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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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UNE ALLERGIE MEDIATIQUE REPULSIVE AIGUE

 

Il existe des formes d’intoxication diverses dont on ne mesure l’impact que lorsque l’on se trouve en état de manque, ou pire, quand les effets secondaires deviennent très prégnants. Tous les spécialistes vous le diront, dans un cas comme dans l’autre, les dégâts psychologiques peuvent être très graves et provoquer des réactions violentes. On sait, par exemple, que le sevrage n’est pas la démarche la plus facile, car elle conduit à un stress permanent. Celles et ceux qui décident d’arrêter de fumer connaissent cette détresse qui pousse parfois à des gestes d’énervement déplacés. Elle vient de frapper de manière très prévisible un intoxiqué plus célèbre que les autres : Nicolas Sarkozy !
Ce paisible vacancier ayant fui son redoutable quotidien pour rejoindre une bande de copains dans un gîte de groupe au bord d’un lac, espérait probablement, comme tous les gens ordinaires accablés par les contraintes de leur boulot, ressentir les effets de la fracture. Les vedettes ont toutes, à un moment ou à un autre, éprouvé ce terrible affrontement entre ce que l’on a tellement souhaité et ce que l’on finit par vouloir fuir, quand il ne vous est plus favorable. Heureusement que les " Jités " n’ont pas parlé hier soir de cette faiblesse brutale affectant celui auquel les Françaises et les Français ont pourtant confié leur destin. Lui, si sûr de lui, si présent, tellement empressé à utiliser du système médiatique, a cru qu’il arriverait à vivre sans sa dose quotidienne de caméras dociles en tous genres. Il avait imaginé se désintoxiquer durant un laps de temps suffisamment long de cette véritable drogue portée par l’omniprésence médiatique. En fait, il avait sous-estimé l’appétit permanent dont font preuve certains fauves du journalisme. En les " nourrissant " de morceaux choisis, et en jouant à les leur dissimuler pour éviter qu’ils n’aillent trop loin dans leur dégustation, Nicolas Sarkozy s’est lui même placé en fâcheuse posture. Il n’a pas envisagé que d’autres que lui aient besoin de leur dose de notoriété donnée par des journaux, des radios et des télévisions complaisantes. Il a pensé que la distance lui permettrait d’échapper aux conséquences de son expédition à Tripoli.
Seulement, le fils de Kadhafi, visiblement aussi mégalo que son père, a oublié de tenir sa langue et ne cesse d’alimenter une polémique dont se serait bien passé celui qui découvre que les secrets ne durent pas davantage que les roses dans le désert libyen. En fait, hier, ce jeune homme bien sous tous rapports, car représentant " d’un pays en voie de démocratisation " a tout déballé. De quoi rendre nerveux et irascible celui qui se croyait à l’abri de révélations cruelles, dans Newsweek, au moment même où Nicolas Sarkozy est à portée de la presse américaine.
UN JEU IMMORAL
Le fils du président libyen, Seif el-Islam Kadhafi, a affirmé à l'hebdomadaire américain que l'affaire des infirmières bulgares a été un "chantage", mais que les Européens ont aussi fait chanter les Libyens et ont " payé le prix " d'un " jeu immoral ". Et il s’y connaît en la matière ! Il indique aussi, dans l'édition internationale de l'hebdomadaire datée du 13 août, qu'un engagement de Paris dans le secteur de la santé en Libye se chiffre à des " centaines de millions d'€ " et qu'un projet de fourniture d'un réacteur nucléaire porterait sur des " milliards ". C’est pas bon du tout pour le moral des Françaises et des Français, qui voient leurs hôpitaux ramer en période estivale et au moment de la création de la franchise médicale pour payer la recherche.
Le bavard ajoute en effet qu'il en coûtera aux contribuables hexagonaux " pas moins de 300 millions d'€ pour l'hôpital de Benghazi ", pour rénover l'établissement libyen. Paris n'avait jamais donné le moindre chiffre sur le coût des travaux. Paris et Tripoli ont aussi signé, si l’on en croit les précisions fournies par Seif el-Islam Kadhafi, un projet d'accord sur une centrale nucléaire destinée à dessaler l'eau de mer ce qui nécessitera " un très gros et très onéreux " réacteur. Avouez qu’il y a de quoi gâcher vos vacances et  vous rendre furax vis à vis de ces médias qui, en France, utilisent beaucoup plus d’euphémismes, ou qui savent surtout se taire. Quand on tente de cocufier le monde, celui ci finit par se révolter.
Et il est certain que l’accoutumance sarkoziste pour les effets d’annonce ne va pas faciliter la cure de silence qu’il était censé s’imposer. D’ailleurs, il est vite sorti de sa cure pour aller devant micros et caméras répéter qu’il n’y avait eu aucune contre partie à la libération des otages bulgares et se faire clouer le bec par Newsweek quelques heures plus tard ! Ah ! Pourquoi ne pas être allé au Fort de Brégançon… et à la messe dominicale comme le faisaient avec tellement de talent Jacques et Bernadette ? Il a eu beau clamer avoir droit à des vacances familiales paisibles, il n’a pas été écouté par ces Américains, peu respectueux des convenances !
ALLERGIE MEDIATIQUE BRUTALE ET AIGUE
Est-ce cette déconvenue et quelques questions sur ses vacances dans " l’Amérique profonde " ou une crise de développement trop rapide de l’ego qui ont provoqué hier une brutale allergie médiatique répulsive ? On ne le sait pas véritablement. En tous cas, Nicolas Sarkozy a eu une poussée très forte d’agressivité, en constatant que les objectifs indiscrets traquaient encore un éventuel mensonge. L’habitude étant mauvaise conseillère et les tranquillisants habituels absents, il n’a pas supporté que des reporters débusquent Rachida Dati, Ministre de la justice d’un pays démocratique, tapie au fond d’un bateau.
Elle a en effet été photographiée par l'Associated Press sur un bateau, en compagnie du couple Sarkozy, sur leur lieu de vacances, alors qu’elle avait annoncé prendre du repos sur la côte méditerranéenne pour respecter les consignes présidentielles sur les possibilités de retour rapide des Ministres à Paris en cas de difficultés. Cette fois, les appareils photos n’étaient pas les bienvenus, car ils ne représentaient ni Voici, ni Gala, ni VSD, ni Paris Match, ni le Figaro Magazine dont le nouveau directeur de la rédaction, Etienne Mougeotte n’aurait pas toléré pareille incongruité ! Lorsqu'il a vu le photographe de l'Associated Press Jim Cole et celui de Sipa Vince DeWitt, Nicolas Sarkozy les a pointés du doigt et son bateau a commencé à voguer vers eux, selon Jim Cole. Une fois côte à côte, Sarkozy, portant son seul maillot de bain, a sauté à bord du bateau des deux photographes et a commencé à les invectiver en français (il n’a pas, comme bien des Français, l’Anglais facile). Il a retrouvé son calme après la promesse faite par Cole et DeWitt d'arrêter de prendre des photos. Le président français est remonté à bord de son bateau et a repris sa course sur le lac, suivi par un bateau transportant des agents du Secret Service, le service américain chargé de la protection des personnalités. La crise était terminée, mais les clichés étaient en magasin… Et cette fois, sans contre partie ! D’ici à ce qu’il faille s’engager dans la guerre en Irak pour récupérer les " otages français de Wolfeboro ", station maudite du New Hampshire... Il est vrai qu’une image de la Ministre de la Justice, prise en flagrant délit de mensonge, ce n’est pas tellement vendeur pour la France !
LA FRUSTRATION MENACE
Avouez que ce fut une journée estivale catastrophique pour celui qui a tellement l’habitude de compter sur les médias, plus que de les combattre. D’autant que l’on commence à mettre en doute l’angélisme de ses propos dominicaux sur les conditions de ses vacances : " Je suis venu à Wolfeboro parce que j'ai des amis qui viennent depuis des années et qui m'ont dit que c'était l'Amérique profonde, l'Amérique que l'on aime avec des forêts, des lacs, de la tranquillité. Ils y viennent depuis des années, ils ont loué une maison, ils nous ont invités, point". Il n'avait toutefois pas révélé l'identité de ces amis, comme après le repas au Fouquet’s et la mise à disposition d'un  yacht par ce brave M. Bolloré. Il semble que le second séjour donne lieu aux mêmes spéculations que le premier, puisque certains journalistes ont identifié Frédéric Otto, directeur général de la banque privée Edmond de Rothschild Luxembourg, comme pouvant être le généreux contributeur aux vacances présidentielles et ministérielles. On ne tardera pas, de toutes les manières, à le savoir via le Canard Enchainé, car pour les autres médias, on se contentera de vous assurer que ce n’est pas avec les pièces jaunes de l’Elysée !
La journée a pris encore une tournure plus terrible quand est parvenu le rappel vers Dieu du cardinal Jean-Marie Lustiger, qui a été archevêque de Paris pendant 24 ans, et est décédé à l'âge de 80 ans. Quelle idée a eu cet homme respectable de décéder en pleines vacances présidentielles, empêchant ainsi Nicolas Sarkozy d’assister à ses obsèques ? Serrault avait fait déjà le pitre en partant en son absence, c’est déjà beaucoup. Un manège s’effondre, et il ne peut pas aller sur place : c’est trop ! Quelle frustration. Il ne manquerait plus que l’été se mette à virer à la canicule pour que la catastrophe menace !Août (on se demanee bien pourquoi ce jour là ?) de 1,1 % ; que l’allocation de rentrée augmentera de… 4,56 € par rapport à l’an passé ; que la baguette de pain va prendre (ou a pris) de 5 à 7 % de plus ; que les fruits, les légumes s’envolent ; que le groupe Unilever ayant fait des profits faramineux annonce " 20.000 licenciements "… et que près de douze millions de Français ne partiront pas en vacances cet été, soit près d'un foyer sur cinq…faute de moyens financers suffisants. Tous ces gens seront certainement ravis d’apprendre que leur Président sera prochainement reçu par le Président Bush. Flatteur pour un homme qui n’aime pas les appareils photographiques et les caméras sur ses lieux de vacances. Ils parleront de la Libye ! Et la côte de popularité de Nicolas Sarkozy dans le JDD fera un bond de + 5 points !
Mais je déblogue….
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E
Excellent de lucidité !<br /> Lui qui parlait de "rupture" pendant la campagne...<br /> Rien de nouveau sous le soleil ! Les "puissants" de notre monde continuent de se foutre de nos gueules et en plus, avec notre "bénédiction" ! Ne serait ce pas du masochisme ?!!?
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