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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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L'ENGAGEMENT RESPECTABLE

Il est extrêmement rare, en 17 mois de parution, qu’une chronique de L’AUTRE QUOTIDIEN provoque une telle polémique entre les plus fidèles des lectrices et des lecteurs que celle consacrée au problème des parrainages d’élus en faveur des candidat(e)s aux présidentielles. Elle a généré une avalanche d’avis et de contre avis, comme si le sujet était extrêmement sensible. Cette réalité m’interpelle, car elle ramène aux fondements même de l’engagement politique et, même si ça fait pompeux, aux bases de la République. En effet, l’enjeu ne repose pas sur la notion de nombre de signatures à récolter mais, plus prosaïquement, sur la notion essentielle de la valeur que l’on accorde à la démocratie représentative. Ce système social sur lequel repose l’élection présidentielle semble être passé de mode. Il serait même moribond, si l’on se fie à l’appréciation que portent, de plus en plus de citoyens, sur des élus qu’ils ont majoritairement choisis, et aux propositions diverses et variées consistant à substituer au vote libre du Peuple des formes de contestations permanentes… du résultat. Le débat sur le parrainage relève de cette nouvelle donne, puisqu’il reflète une analyse contradictoire du comportement des élus locaux.
Il faut en effet constater qu’il y a, parmi les candidats déclarés à l’Elysée, deux catégories : celle des femmes et des hommes qui s’appuient sur un réseau de militants ayant eu la volonté de confronter leur idéal au jugement des autres, et celle des femmes et des hommes qui ont soit échoué dans une échéance électorale puisqu’ils ont été minoritaires, soit qui n’ont jamais osé aller au combat. La première, ne peut légitimement être soutenue que par les personnes issues de son propre camp, alors que la seconde, forcément sans forces reconnues par une majorité, cherche à les en détourner. Et on en arrive dans de telles circonstances à contester la représentativité des élus, au prétexte qu’ils ne trahissent pas leur engagement public et clair. Il faudrait que les gens non engagés dans un parti politique aient le courage d’aller chercher le soutien des maires… non engagés. En effet, il paraît pour le moins amoral de demander aux autres de ne pas respecter leur parole, alors que, chaque jour, une majorité citoyens les accuse de justement manquer de fiabilité.
L’origine de la polémique repose sur la conception que l’on peut avoir de l’adhésion à un parti politique. Ma position sur le sujet devient claire : un militant ça débat, ça conteste, ça peut s’éloigner de la ligne directrice quand il s’agit des idées… mais il ne doit en aucune manière contester un choix de personne, effectué démocratiquement. S’il agit ainsi il s’autodétruit puisqu’il admet le caractère illégitime du système qui l’a porté au pouvoir. Et pour paraphraser une phrase de Chevènement : un militant battu dans un vote interne, ça ferme sa g…… ou ça s’en va ! Il s’agit du simple respect du verdict des urnes. Tout choix de personne lorsqu’il est effectué nécessite l’acceptation du résultat. En revanche, sur les principes et les idées, toute contestation me paraît possible. Ainsi, en toute conscience, il n’y avait, selon moi aucune critique possible vis à vis de celles et ceux qui refusaient de soutenir le Traité constitutionnel européen puisqu’ils ne mettaient pas en cause un enjeu électoral de pouvoir.

LE PAYS A TOURNE LE DOS AUX POLITIQUES
Ce que je reproche également à certains candidat(e)s aux présidentielles c’est qu’ils ont parfois cogné à bras raccourcis sur les militants des partis politiques dont ils réclament actuellement… le soutien. Il existe des écologistes dont, par exemple, le comportement aura été, durant des mois, très critique à l’égard d’élus du PS accusés de crime de lèse démocratie, mais dont ils réclament la signature. D’ailleurs, une rumeur circule nationalement, indiquant que certains d’entre eux, parmi les plus connus, par exemple chez les Verts, rejoindraient le PS après les présidentielles, conscients que l’épisode de la collecte des parrainages en faveur de Voynet révèle une inefficacité politique absolue. Je suis désolé de constater que José Bové, n’ayant pu être désigné démocratiquement par les conglomérats anti-libéraux, souhaite que des Maires engagés dans des partis, dont il critique le fonctionnement de l’extérieur, lui donnent… cette légitimité qu’il n’a pas pu obtenir. Cette situation très française consiste à critiquer absolument tout système organisé collectivement quand il vous est défavorable, et à vouloir malgré tout en percevoir les bénéfices. Le respect ne se conquiert pas à posteriori…
Le problème des parrainages vient du fait que notre pays a tourné le dos à la politique et aux politiques. On ne s’engage plus durablement dans un syndicat ou un parti, au prétexte que l’on met en péril sa liberté individuelle ou son droit à la différence. Dominique Voynet, Olivier Besancenot, José Bové et consorts contestent les pouvoirs actuels, sans parvenir à créer autour de leurs idées une adhésion conséquente. Il était couru d’avance que le Parti communiste (et je l’ai écrit dans l’une de ces chroniques), possédait suffisamment d’élus locaux en porte feuille, pour que Marie George Buffet n’ai pas à craindre le barrage des 500 signatures. Les autres ne pouvaient que profiter de ce pactole…sans donner l’assurance qu’ils respecteraient ensuite la volonté de la majorité qui leur aurait été offerte.

UNE MIRACULEUSE CANDIDATURE UNIQUE
L’élection interne de la candidate du PS aura au moins démontré que, quand les gens s’engagent pour soutenir une personne qui leur paraît la meilleure pour les représenter, ils emportent la décision. Les fameuses adhésions à 20 € par internet ont en effet bouleversé la donne. Dommage que toutes celles qui voulaient un ancrage réellement anti-libéral du socialisme français n’aient pas effectué la même démarche et soient restés dans le mythe d’un maelström pouvant accoucher d’une miraculeuse candidature unique. En refusant de changer la donne de l’intérieur on s’expose à ne pouvoir le faire de l’extérieur.
Maintenant que l’explosion à gauche s’est produite, il faudrait que… les gens qui ont été parfois ardemment combattus viennent accentuer cette discorde en favorisant les candidatures rivales des 3 B (Buffet, Bové, Besancenot). S’ils avaient effectivemenr réussi à s’entendre, le vainqueur des primaires n’aurait absolument pas besoin de roues de secours réputées démocratiques, puisqu’aux dernières nouvelles le trio approcherait globalement des 1400 signatures cumulées.

LA VOGUE ACTUELLE DU SOCIAL OPPORTUNISME
Le citoyen démocrate devrait plutôt s’inquiéter de la vogue actuelle du social-opportunisme, une maladie très répandue à gauche. Elle gangrène les esprits au nom de la beauté du transgressement des règles établies, comme le font les gamins mauvais perdants. Ils veulent en permanence adapter les repères à leur avantage. Personnellement, je ne défends pas le principe des 500 signatures de Maires. Je préférerais  un augmentation du quota (5 000 signatures) dont le panel serait étendu à tous les élus locaux (conseillers municipaux) et aux présidents d’associations (reconnues au sein des conseils économiques et sociaux) ou de syndicats constitués, afin que toutes les sensibilités puissent être réellement mobilisées. On reconnaîtrait ainsi les vertus de la démocratie participative, et on aurait l’assurance que toutes les positions, dont celles issues du mouvement social, entreraient dans le jeu présidentiel. A ce jour, je n’ai pas encore entendu de propositions concrètes pour modifier un système que tout le monde espère utiliser à son avantage… et je regrette personnellement que le chœur des vierges effarouchées n’ait pas entamé sa complainte de l’expression bâillonnée.
On pourrait, également, prendre un pourcentage minimum obtenu à une élection cumulable (régionales ?). La barre des 5 % dépassée permettrait à un parti ou une organisation de présenter le candidat de son choix, puisque cette opportunité serait automatiquement donnée à un parti constitué, et non pas à une personne. Ce serait un moyen de redonner leur lustre à toutes les formes d’engagement. Les parrainages ne seraient indispensables que pour les " candidats libres ". Ainsi, les grands partis ne pourraient plus contraindre leurs élus à appliquer une consigne. Celles et ceux qui voudraient… soutenir la concurrence pourraient le faire sans problème. Car, dans le fond, le principal reproche qui est adressé aux maires récalcitrants c’est de ne pas mettre en péril le (la) représentant(e) du parti auquel ils cotisent, et qui leur a donné parfois, à eux, l’investiture leur ayant permis de gagner. Une sorte de qui perd gagne !
Mais je déblogue…
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A
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E
C'est bien ce que j'avais compris, sans être dans ta conscience... ;-)
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D
Tout à fait d'accord avec cette chronique qui redonne toute sa valeur à l'engagement dans la durée et non aux opportunismes du moment. La rélexion sur le parrainage apporte en outre un éclairage nouveau et plus satisfaisant que les réclamations entendus sur les pétitions citoyennes supposées être le meilleur système. Bravo JMD, et continuez ainsi à redonner ses vraies valeurs à la Politique (avec un P majuscule...)
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