Avec Noêl ce qui est bien c’est que nous avons des repères rassurants. Nous retrouvons le sapin, les décorations, les huîtres, les chocolats, les compulsifs et à sa manière on se rassure en se donnant parfois l’impression d’être riche. Nous jouons aussi aux Rois mages, cette légende rassurante qui voit des gens se pencher avec générosité sur le berceau d’une vie que l’on souhaite la plus agréable matériellement. Nos soirées nous les rêvons semblables à celles des gens qui ne comptent pas. Nous voulons des fastes surdimensionnés, de la surabondance provisoire afin de nous rassurer sur notre propre avenir. Cette standardisation des ambitions a été parfaitement utilisée sur le plan politique et continuera à l’être. Il faut absolument être vécu soit comme un roi mage qui dispense des bienfaits soit comme un " élu " qui reçoit les leurs.
Nos attitudes, toutes proportions gardées, sont similaires dans leur signification à celles du Fouquet’s un soir d’élection : elles nous permettent, à notre manière et avec nos moyens, d’entrer brièvement dans le monde interdit de ceux qui peuvent claquer du fric sans retenue. Les fêtes de fin d’année sont des moments où l’on se déconnecte par la nourriture et la générosité de l’austérité des mois antérieurs. Nous essayons de manière plus ou moins ostentatoire de nous rapprocher de la consommation sans limites, celle dont beaucoup de monde rêve en regardant les résultats de l’Euromillions ou du Loto ! Cette tentation dépenser sans complexe et sans retenue sommeille dans bien des cœurs. Le Père Noël de l’Elysée l’a bien compris : personne ne songera véritablement à mener un train de vie de star ou de tsar ! Il a même inventé les moments pharaoniques !
Le président français Nicolas Sarkozy est en effet arrivé à Louxor, sur les bords du Nil en Egypte, pour un séjour privé qui s'annonce hautement médiatisé, avant une visite officielle au Caire. Maintenant il va falloir séparer le temps d’avions présidentiel privé et le temps d’avion présidentiel public puisque son salaire augmenté va enfin lui permettre de faire face à ses dépenses personnelles. On ne peut qu’être rassuré : tous les frais liés à l’aller, au séjour jusqu’au 30 décembre et au retour seront payés sur facture ! Il est arrivé "avec une accompagnatrice" (devinez qui ?) et quelques membres de sa famille à Louxor, une ville musée, l'ex-Thèbes pharaonique, en Haute-Egypte, à 700 km au sud du Caire.
DES CADEAUX EN PAGAILLE
Sa nouvelle relation désormais publique, avec un ex-top modèle et chanteuse de 39 ans va constituer le second épisode de " amour, gloire et beauté " qu'une foule de touristes, et un fort contingent de journalistes s’apprêtent à partager. Pour cette première partie de son séjour privé, c'est au Old Winter Palace, un hôtel de légende en bordure de la rive-est, que le président français s'installera dans une suite, face au Nil.
Outre "l'accompagnatrice", un de ses fils et sa fiancée ainsi, sans doute, que la mère de Nicolas Sarkozy, seront logés dans ce palace de la fin du XIXe siècle de style victorien, au superbe jardin exotique, aujourd'hui géré par le groupe français… Accor (tiens donc !). Un bal masqué de têtes couronnées fut organisé pour son inauguration, lors du réveillon 1886. Parmi d'innombrables personnalités, l'ex-président français Valéry Giscard d'Estaing figura parmi ses clients. En fait, le président Sarkozy aurait souhaité retourner à l'hôtel Old Cataract d'Assouan, où il avait séjourné en 2003 et lieu choisi par le défunt président François Mitterrand pour son ultime réveillon de 1995, ce qui n'a pas été possible pour des questions d'organisation. François Mitterrand avait pris l'habitude de venir en hiver à Assouan, tout au sud, à 900 km du Caire. Accompagné pour son dernier séjour d'Anne Pingeot et de leur fille Mazarine, il décéda peu après, le 8 janvier 1996. Dans le cadre de la fabrication de son image ce " rapprochement " lui aurait permis de clouer le bec à de socialistes imprudents qui auraient osé un commentaire sur ces vacances d’un autre monde que les Françaises et les Français rêvent secrètement de fréquenter !
Après Louxor, où la discrétion ne devrait guère être au rendez-vous, Nicolas Sarkozy et ses proches prendront, le 27 au soir, la direction de Charm el-Cheikh, la grande cité balnéaire au bord de la mer Rouge, à la pointe sud du Sinaï. Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner les y rejoindra avec sa compagne Christine Ockrent dans une villa retirée, et aux abords bien verrouillés, sur la baie de Naama. On y parlera des Droits de l’Homme et du séjour de Kadhafi dans la luxueuse villa avec un accès direct à la mer. Elle est située dans une vaste bande littorale, propriété du cheikh d'Abou Dhabi (rappelez vous celui qui a réglé la rançon libyenne pour les otages bulgares) ce qui ne devrait pas poser de problèmes pour l’addition quand on connaît la générosité du personnage invité d’honneur du premier 14 juillet sarkozyste.
IL N’Y A PAS URGENCE
Si l’on effectue un bilan de cette escapade on constate objectivement que le déplacement est effectué en avion privé (Falcon prêté à nouveau par son pote Bolloré, le séjour dans un hôtel d’un copain (groupe Accor), le déplacement en Egypte d’un lieu à l’autre assuré par Bolloré, la villa est aimablement mise à disposition par un personnage clé de la politique au Moyen Orient qui recevra sans conséquences aucunes sur la politique française, le chef de la diplomatie, une journaliste influente et le nouveau couple présidentiel en lune de miel ! Peut on rêver mieux pour un feuilleton people ? Les Rois mages ont de l’avance sur la terre d’Egypte. le scénariste de l’info a de quoi se régaler ! Il en est en revanche d’autres qui réécrivent sans cesse les épisodes de Noël et qui jouent le rôle des méchants dans un monde à l’s dans un monde à l’eau de rose. Les urgentistes hospitaliers !
Ils menacent de durcir en janvier une grève illimitée entamée hier et qui est actuellement sans conséquences pour les patients, pour obtenir la rémunération d'heures supplémentaires impayées depuis des années et davantage de moyens pour l'hôpital. Revoici le fameux problème des heures supplémentaires dont on rétorquera qu’il est lié à ce système basurde des 35 heures alors que ce sont surtout des " suppléments " liés à l’absence de personnel qualifié et au terrible numerus clausus médical qui a privé les " urgences " et l’anesthésie (métiers trop risqués) des possibles vocations.
Les représentants des grévistes ont jugé "insuffisantes" des propositions faites lundi par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, au cours d'une visite aux urgences de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris.
" Nous avons le service minimum, donc ça ne changera rien pour les patients pour l'instant ", a déclaré le président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) Patrick Pelloux sur France Info. " Ca ne changera rien pour les malades parce qu'il n'y a aucun conflit social qui mériterait que l'on remette en cause la sécurité des malades ", a-t-il ajouté. Il avait toutefois prévenu que si rien n'avançait, ils iraient vers " une grève très dure à partir du 2 janvier, sans doute rejoints par les syndicats d'anesthésistes-réanimateurs " ON ATTEND UN MIRACLE
Une " concertation " sur les millions d'heures supplémentaires et jours de congés impayés à l'hôpital s'ouvrira le 7 janvier, a indiqué lundi la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot qui ne tardera pas à proposer un… grenelle eds urgences afin d’enterrer avant les élections le problème ! Selon la Ministre elle-même, 23 millions d'heures supplémentaires et 3,5 millions de jours de RTT restent impayés dans les hôpitaux, " soit 800 à 900 millions d'euro ". La ministre, qui a visité les urgences de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, où travaille notamment Patrick Pelloux, a annoncé disposer de 572 millions d'euros, dont 324 fournis par les hôpitaux eux-mêmes dont on sait qu’ils sont déjà en rupture financière. Présent au cours de la visite, Patrick Pelloux, a contesté les chiffres fournis par Roselyne Bachelot: " Il y a un certain nombre de représentants des directions qui sont là, ils sont très étonnés, l'argent n'a pas été provisionné, on ne sait pas où il est ", a-t-il déclaré. En effet le problème c’est que Roselyne Bachelot sort une somme pharaonique de son chapeau, prise sur des budgets déjà déséquilibrés des hôpitaux incapables par exemple de régler l’addition des prises en charge des blessés ou des urgences vitales pas les sapeurs-pompiers !
Il ne lui reste plus qu’une solution : vendre en bloc les hôpitaux au cheikh d'Abou Dhabi ou lui demander de faire le même geste que celui qu’il a effectué vis à vis de la Libye : un chèque de 900 millions d’Euros ! Il pourrait les prendre sur les profits colossaux récemment effectués sur le pétrole et le restituer aux gens qui lui ont adressé. On pourrait demander à Bolloré ou au PDG d’Accor de restituer le paquet cadeau fiscal qu’ils ont obtenu de leur ami et ils entreraient avec les autres dans le camp tellement vénéré des " généreux donateurs ". Au fait c’est Noël et ça fait du bien de croire en un monde juste, équitable et solidaire.
Nicolas Sarkozy retrouvera les… 200 personnalités qu’il a invitées à son déplacement officiel de 36 heures. En faisant la quête pour une contribution sociale généralisée il devrait retourner en France avec une part des fonds nécessaires au financement des urgences où l’on aura conduit cette semaine tous les sans domicile fixe " récoltés " dans les rues des villes, tous les malades qui dès le 1° janvier vont payer la… franchise médicale. Ils joueront ainsi à leur façon aux rois mages ! Joyeux Noël.
Mais je déblogue…