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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE SYNDROME DE POULIDOR

Il est devenu en quelques semaines la " vilaine " petite bête qui monte…qui monte… qui monte. Parti de 6% en début d'année, Bayrou est crédité de 24% d'intentions de vote par CSA et n'est plus devancé que d'un point par Ségolène Royal (25%, - 4) et de deux par Nicolas Sarkozy (26%, - 3). Il est crédité de 21% par BVA, qui accorde 24% à Royal (-1) et 29% à Sarkozy (-2). Il est cependant plus bas (19%) selon le baromètre quotidien IPSOS, mais désormais le Béarnais apparaît  "qualifiable" pour le second tour présidentiel. S’il continue sa progression, il pourrait dans une quinzaine de jours devancer les deux candidats que les médias se sont efforcés de placer au sommet. Voici que celui qui a, sans aucun complexe, tapé à bras raccourcis sur TF1 et bien d’autres supports jugés partiaux, leur fait la nique en passant outre leur mépris. Un sondage est ainsi venu confirmer la progression spectaculaire du gamin, que sa mémé de Bagnères de Bigorre voyait devenir un homme qui compte. Il talonne maintenant Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, jusqu'ici… grands favoris de la présidentielle. Il paraît même qu’il y a de l’affolement dans tous les staffs, car on ne sait pas par quel bout prendre la cas Bayrou.
En fait, cette progression n’a rien de surprenant car elle résulte d’un contexte politique voulu par une classe qui a tenté de coller le plus possible à l’opinion dominante. En refusant une confrontation droite-gauche traditionnelle jugée désuète et absurde. Elle a en effet ouvert la porte à l’homme qui semble venu de nulle part, qui semble n'appartenir à nulle part alors qu’il a toujours été positionné à droite, et qu'il ne doit sa carrière politique qu’au soutien massif de l’UMP dans les scrutins personnels qu’il a eu à affronter.
A force de répéter que, dans le fond, comme il n’y a plus de frontière réelle entre les idéaux d’un camp et de l’autre, on a fini par tuer les deux. En calquant leurs mots sur des concepts stéréotypés quasiment similaires, les penseurs opposés ont transformé en héros du verbe le candidat qui s’exprime seulement sans tenir compte des règles de communication imposées par les gourous des sondages. Bizarrement, celui qui détonne, qui dérange, qui symbolise l’esprit de révolte, qui cristallise sur son nom les incrédules des incantations médiatiques, n’est autre que celui qui était pourtant réputé jusque là incolore, inodore et sans saveur. Il suffit que, de temps à autres, le leader d’une UDF dépouillée depuis hier de l’emblématique Simone Veil, s’offre une phrase à contre emploi pour qu’il insère sa différence dans deux blocs calquant systématiquement leur comportement l’un sur l’autre.

L’ETAT GLOBAL DE L’ELECTORAT
En revenant sur les difficultés que rencontrent les candidats les plus marqués politiquement pour décrocher leurs fameuses 500 signatures, on trouve dans ces sondages une illustration parfaite de l’état global de l’électorat. François Bayrou, très critique dans ses discours, apparaît neutre (il tape sur les 2 camps et c’est donc jubilatoire pour certains), et par conséquent…crédible. Il est porté vers les sommets par ses adversaires qui, plus ils l’attaquent, plus ils le valorisent. Il capte l’intérêt de celles et ceux qui ne veulent plus entendre des propos stéréotypés, qu’ils considèrent comme trop conformes à leur attente, comme l’a fait Le Pen jusque là. En se réfugiant dans le camp du centrisme de droite, les électrices et les électeurs trouvent un avantage : refuser un engagement politique considéré comme malsain et ne pas revenir dans les ensembles traditionnels. Ils veulent la différence sans risques !
Voynet, Bové, Buffet, Besancenot, Villiers ne décolleront probablement pas dans cette campagne (0,5 à 2 %) car ils ne récupèreront pas une voix sur ce " ventre mou " d’un électorat qui se complait dans le refus du bipartisme ou qui a été culpabilisé par des choix jugés " extrémistes ". Il est certain que ce comportement touche davantage les fameuses classes moyennes que celles qui fréquentent le haut du pavé, ou celles qui résident sur le pavé.
La forte progression du candidat UDF tiendrait ainsi pour partie, selon les spécialistes, à un basculement de 15 points des employés et des ouvriers qui avaient l'intention de voter jusque là pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Elle tient également, pour le CSA, à un déplacement de plus de 10 points des jeunes qui comptaient apporter leurs voix à Sarkozy.
Ces mouvements ont donc tout lieu d’inquiéter au plus au point les stratèges des deux premiers du peloton, qui s’estimaient définitivement irremplaçables. En effet, la réponse n’est pas aisée à trouver. Soit ils reviennent sur des positions très traditionnelles et provoquent une dérive des " continents ", qui augmentera l’espace disponible pour Bayrou. Soit ils restent sur des " images " qui vont se mêler, se croiser, se cogner, selon les circonstances, et ils vont accréditer la thèse de l’originalité du Béarnais au franc parler supposé. On sent bien un flottement de part et d’autre.

LEGISTIMISTES CONTRE PSEUDO REVOLUTIONNAIRE
Dans la camp sarkozien, on tente de trouver la parade en récupérant (probablement avec quelques promesses de récompenses ultérieures), les figures charismatiques du centrisme. Avec les ralliements d’André Santini et de Simone Veil, l’UMP pense pouvoir éteindre l’incendie par un contre feu. Le duo va, en effet, s’évertuer à décrédibiliser les positions les plus audacieuses de leur ex-ami. Santini et Veil vont tenter de se positionner comme les légitimistes face à un pseudo révolutionnaire.
Priée de dire si elle avait envisagé de soutenir François Bayrou qui met sous pression son favori et Ségolène Royal, Simone Veil a répondu : "Pas du tout !" François Bayrou "ne représente pas du tout ce centre. Il ne représente que lui-même. Regardez les gens qui sont avec lui, ce ne sont pas du tout des gens qui viennent (...) de ce qu'était l'UDF autrefois".
Dans le parti de François Bayrou, "j'étais plutôt considérée comme, je ne dirais pas gauchisante, mais presque, un peu trop sociale, un peu trop ouverte. Et c'est d'ailleurs ce qui a fait qu'un jour j'ai quitté l'UDF", a-t-elle ajouté. François Bayrou "propose quelque chose qui n'est pas du tout viable", qui est "de prendre des gens de tous les partis et de faire ensemble un gouvernement", a fait valoir Simone Veil. "La démocratie, ça suppose de pouvoir avoir une alternance de projets, sans ça, on est voué à avoir une crise", a-t-elle souligné. "Quand on fait de la politique, qu'on soit à droite, à gauche ou au centre, on accepte l'alternance. C'est une respiration pour le pays, alors que quand on est tous ensemble et qu'il y a un échec de ces gens qui représentent différentes positions, qu'est-ce qu'on fait si ça ne marche pas ?" La machine à ramener à son véritable niveau le Béarnais têtu est en marche dans le camp de la Droite. Elle va monter progressivement en puissance dans quelques meetings ou émissions de télé.

LES ROLES SONT INVERSES
Le danger se porte aussi sur l’électorat naturel du PS qui a, dans les faits, désigné sa candidate sur la base de son… recentrage. Désormais, les rôles sont inversés et tel est pris qui croyait prendre. En espérant mordre, grâce à des concepts inspirés par la social-démocratie, sur le réservoir des classes moyennes pour compenser le véritable affaiblissement de la gauche et de l’extrême gauche traditionnelles, les socialistes n’avaient pas envisagé que le mouvement inverse puisse se créer. Bayrou les a devancés grâce à des comportements agressifs, combatifs et il s’est installé sur leurs plates bandes. En ayant choisi de séduire plus que de convaincre, le PS se met maintenant dans la position d’aller reconquérir de espaces perdus… qui sont pris jour après jour par un centrisme plus naturel." Nous sommes entrés maintenant dans une phase de la campagne où ce qu'observent les Français, de façon très attentive, c'est la cohérence de chaque candidat entre l'image qu'ils ont de sa personnalité, les valeurs qu'il véhicule, et son projet. Or, les deux principaux candidats, qui semblaient incarner le renouvellement de leurs camps et en même temps porter l'intérêt général, ont, pour les Français, perdu de leur cohérence.
Ce qui a fait le succès de Ségolène Royal pendant la primaire du Parti socialiste, c'est l'idée qu'il y aurait dorénavant un lien direct et exclusif avec les Français. Or, dans les dernières semaines, elle a semblé devoir rendre des comptes au Parti socialiste. Entre elle et les Français s'est alors établi un écran " explique Stéphane Rozés, le patron de l’institut CSA. En fait, Bayrou, qui est resté sur une campagne traditionnelle de terrain extrêmement décentralisée et véhiculée par la petite presse de proximité (les hebdos régionaux, départementaux ou de bassin de vie) n’a jamais donné l’impression d’être issu de l’establishment ou d’y revenir. Actuellement, il en perçoit les dividendes car les émissions télévisées qui se succèdent n’altèreront pas cette perception qui est installée. Encore une ou deux flèches bien senties à droite et à gauche, encore des attaques maladroites venues de droite et de gauche, et il va s’installer en tête, car le syndrome de Poulidor traîne encore dans l’inconscient du peuple français. Face à des Anquetil trop sûrs de leurs forces, il constitue son meilleur atout. La France va revenir quarante ans en arrière et passer du " vas-y Poupou au " vas-y Bayrou " en douceur, comme s’il s'agissait une fois encore de ramener aux réalités les vainqueurs auto-désignés.

 

Mais je déblogue… 
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E
Désolé Ron, je suis de gauche !
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R
Salut Eric, Si tu le savais vraiment, Ségo aurait une voix en moins !
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R
Salut Eric, Si tu le savais vraiment, Ségo aurait une voix en moins !
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E
C'est quoi l'UDF ? Ah oui, un vieux parti de droite ! Celui de notre Giscard national...
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R
@Guillaume<br /> Tu as raison, gardez le même cap ! Changez rien ! ;-)<br /> PS : posteron@hotmail.com pour ceux qui veulent s'impliquer dans la campagne UDF.
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