L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante
x termes, et il n’est pas certain qu’elle puisse être dorénavant comblée par des mouvements divers. En fait, ma " mission ", simple, cohérente, rassurante, consistait à transmettre, grâce à un savoir-faire dont nous imprégnait, sans que nous en ayions conscience, l’école normale, un programme simple, cohérent et rassurant, à des enfants, divers mais réceptifs, pour la très grande majorité d’entre eux. J’ai fini 36 ans plus tard avec le titre de " professeur " mais avec beaucoup moins de certitudes, de passion et de conviction. Je n’en suis ni fier, ni satisfait mais, dans le fond, probablement que ce sentiment explique en grande partie la crise que traversera, j’en suis certain, le milieu… enseignant. Accablé de tous les maux de la société, responsable de tous les échecs, mais jamais des réussites, confronté à une dévaluation financière de sa profession, l’enseignant a perdu l’aura dont il avait bénéficié dans la période de l’ascenseur social triomphant. Il doit essuyer les sarcasmes d’un monde qui ne reconnaît plus la valeur réelle de son travail. Pour ne pas avoir su se faire respecter, il va payer les pots cassés d’une société en état d’errance. Là où l’instituteur, les professeurs de collège et de lycée avaient droit à une reconnaissance, ils ne trouvent plus devant eux que le doute et les coups bas. Le problème c’est que, selon moi, ils portent une part de la responsabilité en n’ayant pas su, au nom du partenariat éducatif, préserver la spécificité de leur métier. Je persiste à penser qu’ils avaient à, collectivement, démontrer que la télévision, les cours de rattrapage, les loisirs éducatifs, les parents même, n’avaient pas à se placer sur la même niveau qu’eux. La spécificité du métier d’enseignant n’est plus admise et ce ne sont pas les récentes mesures de Robien qui vont en attester. Voici en effet que ce Ministre de l’Education vient de décider, pour raisons budgétaires, de tailler dans le vif des emplois du temps. Même le " dégraisseur de mammouths " n’avait pas osé pareille grenade, susceptible de faire exploser des statuts que pourtant seuls les professeurs installés sont en mesure de comprendre et de défendre. S’ils calent sur ces mesures ils seront taillés en pièces, d’autant que, outre De Robien, ils ont été dans le collimateur royal.
n enseignement dans une… autre discipline dans son établissement d'affectation. Ces heures d'enseignement doivent lui être attribuées de la manière... la plus conforme à ses compétences", précise le projet de décret. Heureusement car on voit difficilement le professeur d’anglais assumer la physique et celui de bureautique consacrer son talent à la technique du fraisage. Les diplômes et la pédagogie sont relégués au rang d’utilités subalternes. Ce qui compte, c’est que près de 3000 postes seront rayés de la carte et que les recrutements seront réduits d’autant !
urent pas dans ces statistiques. Dans un communiqué, l'intersyndicale du second degré, qui dit représenter "plus de 99% des personnels", rappelle qu'elle s'oppose "depuis maintenant plusieurs semaines (...) au projet de décret sur les obligations de service des enseignants de second degré", sans être entendue par le ministre de l'Education, Gilles de Robien.