Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

OU VA SE LOGER LA DEMAGOGIE

L’automne n’est pas encore arrivé, avec ses sanglots longs, que l’on sait déjà que l’hiver 2007 ressemblera étrangement à son prédécesseur. La chasse aux miséreux va reprendre, avec son cortège d’expulsions qui se prépare, avec ses SDF sur lesquels on va s’apitoyer dès que le thermomètre connaîtra sa chute habituelle de tension. Dans le fond, ça servira peut-être de révélateur sur une situation sociale qui s’aggrave de mois en mois et qui va conduire à la récession, contrairement à toutes les incantations présidentielles. Lors de la permanence de hier, j’ai reçu plus d’une vingtaine de personnes dont la majorité était enlisée dans les difficultés financières ou personnelles…insurmontables. Je me demande encore comment les élus qui se prétendent en phase avec le peuple ne les rencontrent jamais ! Je crois que leur seul souci, c’est d’être en phase avec … l’opinion dominante qu’ils confondent avec le Peuple. Pour le reste, ils font la part du feu et considèrent que, pour un certain nombre,  ces gens sont irrécupérables et ne le seront jamais, alors ils les ignorent.

Ainsi, toutes les promesses faites avant l’échéance présidentielle sont donc considérées comme oubliées. On se retrouvera dans la même situation après le 15 octobre avec des femmes et des hommes dans les rues, des familles squattant des logements totalement insalubres et probablement des tentes sur les bords du canal Saint Martin à Paris.
Les Enfants de Don Quichotte, qui avaient organisé l’hiver dernier le campement de SDF au bord du canal pour sensibiliser l’opinion sur leur situation, menacent en effet de refaire la même opération " le plus tôt possible ", expliquent Jean-Baptiste et Augustin Legrand, les porte paroles de l’association. Ils savent déjà que les mêmes causes produiront inexorablement les mêmes effets. Au contraire, je suis certain que la situation sera pire que l’an passé parce que les promesses qui ont été faites l'hiver dernier n'ont pas été tenues.
Le gouvernement avait par exemple promis la création de 27.000 places d’hébergement et de logement avant la fin de l’année. Mais les responsables des actions spectaculaires de 2006 se sont aperçu qu’il n'avait pas rempli ses objectifs. Sur les 27.000 logements promis, 14.000 ne verront pas le jour. Ça fait donc 14.000 sans domicile fixe qui resteront à la rue pendant l’hiver. En annonçant la catastrophe avant que l’hiver soit présent, les Enfants de Don Quichotte ont au moins l’honnêteté de ne pas prendre au dépourvu les responsables de l’Etat ayant en charge un dossier que personne ne songerait évidemment à ensevelir, comme les SDF, dans des cartons. " On a envoyé une lettre au gouvernement pour savoir ce qu’ils comptaient faire, afin de connaître le plan de bataille de Sarkozy. Mais on n’a pas de réaction, pas de réponse. En gros, s’il y a des avancées majeures, on ne met pas de tentes. Mais on est sûr qu’il n’y aura pas de plan spécial " explique Augustin Legrand qui se prépare donc à ressortir… les tentes qui firent honte à la France, à travers la vision de Paris qu’eurent les pays étrangers via les reportages télévisés !
Il ne se fait pas, en effet, d’illusions sur les propositions présidentielles bien qu’il faille s’attendre à une déclaration fracassante au premier signe hivernal de l’habitant éclairé de la Lanterne.
250 000 € POUR LES MEDIAS
L’avantage de Jean Baptiste Legrand et de son frère, c’est qu’ils n’ont pas leur langue dans leur poche et qu’ils ont un rapport direct avec les médias. " A Paris, 6000 à 7000 personnes vont passer l’hiver dans la rue. On veut donc faire un énorme campement de 2000 à 3000 tentes. On ne veut pas faire dans la demi-mesure. On fera en sorte qu’il y ait sur ce campement des travailleurs sociaux ainsi qu’une assistance médicale pour s’occuper des SDF. Afin de faire un Sangatte à Paris. J’aimerais bien mettre Borloo en face de ses responsabilités. Il joue sa crédibilité. Il va bientôt se mettre à une table avec des associations environnementales – pour le Grenelle de l’environnement - et s’il leur fait la même chose qu’il a fait avec nous, on peut s’inquiéter pour l’avenir de la planète ". Il est vrai que, désormais, le roi du glaçon d’apéro a cédé son poste à la charitable Christine Boutin dont on sait combien elle est attentive au sort des plus démunis. Mais la situation est encore plus désespérée.
D’ailleurs, afin de ressentir ce qu’éprouvent les SDF, elle a décidé de placer son Ministère en situation de précarité à Lyon, durant dix jours. Elle a en effet donné le coup d'envoi, hier, des " réunions de chantier " organisées sous l'égide de son ministère délocalisé afin de mobiliser l'ensemble des acteurs du secteur du logement. " Nous parviendrons à résoudre la crise du logement si tout le monde se réunit autour d'une ambition commune ", a déclaré la ministre, chaussée de bottes pour circuler dans les allées boueuses du " village " du Logement, (à la suite de fortes pluies) installé depuis lundi dans une vingtaine de bungalows place Bellecour, en plein centre de Lyon. Enfin de la vraie télé réalité digne du concept de la ferme.
Il n’est pas certain que lors d’un prochain déplacement, les hauts fonctionnaires, les chargés de communication et les membres du cabinet soient logés par les Enfants de Don Quichotte sous… des tentes marabout prêtées par l’armée. ce serait déjà moins onéreux que cette opération, d'un coût… de 250.000 €, dont l’objectif avoué n’est exclusivement que médiatique.
PERSONNE N’EN VEUT
La ministre du Logement a pour objectif de mettre en musique les deux engagements fixés par Nicolas Sarkozy : construire chaque année 500.000 logements, dont 120.000 logements sociaux, et permettre à 70% des Français de devenir propriétaires (contre 57% aujourd'hui). Il faudrait demander aux Enfants de Don Quichotte ce qu’ils pensent des annonces chiffrées. L’histoire ne dit pas comment, avec l’augmentation des taux d’intérêt, les familles vont accéder au paradis terrestre via le pavillon de leurs rêve, et comment, dans un contexte où toute construction nouvelle est vécue comme une agression par celles et ceux qui sont déjà installés, on va trouver l’espace nécessaire pour construire. Plus personne ne veut de logements sociaux…Toutes les municipalités de droite traînent des godillots… Les Préfets vont tenter de museler l’étalement urbain avec raison, mais  sans aucun moyen de contraindre les élus à densifier l’existant.
Je vis quotidiennement la difficulté extrême de monter des opérations raisonnables dans des quartiers où les associations dites de préservation de l’environnement hurlent en voyant arriver des logements… étudiants. Plusieurs centaines de demandes pèsent sur mon quotidien, avec des gens au désespoir de ne rien trouver sur Créon, et encore moins ailleurs, car il n’y pas de locatif. Mais je n’ai, comme beaucoup d’élus, que des tentes à proposer à celles et ceux qui n’ont pas de revenus suffisants ou de référents fortunés. La ministre devrait organiser un atelier spécial, auquel j’aimerais bien participer, sur le thème : " comment répondre à un besoin colossal quand tout est fait pour empêcher de construire ? "
En attendant, on prépare la venue à Lyon de Nicolas Sarkozy durant la tenue du campement ministériel. Un bonne déclaration en bottes de chantier et couvert d’un ciré de terrassier suffira à tranquilliser les enfants de Don Quichotte. Le Président a chaque jour une idée nouvelle qu’il ne sait pas comment financer, mais c’est ainsi que marche désormais la France. Tenez, il pourrait fort bien annoncer que, pour être au plus près des réalités, pour favoriser la rapidité d’action, il " offre " aux conseils généraux la possibilité de prendre en charge socialement le problème des SDF… Il aura aussi le culot de faire référence à la loi du 5 mars 2007 sur le droit au logement opposable (DALO) votée à l’unanimité, le parangon de la démagogie politique.
LA DALO TOMBE A L’EAU
Cette loi, directement inspirée par l’action spectaculaire des Enfants de Don Quichotte en faveur des SDF, n’est qu’une bulle sans aucun intérêt, ayant simplement servi les intérêts du candidat à l’élection présidentielle. Du vent… Exclusivement du vent. Six mois plus tard, le texte qui devait tout changer sera vidé de son sens si les citoyens ne se montrent pas vigilants. Et ils ne le sont pas, car hypnotisés par l’apparence des choses et les effets d’annonce qui ne tiennent pas dans l’air médiatique, face au vent mauvais des réalités.
La loi DALO, magnifique, précisait que le " droit à un logement décent et indépendant est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir ". Tout pouvait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles jusqu’à ce que les membres de la Commission de suivi de sa mise en œuvre aient eu la surprise de découvrir, la semaine dernière, un projet de décret qui contredit l’esprit et la lettre de la loi. Or, il faut préciser qu’une loi ne vaut rien sans son décret d’application, car ce texte est fondamental pour exécuter les termes de la vision législative des Parlementaires.
Ainsi, le décret a fait disparaître deux des six catégories de mal logés prévues par la loi : les SDF et les habitants de logements insalubres, rien que ça ! De même, le décret prévoit que les dossiers seront traités " au regard des circonstances locales ", ce qui risque fort d’en limiter l’impact, et de réduire à néant l'effet de levier qu'en attendent les acteurs du secteur pour la construction de logements sociaux. Une coquille vidée de sa substance. En effet, si une ville (Neuilly par exemple) n’a pas de logements sociaux, elle pourra invoquer cette pénurie répréhensible pour ne pas répondre à une demande de logement. Le pire, c’est que seules les communes ayant fait cet effort seraient finalement concernées par la DALO ! Cherchez l’erreur ou la supercherie.
Lors du vote de la loi, certaines associations redoutaient de voir les belles promesses du texte rester lettre morte ou se révéler inapplicables. Le plus étrange, dans cette affaire, c'est que cette loi avait été présentée par Jean-Louis Borloo, aujourd’hui numéro deux du gouvernement, et le rapporteur parlementaire n’était autre que… Christine Boutin, aujourd’hui ministre chargée de la mettre en œuvre. Enfourchez Rossinante, sortez vos lances, il y a des moulins à paroles à combattre. Et si vous voyez fleurir des tentes sur des pelouses ou des pavés, dites vous qu’elles ne sont que des fleurs destinées à réveiller encore des consciences endormies. Ne détournez pas le regard !
Mais je déblogue…
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
@ Nouaille Christian<br /> Tes propos sont bien optimistes... sur la rue, je crois même que tu rêves ! ;-(
Répondre
N
Le Guignol veut évaluer,pas mesurer( car c'est impossible dans les Sciences Humaines,) mais il prend quand même des mesures..sur le nombre des fonctionnaires par exemple et veut instaurer une prime au mérite , (c'est à dire diviser,par la même occasion, le corps enseignant.) La réponse se fera dans la rue ,j'en suis sûr..Il y a partout et dans chaque métier ce qu'on appelle des "brebis gâleuses". D'accord , on ne peut le nier ..Mais pour les fonctionnaires , c'est acquis depuis longtemps.On pense que la majorité manque de zèle....  Je me demande ,quand même ,qui va évaluer et comment.????Ce qui fait évoluer un fonctionnaire , c'est  la note qu'il a, au cours d'une inspection ,dont la périodicité est variable, donc suivant l'humeur et le temps qu'ont les inspecteurs..( Certains enseignants ne sont jamais  inspectés ou très rarement..première injustice.)"Une note sèche et unique est dans tous les cas une trahison " écrit  Gilbert de Landsheere..!!Il faut bien évaluer pourtant ."Mais en fonction du nombre considérable de paramètres qui interviennent dans l'activité d'éducation ,par exemple,je crois pouvoir mettre quiconque au défi de proposer une formule complexe qui conduise,à un score inconstestable..."poursuit-il..Parler de la rentabilité de l'enseignant est-ce une étude coût-bénéfice.. ou coût efficacité ?Le Guignol ne semble pas voir la complexité de la chose.et continue à répéter les mêmes choses  "Il n'y a pas de réponse satisfaisante , actuellement , à la question de la rentabilité de l'enseignement.".Mais il va lui ,lui ,lui le faire...Dans la rue , je vous dis ..On va lui faire au moins  comprendre et même démontrer qu'il n'est pas si puissant que ça !!!N;C  
Répondre