Un vent d’euphorie souffle sur notre pays. Pour peu que le soleil veuille montrer le bout de ses rayons et tout sera pour le meilleur dans le meilleur des mondes possibles. Nicolas Sarkozy a prévenu hier ses ministres soit disant médusés en leur disant quelque chose comme: " et à la rentrée ce sera encore plus fort. Vous n’avez rien vu ! ". Il leur a gâché les vacances et toutes et tous sont partis honteux vers des villas, des yachts ou des résidences secondaires avec la peur au ventre. Heureusement que cet effet d’annonce na pas parcouru les Jités car il aurait réveillé les adeptes de la sieste au camping des flots bleus. Et pourtant il a raison notre Président de la République : ce sera encore plus fort à la rentrée ! Pas nécessairement sur les points que l’on attend.
En effet au moment même où le gouvernement se met aux abonnés absents après avoir promis un redressement spectaculaire de la situation économique, tous les voyants clignotent au rouge… L’opinion dominante masque la globalité des catastrophes qui s’annoncent mais que bien évidemment on se garde de médiatiser car elles ne sont pas "porteuses" pendant les vacances.
La rentrée sera placée sous le signe d’une crise mondiale de l’énergie. La situation extrêmement tendue n’est dissimulée que parce que l’Euro reste à son plus haut niveau de change face au dollar. Une situation extrêmement pénalisante pour nos exportations mais intéressante pour l’achat de pétrole et de gaz… Alors, dans l’immédiat, on se voile la face alors que la tension grimpe chaque jour un peu plus. D’abord parce que la crise de l’approvisionnement va s’accentuer. Ensuite la facture va devenir tellement forte que les ménages les plus modestes isolés loin de leur lieu de travail et obligés d’utiliser leur automobile quotidiennement vont rapidement sombrer dans la précarité financière. Enfin la tension mondiale va monter d’un cran et les conflits économico-politiques vont décupler autour des ressources encore potentiellement intéressantes.
Hier par exemple personne n’a véritablement analysé une dépêche annonçant que Gazprom qu'il réduirait de 45% sa fourniture de gaz naturel au Belarus à compter du 3 août, Minsk n'ayant pas réglé sa facture. Le monopole russe contrôlé par l'Etat a assuré qu'il ferait en sorte que cette mesure n'ait pas de répercussions sur les livraisons à l'Europe. La réalité c’est que les pays émergeants de l’Europe de l’Est en situation de précarité absolue sur le plan financier ne peuvent pas, faute d’une monnaie forte, payer leurs besoins énergétique. L’hiver qui arrivera n’arrangera pas la situation de ces ex-satellites soviétiques secoués par des soubresauts réguliers autour du pouvoir or tout l’approvisionnement de l’Europe de l’ouest passe par leur territoire !
DES DETTES EMBARRASSANTES
Moscou, qui avait brièvement coupé le gaz à l'Ukraine en 2006 et menacé de faire de même au Belarus à la fin de l'année, se défend d'utiliser l'arme énergétique pour empêcher les anciennes républiques soviétiques de se tourner vers l'Occident. Le Kremlin met en avant le manque à gagner que représente la vente de gaz à des tarifs sans rapport avec les prix du marché, souvenir d'une époque révolue.
Gazprom avait donné jusqu'au 23 juillet à son voisin bélarusse pour régulariser sa situation. Le Premier ministre bélarusse Sergueï Sidorski s'est rendu à Moscou lundi pour discuter avec son homologue russe Mikhaïl Fradkov des termes d'un prêt que la Russie consentirait à
Minsk pour payer son gaz. Aucun accord n'a été conclu. " Le Belarus prépare sa proposition à Gazprom afin de régler cette situation ", a affirmé hier Andreï Joukov, conseiller auprès du ministre bélarusse de l'Energie. Par exemple ce pays totalement inconnu du grand public occidental a accepté de vendre la moitié de sa société nationale de gazoducs Beltransgaz à Gazprom pour 2,5 milliards de dollars (1,83 milliard d'€). Le monopole gazier russe a versé 625 millions de dollars à ce jour mais la somme a été transférée au ministère bélarusse des Finances plutôt que de… servir au remboursement des impayés. Or désormais les caisses sont vides et la dette demeure. Un incident identique s'était produit à la toute fin de l'année dernière mais quelques minutes avant le Nouvel An, Minsk avait accepté de payer 100 dollars des 1.000 m3 de gaz au lieu de 47 dollars jusque-là. Finalement, il avait été convenu pour atténuer l'impact sur l'économie bélarusse, qui dépend fortement de l'énergie russe à bon marché, que Minsk paierait 55 dollars des 1.000 m3 pour le premier semestre 2007 et que le reste, soit près de 500 millions de dollars, serait versé d'ici au 23 juillet. On en est loin de la tenue de l’engagement et on sait même déjà qu’il ne sera pas tenu ! Le gazoduc sera donc menacé.
LES COURS FLAMBENT
L'Europe avait fait pression sur Moscou en faveur d'un règlement à l'amiable, échaudée par la suspension de la fourniture de gaz à l'Ukraine en 2006, qui avait brièvement perturbé les livraisons à l'Europe, un important gazoduc traversant le territoire ukrainien. L'incident avait mis en évidence la dépendance de l'Union européenne envers Gazprom, qui assure un quart de la consommation de gaz du bloc.
Le géant russe a voulu rassurer ses clients européens mercredi au sujet du gazoduc qui transporte environ 20% des exportations de gaz russe à destination de l'Allemagne, la Pologne, la Lituanie et l'Ukraine ainsi que l'enclave russe de Kaliningrad. " Gazprom prendra toutes les mesures possibles en ce qui concerne le transport du gaz russe sur le territoire du Belarus, dans le respect entier de ses obligations envers les clients européens ", assurait-on dans un communiqué. Un porte-parole de l'Union Européenne, Martin Selmayr, a appelé " les deux parties à résoudre le différend sans retard ", tandis que le ministre polonais de l'Economie, Piotr Wozniak, s'inquiétait: " Nous ne pouvons pas accepter que nos livraisons puissent souffrir d'un différend entre Gazprom et le Belarus ", a-t-il estimé. En attendant le prix du gaz a monté et la facture pèsera lourdement, c’est une certitude sur les budgets français dans les prochaines semaines. Et ce d’autant que les cours du pétrole ont inscrit un nouveau record historique sur le marché américain après l'annonce d'une baisse plus forte qu'attendu des stocks de brut aux Etats-Unis.
Le contrat pris à l’avance pour septembre sur le brut léger américain, principale référence du marché, est monté à 78,77 dollars le baril et ne cessait de grimper. Tôt ou tard la vigueur de l’euro ne suffira plus à estomper cette démesure dans le coût de la principale source énergétique fossile de la planète. Et même s’il libère encore tous les otages de la terre, Nicolas Sarkozy ne parviendra pas à tisser des accords secrets avec tous les pays producteurs de pétrole ou de gaz. Vous verrez que de toutes les manières votre compte en banque, pour celles et ceux, qui en ont un, prendra de plein fouet début 2008 cette situation incontournable. Le gouvernement devra revoir ses prévisions de croissance à la baisse.
ENCORE 20 ANS AU MAXIMUM
Le pic de production pétrolière mondiale va se produire probablement dans moins de 10 ans et certainement dans moins de 20 ans. Les pics continentaux de production gazière aussi mais personne n’anticipe cette réalité incontestable. L’ampleur des problèmes posés par ces évènements constitue un cas unique dans l’histoire de l’humanité car aucune société n’a résisté à ce jour à une pénurie progressive de ce qui constitue son produit de référence. Il s’agirait donc de mettre très vite en place, nonobstant les inévitables querelles locales, une gestion des risques impliquant le principe de précaution car l’anticipation sera dans tous les cas moins coûteuse que le traitement curatif de la crise que, dans le fond, on est incapable réellement de prévoir.
Les pics de production pétrolière et gazière vont provoquer une dérive monstrueuse de la loi du marché en provoquant une spéculation historique au dépend des acheteurs si le marché reste libre et dérégulé comme c’est le cas actuellement. Et on n’a encore rien vu. Le pire est à venir. Le problème concerne prioritairement les combustibles liquides mais nécessite une stratégie impliquant toutes les sources d’énergie car il n’y aura pas de miracle dans tous les autres secteurs. Il faut aussi très vite une information qui ne cache pas la vérité et les risques encourus afin de faire adhérer la population aux décisions requises et même si Sarkozy se met au vélo ou au jogging rien ne permet de croire que l’avenir le préoccupe véritablement. Les Solutions durables sont liées avec celles concernant le réchauffement climatique a la seule différence que la question énergétique est dépendante à 100% du facteur humain. L’offre et la demande nécessitent toutes deux une action déterminée et planifiée à tous les échelons de collectivité : Etat, Région, Département, Commune… mais rien ne remplacera l’intervention des gouvernements est nécessaire et déterminante car la loi du marché conduit à une inégalité croissante de l’accès à la ressource vitale que constitue l’énergie. Vous le constaterez dans quelques semaines !
Le plan d’action relève du salut public et non de l’intérêt privé. L’anticipation stratégique et politique est la seule approche visant compenser les effets des Pics pétroliers et gaziers mais elle n’intéresse pas grand monde. Etalement urbain à des distances de élus en plus lointaines par rapport au lieu de travail, isolement en milieu rural sans services, dépenses énergétiques croissantes aux USA et en Chine, refus permanent des solutions alternatives avec actions de contestations de toutes initiatives… les sujets concrets ne manquent pas mais ils ne seront pas très populaire. Mais même Sarkozy risque bien de manquer d'énergie rapidement !
Mais je déblogue…