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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA RENTREE DES RESIGNES

La rentrée scolaire est derrière nous. Elle a été l’une des plus paisibles qu’ait connu le pays depuis belle lurette : une véritable lune de miel entre un corps enseignant présumé hyper puissant et un gouvernement qui ne lui prédit que des jours qui déchantent. En effet, il semble que l’encéphalogramme soit plat et que les syndicats, après l’avoir analysé, ont préféré renvoyer à des jours encore plus mauvais une éventuelle mobilisation de celles et ceux qui affichent une résignation peu rassurante. Il en est même qui pense que les métastases du sarkozisme ont largement envahi une profession désabusée. Personne n’a véritablement pris conscience que le mal est beaucoup plus profond que ne le pensent les analystes mthumbnail-copie-3.jpgotivés de gauche. Un certain fatalisme s’est installé dans les salles de profs, et ce sera une véritable prouesse que de relancer une dynamique contestataire.
Leur Ministre met en œuvre méticuleusement la privatisation du système éducatif, dans l’indifférence générale. Bien évidemment, selon la technique actuelle de la droite, il ne vendra jamais globalement et frontalement ce programme de démantèlement, mais il appliquera des mesures apparemment différentes, mais allant cependant dans ce sens. René Monory avait soulevé l’indignation massive des institutrices et des instituteurs en proposant en 1986 la création des " maîtres directeurs "… Elle se profile de manière beaucoup plus pernicieuse, sans que le moindre remous agite les cour de récréation. Claude Allègre avait stupidement annoncé qu’il allait " dégraisser le mammouth ".
La grosse tête de Santini et le paisible Darcos veulent, " revaloriser la profession enseignante " en supprimant sur un an des milliers de postes ! Bayrou avait voulu s’attaquer à la loi Falloux sur le financement de l’enseignement privé, mettant des millions de gens dans les rues. Fillon refait une circulaire (pas de débat au Parlement avec ce subterfuge) pour obliger les communes à financer la disparition programmée de l’école publique. La carte scolaire disparaîtra au nom de la liberté qu’auront les parents de faire payer aux contribuables de leur commune de domicile leur choix de scolarité pour leur progéniture… La France d’en bas, n’imaginant pas un instant les conséquences financières de cette fausse bonne idée, va casquer en s’en prenant avec véhémence aux élus de proximité. La scolarisation des moins de 3 ans en maternelle est restreinte, et le sera de plus en plus en raison de la diminution du recrutement d’enseignants, mais en augmentant la charge de la CAF et des collectivités locales, qui doivent assurer l’accueil dans des structures agréées tout en diminuant les fonds disponibles par les exonérations des cotisations sociales. Mais ce cumul n’inquiète pas plus le bon peuple que la météo, la défaite des Bleus, le trou dans le parking, l’installation d’un banc supplémentaire dans la cour, ou l’absence de fichier de calcul dans les commandes de rentrée ! Pendant les débats fondamentaux sur le nombre insuffisant de places de parking autour de l’établissement scolaire ou sur la qualité du café distribué par la nouvelle machine, le Sarkozisme avance au minimum dans l’indifférence collective.
REVOICI LA CIRCULAIRE
La fameuse circulaire imposant à une commune de contribuer au financement de la scolarisation de ses enfants inscrits dans une école privée d'une commune voisine a certes provoqué l'indignation des caciques du clan laïque, qui a, justement, déploré le cadeau financier fait à l'enseignement privé. Ce texte reprend en effet les termes d'une précédente circulaire d'application de la loi de décentralisation d'août 2004, annulée le 4 juin par le Conseil d'Etat pour des raisons de forme, et prévoit d'obliger une commune à contribuer au financement de la scolarisation de ses enfants inscrits dans une école privée sous contrat (maternelle ou élémentaire) d'une commune voisine.
La nouvelle circulaire rappelle que " l'accord des communes intéressées doit être recherché (devinez quelles sont celles qui accepteront et celles qui refuseront en période électorale ?) ". Mais " à défaut d'accord entre les communes sur les modalités de répartition des dépenses de fonctionnement des classes sous contrat, le préfet fixe leur contribution respective ". L'enseignement catholique privé sous contrat a précisé que le forfait communal, qui permet de faire face aux dépenses de fonctionnement des écoles (chauffage, matériel informatique, mobilier scolaire, etc.) est " en moyenne de 450 € par an " en oubliant de préciser (par malhonnêteté intellectuelle) que cette somme concerne tous les niveaux d’enseignement alors que la loi Debré ne prévoit que le niveau de l’enseignement obligatoire, mais pas la maternelle qui demeure facultative (le programme socialiste prévoyait de l’inclure dans le cycle obligatoire) .
La FCPE a dénoncé une " manne financière " pour le privé, qu'elle estime à 150 millions d'€ supplémentaires à la charge des " contribuables des communes concernées " ce qui va obligatoirement générer une hausse des impôts locaux qui sera imputée… aux maires mais pas au gouvernement. Selon le Snuipp-FSU, le ministre confirme " le choix de son prédécesseur de privilégier l'enseignement privé par rapport à l'enseignement public, au risque de raviver le dualisme scolaire ".
Au Comité national d'action laïque (Cnal), qui avait déposé en février 2006 un recours contre la première circulaire, on déclarait le 6 septembre qu'une réunion de ses membres était prévue ce jeudi 13 septembre.
" Nous allons sans doute (sic) lancer un plan d'action : il y aura soit une suite juridique, soit une campagne d'opinion (sic) ", a précisé son secrétaire général, Laurent Escure, par ailleurs secrétaire national du SE-Unsa. " En cette année électorale, qu'on fasse payer à tous les contribuables le choix de certains, c'est inadmissible ". Bien évidemment, mais sait-il, ce brave homme, que tout le monde s’en fout à la base, et que le seul souci du parent d’élève contribuable, c’est sa feuille d’impôt, et qu’il ne fait jamais le lien entre ce type de mesures et l’augmentation de sa taxe d’habitation !
MISE EN CAUSE GRAVE DE LA GESTION LOCALE
Les écoles de proximité, dont le seuil de fermeture sera plus rapidement atteint par un départ de 2 ou 3 élèves, seront menacées, selon le collectif Ecole de proximité, qui va lancer à la fin de la semaine une pétition pour demander l'abrogation de l'article 89 de la loi d'août 2004. Quand on sait que 75 % des élus nationaux actuels sont issus de villes de plus de 5 000 habitants, quand on sait ce que pèse une classe unique ou une école à deux classes dans le paysage politique actuel, quand on imagine l’impact actuel d’une pétition dans le système social, on est rassuré sur la défense de la ruralité, désormais confiée au chasseur traître Laurent Nihous, récompensé pour son ralliement à Sarkozy au second tour des présidentielles
Se plaçant en dehors de la querelle entre enseignement public privé, l'Association des maires ruraux (AMRF) a jugé " inacceptable que les finances communales puissent être engagées à leur insu par des tiers. Nous n'acceptons pas la coercition ", a déclaré son président, Gérard Pelletier mais qui ne les accusera pas de parti pris politique alors qu’il s’agit d’une véritable remise en cause de l’indépendance de la gestion communale.
J’ai souvenir d'avoir expliqué cette situation dans une chronique de L’AUTRE QUOTIDIEN intitulée " Privé d’école libre " le 17 mars 2006. Or elle avait été récupérée, déformée et caricaturée par un tenant des idées nouvelles ne connaissant absolument rien aux réalités de la vie hors de la région parisienne. Et pourtant, je ne retire rien à ce que j’avais écrit il y a donc déjà 18 mois, car maintenant, la situation est encore plus grave. Mais, bien évidemment, dans ce contexte délétère voulant que toute critique à l’égard de notre " Maître à tous " soit empreinte de sectarisme, d’archaïsme, de malhonnêteté intellectuelle, il faut avaler ses positions, et faire comme tout le monde : la boucler et s’incliner bien bas ! Dans les salles de profs, le porteur d’idée n’est pas plus utile que le pourvoyeur de bonnes bouteilles à bas prix. Et pourtant, même une association de chrétiens favorable à la scolarisation dans le public, le Cedec, a protesté contre cette circulaire, estimant que ce texte fera des " victimes ", notamment dans les " écoles urbaines (publiques) à population défavorisée ", délaissées par les familles. J’attends donc avec impatience, jeudi, la réaction des enseignants du public !
LA FIN DES " COMMUNALES "
Et les maires n’ont encore rien vu. Il se profile en effet un projet dont on ne reparlera véritablement qu’après les municipales… car c’est la mort programmée des communes en France. Xavier Darcos a en effet annoncé discrètement le 29 août dernier, son intention de rouvrir le dossier polémique des établissements publics d'enseignement primaire (Epep), regroupements d'école sous l'autorité d'un conseil d'établissement auquel participeraient nombre d'élus. Le problème, c’est que la nouvelle a été subrepticement publiée sur le site internet du ministère que tous les citoyens vont consulter chaque jour. Or, elle aura des incidences graves pour le fonctionnement quotidien des écoles, cellules de base de l’éducation nationale. Elles disparaîtraient progressivement pour faire place à une structure vaste (15 classes minimum) dotée d’un seul responsable itinérant, bénéficiant d’une seule décharge de temps de travail complète. Un moyen d’économiser les indemnités actuelles, de pallier les suppressions de postes, de résorber les difficultés rencontrées avec des directrices et des directeurs pas toujours aux ordres, et évidemment un moyen de transférer sur les collectivités locales (Communautés de communes probablement) les frais générés par ce nouveau dispositif.
Déplorant d'avoir appris cette décision par ce site, Luc Berille, Syndicat UNSA, estime qu'il faut néanmoins… s'en " réjouir ", alors que, " sur un sujet complexe et polémique ", son prédécesseur Gilles de Robien avait , pour sa part, pratiqué " le passage en force ". Selon lui, la question des Epep ne peut pas être dissociée de celle de la direction d'écoles, pour laquelle une grève administrative a été menée " pendant six ans ", jusqu'en mai 2006, où le SE-Unsa a été le seul à signer un protocole d'accord. Depuis, la grève administrative continue, plus sporadique, à l'appel du SNUipp-FSU et du Sgen-CFDT.
Il faut certes réfléchir sur l'évolution du fonctionnement de l'école, de sa structuration juridique et son autonomie financière avec pour seul objectif, l'amélioration de son efficacité, en premier lieu pédagogique, et rappeler la nécessité de clarifier la nature des relations avec les collectivités territoriales, les niveaux de responsabilité et la place de chacun, mais il faut aussi bien préciser aux parents et aux citoyens les enjeux des décisions à prendre. Depuis des décennies, les enseignants ont été les éclaireurs des chemins obscurs de la vie sociale. Sont-ils prêts à revenir sur le devant de la scène, et à prendre leur rôle d’éveilleurs de consciences, comme ils le furent en matière de mutualité, de syndicalisme, de politique, de culture ? A vous d’en juger avec la tonalité générale de cette rentrée.
Mais je déblogue… 
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E
Le SNETAA a déposé un préavis de grève pour le 27 septembre afin de dénoncer le silence gouvernemental sur l’interdiction d’utiliser les machines par les élèves de moins de 16 ans. Un article à ce sujet est paru dans le Sud-Ouest du 13 septembre en page Régions. Nous organisons ce jour-là une assemblée générale à 14h au LP Toulouse Lautrec à Bordeaux suivie d’un rassemblement et d’une demande d’audience à 16h30 au rectorat. On peut toujours être inquiet de la mobilisation mais nous sommes fiers d’agir dans l’intérêt de nos élèves et de nos établissements. Aujourd’hui, les attaques sont tellement fortes contre l’enseignement professionnel public (et l’Education en général), que nous ne regrettons pas d’appeler les personnels à se mobiliser (vous trouverez le tract pour la grève sur le site du Snetaa Bordeaux).NB : L’Intersyndicale Nationale de l’Education s’est réunie le 12 septembre au siège de la FSU (le SNETAA n’était pas invité !!!). Conclusion de plusieurs heures de discussions : « Nous ne sommes pas en capacité, vu ce qui nous remonte du terrain, de lancer une action pour une date précise » a déclaré G. Aschiéri de la FSU (dépêche AEF).Si la suppression de 11 200 postes, la régression du pouvoir d’achat, la remise en cause de nos droits à pension, le développement de la précarité, les suppressions de sections, on en passe et des meilleures, ne sont pas des causes  suffisantes pour mobiliser, c’est qu’ensemble, on est vraiment minables et mal barrés !!!
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J
Ils sont très bien, ces trois commentaires! Tout comme l'article de Jean-Marie Darmian ...Je tiens à dire ici même que si JMD devait subir des atteintes à la liberté d'expression, je compterais parmi ses défenseurs! Je ne supporte pas les atteintes à la liberté d'expression! 
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B
Au mois de juillet dernier, dans le bulletin du militant de l'UD-CGT33, j'avais fait paraître un texte sur la carte scolaire, qui renvoyait aussi au texte sur le financement des écoles primaires privées (de laïcité). Je terminais par la même conclusion que toi sur le désabusement en salles des profs et d'après moi le sursaut ne pourra venir que d'une mobilisation des parents. Il faut dire que ce qui est important au yeux de l'administration ne semble plus être la pédagogie mais la couleur de la cravate, la teinte de l'encre utilisée, voire la police de caractères de l'ordinateur. Vivement la retraite nom de Dieu !!!
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J
ce que je déplore le plus c'est que le PS a tant et tant de sujets et d'occasions sur lesquels s'opposer en affirmant une autre vision de la société et d'autres valeurs assurant le vivre ensemble et le progrès pour tous et qu'il ne le fait malheureusement pas!!!c'est tellement triste!
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E
Les responsables syndicaux font ce qu'ils peuvent dans le contexte actuel ! Un syndicat, c'est avant tout des militants... Et les militants sont de moins en moins nombreux et/ou de moins en moins "réactifs" ! Je me demande même s'il ne faudrait pas que les syndicats (les "cadres") fassent les "morts" pendant au moins une année pour que le peuple se rende compte de leur utilité et qu'il réagisse enfin ! Nous sommes mal, très très mal ! Les consciences politiques et sociales sont en train de mourir face à la communication efficace et simpliste du pouvoir par l'intermédiaire de la télévision ! consommons et taisons nous ! ;-(((( je ne suis qu'un militant archaïque... Désolé !
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