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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LES CINQ DERNIERES MINUTES

Ce week-end, je me suis offert une cure de sport de haut niveau. Une sorte de bain quasi permanent dans ce monde des ballons qui ne tournent pas rond, ou dans celui que poussent les étoiles pour se faire une place au soleil. Il est vrai que les opportunités d’un retour vers ce qui a toujours été ma passion n’avaient jamais été aussi nombreuses dans un laps de temps aussi court.
De samedi après-midi à hier soir tard, j’ai pu successivement déguster, grâce à un zapping effréné, la seconde victoire italienne dans le tournoi des Six nations de rugby, une partie de Toulouse-Monaco en L1, avant d’aller au stade Chaban-Delmas vivre en direct, sur place, avec des amis, la victoire de Bordeaux sur Sochaux et, grâce à un retour rapide via le tram, de déguster une grande partie d’un extraordinaire Barça-Real. Dimanche, j’ai goûté à une douche écossaise entre le Celtic et les Rangers, avant de jongler entre un autre monument du football joué à Milan (Inter-Milan A.C.) et la défaite des Bleus en Angleterre, puis, épuisé, de somnoler face à Lens-Sedan. Il ne me restait que Lyon-Marseille pour m’offrir une cerise sur un mille feuille un peu bourratif. Avouez que ces travaux d’Hercule du sportif sur canapé relevaient de la gageure.
En fait, j’ai tout simplement voulu échapper à la pression d’une campagne présidentielle en passe de mal tourner puisque, avant même qu’elle débute officiellement, dans tous les camps on commence à traquer les responsables des… échecs possibles. Incroyable, mais la chasse aux raisons d’une défaite sont déjà en magasin pour servir d’excuse le moment venu. Certains se plaignent amèrement de ne pas trouver de " sponsors " pour avoir le droit de disputer le premier tour. Ils n’ont plus que quatre jours ouvrables pour recevoir leur " licence " et ils s’en prennent à tout le monde afin d’expliquer leur absence sur le terrain des idées. Il y en a même qui mettent prématurément les pouces et rejoignent l’équipe des gagnants potentiels. D’autres se plaignent d’un manque de soutien de la part de leurs supporters les plus emblématiques afin d’expliquer qu’on fera les comptes le moment venu. Si l’on a parlé de victoire, ce n’était pas forcément ce week-end, avec le concours de ceux qui connaissaient la musique. Enfin, il y a ceux qui, paraît-il, n’ont pas un zeste de moral, qui ne voient pas la vie en vert ou en rouge, mais qui commencent à broyer du noir. Et, pour finir, il y a celui qui attendait un signe de bonne volonté de la part d’un illustre ancien, et qui devra patienter pour attendre la venue de cet adoubement qui lui fait encore défaut.
Dans un tel contexte, il est préférable de revenir sur les terrains de joutes plus simples et, dans le fond, de laisser à d’autres le soin d’éclaircir une situation pour le moins confuse. Le confort d’être ailleurs, de vivre autrement, et donc de ne plus porter le fardeau d’une responsabilité quelconque, dans cette mêlée où l’on prend des pignes sans raison, constitue une tentation forte. J’avoue que ce week-end, l’au-revoir de Chirac m’a paru étrangement décalé par rapport aux rendez-vous ayant passionné des millions de gens.
Ce matin, au bureau, on parlera davantage du fait que les Anglais aient su tirer les derniers, et l’on oubliera vite le départ de celui qui a gagné la Coupe du monde de 98 ! Il décochera peut-être un coup de tête dans quelques jours, mais il attendra d’en connaître les conséquences potentielles.

CEUX VENUS D’AILLEURS AVAIENT UNE DIMENSION SUPERIEURE
Au cours des six matches vécus en 48 heures, il faut bien reconnaître que ceux venus d’ailleurs avaient une dimension supérieure. Impossible de croire, malgré un coup franc platinien de Micoud, qu’un Bordeaux Sochaux pourrait un soir rivaliser avec un immense Barça-Real. Tout est, en effet, démesuré dans la Liga : le stade, la passion, l’ambiance, l’enjeu… et le résultat. Ce fut donc une jubilatoire course poursuite entre deux équipes, obligées de se livrer à fond pour tenir leur rang dans un duel dépassant l’enjeu sportif. Ce fut le meilleur moment du week-end, car un 3-3 palpitant jusqu’à la dernière seconde se goûte comme un grand cru dont l’ultime lampée reste la meilleure. On regarderait une rencontre de ce niveau durant des heures.
Le Clasico aura tenu toutes ses promesses. Le match débuta à une vitesse folle avec deux buts de Van Nistelrooy qui furent " annulés " par le prodige argentin Messi, qui répliqua avec autant de verve et d'habileté. Le match, de surcroît électrique, voit de nombreux joueurs avertis et l'exclusion d'Oleguer juste avant la mi-temps pour un deuxième carton jaune témoigne que le plus dur dans une rencontre de haut niveau demeure de garder son sang-froid. En deuxième période, Barcelone réduit à dix ne va pratiquement plus attaquer, et c'est logiquement que le Real reprend l'avantage par Sergio Ramos. A ce moment là, tous les sondages auraient donné le Real largement vainqueur, mais c’était sans compter sur Messi qui arracha une égalisation, témoignage flagrant d’une farouche volonté collective permanente du Barça pourtant constellé de vedettes. Le stade chavira de joie et j’avoue avoir dégusté ce festin offert par les chevaliers de la balle ronde avec un bonheur non dissimulé. Un émerveillement. Une folie. Un moment hors normes.
Hier après-midi le derby milanais, dans un genre moins flamboyant, fut de la même veine : intense, spectaculaire, rythmé, émaillé de gestes spectaculaires. Si l’Inter l’a emporté, ce ne fut qu’au prix d’une volonté permanente. Peu de temps morts. Peu de déchets. Peu de somnolence. Dans les deux cas, aucun commentateur ne songea à évoquer la répétition des matches de haut niveau, la fatigue due à la Champion’s League, la cadence infernale, pour excuser la faiblesse du spectacle offert. Bizarre que ces méfaits ne se produisent qu’en France pour excuser de piètres prestations. Il semble que le footballeur professionnel, chez nous, ait une propension particulière à s’épuiser prématurément.

ACHETER DES INVENDUS A DES CAMELOTS
Malgré tout la bonne volonté du monde, j’ai eu du mal à croire dans les autres composantes du menu. Un geste de génie en Ecosse, deux éclairs dans la grisaille à Bordeaux, de rares actions dignes de ce nom à Toulouse ou à Lens et, à l’arrivée, l’impression d’acheter des invendus à des camelots, prêts à vanter avec brio leur marchandise. Le rugby fut à cet égard plus enthousiasmant. Les Italiens se battant comme des chiffonniers pour conserver leur maigre avantage, et les Anglais métamorphosés par leur ardeur à bouffer du Froggy, ont donné une dimension particulière à deux confrontations âpres, indécises, musclées. Aucun cadeau de part et d’autre, mais une ardeur particulière à tenir bon ou à perforer les défenses les plus solides. Les cinq dernière minutes furent les plus passionnantes, car dans les deux cas les favoris n’étaient pas en position conforme à l’attente de leurs supporteurs. Français et Gallois finirent par craquer comme s’ils vivaient mal ce contexte exigeant. Comme, par ailleurs, les Marseillais sont parvenus à arracher un point à Lyon, le sentiment que, désormais, le plus important réside dans la capacité à tenir la distance, transparaît dans toutes les rencontres. Non seulement il faut prendre de l’avance mais surtout il faut tenir bon !
Durant ce week-end, il aurait seulement été bien de vivre les ultimes actions. Elles auront toutes été décisives pour sceller le résultat. C’est devenu la réalité de notre époque : la qualité repose sur l’intensité de moments clés. La résistance italienne face à l’orgueil gallois, la hargne phocéenne face à des Lyonnais en proie au doute, le fighting-spirit anglais face aux Bleus, la vista d’un duo d’attaquants bordelais inédit assurant le succès, le hold-up réalisé par un prodige argentin sauveur du peuple catalan…donnent à réfléchir, car tous ces faits attestent qu’il n’y a jamais de victoires assurées. On appelle cela " la glorieuse incertitude du sport ". Reste à savoir si ça s’applique à la politique. Pour l’instant, il ne me semble pas, car les sondages fournissent chaque jour une cote affichée comme certaine. Il faudra donc attendre la… dernière semaine pour vivre dans le doute sur le résultat. Et encore, on trouvera bien dans quelques pays voisins, grâce à internet, le moyen de prévoir les cinq dernières minutes. Les plus belles pour ceux qui gagnent et les plus tragiques pour ceux qui perdent. Mais dans le fond, l’essentiel demeure que nous puissions y participer.
Mais je déblogue… 
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C
Pas de foot ni de rugby ... Simplement un jour une date  et un peu de musique .... Et biensûr un lieu .   Aprés les mots de JMD j\\\'ai pensé qu\\\'il fallait vous  indiquer  que le samedi 14 avril à 20 heures le cercle ouvrier de St Symphorien accueillera le groupe bordelais Bordelune . Ca vaut le détour par le sud gironde pour un moment de détente a huit jours de la présidentielle!!!!
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