en pleine déroute de son parti, qui va annihiler ce sentiment de puissance détenu par le médiatique sur le politique. Monsieur Hulot a en effet imposé cette aura par l’image que lui a procuré il y aura vingt ans l’an prochain son émission télévisée Ushuaïa, diffusée sur… TF1.  Il devient en effet, grâce à cette émission, un " ami " respectable des téléspectateurs et un des grands porte-paroles français de la sauvegarde de la nature de ces 20 dernières années. En 2005 un sondage le place d’ailleurs à la soixantième place dans l'émission télévisée Le plus grand Français de tous les temps.
Il est l'inspirateur de la nouvelle chaîne Ushuaïa TV, lancée sur le câble en mars 2005 et appartenant, tiens donc, au... Groupe TF1  avec tous ses produits dérivés grand public dont le magazine mensuel Ushuaïa qui voit le jour en 2006 (ne voyez aucun lien de cause à effet entre l’annonce de sa candidature et les chiffres faibles de vente du journal). Il crée aussi en 1990 la Fondation Ushuaïa qui devient en janvier la fondation Nicolas Hulot, la nature et l’homme, reconnue d'utilité publique depuis dix ans.
En 2005, il lance avec l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie l’opération "Défi pour la terre". Elles invitent le public, les collectivités ou les entreprises à être, dans les gestes de la vie quotidienne, plus respectueux de l’environnement. En fait, il est en parfait accord avec son annonce du 7 novembre dernier sur le Pacte Ecologique afin d'imposer l'écologie dans la campagne présidentielle française. Il souhaite ainsi interpeller les candidats, mobiliser les citoyens et nourrir le débat public… et peut-être aussi son compte en banque.

SUICIDE COLLECTIF DU MONDE POLITIQUE
L’irruption de Monsieur Hulot dans la campagne (pas celle de nos douces provinces car il cultive l’exotisme) mais dans celle des présidentielles, s’inscrit dans ce suicide collectif du monde politique qui préfère la notoriété des uns aux convictions des autres. Le précurseur de cette innovation consistant à faire entrer la fameuse " société civile "dans le jeu électoral pour en récupérer directement les bénéfices quantitatifs aura été François Mitterrand quand il impose la montée aux affaires de Bernard Tapie à ce " pauvre " Bérégovoy.
Ensuite, le phénomène a été vite accentué, avec des événements aussi incroyables que l’arrivée dans le Conseil régional de Picardie sur la liste UMP-UDF de Gilles de Robien, d’une certaine Elodie Gossuin qui, il est vrai, avait une belle expérience des élections car elle avait été successivement royalement couronnée reine du Muguet, miss Oise puis miss Picardie et enfin miss France à Monaco devant… 14 millions de téléspectateurs et, en 2001, Miss Europe 2001 ce qui lui aura permis de se prononcer valablement… en faveur du Traité constitutionnel européen ! Le problème, c’est que dans une République Française des jeux, il faut se contenter de ce que l’on vous offre, avec l’espoir que le tirage au sort vous sera favorable afin d’approcher l’une de ces stars des étranges lucarnes !
Imaginons un instant que Nicolas Hulot accède à l’Elysée. Avez-vous imaginé comment il ferait pour obtenir aux législatives suivantes une majorité parlementaire susceptible de mettre en œuvre ses propositions… Il lui faudrait faire un gouvernement d’union nationale écologique. Mais avec qui ? Il pourrait garder De Villepin, car il n’est élu nulle part, et ensuite se fournir dans la liste des 50 Français les plus populaires sur la base d’un sondage télévisé en direct sur TF1, afin de  remercier cette chaîne de ce qu'elle a fait pour lui.
Jean-Pierre Foucaud organiserait un "Qui veut gagner des Millions?" spécial pour le budget, et Julien Lepers ferait un " Question pour un Champion " pour déterminer le Ministre de la culture, Laurence Boccolini choisirait le Ministre de l’Intérieur avec une superbe séance du " Maillon faible ", le magnifique Arthur distillerait un splendide " A prendre ou à laisser " pour, ainsi de suite, émission après émission, arriver au montage parfait ! Inutile de voter. La vérité sortirait de la télé!
Mais je déblogue…
 
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R
Enorme ! Bien vu Eric ;-)
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M
Soutenez-moi, (aidez-moi !) (avec un petit mot) sur dieuexiste.com pour que je puisse espérer réaliser mon rêve (lequel vous surprendra sûrement).
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R
Penses tu vraiment que dans notre societe actuelle, ceux qui s' imposent sont ceux qui ont "le savoir" ? Par ailleurs, le savoir est très relatif sinon nous ne verrions pas de débats contradictoires entre savants. Prenons un exemple, si Fabius n' arrive pas à s' imposer, penses-tu que nous devions lui interdire la parole ?
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E
Le "juge" est celui qui s'impose par son savoir ! Non ?
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R
Le pire, c' est que je suis d' accord avec toi sur l' envie que les idiots se taisent mais encore une fois, ce qui me semble un danger se résume à une question : qui peut juger qui est idiot ou non et par conséquent qui a le droit de s' exprimer au non. Aller, à tout de suite sur ton blog (ca me fait penser qu' il faut que je t' envoie mes plan resto)
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