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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LES PRETENDANTS A L'OUVERTURE

C’est désormais une belle douzaine de personnalités diverses de gauche qui a rejoint avec plus ou moins d’éclat les initiatives prises personnellement par Nicolas Sarkozy. Cette attitude soulève bien des polémiques. Surtout parmi les militants, très inquiets de cette réaction à une proposition qui paraît, pour beaucoup, comme un débauchage des plus médiatiques figures socialistes.
Il est extrêmement difficile de mettre tous les " ralliements " sur la même ligne, car ils n’ont objectivement pas une signification identique. J’avoue que parfois les confusions ne sont pas totalement innocentes, et au risque de choquer, je ne partage pas nécessairement tous les anathèmes prononcés. En effet, il y a une nette différence entre la participation à un gouvernement, organe de décision, et une commission lambda organe de discussion.
L’omniprésence sarkoziste met tous ceux qui ont accepté un maroquin dans l’obligation de mettre en œuvre la politique décidée par celui qu’ils ont combattu, alors que les autres peuvent se contenter d’être minoritaires et donc rendre leur participation totalement inutile.
Le seul reproche que l’on pourra faire à Jack Lang, Jacques Attali, Hubert Védrine, Olivier Schrameck, c’est qu’ils puissent uniquement servir de caution s’ils ne savent pas affirmer leur différence. Mais à aucun moment ils n’auront à exécuter un " ordre " de celui qui les a invités à participer, alors que leurs homologues, attributaires d’un poste dans l’équipe Sarkozy, doivent réfléchir à la fameuse formule de Jean Pierre Chevènement : " un ministre, ça ferme sa gueule, ou ça démissionne ".
Bernard Kouchner, Pierre Jouyet, Eric Besson, ne sont pas des novices, et savent bien qu’il leur faudra avaler des couleuvres. Le " French doctor " a déjà eu sa dose, mais il est resté fidèle au poste. Les autres suivront. Quant à Fadela Amara, elle a au moins comme excuse de ne pas savoir ce qu’il lui faudra supporter, comme les " Jupettes " qui furent virées sans autre cérémonie qu’une annonce de remaniement sur le perron de l’Elysée ! Elle aura sûrement parfois du mal à se regarder dans la glace, quand Brice Hortefeux, vantera les mérites d’une politique totalement contradictoire avec celle qu’elle a défendu durant des années. A moins qu’elle s’achète des boules Kiés, qui demeurent le meilleur moyen de ne pas avoir d’état d’âme.
ATTENDRE LE TERME DU CONTRAT
Les " sélectionnés ", pour réfléchir sur un sujet qui préoccupe le Président de la République ne sont pas, évidemment, dans la même situation. Pour eux, le jugement à porter sur leur attitude personnelle tombera quand on arrivera au terme du contrat signé avec Sarkozy. A tous les échelons de la société, il faut admettre que toutes les tendances soient présentes dans un groupe ayant en charge une réflexion collective. Le principe même de la concertation repose sur le choix préalable de la diversité. Je ne suis donc pas de ceux qui font un procès en sorcellerie à des gens qui sont désignés pour réfléchir, et a priori je leur fais confiance pour leur volonté de rester fidèles à leurs idées.
Par contre, à l’arrivée, il faudra savoir si leur " caution " valait pareil appui médiatique à une démarche. Je siège dans des commissions ou groupes de travail départementaux au titre de délégué des élus socialistes et républicains, aux côtés de collègues élus de l’UMP ou de l’UDF, de responsables associatifs beaucoup plus à gauche que moi, de patrons, de syndicalistes… sans que jamais je puisse être suspecté de partager les convictions de celui qui préside. Si l’on prend, par exemple, le comité départemental ayant eu en charge le schéma départemental des déchets, il y avait des dizaines de personnes de tous les horizons qui avaient accepté de dialoguer sur un sujet fondamental, à l’invitation du Président socialiste du conseil général Philippe Madrelle. Le plan a été adopté à l’unanimité sans que l’on puisse accuser les uns ou les autres de " connivence " avec l’ennemi ! Il est vrai que les élus de droite n’ont pas posé de gros problèmes, car ils ont souvent oublié de siéger. Il en est de même pour la commission départementale de l’accueil de la petite enfance, dans laquelle la même diversité est garantie.
La seule différence, c’est que les élus présents étaient proposés soit par l’Association des Maires de Gironde, avec l’accord des partis politiques, qui choisissent librement leurs représentants, alors que dans le cas de Jacques Attali, Jack Lang, Hubert Védrine, Michel Rocard, Olivier Schrameck, ils n’ont jamais sollicité l’avis de leur parti pour se rendre à l’invitation du Président. Ils ne peuvent donc pas prétendre porter d’autres arguments que les leurs, et donc forcément à un moment ou un autre se retrouver en contradiction avec les concepts de leur parti d’origine. Et c’est probablement le reproche que l’on peut leur faire : ils ne peuvent pas, à la fois, porter les positions globales " socialistes " et expliquer qu’il ne représentent qu’eux-mêmes, car c’est la négation absolue du système politique des partis. En avouant qu’ils ont fait un choix personnel, ils " tuent " le principe de solidarité, sans lequel il ne peut y avoir une issue favorable à la refondation du PS. On verra pourtant, à l’usage, si la sincérité ne s’use que si l’on s’en sert.
TENDANCE A TOUT MELANGER
Paradoxalement, tous affichent le même argument. A quarante-huit heures de l’ouverture de l’université d’été du PS, à La Rochelle, le coup décoché par Michel Rocard est rude pour les socialistes. "C’est parce que je suis ­socialiste qu’on me l’a demandé, et parce que je le reste que j’accepte", a assuré pourtant Rocard, qui, à La Rochelle, devait participer à un débat sur le thème "Où en est la gauche ?". "Il a donné la réponse, ironise un socialiste : à droite, avec la droite et pour la droite !" Or Rocard jure qu’il conserve son libre arbitre. Rappelant qu'en tant que Premier ministre, il avait lui-même " fait plein de choses de ce genre ", il a estimé qu'il doit y avoir actuellement " une cinquantaine d'organismes analogues à cette commission-là, où l'opposition est représentée ".  Michel Rocard récuse les éventuelles critiques que pourrait susciter sa présence à ce comité, en affirmant que " la France est un pays bavard et chahuteur où on a tendance à tout mélanger ". Il a précisé avoir accepté " il y a cinq ou six jours " cette proposition sans en avoir discuté avec les socialistes. " On va le faire sans doute à La Rochelle ", a-t-il lancé. Jacques Attali se défend lui aussi d'être une " caution " pour Nicolas Sarkozy et sa politique " d'ouverture ", disant vouloir " travailler pour le pays ".
A Jouy-en-Josas dans les Yvelines, le président de la République s’est d’ailleurs flatté de mieux exploiter les richesses humaines du Parti socialiste. Il a déclaré : " Au fond, peut-être que je suis celui qui sait le mieux exploiter les richesses humaines du Parti socialiste …/… Ils ont des gens très bien, ils ne les utilisent point. Dans une autre vie, je pourrai peut être faire directeur des ressources humaines ". Ce qui a beaucoup fait rire ses amis du Medef qui apprécient l’humour de Nicolas Sarkozy, et plus encore son cynisme ! Cette déclaration triomphale devrait pourtant réveiller de mauvais souvenirs chez bien des adeptes de l’ouverture. Les entrants dans les Ministères devraient constituer une… commission sur le sujet, avec comme président Michel Rocard. Il a de l’expérience en matière d’ouverture
PEU CONCLUANT A L’ARRIVEE
Michel Rocard avait en effet sur ordre présidentiel en 88 constitué un gouvernement en mettant en pratique l'ouverture. La constitution du gouvernement Mitterrand-Rocard-Durafour, comprenant plusieurs ministres transfuges de l'UDF, mettait le PS en état de choc. Cela d'autant plus qu'au cours de la campagne des élections législatives, François Mitterrand et Michel Rocard faisaient tout leur possible pour empêcher qu'une nouvelle fois une majorité PS-PCF soit élue à l'Assemblée Nationale. Ainsi, François Mitterrand déclarait le 21 mai 1988 : "Il n'est pas sain qu'une seul parti gouverne. Cela ne correspond pas à la réalité française. Une majorité absolue de députés, ça ne veut pas dire une majorité absolue des suffrages".
Dans le même temps, il faisait pression pour que le PS investisse un nombre significatif de candidats Radicaux de Gauche mais aussi "centristes", tel… Lionel Stoléru, ou encore sensés représenter la "société civile", tels… Bernard Kouchner (tiens donc déjà !) ou… Bernard Tapie (on sait ce qu’il est advenu). Dès le premier tour des élections législatives, les masses exprimaient leur rejet du gouvernement Mitterrand-­Rocard-Durafour en s'abstenant massivement. A l'issue du second tour, une majorité de députés du PS et du PCF était élue à l'Assemblée Nationale mais le PS n'obtenait pas, comme en 1981, la majorité absolue. La plupart des candidats représentants de l'ouverture n'étaient pas élus, certains ayant même été balayés dès le premier tour.
Après les élections, Michel Rocard remaniait son gouvernement en y intégrant sept ministres venus de l'UDF, dont Soisson, Durafour, Pelletier, Dorlhac, Rausch, de Baucée, Curien, Biasini… On sait ce qu’ils sont tous devenus et combien leur carrière politique fut brillante après leur passage dans des Ministères où ils ne réussirent jamais à s’imposer. Le problème, c’est qu’au sein du gouvernement, aucun des entrants de gauche n’a demandé au suffrage universel de confirmer ses choix, et que quasiment tous (sauf Eric Besson) ne sont jamais allés au combat sur le terrain. Au moins eux ne seront pas taxés de cumuler des mandats ou d’empêcher les quadras d’accéder aux responsabilités. Ils prennent leur place. Rien que leur place. Sans trop se soucier des conséquences de leur acte. Le meilleur moyen d’avoir la conscience tranquille.
Mais je déblogue…
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E
@ Jacques<br /> Non, je ne pense pas qu'ils soient plus nombreux ! En tout cas, à La Rochelle, les militants présents actifs semblaient être plutôt de gauche gauche !
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J
Mais, il faut les virer les militants de droite qui sont au PS! Et vite ... Evidemment, il faut compter avec le fait qu'ils sont plus nombreux que les militants de gauche! Ca complique un peu le plan tactique de la bataille ... 
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E
@ Jacques, dit Monsieur 0,94%<br /> La victoire à tout prix n'a aucune valeur ! D'ailleurs, à cause de ceux au PS qui raisonnent comme toi (oui, au PS, il y a plein de militants de droite, nous nous en sommes bien rendu compte à La Rochelle !) nous ne cessons de perdre !
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J
C'est bien, Eric! Continue comme ça ... Tu es sur la bonne voie! La gauche va rester dans l'opposition pour un bon moment. Ca tombe bien : il y a un immense chantier de réforme à conduire et il faut de la cohérence et de la continuité. Un quinquennat ne sera pas de trop ... Deux quinquennats seront probablement nécessaires ... Il faut donc laisser du champ libre à Sarko!
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E
@ Marie-ChristineC'est vrai que la fin n'est pas fausse...
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