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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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PROF, SIMPLET ET GRINCHEUX

Il y a pratiquement 40 ans, j’entrais dans la carrière enseignante. Mes 20 printemps ne me prédestinaient pas nécessairement à devenir directeur d’une école élémentaire à 6 classes, avec des collègues blanchis sous le harnais. En plus de cette fonction, je me retrouvais, début septembre, face à 37 gamins plus ou moins motivés, avec un CAP à préparer, car le paradoxe résidait dans le fait que je dirigeais une structure sans être certain de pouvoir exercer mon métier d’instituteur, et non pas d’enseignant. Il y a une énorme distance entre les deux termes, et il n’est pas certain qu’elle puisse être dorénavant comblée par des mouvements divers. En fait, ma " mission ", simple, cohérente, rassurante, consistait à transmettre, grâce à un savoir-faire dont nous imprégnait, sans que nous en ayions conscience, l’école normale, un programme simple, cohérent et rassurant, à des enfants, divers mais réceptifs, pour la très grande majorité d’entre eux. J’ai fini 36 ans plus tard avec le titre de " professeur " mais avec beaucoup moins de certitudes, de passion et de conviction. Je n’en suis ni fier, ni satisfait mais, dans le fond, probablement que ce sentiment explique en grande partie la crise que traversera, j’en suis certain, le milieu… enseignant. Accablé de tous les maux de la société, responsable de tous les échecs, mais jamais des réussites, confronté à une dévaluation financière de sa profession, l’enseignant a perdu l’aura dont il avait bénéficié dans la période de l’ascenseur social triomphant. Il doit essuyer les sarcasmes d’un monde qui ne reconnaît plus la valeur réelle de son travail. Pour ne pas avoir su se faire respecter, il va payer les pots cassés d’une société en état d’errance. Là où l’instituteur, les professeurs de collège et de lycée avaient droit à une reconnaissance, ils ne trouvent plus devant eux que le doute et les coups bas. Le problème c’est que, selon moi, ils portent une part de la responsabilité en n’ayant pas su, au nom du partenariat éducatif, préserver la spécificité de leur métier. Je persiste à penser qu’ils avaient à, collectivement, démontrer que la télévision, les cours de rattrapage, les loisirs éducatifs, les parents même, n’avaient pas à se placer sur la même niveau qu’eux. La spécificité du métier d’enseignant n’est plus admise et ce ne sont pas les récentes mesures de Robien qui vont en attester. Voici en effet que ce Ministre de l’Education vient de décider, pour raisons budgétaires, de tailler dans le vif des emplois du temps. Même le " dégraisseur de mammouths " n’avait pas osé pareille grenade, susceptible de faire exploser des statuts que pourtant seuls les professeurs installés sont en mesure de comprendre et de défendre. S’ils calent sur ces mesures ils seront taillés en pièces, d’autant que, outre De Robien, ils ont été dans le collimateur royal.
UN ENSEIGNEMENT DANS UNE AUTRE DISCIPLINE
Présenté en octobre dernier, le projet de décret prévoit en effet que "l'enseignant du second degré qui ne peut se voir confier la totalité de son service dans l'établissement où il est affecté peut être tenu de le compléter dans sa discipline, dans un ou deux autres établissements publics de la même commune ou d'une autre commune".
Pour "compléter son service", un enseignant peut également "être tenu, si les besoins de service l'exigent, de dispenser un enseignement dans une… autre discipline dans son établissement d'affectation. Ces heures d'enseignement doivent lui être attribuées de la manière... la plus conforme à ses compétences", précise le projet de décret. Heureusement car on voit difficilement le professeur d’anglais assumer la physique et celui de bureautique consacrer son talent à la technique du fraisage. Les diplômes et la pédagogie sont relégués au rang d’utilités subalternes. Ce qui compte, c’est que près de  3000 postes seront rayés de la carte et que les recrutements seront réduits d’autant !
Le secrétaire général du Syndicat national des enseignements du second degré (SNES) Bernard Boisseau parle à juste titre d'une "dénaturation du métier d'enseignant". Les syndicats protestent également contre une "remise en cause des décharges horaires", qui permettent à certains enseignants de donner deux à trois heures de cours en moins chaque semaine pour s'occuper d'autres tâches liées à leur matière (par exemple, gestion et préparation de cours en laboratoire pour les enseignants en sciences de la Vie). Encore des postes en moins, et un avenir, pour celles et ceux qu’ils conduisent vers la réussite scolaire, toujours plus incertain. Les concours vont se transformer en lutte farouche pour la survie, et je vois déjà poindre la faible  mobilisation des lauréats… une fois entrés dans la carrière. Déjà que les IUFM fabriquent des cohortes de techniciennes et de techniciens de l’éducation, insensibles aux fondements même du rôle d’exemple social que doivent tenir des enseignant(e)s, la situation risque d’être vite désespérée.
PONCIFS, A PRIORI, APPARENCES
Il faudrait entamer une grande campagne d’information sur les conditions exactes du métier de professeur. On ne vit que sur des poncifs, des a priori, des apparences, et le sort qui est fait à ceux qui se retrouvent face à des élèves immatures, démobilisés, agressifs, inconscients des enjeux, condamnés à l’école comme d’autres le furent à des travaux forcés. Un peu comme si on ne jugeait un pilote d’avion que sur ses heures de repos, un maçon que sur ses livraisons de béton tout prêt, un viticulteur que sur la mise automatique en bouteille… il faut d’abord essentiellement restaurer la vérité d’un métier qui, selon moi, n'est plus reconnu comme un métier, mais comme une occupation utile.  La très grande majorité des parents et donc des citoyens ne juge les enseignants que sur les notes dispensées à leur progéniture et plus encore sur ce qu’elle ramène de ses heures passées dans leur établissement. Tous les profs ne sont pas des parangons de la pédagogie mais dans quelle profession peut-on assurer que l’efficacité est effective à 100 % ? La pression d’une classe, l’impression de prêcher dans le désert de l’inculture, la difficulté à être redevable d’un " programme " inadapté à celles et ceux que le système vous a affectés, constituent des " charges " que bien des critiques ne supporteraient pas très longtemps. La réalité d’un enseignant de français en Lycée d’Enseignement Professionnel ou celle d’un prof d’histoire dans une classe de quatrième est désormais bien différente de celle que nous avons connu les uns ou les autres, si nous avons quelques cheveux blancs. Le savoir n’est plus la clé de la réussite. La capacité à réaliser des profits rapides est devenu infiniment plus respectée qu’un rang à l’agrégation de lettres modernes. C’est pour cette raison que de Robien ou Ségolène se permettent d’attaquer sournoisement des statuts qu’ils s’évertuent à assimiler directement ou indirectement à des privilèges.
UNE DEGRADATION SANS PRECEDENT  
Selon le Syndicat national des enseignements du second degré (SNES, principal syndicat du secteur), le mouvement de grève était suivi hier par 53% des enseignants des lycées et 55% des enseignants des collèges en activité ,car bien évidemment celles et ceux qui n’avaient pas cours ne figurent pas dans ces statistiques. Dans un communiqué, l'intersyndicale du second degré, qui dit représenter "plus de 99% des personnels", rappelle qu'elle s'oppose "depuis maintenant plusieurs semaines (...) au projet de décret sur les obligations de service des enseignants de second degré", sans être entendue par le ministre de l'Education, Gilles de Robien.
Selon l'intersyndicale, "l'objectif premier de ce texte est de supprimer des postes dans le cadre d'une logique budgétaire qui a déjà conduit à une dégradation sans précédent des enseignements de second degré".
Avec les grèves et les manifestations de hier, les syndicats entendent "signifier" au ministre leur "double exigence de retrait du projet de décret et d'ouverture de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la nécessaire prise en compte des réalités du métier et que soient améliorées les conditions de son exercice". A mon avis, le combat ne fait que commencer et le printemps, même électoral, risque d’être chaud, car les jeunes vont vite s’apercevoir de la supercherie portée par un Etat exsangue, ruiné, oppressé. De Robien a suivi sa scolarité à l'école de la Providence d'Amiens, puis au collège Saint Jean de Béthune à Versailles et il sait fort bien que, dans le privé, on aura le libre choix de son organisation, et que son décret n’aura aucune incidence. Quand on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage… et la méthode marche fort bien. Seule une solidarité de tous les instants pourra préserver un corps enseignant, rongé par le doute, d’un triste avenir. Le mammouth semble avoir repris du poil de la bête et ça me rend allègre !
Mais je déblogue…    
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU... Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN "La mort qui  peine" puis allez sur
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M
Je vous livre un commentaire que j'ai écrit sur le blog d'EM ce soir. Il était aussi en lien direct avec l'école, les profs et les élèves. Lorsque je lis certains des commentaires sur le blog de JMD mon sang ne fait qu'un tour .. je ne rentre alors pas dans la polémique stérile mais une chose simple à dire : les tous pourris, les tous profiteurs ... et j'en passe  ... et bien un jour on se rend compte mais c'est trop tard qu'on a plus d'école publique laique, que le service de santé publique est malade, que la justice n'a plus les moyens de fonctionner ... et on est finalement plus ni libre, ni égaux et encore moins fraternel ! Les commentaires et les articles du blog de EM ou de JMD ne sont pas  fait pour me rassurer mais je suis de ceux qui pensent que l'école aujourd'hui n'a plus tout à fait le rôle qui doit être le sien et peut être plus du tout. Ceci n'est que mon avis, plus un sentiment qu'un avis d'ailleurs. On ne lui donne pas assez de moyens pour fonctionner. Il manque des enseignants partout, l'école normale a disparu remplacée par les IUFM qui je suis désolée ne  sont pas à la hauteur de la tâche, la laîque est attaquée de toute part sans que cela fasse la une de nos combats parce qu' on est préocupé par le quotidien et que le combat est souvent celui de se loger, de se nourir et certainement en cette période de trouver de quoi mettre sous le sapin dans les chaussons des petits, aujourd'hui on fini par bruler les écoles et cela pour moi veut dire que les élèves ne croient plus en elle et je ne suis pas sure que les enseignants y croient encore vraiment tant leur tâche est difficile et leur responsabilité écrasante. Je suis sans doute trop inquiète, je dramatise, mais je ne cesse de penser à cette phrase entendu au sujet d'une nouvelle école qui se construit " bah c'est beaucoup trop, c'est pas cette école qui va me permettre de loger et nourir ma famille". Cette phrase entendu au détour d'une discussion sur le marché dominical de La Teste de Buch me trotte dans la tête depuis quinze jours. Je m'interroge.Je vais faire ancien combattant mais qu'importe moi à l'école je lui dit merci d'où qu'elle soit .. de celle de mon enfance là au coin du boulevard de verdun à Créon, celle de la primaire où la cour a été mon terrain de jeux 365 jours sur 365 ( j'y avais ma maison ), celle du collège juste derrière, celle du lycée à Max à Libourne ou après la Fac de Droit de Bordeaux. Je sais exactement ce qu'elle m'a appris mais surtout je sais ce que je dois aux hommes et aux femmes qui étaient derrière le bureau du "maitre", de la "maitresse" ou du prof. Et sans ces hommes et ces femmes ( dont JMD dailleurs ) et bien ces écoles seraient sans âmes. Lorsque je regarde maintenant en arrière ce que l'école m'a apporté c'est avant tout la liberté. J'avais pas forcément à l'époque envie d'y rester ou d'y être, je crois que j'ai toujours préféré flaner le nez en l'air à humer le quotidien. C'est bien après que j'ai pris conscience de la chance que j'avais eu d'y avoir été, d'y être restée et d'y avoir réussi à batir les fondements d'une vie professionnelle et d'une vie tout simplement.Lorsque je travaille aujourd'hui avec mes étudiants ou simplement lorsque je fais une intervention dans une école primaire sur les médias et l'information, je comprend encore plus le rôle du passeur de savoirs et de savoir-faire. L'école doit être le lieu le plus magique de notre enfance, de notre adolescence car c'est là que l'on se construit. C'est vrai que je suis pas très optimiste ce soir et je m'en excuse mais ce soir tout là bas dans Alexandra à Jo'bourg , la petite Ménuna, 13 ans, vient de se faire tuer dans son école avec 4 de ses camarades. Cette gosse que j'avais rencontré en 2003 lorsque je suis partie en Afrique du Sud travailler avec mon amie Carole pour Valued Citizen, m'avait expliqué que dans son école elle était heureuse parce qu'elle allait pouvoir devenir grande ! Et bien voilà c'est raté, la violence de la misère, de la haine raciale a eu raison de son rêve.  Elle était coinvaincue que dans cette école avec ses "facilitators" et ses "profs"  où elle échappait quelques heures par jour à la dure vie d'une enfant de 10 ans noire dans une Town Ship d'Afrique du Sud, rien ne pouvait lui arriver car elle devenait une citoyenne. Elle savait elle la chance qu'elle avait d'y être ! J'espère que nous autres nous aurons la force et le courage de défendre notre école. <br /> Moi en tout cas je suis pas prête d'abandonner le combat rien que pour que Ménuna n'ai jamais honte de moi.
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P
pardon pour les fautes je ne me suis pas relu et j'ai du mal quand je n'ai pas un stylo et une feuille blanche. Le clavier et l'écran "ça me gave" comme disent les jeunes.
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P
je suis abasourdi par le décalage entre la qualité des chroniques de JMD et les commentaires de certains. L'éducation nationale à une ambition forte et qui devrait mobiliser nos énergies: "dispenser le savoir et former de futurs cityens responsables et autonome". Ainsi nous pourrions vivre en bonne intelligence dans une démocratie vivante et dans le respect les uns des autres avec pour but le bien de tous. Eric montre surtout les abberations qu'il constate sur le terrain et les limites de plus en plus étroites  données par certaines politiques pour que l'école ne soit surtout pas émancipatrice. Nos poncifs, a priori et jugements à l'emporte piéce le mette en colére et c'est tant mieux, c'est salutaire. La colére , aprés qu'elle a baissé d'intensité est souvent créatrice, le dépit eststérile et la jalousie forme la bêtise.Reconnaissont le caractére essentiel de l'éducation national à la bonne marche de la république, reconnaissont que nous ne faisono pas ce qu'il faut individuellement et collectivement pour l'école et reposons les vrais questions en se remettant courageusement en question et cela purra aller mieux avec les moyens nécessaires...Eric ne te décourage pas et préserve toi des imbéciles
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T
Il vaut mieux que les élèves râtent un jour de cours que leur vie toute entière ! Merci et chapeau à tous ceux qui se battent pour que nos enfants aient la meilleure éducation possible !La question de l'éducation ne doit pas être une question budgétaire, sinon elle en pâtira forcément...
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R
En quelques mots: pour parler de ce que je connais: Je suis devenu enseignant sur le tard à 39 ans ( j'en aurai bientôt 53 ) après avoir exercé plusieurs autres métiers dans le secteur privé et public. De loin celui d'enseignant en LP est pour moi le plus stressant et harassant, même si c'est "le plus beau métier du monde"  ;-)  Je rentre souvent vidé! <br /> J'attends avec impatience de voir le clip TV : "On doit tous quelque chose à un professeur" du collectif: "Vive l'Ecole de la République"<br />  <br />
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