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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA DICTATURE DES DECHETS

Les sujets préoccupants n’intéressent guère les citoyens. Ces derniers attendent paisiblement d’être rattrapés par la vague comme les enfants qui s’amusent au bord de la plage. Et le problème, c’est qu’ils se plaignent quand ils sont plus ou moins mouillés. Actuellement, tout finit comme les châteaux de sable qui ne résistent qu’un temps à la dure réalité des marées. Chacun s’efforce de renforcer les défenses, de doubler la muraille, de hausser les donjons, mais inexorablement, les difficultés finissent par avoir raison des certitudes. Il en va ainsi des déchets en tous genres. Impossible de faire prendre conscience aux consommateurs qu’ils finiront par être submergés : ils attendent que des solutions, évidemment sans conséquences financières, leur soient proposées. En attendant qu’une prise de conscience arrive, les élus cherchent à la hâte à endiguer une double hausse : celle des volumes à détruire et celle des coûts !
La surconsommation avérée met en effet la planète en péril. Elle finira par l’étouffer si personne n'ose se pencher sur un autre système que celui de la facturation accrue des services de la collecte et de l’élimination. Cette solution provisoire provoque contestations et conflits, sans faire avancer d’un iota la résolution de l’augmentation des résidus en tous genres de l’activité humaine.
Hier, une intéressante réunion de travail des présidents des communautés de communes d’Entre Deux Mers, desservies par un Syndicat regroupant près de 90 collectivités de tailles très différentes, a tenté, pour la première fois depuis longtemps, de rechercher des pistes de… contribution incitative. Une manière comme une autre de responsabiliser positivement les usagers. Mais il va falloir prêcher, pour convertir les habitants.
PLUS CAPABLES DE TRAITER LES DECHETS EN 2010
L’alerte aux déchets ménagers est en effet bien réelle, car leur volume augmente dangereusement, et les installations de traitement (décharges, incinérateurs) sont proches de la saturation. Dans un rapport rendu public en septembre 2003, à l’occasion des Assises nationales des déchets, le Commissariat général au Plan estime que 75 départements français ne seront plus capables de traiter tous leurs déchets ...d’ici 2010.
Aujourd’hui, selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), une dizaine de départements sont en situation de saturation. La quantité de déchets ménagers produits par les Français augmente d’environ 1 % chaque année et dépasse aujourd’hui 1 kilo par personne et par jour. Cette situation matérielle dramatique n’intéresse personne. sauf au moment où arrive la facture… toujours trop élevée.
Conséquence de ce trop-plein d’ordures : on estime à autour de 10 000 le nombre de décharges illégales en France. Quant aux décharges autorisées, elles sont loin de l’objectif fixé par la loi de 1992 sur les déchets. Celle-ci stipulait qu’à partir de juillet 2002, on ne pourrait mettre en décharge que les déchets " ultimes ", c’est-à-dire ceux qui ne peuvent pas être valorisés. Problème : les alternatives à la mise en décharge, comme le recyclage, sont encore trop peu développées en France. Résultat, la quasi-totalité des décharges continuent de recevoir des déchets valorisables… faute de plan réel de recyclage ou ,surtout ,de tri citoyen. Tous les efforts de celles et ceux qui ont compris les enjeux s’évanouissent face à l’accroissement incessant des volumes à traiter.
EMBALLEZ CE N’EST PAS PESE
Les emballages représentent à eux seuls un tiers du poids de nos poubelles et la moitié de leur volume. Depuis les années 90, les pouvoirs publics incitent les industriels à réduire la quantité d’emballages autour de leurs produits. Si le poids global des emballages s’est stabilisé (4,7 millions de tonnes en 2000), le nombre de produits emballés continue malgré tout de progresser (+ 11 % en six ans). C’est la conséquence de l’évolution des modes de vie : les produits en doses individuelles (biscuits, plats cuisinés, café) ont le vent en poupe, et de nouvelles habitudes de consommation apparaissent, comme l’utilisation des lingettes nettoyantes, le plus souvent non-recyclables, qui viennent encombrer les poubelles.
Le constat est implacable : quand un produit diminue son impact, un nouveau vient annihiler cet effort au nom de la concurrence effrénée que se font les grands groupes industriels. Dans les rayons des grandes surfaces, comme sur ceux de multiples autres lieux, rares sont les consommateurs qui jaugent les conséquences pour la planète de leurs achats. Il n’y a aucun réflexe dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, en raison d’une faible préhension de la catastrophe différée que représente chaque acte cumulé.
Pour résoudre le problème des déchets ménagers, il est impératif de jouer sur plusieurs tableaux : réduire leur production à la source (notamment en diminuant la quantité d’emballages), développer le tri sélectif et le recyclage, mais aussi, construire de nouveaux sites de traitement des déchets ultimes (ceux qui ne peuvent pas être valorisés). Problème : les projets de décharge ou d’incinérateur se heurtent systématiquement à l’opposition des populations, et le coût de la collecte et du traitement des déchets explose (il est passé de 75 à 150 € la tonne en dix ans). Un vrai casse-tête pour les collectivités, chargées de la gestion des ordures ménagères. Elles subissent les augmentations décidées par des groupes heureux de posséder un quasi monopole sur un secteur extrêmement rentable. Plus les citoyens s’opposent à des solutions fiables, raisonnées, maîtrisées de traitement des déchets non réutilisables et plus ils se pénalisent. Une sorte de qui perd gagne, dont nous ne sommes pas prêts de sortir.
UNE DEMARCHE CONTRACTUELLE D’ABONNEMENT
Sur le plan du financement, tout est perverti depuis l’origine. Si on ne modifie pas très vite les comportements, il faudra se soumettre à des coûts exorbitants. Ainsi, aucun des systèmes actuels de paiement  ne satisfait les usagers d’un service réputé… automatique. Pour l’eau potable, pour l’assainissement de leurs eaux usées, pour les fournitures de gaz ou d’électricité, pour le téléphone, pour la télévision… pour de multiples apports jugés fondamentaux ou non, les foyers doivent effectuer une démarche contractuelle d’abonnement. Ils s’adressent à un fournisseur et souscrivent un engagement réciproque : demander la prestation et donc en acquitter le coût et de l’autre obtenir le droit de bénéficier de ce dont ils ont besoin. La difficulté c’est que, depuis des décennies, on a considéré que le ramassage de sa poubelle ne nécessitait aucune obligation pour le " producteur ".
Hier, j’ai donc proposé que l’on institue un abonnement obligatoire pour tous les propriétaires de structures bâties. Cet abonnement annuel (comme pour tous les autres services) ne serait plus adossé à la taxe foncière (c’est le cas pour la taxe actuelle, très peu incitative pour la diminution des volumes) mais ouvrirait par contrat un droit à déposer ses déchets quantifiés (tant de kilos ou tant de poubelles normalisées). Le montant du contrat dépendrait de la capacité pour l’usager à trier, à économiser puisque les déchets recyclables diminuant les volumes ne seraient pas payants. Un contrôle pourrait être assuré par code barre ou par puce électronique sur des containeurs identifiables.
Cette proposition semble avoir été retenue par les participants à la réunion de hier matin et au minimum mise à l’étude pour expérimentation sur un territoire (Créon ?) à déterminer. L’objectif n’a jamais été plus clair : l’abonnement permet d’assurer les frais fixes (collecte) et la facturation réelle (avec certainement parfois des imperfections, des tricheries…) du service rendu permettrait enfin de " récompenser " les citoyens les plus concernés : moins je sors mes poubelles, moins je renvoie des déchets non recyclables, plus je trie et moins je paye. Je suis certain qu’alors, comme pour l’eau, l’électricité, le téléphone, le comportement s'infléchirait. Lentement certes, mais régulièrement. Aussi lentement que dans tous les cas de changement de mentalité… mais on n’a plus le choix, car il y a urgence ! Dans quelques années, les déchets seront les maîtres du monde !
Mais je déblogue…
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D
SOMMES NOUS SUR LA MEME LONGUEUR D'ONDES
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S
Encore un élu qui se fait "mousser" et quelques porteurs de "claques" qui ne voientt pas plus loin que le bout de leur capot de voiture.<br /> La mégalo est proche -surtout que la compétence laisse à désirer-<br /> roger schenegg
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P
Question posée par un membre du CdG à Dany Dietmann (maire de Manspach et artisan de la mise en route de la pesée embarquée en Alsace)Que répondre à nos élus qui dès qu'on leur parle de pesée embarquée, nous rétorquent qu'elle incitera les citoyens à remplir la poubelle de leur voisin ou à jeter les déchets dansles fossés ?Commentaires de Dany Dietman :C'est très important de poser cette question, car c'est la dernière intox qu'il reste aux pro de l'incinération pour tenter de dénigrer la pesée embarquée.1° Par le fait que les fermentescibles sont systématiquement compostés, les bacs de produits résiduels ménagers ultimes, ne sont sortis que lorsqu'ils sont pleins. Ce qui empêche tout apport périphérique des voisins . "Comme quoi dans la tête de ces gens là, les voisins ne peuvent être que des porcs !Belle mentalité, ou jugent-ils les autres par rapport à eux-mêmes..."2° Face aux attaques des politiques qui ne veulent pas aller vers la variabilité positive qu'induit la pesée, qui sous-entendent que les habitants mettent les déchets ailleurs, forêts, aires de repos routières, rivières, etc.., voici des faits qui montrent le contraire : les services de l'équipement ont eu pour mission de peser durant 1 an les déchets récoltés sur les aires d'arrêt. Résultat: 24 tonnes/an. (En imaginant que la totalité de ces déchets puissent venir des trieurs, et que le trafic de 7000 véhicules/jours ne dépose strictement rien, cela donne un apport par habitant de 4,6 gramme/jour). Depuis que ces chiffres sont connus ces mêmes élus proincinérateurs sont curieusement muets.Pour les forêts, les brigades vertes ont été missionnées pour établir un rapport comparatif entre les dépôts en forêts de communes ne faisant pas le tri, et nos forêts. Les résultats sont édifiants en notre faveur.Pour ce qui concerne les cours d'eau, notre bassin versant à été honoré en recevant le trophée de l'eau pour l'excellente qualité de gestion, et de résultats pour l'excellent état de tout l'hydrosystème superficiel.3° Par la pratique, les trieurs ont parfaitement compris qu'il était beaucoup plus simple de laisser les surremballages au supermarché, que de les ramener à la maison pour en payer le traitement, ou de les jeter dans la nature. En ajoutant à celà le fait que les élus ne restent pas sur leurs "culs", et expliquent à leurs citoyens les dangers liés à la combustion des plastiques et produits divers, il n'est pas difficile de comprendre que les ménages progressent très rapidement dans la nécessaire prise de conscience de la préservation de l'environnement.4°Je suis effaré par le fait que des élus de haut-rang, n'ont pas encore constaté que les plastiques flaconnage étaient payés 240 euros la tonne sur le marché de la récup, que les métaux sont très intéressants à négocier, que les papiers cartons dépassent aujourd'hui 60 euros la tonne, que le verre ne pose pas de problèmes particuliers, et que les plastiques plats extrèmement légers ne représentent qu'une masse annecdotique dans le bac de pesée embarquée. Je passe sur la récup des textiles, des huiles, des produits toxiques etc....pour dire que ce qui est le plus lourd se trouve du côté des fermentescibles, lesquels, comme les déchets verts ne vont jamais dans le bac de la pesée embarquée puisqu'ils sont compostés.Celà signifie qu'en l'absence de fermentescibles et déchets verts, les matières premières secondaires ne sont pas souillées et bénéficient des plus values maximum en valorisation matière. De nombreuses collectivités l'on compris, et pratiquent aujourd'hui avec bonheur la facturation incitative derrière le volume embarqué, la pesée embarquée, ou le sac payant.Face à une population dont la sensibilité et le niveau culturel ont sensiblement progressé depuis le siècle dernier, je comprends que l'élu soit mal à l'aise.C'est plus facile de dire, " Pour vos déchets mettez tout dans votre poubelle au bord du trottoir, je m'en occupe !" Et derrière, avec toute cette merde sur les bras, solution de facilité c'est l'incinération, ou l'utilisation de l'atmosphère comme dépotoir.C'est évidemment plus compliqué d'aller dans les écoles, de faire des réunions de quartier, de modifier les biorythmes des concitoyens, et d'envoyer paître les démarcheurs de Suez, Véolia et consorts. Mais çà c'est une autre histoire.Pour plus d'information sur les déchets en gironde, consultez :www.collectif-dechets-girondin.com
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M
Voici quelques extraits d'un texte américain qui donne à réfléchir sur l'incinération sous toutes ses formes.<br /> <br /> Traduction de quelques extraits d'un article de<br /> <br /> Peter Montague, Rachel's Democracy & Health News, 13 juillet 2006<br /> <br /> (Voir la version originale et complète sur http://www.corpwatch.org/article.php?id=13890)<br />  A travers les Etats-Unis, et naturellement à travers le monde, on assiste au retour des incinérateurs d'ordures. Pourquoi ? Parce qu'il y a d'énormes quantités d'argent à gagner. <br />  <br /> Généralement, les autorités gouvernementales proposent de dépenser des milliards de dollars pour construire une nouvelle génération d'incinérateurs. Dans certains cas ces gens-là sont tout simplement ignorants des énormes problèmes que les incinérateurs créent, mais dans d'autres cas ils semblent avoir été séduits par tout cet argent.<br />  <br /> Dans les années 80 chaque état des Etats Unis a été pris pour cible par plusieurs incinérateurs "des usines de valorisation énergétique des déchets" comme on disait alors …<br />  <br /> Maintenant on nous propose une nouvelle génération d'incinérateurs, mais leur nom a changé à nouveau. Au lieu d'usines de valorisation énergétique on nous propose des usines de gazéification, de pyrolyse ou des arcs à plasma. Ils ne sont rien d'autre que des "incinérateurs déguisés" ce qui est le titre d'un important nouveau rapport de Greenaction et GAIA, les deux associations les plus connues et les plus actives pour leur combat contre l'incinération aux USA et probablement à travers le monde. (Greenaction, dirigée par Bradley Angel, a des bureaux en Californie, Arizona et Utah. GAIA, dirigée par Manny Colonzo, a des bureaux à Quezon City aux Philippines et Berkeley en Californie).<br />  <br /> Les incinérateurs, quel que soit le nom qu'on leur donne, posent deux problèmes fondamentaux :<br /> --D'abord, ils produisent des déchets dangereux sous forme de gaz et de cendres, en créant souvent des composés dangereux entièrement nouveaux comme les dioxines et les furannes qui n'étaient pas présents dans les déchets d'origine.<br /> --Ensuite, et c'est encore plus important, l'incinération détruit des matériaux qui doivent être remplacés. Si l'on brûle un morceau de papier au lieu de le recycler, quelqu'un devra fabriquer un nouveau morceau de papier à partir de matière brute. C'est un terrible gaspillage, puisque la fabrication d'une tonne de papier nécessite 98 tonnes de matières. En moyenne pour chaque tonne de produits détruits dans un incinérateur, 71 tonnes sont utilisées inutilement ailleurs pour recréer ces mêmes produits : dans les mines, dans les forêts, dans les transports, dans la production d'énergie, etc… (Les incinérateurs à " valorisation énergétique" n'ont même pas de raison d'être dans la perspective énergétique. Pour chaque unité d'énergie récupérée dans ces installations, on aurait pu économiser de trois à cinq unités d'énergie en recyclant les produits au lieu de les détruire dans un incinérateur et en les remplaçant ensuite par de nouveaux produits.)<br /> …..<br />  <br /> Le rapport "Incinerators in disguise" décrit des cas de techniques modernes d'incinération et indique comment elles sont vendues aux communautés. A la lecture de ce rapport il ressort un mode opératoire. Les gens qui vendent la gazéification, la pyrolyse et les incinérateurs à arc à plasma utilisent tous les mêmes techniques :<br /> <br />  <br /> Ils sont unanimes à déclarer que leurs matériels ne produisent aucune pollution. Evidemment, c'est matériellement impossible, mais cela ne les empêche pas de continuer leurs fausses déclarations. Souvent les autorités locales acceptent sans question ces déclarations invraisemblables.<br />  <br />  <br /> Les autorités gouvernementales exemptent souvent ces matériels des réglementations nécessitant des évaluations environnementales. On peut donner à ces matériels des autorisations de fonctionner sans aucun examen de leurs performances. (Y aurait-il là un effet du pouvoir de l'argent ? C'est une vraie question).<br />  <br />  <br /> Quelques sociétés vendent des matériels dont elles n'ont absolument aucune expérience. Elles vendent quelque chose d'absolument inconnu et expérimental, bien qu'elles déclarent (ou laissent entendre) qu'elles ont des années d'expérience avec des matériels similaires. Un profond scepticisme se justifie.<br />  <br />  <br /> Ces sociétés peuvent décrire leurs matériels comme des "succès commerciaux" même s'ils n'ont pas réussi à fonctionner correctement pendant des années d'expérimentation et s'ils ont été arrêtés et abandonnés de façon constante, en provoquant de grosses pertes financières.<br />  <br /> <br /> …..<br /> C'est particulièrement regrettable car il s'agit d'une industrie dont les schémas proposés pour faire de l'argent peuvent nous empêcher d'atteindre le monde pour la réalisation duquel nous travaillons tous : un monde cherchant à préserver les ressources, tendant vers zéro déchet et un développement supportable dans la durée....<br />  <br /> <br />
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I
Je suis d’un naturel très discret et ma préférence se tourne plutôt vers l’écoute que vers la prise de parole. De nombreux sujets m’ont beaucoup intéressée, mais celui-ci m’interpelle, surtout que je dois le traiter avec mes élèves, dans le cadre de l’E.C.J.S.(Education Civique Juridique et Sociale).En effet, j’ai choisi pour eux le thème du développement durable, car il me semblait qu’ils accrocheraient mieux puisqu’il les concerne directement , eux et les générations futures. A mon grand étonnement et celui de la documentaliste qui travaille avec moi, ces jeunes de 18 à 20 ans, ne comprenaient pas l’acuité du problème, quels que soient les domaines que je leur demandais d’étudier : gestion des déchets, O.G.M ., biodiversité, commerce équitable ( c’est une classe de Terminale B.E.P vente), énergies renouvelables, nouveaux carburants…<br /> Bien plus ! Ces jeunes adultes, futurs électeurs, ne savaient pas du tout ou très mal définir les thèmes de l’étude : le commerce équitable s’appliquait au paysan du coin (pourquoi pas d’ailleurs ?), le gaz faisait partie des énergies renouvelables (à long terme certes)…<br /> Nous nous trouvions au C.D.I. (centre de documentation et d’information du lycée), mais il a fallu leur demander plusieurs fois de se lever pour aller chercher des infos dans les dictionnaires ou les encyclopédies… Manque de volonté, paresse ou manque d’accroche pour le sujet ? Il est difficile de répondre à cela. Ils auraient surtout voulu aller sur Internet … Facile pour eux, mais anti-pédagogique pour ma collègue et moi. Nous nous sommes donc armées de courage pour convaincre chacun et encore… Je ne suis pas sûre de les avoir tous « convertis »…En effet, l’une d’entre eux me fit cette remarque édifiante : « la biodiversité ? Qu’est-ce que j’en ai à faire ? Une grande partie des poissons va disparaître dans 50 ans et alors ? J’aime pas le poisson ! »<br /> Bref, je me dis tout de même qu’une partie du problème serait résolu en privilégiant l’éducation, mais cette éducation devrait avoir lieu très précocement. C’est dès le plus jeune âge, là où les esprits sont encore les plus malléables, où la générosité est la plus prégnante, où le bénévolat est un don naturel, qu’il faut agir et donc dès la maternelle. Quant à mes jeunes adultes, j’espère qu’il leur restera un petit quelque chose de la séquence que j’ai débutée avec eux et qu’un vague déclic s’opèrera dans leur tête !<br /> Réduire la production des déchets à la source, développer le tri sélectif et le recyclage : tout à fait d’accord. Mais quand vous dites que « les projets d’incinérateurs se heurtent systématiquement à l’opposition des populations », je suis « un peu » interloquée. En effet, qui désirerait vivre auprès d’un incinérateur comme c’est le cas, par exemple, pour de nombreuses personnes du quartier de Lamarègue à Cenon ? Oh ! C’est pas bien grave me diront certains, ce n’est qu’un quartier HLM ! A cela je peux leur répondre qu’un loyer modéré ne doit pas ouvrir droit à une « santé modérée ». Car qui peut dire que les fumées de ces incinérateurs sont inoffensives ? Des tests ont-ils été réalisés sur ces familles ?<br /> Je sais, ces incinérateurs permettent en plus d’économiser l’énergie et cela c’est plutôt bien. Une partie du chauffage de l’appartement de mes parents est assurée par l’un d’entre eux. Cependant, c’est avec angoisse que je vois s’élever le panache de fumée dans le ciel lorsque je vais chez eux. Ce n’est pas la seule source de pollution me direz-vous ? Et alors ?<br /> C’est vrai aussi qu’il faut trouver des solutions d’urgence. Veillons alors à diminuer la production de déchets et trions-les davantage. Pour aller dans ce sens, un abonnement pour l’enlèvement des déchets inciterait certes les gens à devenir des citoyens responsables, et contribuerait en même temps à changer les mentalités, pendant que l’école se chargerait d’éduquer les enfants dans le cadre du développement durable.<br /> Nous devons nous appuyer sur les jeunes, pour un réel changement des mentalités, car ils formeront le lien entre une volonté institutionnalisée émanant des collectivités locales et son application sur le terrain par leurs propres familles, amis ou voisins.<br />
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