Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

LA FRANCE D'APRES CE N'EST PAS CHINOIS

Valérie Boukobza, la directrice de l'école maternelle Rampal à Paris, longuement gardée à vue vendredi, raconte dans une lettre qu'elle est accusée d'avoir traité de "connard" un policier après l'interpellation d'un parent d'élève sans papiers devant son école, ce qu'elle réfute catégoriquement.
Cette lettre, écrite après sa garde à vue et intitulée "des nouvelles et des remerciements", a été affichée, hier sur le mur d'une des quatre écoles du groupe scolaire Rampal-Lassalle, rue du général Lassalle (XIXe arrondissement).
Au cours de sa garde à vue, ajoute-t-elle dans cette lettre signée de sa main, la directrice a été confrontée à "cinq policiers ayant mis en cause" son attitude lors de violents incidents mardi, liés à l'interpellation d'un grand-père chinois venus chercher ses deux petits-enfants à la sortie de son école, rue Rampal. Cette affaire, qui paraît totalement anodine, pose un problème de fond.
Une garde à vue, pour un fonctionnaire, n’a jamais rien d’innocent et surtout représente un acte vexatoire dont l’impact psychologique n’est pas négligeable. Cette femme, surtout écœurée par l’utilisation probable du fichier constitué durant l’été 2006 lors de la régularisation partielle, méritait probablement ce placement en garde à vue puisqu’elle aurait, selon les accusations de… 5 policiers mobilisés pour la maîtriser, accompli des actes d’une gravité exceptionnelle.
Valérie Boukobza est en effet soupçonnée d'avoir frappé de… nombreuses fois, contre la vitre d'une voiture de police, et d'avoir agressé… verbalement un policier, avec une intervention du type 'libérez-le, libérez-le, c'est un grand-père espèce de connard, on voit bien que tu n'as pas d'enfant toi ". Vous imaginez un instant une directrice d’école pacifique être embarquée manu militari pour avoir simplement tenté de raisonner ces acteurs de l’enlèvement calculé d’un paisible grand-père devant un établissement scolaire, lieu où l’on doit former à la liberté, à l’égalité et à la fraternité. Si tous les fonctionnaires traités de " connards " obtenaient le placement en garde à vue des auteurs de ces paroles, chaque jour, les commissariats ne désempliraient pas. Un seul mot de colère et c’est la garde à vue !

DERISOIRE OU DRAMATIQUE
Soyez rassuré(e), si c'était un enseignant qu’un policier parent d’élève avait traité de " connasse ", les forces de l’ordre se seraient déplacées en force et seraient immédiatement intervenues pour le placer dans une cellule au poste. Et encore, Valérie Boukobza conteste même avoir prononcé cette injure de droit commun, que le policier concerné a entendu dans son véhicule dont… les vitres étaient fermées. Soyez rassuré(e) quand, dans une banlieue, des quolibets et des cailloux fusent, les fonctionnaires n’hésitent pas un instant à embarquer les auteurs de ces faits pour les placer en garde en vue. Même quand un élu local, officier de police judiciaire, va porter plainte pour avoir été insulté dans la rue, il y a illico une réaction du Procureur de la République. Absurde. Jamais personne n’a obtenu une réaction aussi éclatante.
Cette arrestation, sur la voie publique, d’une enseignante reconnue comme non-violente, selon une procédure de flagrant délit, a un goût de dérisoire ou de dramatique. Dérisoire car c’est une caricature du comportement de policiers mécontents d’avoir rencontré une opposition lors d’une opération sans risques. Dramatique car c’est l’illustration de ce que peut produire le syndrome de l’immigration, jointe à l’identité nationale, une catastrophe pour la citoyenneté. En fait une analyse simple convaincra les hésitants que nous vivons dans une société à plusieurs vitesses, faisant que la loi ne s’applique que selon le bon vouloir de ceux qui l’ont en charge. Le grand-père chinois et la directrice d’école n’appartiennent pas aux références sarkozistes et donc policières. Tous deux sont des ennemis de l’opinion dominante.
Je suis de ceux qui ne cessent de répéter que, dans le contexte actuel, n’importe quel citoyen peut sombrer pour une faute prévue par les textes et règlements. Et il y a fort à parier que la pression ne s’arrêtera pas tant que l’opinion dominante considèrera que les règles sont faites pour les autres, et jamais pour soi.

REQUISITIONS POUR CONTROLES D’IDENTITE
La réaction du Parquet de Paris est à cet égard sans ambiguïté. Selon le procureur adjoint, l'opération de mardi ne visait pas l'école, mais s'effectuait dans le cadre juridique de "réquisitions de contrôle d'identité" sur un secteur assez large du XIXe arrondissement, dans le but de rechercher notamment des infractions au séjour sur le territoire.
Les policiers seraient donc arrivés… par hasard dans le bar où le Chinois de 57 ans, sous le coup d'un arrêté d'expulsion, attendait la sortie de son petit-fils de l'école, en jouant aux dominos. Un dangereux malfaiteur que l’on va, au hasard, chercher dans un café ! "Ce sont des réquisitions usuelles contre la délinquance de voie publique", a dit le procureur, qui souligne que le Chinois a été arrêté à 17 h10, bien avant la sortie de l'école.
Les échauffourées qui ont suivi ont vu la dégradation d'un véhicule de police (la directrice aurait violemment frappé les vitres du véhicule) et un policier a reçu un détergent qui l'a brûlé au visage. Les policiers affirment que la directrice de l'école a injurié les policiers, ce qu'elle nie, mais elle n’est pas crue. Un policier a fait usage de gaz lacrymogène, mais assure ne pas avoir touché d'enfants, mais il est cru ! En fait, pour connaître la vérité sur les motivations des forces de l’ordre, sur leurs informations et sur leur comportement, il faudra une enquête interne, qui se traduira par un non lieu. Pour savoir ce qui s’est réellement passé, dans une manifestation filmée et dont les images sont disponibles sur Internet, ce sera beaucoup plus facile (1).
On peut y constater le déroulement des faits suivant  : le mardi 20 mars , la veille de l’annonce du départ de Nicolas Sarkozy du Ministère de l’intérieur, à la sortie de l’école, des parents d’élèves et des enfants ont assisté à l’arrestation musclée d’un grand-père d’origine chinoise, suite à un contrôle d’identité dans un café qui jouxte quatre écoles, à l’angle des rues Rampal et du Général Lasalle. Cette personne, qui s’apprêtait à aller chercher l’un de ses petits-enfants dans une autre école, située impasse Piver (11°), a été arrêtée par un grand nombre de policiers, accompagnés d’un chien.
Alors qu’il n’opposait aucune résistance, il a été menotté et jeté violemment dans une des trois voitures qui bloquaient le carrefour. Cette arrestation spectaculaire et musclée, survenue sous le regard des enfants, a entraîné l’indignation des parents rassemblés devant l’école Rampal.

UNE BAVURE NON ASSUMEE
Face à cette protestation, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à brandir leurs matraques et auraient répandu massivement des gaz lacrymogènes. Les enfants qui sortaient des écoles n’ont pas été épargnés par les gaz, entraînant toux et brûlures, selon des témoins. Parents, enfants et enseignants ont dû se réfugier dans les écoles maternelles et primaires ouvertes par les enseignants, en attendant la dissipation des gaz. Le reste n’est qu’excuse officielle pour une bavure non assumée. D’ailleurs quand on sait que le grand-père en cause a été relâché mercredi, et que la directrice a passé 7 heures au commissariat, il faut bien convenir que la montagne policière a accouché d’une souris judiciaire. Le seul problème, c’est qu’elle a fait augmenter les statistiques de la délinquance, qu’elle démontre qu’il y a les apparences des consignes du Ministère de l’Intérieur et la réalité du terrain, que la justice et la police travaillent en mauvaise intelligence. Secrètement, on avait mis en place, à partir des renseignements puisés dans les dossiers des sans papiers qui ont honnêtement fourni leurs noms et leurs adresses pour obtenir de demeurer sur le territoire français, une sorte de capture homéopathique des parents indésirables. Les enfants servent d’appâts. Ce fait en est l’illustration parfaite.
Conséquence de cet acte de bravoure policière : Valérie Boukobza a été mise en examen pour " outrage " et si elle est condamnée elle risque de perdre son emploi puisqu’un fonctionnaire doit avoir un casier judiciaire vierge de toute condamnation pénale. Le grand-père chinois restera chez lui et n’ira plus chercher la progéniture de la famille à la sortie de l’école. " La France d’après " de Sarkozy se profile dans ces opérations, qui donnent un relief particulier à ses déclarations de principe. Les médias oublieront vite la directrice d’une école maternelle parisienne qui aurait eu un comportement hystérique et outrageant, et le papi entrera dans la clandestinité.
Georges Brassens doit se retourner dans sa tombe et demander que sa " Chanson pour l’Auvergnat remplace, dans les meetings, La Marseillaise, car elle a une valeur beaucoup plus conforme avec les réalités sociales. Je propose concrètement que tous les professeurs des écoles de France la fassent symboliquement apprendre aux élèves. Ils chanteraient ensuite leur réprobation concrète vis à vis de comportements pour le moins critiquables. Ça aurait de la gueule comme forme de protestation. Surtout quand on arriverait à :
…Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger qui sans façon
D'un air malheureux m'as souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris
Toi qui n'as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener …
Ça vaudrait toutes les formes de résistance physique. Mais qui donnera un tel mot d’ordre ? Une personnalité de gauche ? Chiche !
Mais je déblogue…
 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
@ Jacques<br /> De retour ?<br /> Tu as raison, si cette directrice d'école avait "caillassé", elle aurait été écartée tout de suite...<br /> Elle a juste protégé les enfants et les parents ! Il ne faut pas écouter Candide qui est d'une mauvaise foi chronique ! Ca fait ça quand on soutient Sarkozy ! ;-)
Répondre
J
Oui ou non, cette "directrice d'école" a-t-elle caillassé la voiture des flics? On doit pouvoir le vérifier!Si oui, comment se fait-il qu'elle n'est pas IMMEDIATEMENT relevée de ses fonctions, à titre conservatoire en attendant que le conseil de discipline ne statue sur sa révocation définitive de l'Education Nationale?Si non, qu'a-t-elle fait exactement?
Répondre
E
Non Candide, tu ne restes pas courtois, tu es insultant par ta pensée que je trouve très "sale" ! d'ailleurs, je vais te faire de la pub : Allez voir sur le blog de Candide ce qu'il est capable d'écrire et surtout, prenez bien soin de mettre une bassine à côté de vous !<br /> Pourquoi as-tu besoin de salir cette enseignante ! Il paraît qu'il y a des "trolls" qui circulent sur les blogs. Leur but est de provoquer les autres ! En es-tu un ?<br /> Tu te considères comme un "électron libre" ! Foutaise ! Tes propos n'ont rien de bien nouveau !
Répondre
C
J'ignore qui est cet E.M., qui pratique l'invective - je reste courtois - mais ces commentaires ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Est ce le rôle d'une directrice d'école de caillasser des voitures de flic ? Aucun gamin n'était menacé dans cette affaire, le laisser coire relève de la manipulation.  Et ce n'est pas parce que les pros  de l'agitation se déchaînent que la réalité s'écrira différemment.Quant aux sans papiers ils valent mieux que la bordée d'insultes que je lis  sur mon compte.
Répondre
E
Candide doit être un Troll !
Répondre