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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LES COUPS DE POMPE TOTAL

Dans le monde actuel, il faut bien reconnaître que le milieu économique a pris le dessus sur tous les autres. Il pèse secrètement sur toutes les décisions, et se garde bien d’assumer les responsabilités de ses actes. Dans n’importe quelle situation, en fouillant un tant soit peu, on trouve une arrière-pensée dictée par le profit. Dans bien des Etats, les hommes de pouvoir en place ont, soit des liens directs, soit de forts soutiens, auprès des grands patrons. Certains d’entre eux sont même fascinés par ces hommes, qui ont toute latitude pour agir, alors qu’eux doivent rendre des comptes à une opinion publique exigeante. Il est vrai que, parfois, sur la planète, le poids du politique et de l’économique n’est absolument plus le même, car de nombreuses multinationales ont des budgets supérieurs à ceux des pays d’où ils tirent une part de leur chiffre d’affaires. Très souvent, d’ailleurs, cette puissance leur permet de s’offrir n’importe quelle conscience. Et, dans ce domaine là, les grandes compagnies pétrolières ne reculent devant rien. Ne dit-on pas, par exemple, qu’elles ont pesé de manière décisive dans la carrière de Bush et plus encore dans son attaque de l’Irak ? En France, leur influence s’exprime, en notre nom, sur bien des théâtres étrangers. Nous n’existons très souvent en Afrique que grâce à nos pétroliers triomphants. Les dérapages s’accumulent, mais il n’y pas de changement de cap. L’affaire Elf n’a guère changé les pratiques souterraines quotidiennes… malgré des condamnations qui n'ont pas outre mesure perturbé les spécialistes de l’embrouille de haut niveau. On continue, peut-être avec moins de décontraction qu’antérieurement, à régenter des politiques intérieures, ou à soutenir, sans états d’âme, des régimes au minimum discutable. L’essentiel demeure de contrôler le pétrole.
Le groupe Total possède, dans ce domaine, une réputation bien établie. Les champs qu’il explore manquent parfois d’honneur. Actuellement, tout a son importance pour préserver les ressources, s’en procurer de nouvelles ou pour rechercher celles de la seconde moitié de ce siècle. En 2004, Total est l'une des plus grandes sociétés parmi les pétroliers privés internationaux (avec notamment les groupes américains Exxon Mobil et Chevron Corporation, la société britannique BP et la compagnie néerlandaise et britannique Shell ). Il faut rappeler qu’en absorbant Elf, Total a probablement renforcé ses prédispositions  à mêler profit et politique.
Le groupe est devenu le quatrième groupe pétrolier intégré coté dans le monde. En 2005, le secteur « Amont » (recherche) a investi 8,1 milliards d’€ et employé 14 849 collaborateurs. Total exploite un réseau de près de 17 000 stations-service dans le monde, dont environ 50 % sont détenues en propre, et principalement implantées en Europe et en Afrique. Ce n’est jamais suffisant, car les marges deviennent difficiles à augmenter dans un contexte de raréfaction de la fourniture.
Total négocie donc, par exemple, avec le gouvernement iranien, pour l'exploitation d'un gigantesque gisement offshore de gaz naturel : South Pars, dans le Golfe persique. Un accord passé en 2004 prévoit la production de gaz naturel liquéfié (avec la société pétrolière malaisienne Petronas ). South Pars contiendrait la moitié des réserves de gaz naturel iraniennes, qui sont les deuxièmes au monde et, selon Le Monde du 23 septembre 2006, Total serait intervenu directement auprès de… Jacques Chirac et Dominique De Villepin, pour éviter des sanctions internationales contre l'Iran dans le dossier de… l'enrichissement d'uranium. Hier, ne pouvant envoyer l’inégalable Douste-Blazy en raison des sanctions onusiennes à l’égard de l’Iran, la France a dépêché à Téhéran un émissaire spécial. Histoire de préserver l’accord en voie de concrétisation, et de discuter de la manière dont la France peut s’écarter de la ligne américaine sur le nucléaire civil.
LES OLEODUCS SUISSES
Après l'affaire « Pétrole contre nourriture », la justice française vient pourtant d'ouvrir deux nouveaux dossiers impliquant le groupe Total. Lundi, le procureur de la République de Paris a lancé une enquête préliminaire pour « corruption d'agents publics étrangers » visant l'exploitation et de commercialisation du pétrole camerounais. Les investigations confiées à la brigade financière de la préfecture de police font suite à une dénonciation, à la fin de l'année dernière, de Tracfin, la cellule « antiblanchiment » de Bercy qui a détecté des anomalies conséquentes dans les comptes d’une filiale du groupe pétrolier.
Les limiers du ministère des Finances ont en effet mis au jour d'importants mouvements financiers suspects impliquant notamment la Société nationale des hydrocarbures du Cameroun. Dans un rapport transmis avant Noël à la Chancellerie, les services du procureur de la République de Paris, concluent que cette enquête - dans laquelle sont déjà cités la BNP-Paribas et le Crédit lyonnais - est « susceptible de mettre en cause la société Total ». Une goutte d’eau dans un océan de corruption, faite au nom des intérêts suprêmes de la France.
Suspectant des versements de commissions occultes ou de blanchiment de capitaux, la justice française devrait vérifier les rôles joués dans le négoce du pétrole par Total via une filiale de la SNH, dénommée Tradex et d'une importante société pétrolière… suisse Addax.
Vous aurez remarqué que tout finit par arriver… en Suisse, afin que de société en société des fonds colossaux transportés par des « oléoducs à finance » se diluent au pays de l’argent triomphant sur les fameux comptes secrets qu’Arnaud Montebourg abhorre. Ces pompes à financement occulte continuent à alimenter des banquiers helvètes plus ou moins scrupuleux, et donc à permettre de régner sur des Etats faibles ou complices.
L’IRAN EST COPIEUSEMENT ARROSE
Parallèlement au dossier camerounais, le parquet de Paris a également ouvert en décembre, une information judiciaire pour « abus de biens sociaux » et « corruption d'agents publics étrangers » confiée aux juges du pôle financier, Philippe Courroye et Xavière Simeoni.
L'enquête vise cette fois un contrat signé en 1997 par Total avec la Société pétrolière nationale… iranienne NIOC pour l'exploitation du fameux champ gazier South Pars, au large des côtes iraniennes, près de la frontière maritime avec le Qatar. La justice soupçonne, là encore, Total d'avoir versé des commissions occultes liées au marché iranien entre 1996 et 2003.Cette nouvelle procédure est en réalité la conséquence d'une autre enquête conduite depuis plus d'un an par un juge de Genève sur ce même contrat. La Suisse qui, cette fois, a ouvert une enquête pour « blanchiment » a retrouvé environ 60 millions d'€ de fonds suspects qui auraient transité sur deux comptes ouverts au nom d'un intermédiaire qui aurait fait transiter des commissions vers l'Iran. De source judiciaire helvétique, on explique qu'une partie de ces fonds aurait pu bénéficier à des proches de l'ancien président iranien Hachemi Rafsanjani. La religion ne préserve pas de l’attrait pour le profit personnel.
UNE BIEN FACHEUSE HABITUDE
Alors qu'une série de perquisitions sont d'ores et déjà attendues, le groupe Total se refuse pour l'instant à tout commentaire sur ces affaires. Il est vrai que ses dirigeants ont l’habitude d’aller plancher chez les juges du pôle financier. Depuis août 2002, le juge Philippe Courroye enquête sur des comptes occultes qu'auraient utilisés de grandes entreprises françaises. Entre 1996 et 2001, Total aurait ainsi envoyé plusieurs millions de dollars sur des comptes suisses au nom d'une société écran. Celle-ci virait les fonds sur des comptes offshore dans des paradis fiscaux. Il s'agissait de rémunérer des intermédiaires en vue d'obtenir des marchés en Irak ou en Russie. Plusieurs cadres de Total, mis en examen à l'automne 2004, ont reconnu devant le juge qu'il s'agissait d'un système voué à "corrompre les décideurs locaux pour obtenir les marchés". On n’en parle pas beaucoup, sur les supports de l’opinion dominante, en ce moment et surtout TF1 ne risque pas d’ouvrir son Jité sur un tel sujet. Hier, on focalisait sur l’ISF des uns et des autres. Des babioles à coté des sommes brassées en douce par les arroseurs de Total.
On oublie aussi que cette société exemplaire pour ses dividendes du CAC 40, reste le soutien le plus fiable de la dictature birmane, ce qui complète parfaitement le régime iranien ! La présence en Birmanie a un impact sur la politique étrangère française. Afin de protéger les intérêts de Total, le gouvernement français a fait obstacle au renforcement de la position commune de l'Union européenne sur la Birmanie - en particulier en ce qui concerne les sanctions économiques. Ainsi, jusqu’à présent, aucune sanction significative et de nature à gêner réellement la junte birmane, n’a été prise par l'Union européenne.
Ses investissements constituent également pour le régime une source de financement importante qui a permis à la junte de renforcer ses capacités militaires, et donc son contrôle sur la population birmane. La décision du partenaire de Total en Birmanie, la firme américaine Unocal, de conclure un accord avec les victimes birmanes (que l’on considère parfois comme des esclaves) plutôt que de soutenir les procès devant les tribunaux américains devrait pourtant susciter l'inquiétude de la société française. Une plainte similaire est en cours d'instruction en France, la Cour d'appel de Versailles ayant récemment rejeté la demande de non-lieu introduite par les avocats de Total. L’ardoise pourrait être salée sur le plan de l’image mais une bonne campagne de pub effacera ces vapeurs de pétrole qui n’intoxiqueront pas que l’opinion dominante.
Mais je déblogue 
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D
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D
...Et en plus, Total s'achete une bonne conscience en financant la prochaine expédition de Jean Louis ETIENNE dont le but est de mesurer à l'aide d'un dirigeable et d'une instrumentation digne ... d'une équipe de recherche pétrolifère, l'épaisseur de la banquise. Objectif bien louable d'une entreprise tournée vers le développement durable ? ou objectif inavouable d'une entreprise résolument tournée vers ses profits et vers les possiblités à moyen terme, d'exploitation des innombrables champs pétroliers encore inexploitables à ce jour .... mais pour combien de temps encore ?
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E
Concernant le Mynamar (ancienne Brimanie), il est sans doute réducteur de penser que si Total s'en allait la situation irait mieux ! La junte peut vivre en totale autarcie ! Quitter le pays ne serait pas une solution, Total affirme faire beaucoup pour le bien-être de la population locale, ne peut-on pas lui laisser le bénéfice du doute ? En tout cas personnellement je ne fais pas mieux que le groupe pétrolier...<br /> http://egocognito.over-blog.com/
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E
Tout cela est écoeurant...
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