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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA PERENNITE DES MOTS

Hier matin, Créon a officiellement ouvert son festival " Entre Deux Films ", consacré à cette période terrible que fut l’installation et les conséquences du Franquisme en Espagne. Il y a maintenant deux ans, avec la compréhension des bénévoles qui animent sur Créon le premier cinéma associatif commercial exploité en France depuis 26 ans, nous avons en effet lancé un événement, autour des différentes facettes culturelles des flux migratoires ayant fait la richesse de la France en général, et du Créonnais en particulier. Le but était clair : montrer les réalités concrètes et locales de ces divers apports de population sur un territoire. Pour cela, il n’y a pas de meilleurs supports que la culture et l’Histoire pour parvenir à nouer un lien entre des faits historiques populaires et ceux du présent. En rassemblant tous les milieux (collectivités locales, associations, éducation, témoins privilégiés) pour constituer un programme extrêmement diversifié susceptible de mobiliser le plus large public possible, l’équipe organisatrice a joué la carte de la citoyenneté culturelle. Et ça marche…avec plus de 400 personnes sur les trois premiers jours du festival !
L’an passé, durant une quinzaine de jours, furent déclinées ces années 1920, durant lesquelles les Italiens vinrent, selon les uns " manger le pain des Français " ou selon les autres " permettre aux Français d’avoir du pain ", après la saignée de la Grande Guerre. Ce fut un grand moment d’émotion, lorsque chaque famille vint présenter son parcours, lors d’une soirée mémorable à double titre. Cette fameuse immigration qui soulève tant de faux débats était apparue sous un tout autre jour, et plusieurs centaines de personnes avaient ainsi pu constater que, sans elle, le Créonnais n’aurait jamais prospéré. Bien plus que les discours, les rencontres détendues, la tendre vérité des témoignages, les souvenirs concrets, avaient su conforter la tolérance, le respect et surtout la compréhension réciproques. Il était apparu à tout le monde que le partage demeurait la seule vérité pour l’intégration. En 2007, le contexte est certes bien différent, mais cette initiative tournée vers un autre type d’immigration, imposée par la terreur fasciste, pose un véritable problème politique.
La triste réalité française relative à la guerre civile espagnole, présentée grâce à quatre formidables expositions, ne manque pas d’interpeller les visiteuses et les visiteurs. On y mesure, non pas à partir de synthèses de spécialistes, mais grâce à des documents émouvants, des faits du quotidien, des extraits de presse, la dureté du sort que le pays des Droits de l’Homme a réservé aux républicains espagnols. Que d’espoirs déçus au nom d’un réalisme politique détestable ! Que de misérable lâcheté dans des actes hypocrites ! Que de misère intellectuelle dans ces pièces originales exposées ! Que de tristesse dans les dizaines de clichés présentés ! Impossible de ressortir sans avoir en tête le caractère irrémédiable d’un comportement français antinomique de l’image du pays dans le monde !

LA VALEUR DE L’EDUCATION CITOYENNE
Coïncidence, Créon ouvre les portes du savoir sur cette période rarement évoquée, quelques heures après que Nicolas Sarkozy ait lancé cyniquement son intention de créer un " ministère de l’immigration et de l’identité nationale ". C’est une fierté pour les gens qui croient en la valeur de l’éducation citoyenne pour lutter contre un obscurantisme sommaire porté par pure démagogie d’avoir répondu à leur manière à cette provocation. Certes le festival ne modifiera pas le cours de l’élection présidentielle, mais au moins une chance aura été donnée à une autre vision de la société sur un territoire restreint, durant 15 jours ! Son impact mériterait d’être largement élargi, or… le système éducatif lui-même se montre réticent localement à s’ouvrir sur cette opération.
L’identité nationale n’est pas en effet véritablement menacée par des flux migratoires qui, à l’échelle d’une dominante culturelle, restent minoritaires. Il n’est pas plus dangereux dans une commune de voir des musulmans investir un lieu de prière que de constater que les témoins de Jéhovah ou l’église de Scientologie s’introduisent subrepticement dans les associations. Est-il réellement plus préoccupant de voir les restaurants asiatiques se multiplier alors que certains réclament dans leurs vœux pour l’avenir de Créon l’installation d’un Mac Do ou d’une succursale de Pizza Hut ? Perdons-nous notre identité nationale en préférant des spaghetti ou un couscous à une poule au pot ou à une blanquette de veau, que peu de gens savent encore cuisiner. Le seul véritable ministère de l’identité nationale existe : c’est avant tout celui de la culture. Il doit être le véritable rempart contre une modification durable de nos valeurs. Mais malheureusement, cette lutte incessante ne parait pas, n’est pas convaincante, ne rapporte pas autant de voix, que des affirmations tonitruantes flattant le Peuple dans le sens des sondages.

LA FACE VISIBLE DE L’ICEBERG
Le danger ne réside pas du tout dans l’arrivée de quelques milliers de sans papiers sur le territoire national dont la régularisation révulse les défenseurs d’une France monocolore. Ce n’est que la face visible d’un iceberg culturel. Le danger vient des Etats-Unis en général, qui par le biais économique, imposent des normes culturelles modifiant insidieusement toute la trame sociale, au nom de leur vision du bien et du progrès. L’invasion par des références, des concepts, des manières d’être, américaines est beaucoup plus angoissante que la nécessité d’accueillir une centaine d’Africains misérables sur les côtes espagnoles.
Chaque jour, par exemple, notre propre télévision sape cette fameuse identité nationale, beaucoup plus efficacement que les cartes de séjour accordées avec parcimonie. Elle déverse à profusion des idéaux simplistes que personne ne dénonce vraiment. Impossible de ne pas considérer que les fonds de pension venus d’Outre Atlantique, qui taillent dans notre industrie, dans nos services, au nom de leur rentabilité, ne participent pas au bouleversement des repères nationaux. Inévitable d’observer combien nos mœurs politiques elles-mêmes basculent vers des principes inspirés par d’autres sources que celles de la Révolution française. L’immigration sournoise, portée par une pseudo culture standardisable, mériterait une véritable politique de charters consistant à maîtriser, sans tomber dans un protectionnisme outrancier, des apports extérieurs massifs dont nous refusons, par confort intellectuel, de mesurer l’impact négatif.

UNE DIMENSION HISTORIQUEMENT DRAMATIQUE
En restreignant la notion d’identité nationale au seul volet de l’immigration physique, Sarkozy ramène le problème à une dimension historiquement dramatique. Il simplifie outrancièrement un problème beaucoup plus complexe et flatte l’électorat du café du Commerce en lui donnant en pâture un ennemi commun : l’autre ! Les Italiens puis, dans l’ordre chronologique, les Espagnols, les Polonais, les Portugais, les Algériens, les Marocains et les Africains ont tous, les uns après les autres essuyé ce même reproche : ils étaient les autres et devaient donc s’intégrer ou rentrer au pays. Nul ne veut réellement se rappeler que rares sont désormais les familles qui, en faisant l’effort de remonter deux, trois, quatre générations en arrière, ne trouvent pas une branche issue de cette immigration tellement contestée à toutes les époques. Il arrive même parfois que certains veuillent la dissimuler ou l’enfouir dans les non-dits familiaux. La souffrance a été identique à toutes les époques.
Sur les photos des fameux camps de rétention pour réfugiés espagnols installés sur les plages catalanes d’Argelés sur Mer, dans les yeux des femmes, des hommes et des enfants attendant que l’on règle leur devenir, on perçoit la même angoisse que celle des sans papiers actuels. Ce sentiment d’incompréhension, d’incertitude, de désespoir, d’échec traverse les époques, même s’il n’a pas des causes identiques, des motivations similaires. Et ce n’est pas avec la création d’un " Ministère de l’immigration " que l’on effacera cette dimension humaine de la réalité.
Nous voici revenus aux années Trente. Un retour en arrière qu’il est possible de vérifier grâce à la pérennité du sens des mots. Dans l’exposition sur la " Retirada " ce cheminement vers l’exil des anti-franquistes tout un pan est consacré à des dizaines d’extraits de la presse écrite de l’époque. Edifiant sur le rôle des médias dans les périodes cruciales de l’Histoire. " Identité ", " péril ", " délinquance ", " menace ", " immigration ", " nationalité "… figuraient en bonne place dans des commentaires de tous bords (la presse d’opinion existait alors clairement). On se gavait de certitudes à longueur de page, sans se rendre compte que le sort réservé aux autres préparait celui qui se construisait pour tout le monde. Or actuellement, l’inculture politique est paradoxalement beaucoup plus forte qu’elle ne l’était après l’année 36 et il serait opportun de rafraîchir les mémoires. Il suffirait de rechercher dans l’Histoire quels ont été les hommes qui ont inclus dans leurs discours la notion d’identité nationale basée sur le rejet. De publier des citations de leur projet et ensuite de… rappeler ce qu’ils sont devenus quelques années plus tard. Mais ceci est une autre Histoire !
Mais je déblogue…
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R
Non, Non promis ce n'était pas une attaque. Pour l'anecdote, j'ai recu un mail achevé par "amitiés militantes". Ca m'a aussi fait rire car je me suis demandé si la personne en question pouvait avoir des amis non militants ! Tout cela n'est pas forcement tres important mais quand tu te mets à la place d'une personne qui ne connait pas le petit monde de la politique, c' est plutot etonnant. Tu pourras lire un petit texte que j'ai écrit dans le blog des jeunes udf gironde. A@ 
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E
desuet ?<br /> C'est comme ça, c'est tout. C'est pas très important, si ?
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R
Oui ca a un coté desuet que je trouve mignon.
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E
@ Ron<br /> Mignon ? Non, c'est comme ça depuis toujours...
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R
Bonjour à tous,<br /> Quoique peuvent être nos opinions, je trouve que l'on devrait éviter de se balancer des critiques mais plutot de dire quelle idée exactement nous choque et surtout pourquoi. En critiquant sans apporter un argument on reste creux.<br /> PS : c'est mignon, vous vous appeler toujours "camarade" ? ;-)
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