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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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DES CONSCIENCES PLUS OU MOINS MALTRAITEES

On sent approcher encore un moment délicat pour le Parti Socialiste. Le prochain Bureau national risque donc d’être animé car il faudra définir une position commune sur l’avenir du Traité européen simplifié quia été ramené de Lisbonne par Nicolas Sarkozy comme certaines rentrent d’une escapade à l’étranger avec un trophée. Désormais on sent bien que les fissures puis les fractures vont se créer dans un parti qui a toujours l’art de se diviser quand il faut au contraire serrer les coudes dans l’adversité. Hier Vincent Peillon, Pascal Terrasse, David Assouline, Béatrice Patrie, les députés Jacques Bascou, Geneviève Gaillard, Jean Gaubert, Pascal Terrasse, …et d’autres ont manifesté collectivement leur intérêt pour ce texte ayant recueilli l’assentiment de tous les chefs d’état européens. Ils sont donc au total douze personnalités socialistes à signer dans Libération un appel à voter "oui" au traité européen simplifié proposé par Nicolas Sarkozy, si celui-ci faisait… l’objet d’un référendum. Petite particularité, cependant : ces 12 socialistes sont tous d’anciens partisans du non, qui avaient fait campagne contre le traité constitutionnel européen de 2005. Cette singularité a évidemment beaucoup plu aux habitués du consensus mou ou de l’ouverture en cours.
" Ce qui a motivé, en 2005, notre opposition au traité constitutionnel, c'est le défaut d'Europe"
TRAITE BLANC ET BLANC TRAITE
Il faut noter cependant que ces personnalités parlent toujours de vote généralisé et non pas de Congrès… Or on sait déjà que ce sera la voie choisie par Nicolas Sarkozy afin d’appuyer un peu plus sur les différences entre socialistes. Personne ne songera à ne pas reconnaître qu’il y a là une tactique extrêmement alambiquée pour faire adopter le texte en Congrès (députés et sénateurs réunis) plutôt que par référendum. Il lui faut en effet deux tiers des voix et… il lui sera impossible d’obtenir un tel score sans le soutien des parlementaires… socialistes !
Dans une tribune publiée ce matin dans le Figaro, Guillaume Bachelay et Pascal Cherki, deux responsables socialistes proches respectivement d’Henri Emmanuelli et de Laurent Fabius, qui militaient pour le non en 2005, demandent également que l’adoption du traité se fasse par le biais d’un vote. Or un sondage CSA pour Le Parisien expliquait la semaine dernière que 61% des Français souhaitaient un référendum, et que le oui l’emporterait à 68%. On nous a déjà fait le coup !
Le but de la Constitution européenne n’a pas varié d’un iota entre les deux versions : fluidifier le fonctionnement de l’Europe pour instaurer la concurrence tous azimuts malgré les apparences. Brutalement, et c’est leur vision, ces tenants du " non " découvrent les vertus d’un texte qu’ils ont pourtant farouchement combattu. Et contrairement à ce que feignent de croire les signataires de cette profession de foi, la protection des services publics était déjà dans la défunte Constitution. Le protocole dont ils se félicitent risque au contraire de torpiller la directive-cadre qu’ils souhaitent puisqu’il prévoit qu’un tel texte ne pourra pas faire obstacle aux mesures nationales… Au final, la seule victoire du " non " aura été que la Constitution ne s’appelle plus Constitution, que les symboles et le ministre des Affaires étrangères de l’Union disparaissent ainsi que la " concurrence libre et non faussée " des objectifs de l’Union et cette modification suffit à leur bonheur. Il faut tout de même admettre que la victoire est plus que mince en opposition aux enjeux réels d’un tel texte.
Bien évidemment on va tirer à vue sur toutes celles et tous ceux qui ont eu l’audace de tenir tête aux sondages lors du dernier référendum. On va leur rappeler avec vigueur et un rictus sarcastique qu’à cause de leur aveuglement l’Europe a pris un retard considérable et que leur opposition avait été véritablement scandaleuse. Il n’ont pas fini de se faire agonir par les médias qui avaient mis la pression sur l’opinion publique afin qu’elle accepte le bonheur européen que lui garantissait le traité constitutionnel. Haro sur les sociaux-traitres qui avaient modifié le résultat d’un vote présumé acquis d’avance grâce aux sondages.
DE LA REVANCHE DANS L’AIR
La chasse au " noniste " va reprendre de plus belle. Quelle que soit leur prise de position ils sont définitivement marqué par une étoile jaune européenne ! Elle les accompagnera jusque dans leur tombe politique car ils sont condamnés à la porter à vie comme la fleur de lys au fer rouge ornait l’épaule des prostituées au XVII° siècle. Six mois après leur défaite à la présidentielle, le PS et le reste de la gauche ne sont pas encore parvenus à incarner une opposition audible face à Nicolas Sarkozy, malgré la vague de contestation sociale, mais ils espèrent un rebond lors des municipales car ils ont tiré un trait sur un éventuel référendum.
Après le choc de la défaite et la rude épreuve de la politique d'ouverture du président de la République, qui a pris dans ses filets des personnalités socialistes, rien n'a vraiment changé au PS. " C'est assez paradoxal. Le gouvernement met en œuvre une politique qui est résolument de droite (...) Et face à cela, on voit une gauche qui balbutie son discours ", estime Benoît Hamon.
Selon ce député européen : "  le Parti socialiste est devenu une addition de " je " et cela perdurera tant que ne sera pas tranchée, sans doute à l'automne 2008 lors du congrès, la stratégie du parti ". Et ce n’est pas la multiplication des prises de position sur le traité qui vont améliorer ce constat. Il sera difficile de partager un bout de chemin ensemble avec certaines forces de gauche. Hollande a évoqué à Saint-Médard-en-Jalles en Gironde la création possible d'une fédération de la gauche. Il s'est demandé si au-delà du comité de liaison de la gauche qui doit se réunir prochainement, il ne serait possible de passer à une autre " perspective."
"Il faut que les partis qui composent la gauche sortent de leurs frontières, de leur périmètre habituel et soient capables de proposer une dynamique à l'ensemble de la gauche",
" On ne peut plus faire comme avant. La gauche plurielle ou l'union de la gauche à l'ancienne c'est terminé",
UN CHOIX PAS EVIDENT
Dans le fond la meilleure solution pour s’en tirer sans dommages serait que le Congrès soit convoqué car il éviterait bien des déchirements sur la place publique. Ils seraient étouffés par les ors et les boiseries de Versailles et éviteraient des prises de position contradictoires. Le PS aurait aussi une manière de mettre en avant la démocratie interne en laissant ses parlementaires libres de voter en leur âme et conscience et de justifier leur positions sur le terrain vis à vis de leurs électrices et leurs électeurs. Le choix n’étant pas évident ils ont l’occasion de consulter la base et de vérifier que cette fois le traité simplifié a conquis un électorat rassuré sur les conséquences d’une libéralisation croissante des systèmes sociaux.
Dans le fond si la mise en œuvre de la " marchandisation " de tous les secteurs de la vie quotidienne imposée par l’Europe procure un bien être accru aux peuples il faudra savoir s’incliner et renoncer à une opposition frontale inutile. Seul le temps permettra de vérifier si cette théorie d’une vision idyllique d’un continent transformé en un marché débridé est " productive " pour le pouvoir d’achat, la pêche, l’agriculture, l’industrie, les libertés individuelles… En attendant il va falloir se résigner au consensus à nouveau imposé par un système médiatique avide de démontrer qu’il n’avait pas eu aussi tort que le peuple l’a montré.
Le sentiment de culpabilité est tel dans l’opinion et on a tellement entendu ressassé médiatiquement que des anti-européens primaires avaient joué un rôle désastreux pour l’avenir de la France, qu’il y avait eu une manipulation de l’opinion avec des mensonges honteux contre un texte honteux, que par ambition personnelle des pervers avaient coulé une " constitution " pourtant bénéfique qu’il serait étonnant que l’opinion dominante actuelle bascule.
Le P.S. va vite être contaminé par le syndrome de l’erreur collective potentielle. Les déclarations vont se succéder afin de valider l’idée qu’il n’y a point d’autre issue que celle de soutenir le traité Sarkozy. Le terrain devient glissant et la maîtrise de la patate chaude se révèle problématique. Le bureau national du PS va donc réclamer un référendum que le Chef de l’Etat ne lui accordera pas et il ira ensuite puiser pour l’ouverture parmi les Parlementaires qui auront au Congrés démontré leur volonté d’adhésion à un texte sur lequel il compte essentiellement avant les municipales pour se donner une image de rassembleur. Attendons...
Mais je déblogue… 
a-t-il lancé. Il a estimé qu'outre le PS, étaient concernés les Verts, le Parti communiste, les Radicaux de gauche et le Mouvement des citoyens, mais pas l'extrême gauche, qui "ne veut pas de rapport avec le Parti socialiste", ni le MoDem qui " veut toutes les alliances, c'est à dire qu'il n'en veut aucune." Souhaitons lui bon courage quand on voit se profiler un vote sur le traité simplifié. a-t-il dit en marge du 8ème congrès du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). "La fédération de la gauche doit servir à cela", a-t-il dit. François Hollande a cependant souligné qu'il est "trop tôt pour proposer un schéma, pour donner une structuration". "Ca se construit étape par étape et dans la confiance et le respect." Il a oublié de dire qu’il y en aura qui seront plus dures les unes que les autres avec des " cols " difficiles à franchir !, écrivent les 12 élus socialistes. Avant de préciser : " Ce qui justifiait notre stratégie, c'est que l'on puisse prendre appui sur le non pour exiger plus d'Europe, là où nous en avons besoin ". Ce qui s’admet car ce fut la position de très nombreux adversaires de gauche à un pensum illisible et contenant bien des raisons de ne pas croire en l’Europe sociale Des Peuples. Ils reconnaissent sans ambiguïté que leur stratégie n’a pas été concluante. Et ce notamment car " en 2005, la gauche française avait la perspective d'une victoire à la présidentielle. Elle aurait eu à conduire elle-même la renégociation, puis à assumer la présidence française de l'Union qui s'ouvrira en juin ". La victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai dernier a changé la donne. C’est le nouveau chef de l’Etat qui a lancé, après le repas au Fouqet’s et après son séjour sur la yacht de son ami, l’idée d’un nouveau traité européen " simplifié ", et l’a faite passer auprès des 25 lors du sommet de Lisbonne il y a quelques semaines. Ce texte guère différent sur le fond du précédent reprend l’essentiel du projet rédigé en 2005 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, et repoussé à 55% par les Français. Pourtant, les 12 responsables socialistes estiment qu’il faut " voter sur ce texte, et pas sur celui que nous imaginions ". Car, expliquent-ils, " si le traité de Lisbonne n'est pas adopté, nous en resterons à Nice, et pour longtemps ". Il est vrai que cet argument a peu varié depuis le dernier référendum.
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E
Ah si Benoit Hamon pouvait "fédérer" davantage...<br /> A chaque fois que quelqu'un dans ce parti a des idées "brillantes", il a un peu de mal à "s'imposer" ! ;-)
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E
Ah si Benoit Hamon pouvait "fédérer" davantage...<br /> A chaque fois que quelqu'un dans ce parti à des idées "brillantes", il a un peu de mal à "s'imposer" !
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J
c'est tellement vrai!
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H
desole, mais pas agoniser mais agonir.
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J
Merci hERBIEN  la remarque est judicieuse et justifiée. La nuit j'ai parfois du mal à me concentrer...