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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE TEMPS PRESSE POUR LA DEMOCRATIE

Ce qui est présenté dans les chroniques de L’AUTRE QUOTIDIEN depuis des mois vise à démonter le système de l’opinion dominante créée et entretenue par les médias dominants. Ils assemblent les faits d’actualité afin d’offrir à leur clientèle ce qu’elle attend. Une démonstration permanente que l’actualité devient un produit comme un autre, plus ou moins commercialisable. Il faut bien avouer que ce rôle caricatural d’un système extrêmement structuré convient parfaitement à une société des certitudes galopantes. On croit plus que l’on n'analyse. On admet plus que l’on n'apprécie. On ignore plus que l’on ne veut savoir. Nicolas Sarkozy, brillamment conseillé, vit sur ce contexte lui permettant l’auto valorisation par simplement l’omniprésence. Rares sont ceux qui se révoltent face à cet abus de position dominante. En effet, pour les raisons énoncées ci-dessus, la tentation est grande de renoncer au combat par simple affaiblissement de la culture citoyenne. Toutes les initiatives sont donc les bienvenues.

Une association lancée en juillet, le « Rassemblement pour la démocratie à la télévision » (RDT), a incité début septembre, par le biais d'un communiqué, les rédactions à participer à une « journée nationale sans Sarkozy dans les médias »… le 30 novembre. Soit un an tout juste après l'annonce officielle de la candidature de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Donc, dans l'idée que cette journée devienne « une grande journée de la démocratie et de la liberté de la presse », « pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir, ce jour-là, des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaires ! Rien de rien, s'il vous plaît ». Une respiration dans le monde oppressant de médias sous influence
Le RDT, présidé par un sociologue de 52 ans, Pierre Bitoun, encourage vivement les citoyens à diffuser l'appel. Basée à Tours, l'association revendique une centaine de membres, dont 64 fondateurs depuis sa création en juillet dernier. Elle se définit comme « indépendante de toute organisation politique, propose une action novatrice, ambitieuse, qui touche au cœur même du système d'influence : les sondages (interdire leur réalisation dans les trois mois précédents un scrutin électoral) et les journaux télévisés (démocratiser les journaux de TF1 et France 2) ». Des tâches incroyablement utopique qui auraient pu être déterminées par des partis politiques dynamiques et non usagers du système que condamne cette prise de position tant elles relèvent du civisme le plus élémentaire. D’ailleurs, le Parti socialiste a décidé de réagir face à ce monopole de l’image destiné à vendre du Sarkozy comme on vanterait les mérites d’une lessive lavant plus blanc que blanc.
Même ma petite fille Léa, me confiait, l’autre matin, dans la voiture, en allant à l’école, en entendant France Infos, avec la vérité des remarques des enfants de 5 ans : « Ce Nicolas Sarkozy on le voit partout. J’en ai assez. Il est même sur la télé dans la véranda ! » J’en suis resté muet car je ne lui avais jamais parlé d’un personnage qu’elle n’a pas encore besoin de connaître ni d’apprécier.
Le directeur de cabinet de François Hollande l’a entendue, car il a annoncé, hier, l'envoi imminent d'un courrier du PS au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) afin de lui demander de tenir compte de « l'omniprésence » de Nicolas Sarkozy dans les médias. Lors d'un point presse, Stéphane Le Foll a indiqué « qu'une lettre de François Hollande va être adressée au CSA concernant l'expression dans les medias, car la règle des trois tiers équilibrés entre gouvernement, majorité et opposition est totalement bouleversée par le Président de la République. Ce dernier n'est pas comptabilisé dans cette règle, alors même qu'il est omniprésent et occupe tout l'espace médiatique, à l'image de la semaine dernière". 

CHAINES REQUISITIONNEES
Dans un communiqué, le député socialiste Didier Mathus écrivait que « la semaine qui s'achève aura marqué un paroxysme dans l'accaparement des médias par le président de la République". Jeudi soir « les deux principales chaînes ont été réquisitionnées pour permettre à M. Sarkozy de commenter sa propre action pendant 50 minutes à l'heure de plus grande écoute », critiquait-t-il. La situation est véritablement de ce genre, puisque jamais personne n’est conduit à apporter la moindre contradiction aux propos d’un homme politique débarrassé désormais de tout complexe. Il considère que la France médiatique est à son service puisque quasiment tous ceux qui la possèdent sont des proches, des « frères », des « amis », des « partisans », et que les autres,  soumis au diktat économique, finissent tôt ou tard par disparaître.
« Demandera-t-il bientôt que ses propos soient diffusés par haut-parleurs dans les rues de nos villes ? », ironisait le député PS, dénonçant une « dérive narcissique d'un président tout à la fois Premier ministre, animateur télé, rédacteur en chef et patron de chaînes ». Il n’a pas tort : la lettre directe aux enseignants témoigne de cette volonté d’aller jusqu’au plus près sans que soit clairement définie la frontière entre l’information collective et la propagande personnelle. La situation « pose donc désormais un problème clair pour l'équilibre de l'expression démocratique dans notre pays", estimait Didier Mathus, en jugeant que « le CSA devait réagir ». A moins qu’il soit d’une désarmante naïveté, ce député sait bien que son exigence ne sera absolument pas respectée.
Didier Mathus poursuivait : « Si le Président de la République se comporte désormais en chef de la majorité, monopolisant les antennes selon son bon vouloir, alors, le CSA doit prendre des décisions pour imposer un retour à un minimum d'équité et de pluralisme dans l'expression publique ». Didier Mathus rappelait avoir déjà interrogé le CSA en juillet dernier… sans aucune réponse précise !
Le CSA signale d’ailleurs, pour sa part, sur son site internet, pour qu’il  ne nourrisse pas trop d’illusions, qu'il ne prend pas en compte les interventions du président de la République pour l'équilibre des temps de parole, « car celui-ci ne peut être assimilé à aucune des catégories donnant lieu à un décompte (gouvernement, majorité parlementaire, opposition parlementaire, autres formations) ». Circulez il n’y aura que Sarkozy à voir !

FAITS GRAVES ACCUMULES
Les syndicats de journalistes ont appelé hier au sursaut une profession en proie, selon eux, à un profond malaise, et veulent mobiliser pour défendre l'indépendance des rédactions et le pluralisme de la presse, qu'ils jugent « extrêmement menacés ».
« Jamais la profession ne s'est aussi mal portée depuis 1946 », a estimé David Larbre, représentant du Syndicat national des journalistes (SNJ, majoritaire), au cours d'une conférence de presse, réunissant (fait extrêmement rare) l'ensemble des syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SPC-CFE-CGC, SJ-FO).
Enumérant longuement les « faits graves » qui se « sont accumulés au cours des derniers mois », il a dénoncé pêle-mêle le refus de la direction du JDD de publier une information sur Cécilia Sarkozy, une « censure » à la Tribune sur un sondage concernant Nicolas Sarkozy, « l'intervention du cabinet du ministre de l'Education nationale pour faire modifier un article de l'AFP », la perquisition des locaux du Canard Enchaîné, la nomination d'un proche du président de la République à TF1 ou la tentative du propriétaire de La Tribune, LVMH, de racheter les Echos.
Pour les syndicats, cette dernière situation, « inédite en France », est le symbole de la « dérive actuelle »« une majorité des organes de presse sont détenus par des industriels, qui ont des liens très étroits avec le pouvoir ». Si ce sont eux qui le disent et pas moi, probablement seront-ils davantage crédibles, bien que j’aie au moins 20 ans de recul sur les sujets évoqués !
« Si vous travaillez chez LVMH, chez Bouygues, chez Lagardère, vous êtes de plus en plus surveillés, sur certains dossiers, votre papier va être lu, relu, parfois (...) modifié », a estimé M. Larbre. Or, cette « dérive » intervient dans un contexte de « précarisation galopante des journalistes, dont 20% sont au chômage et 30% vivent de piges », ont souligné les syndicats. « Les plans sociaux se multiplient, notre statut est attaqué extrêmement violemment, les journalistes ont de plus en plus de mal à faire leur travail », ont-ils déploré.
Rappelant que « deux tiers des Français n'ont pas confiance dans les journalistes », selon des sondages, Dominique Candille (SNJ-CGT) a lancé : « il faut que la profession se mobilise pour qu'elle cesse de jouer, souvent malgré elle, les faire-valoir du président de la République ou des patrons de presse ». Ouf ! on a cru que les présentateurs et les rédactions des Jités nationaux étaient représentatifs d’une profession. Heureusement que derrière les écrans, il y a parfois une poignée d’irréductibles qui cherchent au minimum à ne pas suivre l’opinion dominante qui fait leurs ventes et leur audimat. Ils tentent désespérément de faire vivre une certaine idée de leur métier . « Il faut qu'on dise qu'on veut faire notre métier, mais que les contraintes économiques et politiques sont telles qu'on ne peut pas bien le faire ! », a-t-elle plaidé.

DES GARANTIES STATUTAIRES
Unis pour la première fois depuis quinze ans, les syndicats de journalistes travaillent depuis juillet pour obtenir l'annexion à la convention collective des journalistes, des chartes internationales garantissant l'éthique professionnelle et, surtout, une disposition législative « garantissant l'indépendance juridique des rédactions ».
Ils présenteront des « propositions concrètes » en ce sens, lors d'un meeting à Paris. Les syndicats planchent sur le dossier avec le groupe socialiste et le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), mais ont indiqué attendre également des réponses des groupes parlementaires UMP et Nouveau Centre. « Ce serait extrêmement grave s'il n'y avait pas de réponse positive de la part de la majorité » sur le sujet, ont-ils averti.
Ils ont, à cet égard, dénoncé le silence de la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, qu'ils ont souhaité rencontrer à plusieurs reprises depuis son entrée en fonction, sans obtenir de réponse, selon eux.
Les syndicats appellent également l'ensemble de la profession à manifester devant l'Assemblée nationale le 5 novembre, dans le cadre de la journée d'action européenne pour les droits des journalistes. Un rassemblement auquel sont aussi appelés les citoyens, « sans qui on ne pourra rien changer ». Et c’est là que ces pauvres syndicalistes sont des utopistes. Les citoyens dont ils attendent un soutien se moquent pas mal de savoir qui tire les ficelles dans un quotidien, un hebdo, ou un journal télévisé. Ils absorbent la bouillie pré mâchée qu’on leur fabrique, car elle ne réclame aucun effort  autre que celui de l’installation sur le canapé. Depuis maintenant des années, je mets en œuvre la fameuse démocratie participative, que semblent réclamer les gens bien pensants. Des dizaines d’heures de ma vie, consacrées au dialogue, à l’information directe, à la pédagogie citoyenne pour… des résultats sans commune mesure avec un passage à la télé dans une émission de divertissement.
Les journalistes oublient que nous sommes dans la société de la facilité. On adore le « tout prêt » dans tous les domaines, de telle manière que l’on puisse transposer la responsabilité sur le fabricant. Il en va de même dans le domaine de l’information. Inutile de penser que les citoyens vont aller chercher autre chose que ce qu’on leur amène sur un plateau de télé, ou à la une d’un tabloïd people. Il leur faudra d’abord convaincre, pour devenir crédibles… Tenez jeudi, nous donnons une conférence de presse avec Martine Faure, députée socialiste, pour présenter aux médias départementaux une autre vision que celle, sarkoziste, de la rentrée… Je vous dirai combien de journalistes se sont déplacés pour entendre et transmettre une autre version de la vie présente. On reparlera ensuite de la mobilisation au service d’une certaine idée du journalisme.
Mais je déblogue…
 
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E
JH est un utopiste ! ;-)
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J
Cher Jacques Heurtaux, vous êtes très loin de la réalité !Snejana
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J
Un journaliste doit conduire des investigations, procéder à des recoupements, hiérarchiser les informations qu'il diffuse et, SURTOUT, bien faire une différence explicite entre l'information et les analyses et commentaires.
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S
Bonjour,votre article est interèssant, seulement pour avoir pratiqué le journalisme pendant six ans, je pense qu'il faut ajouter que le métier de journaliste est en pleine mutation, ce n'est plus le journalisme tel que le pratiquait A. Londres où d'autres plus récemment. On assiste aujourd'hui à un journalisme assis, où le travail du journaliste consiste à rédiger une petite synthèse à partir des dépêches sans vérifier son information car il se trouve au bout d'une chaine informative. Ce métier change, je crois qu'il serait juste de redefinir ce qu'est un journaliste.
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J
Mitterrand aussi utilisait la télé jusqu'à plus soif! Vous le critiqiez à l'époque?
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