Il n’y a aucun doute : les Japonais n’ont pas saisi les subtilités de la politique française. Alors qu’ils pensent majoritairement que notre inimitable Président de la République à un penchant désintéressé pour leur pays, ils s’aperçoivent qu’il affectionne surtout leurs coffres si peu forts que nos services secrets en percent les secrets. Alors qu’il déclare adorer la contrée du soleil levant, une rumeur ironique parcourt le Tout Paris pour insister sur sa propension à donner du gras aux matinées, et donc de ne jamais voir se lever l’astre royal. Comment voulez vous qu’un Nippon ait confiance quand Chirac bade les sumotoris et… que son parti a désigné une virgule de l’histoire pour lui succéder. Mieux, ces pauvres Japonais ont fait confiance à un accord signé par le véritable premier des Ministres comme si, chez nous, un acte de l’Etat pouvait être suivi d’une application réelle et rapide sur le terrain. Depuis hier, ils se sont aperçus qu’ils étaient dans un pays où tout n’était qu’apparence, et surtout pas certitude. Les voici donc bel et bien décidés à aller chercher en Roumanie une autre vision de la gestion collective.
Selon le quotidien Sud Ouest, la médiatique grève de la faim du député UDF Jean Lassalle n'aurait servi à rien puisque l'usine Toyal d'Accous serait délocalisée. Les patrons de cette unité de production chimique sont dépités et surpris par le formidable décalage entre les promesses destinées à calmer l’opinion, et les actes nécessaires à régler un problème. Nicolas Sarkozy, " ministre-candidat-président ", change aussi souvent d’engagement que de rôle dans la journée. Il a depuis longtemps oublié ce que les Japonais attendaient de lui. Une attitude qui va coûter au contribuable quelques millions d’euros supplémentaires mais, par les temps qui courent, on peut se permettre n’importe quelle folie : dans trois mois il y a de fortes chances pour que quelqu’un d’autre ait à régler l’addition.
LA VOLTE FACE DE L’ETAT
La fameuse usine d’Accous, au cœur de la vallée pyrénéenne, attend depuis un an l’exécution des accords signés par le Zorro des cas difficiles. L’Etat ne tient pas, en effet, les engagements qu’il avait pris dans cet accord qui avait été imposé à Toyal pour sauver la vie menacée du chantr
e du déménagement des territoires. Après cet accord, l’entreprise a perdu de l’argent et, en plus, elle affirme avoir appris, il y a trois jours, que l’Etat voulait lui faire payer les… 450.000€ pour la plate-forme qu’il était indispensable de construire si on souhaitait maintenir dans la vallée les nouvelles fabrications que Toyal voulait implanter, pas loin, à Lacq. En plus, toujours en contradiction avec le protocole signé à grand renfort de pub, l’Etat ne veut pas rembourser les études engagées pour déplacer et installer les nouvelles fabrications. Là encore, il y en a pour 200 000 € promis qui filent sous le nez des Japonais qui affirment perdre 100 000€ par mois pour ces nouveautés qui auraient du démarrer, et qu’Accous ne peut toujours pas accueillir, car il faut construire une route, renforcer les postes de sécurité, se mettre aux normes de Seveso 2, alors que tout était prêt à Lacq.
Comme c’est le ministre sur le départ qui a promis tout ceci, les Japonais se doutent bien que le candidat n’en aura cure. Accous et la vallée comptent 2831 habitants, et leur poids sera bien limité…Masao Imasu et Jun Kusui englués avec leur interprète qui les suit dans cet imbroglio dont la France a le secret, attendent aujourd'hui des explications : " Comme le protocole n'a pas été respecté, selon les propositions que nous venons de recevoir, nous voulons discuter avec Monsieur Sarkozy ont-il déclaré à Sud Ouest. Il doit tenir la promesse qu'il nous a faite. En cette période de campagne électorale, il doit certainement être occupé... ". Ils sont lucides ces Japonais, qui doivent bien se demander, en voyant la France depuis Accous, s’ils sont encore sur la même planète.
ENCORE PLUS SEUL CETTE FOIS
Jean Lassalle, avec ses allures de Don Quichotte, va devoir remonter sur sa Rossinante pour aller affronter, chez eux, les Kamikazes venus du Japon. Le problème, c’est qu’il va se trouver encore plus seul cette fois-ci, car la crise s’annonce plus grave. Le combat, aussi glorieux soit-il, n’aura plus la même issue. C’est une certitude. Le fait que le maire de Lourdios figure parmi les soutiens de François Bayrou n’incitera guère le Bonaparte de la Place Bauveau à lui apporter son concours désintéressé. La vallée d’Aspe n’offre, en plus, aucun intérêt dans cette période où l’on a besoin de renforts robustes plus que de rêveurs hostiles.
Lassalle a cru avoir obtenu une victoire digne de celles de Jeanne d’Arc et il est r
evenu en héros dans son fief attendant simplement que le dossier suive son cours. Il aurait dû se méfier et comprendre que pour lui faire arrêter sa diète médiatique, on avait promis la lune aux patrons de l’Empire du soleil levant. Bien des spécialistes affirmaient que son succès serait identique à celui de Pyrrhus et qu’il se retournait contre lui avec… le temps. Mieux, il se murmurait que l’Etat ferait le maximum pour rendre l’opération maintien à Accous impossible. La région n’était véritablement pas convaincue et le Conseil Général traînait des sabots. Comme l’accord était de toutes les manières inapplicable, tout le monde s’est évertué à le rendre obsolète en laissant ainsi aux Japonais le soin de le dénoncer. Dans le fond, s’ils décident de remettre la pression, nul, à part le gréviste de la faim, ne s’en plaindra. Depuis hier, il peut faire des réserves pour affronter une longue période de disette potentielle… alors que la campagne des législatives approche ! Le groupe japonais Toyal avait déjà perdu "toute confiance" en la France après la conclusion d'un protocole d'accord sur le sort de son usine d'Accous. Pour garder cette usine de fabrication de pâte d'aluminium et ses 147 salariés à Accous, dans la vallée d'Aspe, à quelques kilomètres de la frontière espagnole, Jean Lassalle avait fait plus de cinq semaines de grève de la faim. " Le protocole qui a été signé est un protocole de crise qui correspond à une situation exceptionnelle " avait affirmé un dirigeant de la firme nippone contraint de mettre son paraphe au bas du document sarkozien. Il a pu constater que l’exception demeurait là règle !
UN RESISTANT EMBLEMATIQUE