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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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C'ETAIT IL Y A QUARANTE ANS...

Durant la campagne des présidentielles, Nicolas Sarkozy a multiplié les attaques cotre l’esprit de mai 68, un peu comme les chamans qui psalmodient des incantations pour exorciser le démon. Il faut dire qu’il y a quarante ans, octobre avait laissé déjà présager des lendemains qui déchanteraient. Les grèves avaient quelques semaines d’avance sur celles qui nous attendent. Elles furent accueillis avec arrogance par le gouvernement Pompidou sûr de son autorité. Cette sous-évaluation d’une grogne basée sur la baisse du pouvoir d’achat a permis aux germes de la contestation de passer l’hiver au chaud et de se développer le printemps revenu. 
La contestation étudiante était latente après le bac sanction de juin 1967 qui avait décimé les candidats à l’enseignement supérieur. Ce mouvement de contestation étudiante débute des deux côtés du rideau de fer. Dès 1967, plusieurs campus aux États-Unis ou en Pologne, par exemple, s'insurgent contre la politique éducative et en France la contestation couve. Avec la nomination comme Ministre de l'Éducation nationale de Christian Fouchet, spécialisé dans la police, on a accentué les risques de dérapage. Le dialogue n’était pas son fort sauf une matraque à la main. L’automne passa inaperçu alors qu’il annonçait un printemps beaucoup plus chaud que prévu.
Avec une longue leçon de morale, d'autorité et de patriotisme de Nicolas Sarkozy, avant son tonitruant réquisitoire contre l'héritage de Mai 68, l’UMP avait effectué son dernier meeting parisien. Dans un palais de Bercy plein à craquer (20 000 sympathisants et plusieurs milliers d'autres dehors), les stratèges sarkozystes espéraient tourner la page de cette première semaine d'après premier tour, "confisquée", disaient-ils, par le duo Royal-Bayrou.
Pour lui, Mai 68 était en effet responsable de tout : du dénigrement de l'identité, du communautarisme, de la faillite de l'école, du cynisme des capitalistes et même des parachutes dorés ! De la campagne qui s'achève, Sarkozy dit carrément : "Ce fut une campagne aux prises avec une crise morale comme la France n'en a peut-être jamais connu, sauf peut-être au temps de Jeanne d'Arc." Le candidat de l'UMP tonne : "Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l'élève valait le maître [...], que la victime comptait moins que le délinquant." "Il n'y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie", lance-t-il, dénonçant la "gauche, héritière de Mai 68 [...]. Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes". C’était il y a quelques mois mais jamais ces propos n’ont été d’une brûlante actualité. 
Comme il y avait aussi un anti-américanisme prédominant sous-jascent en 1967 Nicolas Sarkozy est allé aux Etats-Unis pour expliquer qu’il savait parfaitement où était la source idéologique du libéralisme débridé. Englués en Irak comme ils le furent au Vietnam sans le soutien de la France, les USA ont toujours mal vu ce mouvement de Mai 68 comme une période dangereuse de l’histoire européenne. De leur sol, le chef de l’Etat français a même tancé les manifestants de son pays en rassurant ses hôtes sur la poigne qu’il mettrait en œuvre afin de résister à ces " révolutionnaires " désireux de défendre leurs acquis sociaux.
PAS DE SUITE ?
Pourtant s’il a eu son premier Ministre au téléphone il a du apprendre que les campus sont de plus en plus dangereux. Il va falloir payer des heures supplémentaires détaxées aux forces de l’ordre pour rouvrir ceux qui sont occupés. Avec l'entrée en scène de l'Unef, le mouvement risque en effet de se durcir. Hier matin, pourtant, François Fillon disait ne pas croire à une "contagion." "Je crois qu'il y a quelques mouvements souvent inspirés par des considérations très politiques qui, je le pense, n'auront pas de suite ". Hier, on comptabilisait toutefois le blocage de dix universités sur 85... Et Bruno Julliard a estimé après sa rencontre avec la ministre qu'elle " a pris conscience que la situation se tend sérieusement dans les universités ". Etrange ressemblance avec octobre 67 quand tout le monde se moquait de ces " hippies " qui prétendaient bloquer le système universitaire.
A Nantes, les étudiants ont voté le blocus des facultés de sociologie, de lettres et de langues, lors d’une assemblée générale rassemblant quelque 700 étudiants. A Paris, le site de Tolbiac a voté lors d’une AG rassemblant plus de 1 400 personnes le blocage des cours d’amphi et de travaux dirigés jusqu’à vendredi. Dans le Nord, l'université de Lille I (Sciences) a rejoint celle de Lille III (lettres et histoire), déjà bloquée la veille par les étudiants grévistes. A l'université des Tanneurs de Tours (Indre-et-Loire), le blocage a été voté pour l'UFR Lettres jusqu'à lundi prochain. A Lyon 2 plusieurs centaines d’étudiants ont voté cet après-midi le principe de la grève et leur participation aux manifestations des 14 et 20 novembre prochain des agents de la SNCF et des services publics.
A Paris, la nuit dernière, les forces de l'ordre sont intervenues pour empêcher les étudiants en grève d'occuper la Sorbonne, haut lieu de la contestation étudiante. Or on sait que lorsque les enseignants, les fonctionnaires, les ouvriers reçoivent le renfort de leurs enfants pour défiler on commence à être sur des bases différentes. A Toulouse, le blocage de la faculté du Mirail s’est poursuivi comme à Rouen. Dans le Languedoc-Roussillon, des barrages filtrants étaient toujours installés sur plusieurs accès de la principale université de Perpignan. A Aix, là aussi un barrage filtrant est en place depuis hier.
A l'université de Rennes 2, bloquée et en grève depuis hier, la situation est tendue entre grévistes et non grévistes, ces derniers ayant tenté en vain de débloquer les accès. La tache d’huile sur le feu s’élargit et risque d’être à son maximum la semaine prochaine lorsque les trains vont s "arrêter et on doit tout de même un peu s’inquiéter du coté des renseignements généraux car si l’histoire ne sert pas deux fois les mêmes plats elle aime bien les reconstituer.
EN ORDRE DISPERSE
La réponse n’a pas varié depuis 40 ans puisque dès qu’il y a occupation on envoie les " ouvre-boîtes " ! Les étudiants opposés à la loi Pécresse, qui bloquaient les bâtiments des facultés de Lettres et Sciences humaines de l'université de Nantes, ont donc été évacués par les forces de l'ordre hier soir vers 21 heures. Le matin, plus de 600 étudiants avaient voté au cours d'une assemblée générale le blocus de l'UFR de Lettres et Sciences humaines de l'université de Nantes. 80 agents des forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation sans bousculade et sans violence, sans que l’on soit assuré qu’ils ne reviennent pas dès ce matin !
La police a aussi évacué après 22 h 00 , environ 75 étudiants opposés à la loi Pécresse sur l'autonomie des universités qui occupaient les locaux de Paris I situés rue de Tolbiac, dans le XIIIe arrondissement. Les étudiants, qui occupaient les lieux après un vote en ce sens d'une assemblée générale réunissant plus de 1.000 étudiants dans l'après-midi, sont sortis dans le calme, sans discuter, alors que c'était une vraie provocation de la part de l'administration d'envoyer les CRS. Et on peut se poser la question si un bon incident n’aurait pas rendu service à tout le monde.
" Les AG sont plus calmes que pendant le mouvement contre le CPE, et à ce moment là, malgré les occupations, le président ne fermait pas Tolbiac", a argumenté Juliette Griffond, convaincue que, cette fois, le président " souhaite que le mouvement se radicalise " pour l'éteindre. Il a d’ailleurs décidé que le centre Tolbiac restera fermé pour une durée encore inconnue. Ces événements nocturnes témoignent de ce qui attend les contestataires éventuels ailleurs. Au moindre incident on accentuera la pression et on jouera sur ce besoin sécuritaire qui anime actuellement la plupart des consciences même celles des jeunes.
Il suffirait qu’à un moment ou un autre certains policiers en grève du zèle, les gardiens de prison qui dénoncent leurs conditions de travail face à la surpopulation carcérale, les cheminots, les chauffeurs routiers mécontents de la flambée des prix du gazole, les marins pêcheurs qui ont conscience de la surpercherie des exonérations de charges sociales pour compenser l’augmentation du carburant, les cheminots volés sur leur retraite, EDF-GDF et les autres régimes spéciaux sous pression, les fonctionnaires attaqués de tous cotés, les enseignants victimes de la transformation du " sumo en athlète ", les travailleurs de chez Ford et d’ailleurs dont les emplois sont massivement délocalisés, celles et ceux qui pour gagner moins doivent travailler plus se croisent durant quelques temps pour que l’on sente souffler l’esprit de mai 68 en 2008. 
On sait que le mécontentement actuel va forcément mettre du temps à mûrir mais il faut penser que son esprit va imprégner quelques esprits. Ah ! j’oubliais l’essentiel Total a annoncé hier, en forme de défi, ses profits. L a compagnie pétrolière a dégagé sur les neuf premiers mois de l'année un bénéfice net quasi stable, à 9,581 milliards d'euros, et une hausse de 1% de sa production, alors que celle des autres majors pétrolières est globalement en déclin. En 2006, Total avait engrangé un bénéfice record de 12,58 milliards d'euros, le plus gros jamais enregistré par une entreprise française. Cherchez l’erreur !
Mais je déblogue…
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E
Merci Julie pour ces deux "films" très pertinents.<br /> Benoit Hamon a, je pense, tout dit sur ce qu'il est possible de penser du PS sur cette histoire du TCE !<br /> Le PS est en train de "mourir"...
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J
votre avis sur la position du PS concernant le traité européen???
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J
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