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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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CHIRAC SUR LE DEPART

L’un de mes amis, qui participe à la vie de L’AUTRE QUOTIDIEN en animant les commentaires par ses positions incisives, posait hier soir une question aussi lapidaire que précise : " Chirac sera-t-il candidat ? " dans un message. Il me semble que, s’il lance cette interrogation comme d’autres le fond en expédiant une bouteille à la mer, c’est parce qu’il y a un sérieux doute sur la réponse. Est-ce de l’inquiétude pour le sort de Nicolas Sarkozy ? Je ne le pense pas, car je connais ses positions et je ne peux pas envisager qu’une défaite du " Ministre-Président-Candidat " puisse le chagriner en quoi que ce soit. Est-ce simplement jubilatoire de constater que Chirac est décidément égal à lui-même, et donc éternellement prêt à trahir son camp ? Je le crois un peu, car mon ami adore ce qui met du " piment " dans la vie politique et il voit venir avec intérêt les chamailleries que génèrerait une telle décision. Est-ce par dépit de ne pas voir surgir pour le camp de la gauche antilibérale un candidat crédible de consensus ? J’y pense, car il aurait aimé avoir une alternative à un vote socialiste bien pensant au premier tour. En fait, je finis par remarquer qu’il a tout simplement observé les évolutions des positions du camp majoritaire depuis quelques semaines et qu’il en naît une interrogation légitime.
En faisant incontestablement vivre le suspense, le Président de la République reste fidèle à lui-même, car il a plus qu’une dent à l’égard du candidat obligatoirement plébiscité par l’UMP, et le " vieux " ne lâchera pas le morceau aussi facilement qu’on l’imagine. Il y a toujours eu du Raminagrobis dans le personnage. Il semble dormir et induire la confiance, pour ensuite mieux croquer la " souris " trop aventureuse. Sarkozy a un avantage que n’ont pas eu les victimes du Grippeminaud du " chat, la belette et le petit lapin " : il a toutes les raisons de se méfier. Rappelons cependant le scénario
C'était un chat vivant comme un dévôt ermite,

Un chat faisant la chattemite,

Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,

Arbitre expert sur tous les cas.

Jean Lapin pour juge l'agrée.

Les voilà tous deux arrivés

Devant sa majesté fourrée.

Grippeminaud leur dit : Mes enfants, approchez,

Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause.

L'un et l'autre approcha ne craignant nulle chose.

Aussitôt qu'à portée il vit les contestants,

Grippeminaud le bon apôtre

Jetant des deux côtés la griffe en même temps,

Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre.

Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois

Les petits souverains se rapportant aux Rois.
.
Impossible de ne pas effecteur de rapprochement entre cette fable et la situation actuelle, au sein de ce qui reste la majorité, encore pour quelques temps. Chirac prépare méthodiquement ses coups de griffes mortels. Il va même les décocher jour après jour avec délectation, afin de se réinstaller dans la position d’un candidat potentiel. Croire qu’il travaille à l’inspiration, c’est le mépriser, car le bougre a plus d’un tour dans son sac à trahir. Il met en place une machination dont les rouages vont conduire à une décision durant la dernière semaine de janvier.

IL NE FAUT PAS SE FAIRE DESIRER
D’abord, il tente de réaliser ce que Lionel Jospin n’a pas réussi. Il a donc soigneusement examiné les erreurs de son rival malheureux de 2002 : il ne faut pas se faire désirer (c’est trop dangereux), mais il faut arriver à s’imposer selon la théorie du coup d’état permanent chère à… Mitterrand! Pour cela, il sait pertinemment que, pour apparaître comme le recours, le sauveur, il faut créer une situation de guerre ou tout au moins de conflit. Sans affrontement, il est impossible de devenir le rassembleur, l’homme ressource, le sage, capable de modifier une issue défavorable.
Il a donc envoyé en première ligne MAM qui est devenue un véritable stratège au contact des militaires de haut rang. Elle a appris qu’il ne fallait jamais affronter directement un ennemi supérieur en nombre sur son terrain favori. Elle a donc positionné carrément sa candidature hors de l’UMP, car elle sait qu’elle n’a aucune chance de l’emporter à l'intérieur. Michèle Alliot-Marie a adopté la tactique de la guérilla, faisant croire qu’elle a des moyens supérieurs à ceux de son adversaire… Elle harcèle les divisions sarkozistes. Elle les discrédite en les laissant seules, le 14 janvier, s’enferrer dans le principe " à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ".
MAM entretient un réseau secret d’une bonne centaine de parlementaires discrets, qui n’ont pas… encore rejoint (événement bizarre) le camp du Bonaparte de l’UMP. Elle observe avec délectation les récents sondages qui le donne battu au second tour, et il y a fort à parier que les fonds secrets de l’Elysée vont en financer encore quelques-uns, pour détruire l’image d’invincibilité du " ministre-président-candidat ". Elle ne sert, en fait, que de pôle de fixation au camp chiraquien ! Elle occupe le terrain afin que les résistants à Sarkozy, qui existent en Province, ne s’éparpillent pas avant que Raminagrobis passe à l’attaque. Elle occupe le terrain. Comme De Villepin est aussi dans le coup, il y a fort à parier que, lentement mais sûrement, le complot se mettra en place.
Si MAM n’est pas candidate et si la majorité ne se délite pas dans une guerre fratricide, Chirac ne pourra pas taper sur la table et apparaître comme le… recours. Jospin n’a pas réussi car le PS n’a pas globalement bronché, et personne n’est encore venu le chercher… Chirac en a tiré la leçon : il génère lui-même la zizanie en sachant que plus elle sera forte, plus elle lui profitera ! La première marche vers la candidature va donc se construire dans les prochains jours. Plus la tension existera (MAM va se déclarer avant le 14 janvier), et plus Chirac aura de chances d’effectuer son grand retour fin janvier, début février, sponsorisé par TF1 !
UN VERITABLE PROGRAMME PRESIDENTIEL
La période est également propice pour se repositionner et se refaire une image. Le Président, lors de la longue série de vœux institutionnels, dispose d’une fenêtre de tir extraordinaire. Il a l’expérience des promesses qui plaisent au peuple. Il a l’art de transformer le plomb des mots en or électoral. C’est à la fois sa spécialité et sa force. Chaque jour, jusqu’au 14 janvier, il va donc occuper l’actualité en montrant qu’il est encore le patron et qu’il peut encore le rester. Il va mettre une pression terrible sur le gouvernement et des parlementaires, préoccupés par leur réélection !
Le soir des vœux, il lance le " droit opposable au logement " comme contre feu à l’annonce peu crédible de Sarkozy promettant qu’en 2008 plus un sans logis ne serait dans les rues. Sa majorité est au pied du mur et devra voter avant fin février. Il tance sciemment les Ministres, lors du premier conseil de l’année, sur la nécessité de " travailler " plutôt que de " battre la campagne ". Et il le fait savoir… Histoire de rappeler que lui, contrairement à d’autres, il bossera jusqu’au dernier moment, alors qu’il n’a rien fait depuis des mois. Il va, en fait, se construire chaque semaine un programme par effets d’annonce successifs.
L'impôt sur les sociétés doit baisser à 20% au cours du prochain quinquennat (tiens donc !) ; il fusionne l'ANPE et l'UNEDIC; une meilleure répartition des richesses entre salariés et actionnaires doit être recherchée ; la création d'une "sécurité sociale professionnelle" sera lancée ; l’adaptation au nouveau modèle économique (celui du développement durable) est indispensable. Il convoquera le Congrès "avant la fin" de la session du Parlement (ses plus chauds partisans sont au Sénat) ,pour adopter la réforme du statut pénal du chef de l'Etat, le texte sur la Nouvelle-Calédonie et l'inscription de l'abolition de la peine de mort dans la Constitution. Il se prépare à diverses sorties sur la scène internationale. N’en jetez plus, la cour des décisions urgentes est pleine. On vient d'ouvrir la cour des miracles électoraux!
UN ECHELON VERS UN ENIEME COUP TORDU
Il ne reste plus rien pour les autres candidats, qui vont désormais courir après lui. Ce Chirac là a relu le soir auprès de Bernadette " le lièvre et la tortue " ! il sait que rien ne sert de courir : il faut partir à point. Pourtant, le discours qu'il a prononcé hier, en fin de matinée, devant les "forces vives", à l'Elysée, n'était ni une déclaration de candidature ni un passage de témoin, mais tout simplement un échelon vers son énième coup tordu ! Le Président a esquissé, selon les observateurs ébahis, un EPENI (exercice politique encore non identifié) lors des vœux aux syndicats, patronat et monde associatif réunis à l'Elysée. "Mon intention, aujourd'hui, n'est pas de revenir longuement sur ce qui a été fait", a-t-il prévenu d'emblée, évacuant la question du bilan après douze années passées à la tête de l'Etat. Il a d’ailleurs interdit aux ministres le droit à inventaire ce qui, au cas où Sarkozy déraperait, ne justifierait pas son départ volontaire du gouvernement mais son éviction par remaniement ministériel, entre le 15 et le 20 janvier ! Il peut ne pas lui laisser le temps de démissionner ! Alors, cher ami interrogatif, je crois que même si Chirac n’est pas candidat, il fait tout comme. Ça a la saveur, la couleur, l’odeur d’une candidature, mais ce n’est pas encore une candidature. Il sait que de toutes manières, si ça ne rapporte rien, ça ne lui fait rien perdre. Au contraire. Le moment venu… il sera toujours temps de choisir. D’autant que hier, heureux hasard, les deux principaux candidats à l'élection présidentielle Ségolène Royal (-3) et Nicolas Sarkozy (-2) voient leur cote de popularité reculer en janvier, de même que Jean-Marie Le Pen (-4) et Michèle Alliot-Marie (-6), tandis que François Bayrou (+4) progresse, selon le baromètre TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine et I Télé. Ceci s’arrose avec une Corona, même si sa popularité n'est pas au top, il sait que ce n'est qu'une question de promesses et d'apparences. Mais je déblogue… 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN au-dessus puis allez sur http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elysee_2007/20070105.OBS5713/jeanlouis_debre_ne_votera_paspour_nicolas_sarkozy.html
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E
@Colonne de droite<br /> Oui au retour d'une taxe sur les animaux domestiques !<br /> Tiens, hier vers 14h30, dans un quartier de Camblanes, où il y a beaucoup de "nounous", à l'heure de la sieste, une dame en voiture faisait plusieurs fois le tour de quartier en klaxonnant pour essayer de faire revenir son chien égaré...<br /> Et oui, son chien est bien plus important pour elle que tous les enfants des autres ...<br /> Il faudrait aussi taxer la connerie ! L'état serait ainsi enfin riche et pourrait payer davantage ses fonctionnaires ! ;-)
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K
Je pense que tu t\\\'es trompé sur quelques points.....Je pense que Chichi va se présenter pour n*quer NS. Mais ni TFnul, ni Rance 2, ni personne ne lui fera de pub au début!Pour moi, MAM ne se présentera pas. Elle restera là, tapie dans l\\\'ombre, avec Galouzeau (et NDA, ne l\\\'oublions pas), à lancer des piques contre le candidat unique.Chirac devrait y aller vers la fin du mois, avec peut-être cette idée intéressante de virer NS au lieu de le laisser partir.Sa campagne devrait commencer en pédalant dans la semoule, à 2 ou 3%, comme il sait si bien le faire. Puis, avec un soutien progressif d\\\'un quart, puis un tiers, puis la moitié de l\\\'UMP, il montera irrésistiblement à 7, 8, 9%..... tandis que NS descendra à 28, 25, 22%.....Pour moi, NS devrait quand même devancer le Borgne et le Grand Naïf de justesse, et aller en finale contre la Dame du Poitou, qui sera forte grâce à son avance au 1er tour.A ce moment-là, Chirac devrait, plus ou moins secrètement, appeler à voter SR. SR passe grâce aux voix des chiraquiens.Donc NS a été trahi, ils sont quittes, et SR, redevable à Chichi, va se débrouiller pour qu\\\'il n\\\'aille pas en prison.THE END
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J
Merci et bravo pour ton analyse. Elle n'est pas très différente de la mienne car je pesne aussi que MAM ne se prése,tera pas et qu'elle n'est qu'un leurre. Je suis moins sûr que toi en revanche de la candidature de Chirac car il lui faudra revenir de très loin en peu de temps. S'il part et c'est là que je te rejoins ce sera unqiuement pour faire élire SR en se disant que 5 ans ce n'est pas long et qu'en 2012 Juppé sera revenu dans le jeu...<br /> Mais tu es déjà un fin tacticien politique
A
En complément d'information, je vous invite aussi à visiter mon blog qui donne des informations sur la politique publique de la culture en Ile-de-France Cordialement, AP...<br /> http://adrienperreau.over-blog.net/
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E
La force de Chirac est de laisser se créer un buzz autour d'une possible candidature ! En économie on dirait qu'il mise sur les anticipations autoréalisatrices.......<br /> http://egocognito.over-blog.com/
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E
@ Marc d'Here<br /> Chirac a déjà fait battre VGE. Mitterrand a lui aussi fait en sorte qu'après lui, il n'y ait plus grand chose pendant quelques temps... à part Chirac ;-)<br /> Ces hommes là se comportent comme des dictateurs et il n'y a pas de "rationnel" là dedans...<br /> Merci Jean-Marie pour cette réponse très précise à une interrogation que se posent beaucoup de gens ! ;-)
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