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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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AUX ABRIS LES BOMBARDIERS ARRIVENT

Je demeure persuadé que le mot " collaboration ", sous quelque forme que ce soit, pose à un moment donné, un problème de conscience. En effet, il nécessite soit de devenir plus " royaliste " que le roi que l’on a rejoint, ou au contraire de se replier (toujours trop tard) sur des positions hostiles. Dans tous les cas, on finit par se trouver dans une situation inconfortable. Depuis 60 ans, le mot " collaborateur " recèle des sous entendus peu agréables.
Dans la chronique de hier j’évoquais les orages qui attendaient un gouvernement constitué de " carpes " et de " lapins ". Je ne pensais pas sincèrement que les événements iraient aussi vite et que Bernard Kouchner illustrerait parfaitement ce que je dénonçais. Il a en effet le comportement typique de celui qui se sent obligé, un jour, d’être outrancier dans ses positions, afin de donner des gages de fidélité, et de s’offrir le lendemain  le plaisir de critiquer afin de faire oublier le sujet sur lequel on est allé un peu trop loin. Il a ainsi estimé que le monde devait se " préparer au pire ", c'est à dire à la possibilité d'une " guerre " avec l'Iran et a demandé des sanctions européennes, tout en appelant à " négocier jusqu'au bout " pour éviter que Téhéran ne se dote de l'arme atomique. Le ministre d’ouverture a estimé " qu'il n'y a pas de plus grande crise " à l'heure actuelle que celle du programme nucléaire iranien, suspecté de servir de paravent à des activités militaires malgré les démentis de Téhéran. " Nous n'accepterons pas que cette bombe soit construite " car cela constituerait un " vrai danger pour l'ensemble du monde ", a-t-il déclaré .
Un langage aussi dur à l'égard de Téhéran rappelle celui de son " Roi ", Nicolas Sarkozy, le 27 août dernier.
Rompant avec la réticence des dirigeants occidentaux à évoquer ouvertement un conflit, le président de la République avait mis en garde contre une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran ". Là, on a droit à la facette du collaborateur zélé, comme ce fut le cas lors du déplacement en Irak. Kouchner cherche surtout à être accueilli à bras ouverts lors de son prochain déplacement à Washington. Il sait qu’il lui faut absolument donner des gages forts et s’inscrire dans le sillon tracé par son mentor sur le sol américain. George Bush appréciera cette nouvelle volonté de rejoindre le clan Républicain le plus va-t-en-guerre ! Ensuite, il a légèrement retouché cette image de " bombardier " en faisant un brin d’humanitaire vis à vis des tests ADN pour les rapprochements familiaux.
EN DEHORS DES SANCTIONS DE L’ONU
Toutefois, évoquant le risque d'un bombardement contre l'Iran, Bernard Kouchner a cherché à démentir qu'une attaque soit imminente. Il a indiqué " qu'aucun signe ne nous permet de penser, en dehors des préparations militaires " ,qu'un bombardement américain de l'Iran soit proche. " Je ne crois pas que nous en soyons là " mais il est "normal qu'on fasse des plans ". Il a aussi déclaré que Paris plaidait pour que l'Union européenne prenne des sanctions économiques contre Téhéran, en dehors du cadre des Nations Unies jusqu'ici suivi.
Cette attitude traduit un durcissement de la position française, et une crainte que l'adoption d'un nouveau train de sanctions par le Conseil de sécurité ne se heurte à l'hostilité de la Russie ou de la Chine. " Nous avons décidé, pendant que la négociation se poursuit, de nous préparer à des sanctions éventuelles en dehors des sanctions de l'ONU, qui seraient des sanctions européennes", a-t-il déclaré. " Nos amis allemands l'ont proposé ", a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agirait de " sanctions économiques à propos des circuits financiers " visant notamment " les grandes fortunes, les banques " en Iran, pas la population ordinaire. Difficile de mieux dire et surtout de mieux proposer pour satisfaire l’UMP la plus " atlantiste ".
Bernard Kouchner, partisan de l’ingérence humanitaire, vient en quelques déclarations bien senties de se spécialiser dans l’ingérence militaire. Il couvre déjà, avant même qu’ils en aient fait la demande, une intervention des américains en jouant au fameux " retenez moi ou je fais un malheur avec… les moyens des autres " car on voit mal la France, dans la situation financière pitoyable où elle se trouve, se lancer dans une guerre en Iran !
Il a d’ailleurs pris un tacle immédiat des gens courageux ayant dénoncé l’attaque de l’Irak au nom du danger nucléaire. Alors que les Etats-Unis se sont félicités avec célérité des propos tenus dimanche par le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, sur l'éventualité d'une guerre contre l'Iran, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique Mohamed El Baradei a, lui, mis en garde contre une dramatisation du dossier. Il a rappelé l'exemple irakien, pour souhaiter que l'usage de la force ne soit envisagé qu'en dernier recours, et seulement avec l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU.
RESTER CALMES
" Je ne parlerai pas d'une utilisation de la force quelle qu'elle soit ",
Pour l’instant Nicolas Sarkozy ou ses porte paroles médiatiques n’ont pas fait savoir vers qui leur cœur balançait, mais il y a fort à parier sur une jubilation particulière en constatant qu’un ex-socialiste peut devenir plus pro-Bush que lui-même. En effet, à Washington, le secrétaire à la Défense Robert Gates a déclaré que la diplomatie restait " pour le moment la meilleure approche " pour traiter avec l'Iran. Extraordinaire de voir que Bernard Kouchner peut aller plus loin que ce que souhaitent plus ou moins fortement les " faucons " nichés à la Maison blanche.
Alors, il fallait bien, pour le " French Doctor ", revenir en arrière pour se donner bonne conscience. Bernard Kouchner a donc exprimé des réserves sur le projet de tests ADN pour les candidats au regroupement familial et sur l'objectif chiffré des reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière. " Ca ne me plaît pas, mais ça ne m'indigne pas ", a-t-il déclaré au sujet des tests ADN. " Le jour où je m'indignerai vraiment, je partirai ", a-t-il précisé. " Je pense que ce n'est pas comme ça qu'on réglera le problème de l'immigration ", a-t-il souligné, en assurant toutefois qu'il fallait que de tels tests soient faits " volontairement " par les candidats au regroupement familial. " Ce n'est pas une obligation ", a-t-il observé. Interrogé également sur l'objectif de 25.000 expulsions d'étrangers en situation irrégulière fixé, pour l'année 2007, par Nicolas Sarkozy, il a déclaré qu'il n'aimait pas " cette histoire de chiffres " et que les reconduites à la frontière devraient être " décidées au cas par cas.
"Je sais qu'hélas, il est nécessaire que les illégaux soient reconduits dans leurs pays ",
a-t-il poursuivi. " Lorsqu'on est aux affaires, il y a là des nécessités qui ne me plaisent pas " et " d'ailleurs, la politique de l'immigration choisie ne recueille pas entièrement mon adhésion ", a-t-il ajouté. " Je crois qu'il faut un traitement humain ". Probablement qu’il pensait à celui qu’il promettait à l’Iran. Le bombardement en règle de Sarkozy n’a pas débuté. Il ne s’agit que d’une éventualité très faible, mais qui existe.
A l’Elysée, on a dû analyser cette probabilité avec attention, a déclaré Mohamed El Baradei devant la presse. " Il y a des règles sur la façon d'utiliser la force, et j'espère que chacun aura retenu la leçon de la situation en Irak, où 700.000 civils innocents ont perdu la vie pour un soupçon d'armes nucléaires possédées par le pays ", a ajouté Mohamed El Baradei. " Nous devons rester calmes ", a-t-il souhaité en marge de la réunion de l'agence, rassemblant 144 pays. " Nous ne devons pas dramatiser cette question ". Une véritable leçon de diplomatie et surtout une mise en garde sensée, face à des déclarations pour le moins intempestives.
DES BOMBARDEMENTS EN REGLE
Le " collaborateur " n’est pas celui auquel a fait référence Nicolas Sarkozy, mais plus certainement Bernard Kouchner. François Fillon n’aurait pas en effet osé aller aussi loin dans son engagement aux côtés de celui qui l’a pourtant nommé Premier Ministre. Il a compris que le " Roi " pouvait être d’humeur changeante. Impossible d’aller plus vite que lui. Impossible de le devancer sur les chemins pavés d’effets d’annonces ou de bonnes intentions. Sa déclaration prématurée sur la réforme des " régimes spéciaux " lui a servi de leçon. Il a adopté le silence comme méthode de communication, et il a médité sur les dangers de l’ouverture. Bernard Kouchner, par contre, a une haute idée de son rôle et de son aura. Il n’est pas à une déclaration fracassante près. Il n’ignore pas que l’opinion dominante veut voir les hérétiques exterminés… surtout par les autres. Il a condamné des centaines de bombardements, mais les siens sont justes et indispensables comme toutes les guerres vues du côté de l’assaillant.
En fait, l’époque des déversements de bombes est ouverte. Plus de quartiers. On prétend même que Lionel Jospin, lui-même, aurait été contaminé par l’ambiance actuelle. Il ne prône pas une attaque frontale avec l’Iran, mais il écrase sous ses missiles… Ségolène Royal. Histoire de mener un combat rédempteur. Lui aussi a une haute idée de lui-même !
Dans "L'impasse", l'ancien Premier ministre socialiste lance de vives attaques en piqué contre l'ex-candidate à la présidentielle. Il affirme que Ségolène Royal n'était pas en mesure de l'emporter " non pas parce qu'elle était une femme, mais parce que j'avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles ". Selon lui, Ségolène Royal aurait notamment commis l’erreur d'être " enfermée dans un face-à-face narcissique avec l’opinion ". Il juge également que Ségolène Royal est " une personnalité (qui) n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques " nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et " espérer gagner la prochaine présidentielle ". Selon lui, elle est " une figure seconde de la vie publique " qui n'est " pas taillée pour le rôle " de secrétaire national du PS. " Avoir commis une erreur en la désignant ne justifie pas qu'on la réitère " affirme-t-il. Un bombardement en règle !
A moins que ce soit le syndrome de Kouchner qui le fasse réagir ainsi : plus royaliste que le Roi quand il le faut, et critique mesuré sur le Roi quand il est souhaitable de l’être. Histoire de se donner bonne conscience. En tous cas, il va falloir se mettre aux abris car le ciel va nous tomber sur la tête. Je me sens de plus en plus Gaulois !
Mais je déblogue…
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R
A chacun son analyse de la situation!Mon message disait:" Il me semble pourtant assez clair que si l'Iran fabrique la bombe, il sera quasiment impossible d'éviter la guerre!"Je pense qu'il ne faut pas se voiler la face, dans la région il y a un petit pays: Israël qui est entouré par de nombreux pays hostiles qui aimeraient bien le faire disparaître, fusse même en donnant procuration à un groupe terroriste.Pour faire court: il ne faut donc pas que l'Iran possède la bombe, pour cela j'espère que la communauté internationale trouvera les arguments non militaires ad hoc!
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Y
Je ne suis pas Eric mais je te réponds si tu le permets car je suis moi même éffaré de ta propre réponse.La question n'est pas de savoir quel pays on préfère, je ne vois pas du tout ce que celà vient faire là dedans, c'est répondre à quelque chose par une question totalement hors sujet.La question est : faut il ou non faire la guerre à l'Iran de façon à ce que ce pays n'acquière pas la bombe atomique.Pour ma part je réponds non, la doctrine de la dissuasion nucléaire s'appuie justement sur le fait que si un pays envoie une bombe nucléaire sur un autre il sera en retour atomisé. Même le président iranien n'oserait pas appuyer sur le bouton sachant pertinement ce qu'il arriverait en retour, ses déclarations ne sont que pour la propagande interne.Si seul un petit club de quelques pays a la bombe atomique on ne parle plus de la dissuasion mais de la loi du plus fort (avec tous les ressentiments que celà implique ). Qui peut dire que des pays possédant actuellement l'arme atomique aucun "fanatique " n'émergera, qui au lendemain de 1918 pouvait prévoir 1939 ? Soi dit en passant Mr Bush n'est pas mal non plus dans le genre voulant convertir le monde à son idéologie.Le Pakistan et à son époque la Corée du Nord étaient ils moins dangereux que l'Iran ? Je n'ai pas beaucoup entendu dire qu'il fallait les attaquer pour qu'ils ne se dotent pas de l'arme nucléaire.Et par dessus tout Eric a raison lorsqu'il dit que la lutte contre la misère permet de prendre en charge raisonnablement l'avenir de la Nation, le fanatisme prospérant sur le terreau de la misère, de la non éducation, permettant ainsi au premier prophète venu de radicaliser les discours. C'est sûr que c'est plus long que balancer ses tomahawk mais on est certain du résultat et au final ça coûte moins cher en vie humaine.En ce qui concerne la première "guerre du Golfe " c'est totalement différent, ce n'était pas une guerre préventive mais de réaction, il s'agissait d'un acte de guerre délibéré.
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J
@EricLes Irakiens faisaient surtout peur aux Koweïtiens et aux Saoudiens qui seraient possiblement Irakiens aujourd’hui sans intervention des USA !« Essayons de lutter contre la misère, et les peuples prendront en charge raisonnablement l'avenir de leur nation »Je suis un peu effaré de ta confiance, alors que l’Iran est dirigé par un fanatique islamique qui veut détruire Israël et convertir le monde à son idéologie.« De quel droit pourrions nous décider pour eux ? »Laissons donc chacun décider n’importe quoi et l’avenir de l’humanité sera vite réglée !Il y a déjà trop de pays qui ont l’arme atomique.Si tu devais changer de pays avec comme possibilités : Iran ou Etats-Unis quel serait ton choix ?
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E
@ JP<br /> Pourquoi ? Les irakiens, avec la cinquième armée du monde, faisaient également très peur à tout le monde... je m'en souviens...<br /> Les américains ont essayé, à une autre époque, de nous empêcher de l'avoir aussi...<br /> De quel droit pourrions nous décider pour eux ?<br /> Essayons de lutter contre la misère, et les peuples prendont en charge raisonnablement l'avenir de leur nation !
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R
Il me semble pourtant assez clair que si l'Iran fabrique la bombe, il sera quasiment impossible d'éviter la guerre!
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