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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE MAXIMUM POUR LE SERVICE MINIMUM

Il y a fort à parier que, dans les prochaines semaines, le principe qui va faire causer sera, une fois encore, celui du " service minimum "… En fait, il va devenir même un véritable enjeu pour la démocratie telle que nous la connaissons depuis belle lurette. Sachant qu’il vaut mieux anticiper sur les problèmes à venir, le gouvernement, va pratiquer le principe de précaution. Il faut absolument avant que ne soient annoncés les ravages des suppressions de postes dans l’Education nationale (NDLR : je vous rappelle au cas où vous auriez un trou de mémoire que les mesures de carte scolaire ont été repoussées… comme par hasard, dans l’indifférence générale, après les municipales !), les hôpitaux, les services publics en général que soit bouclé le verrouillage du droit de grève.
La période est propice aux essais puisque sur les régimes spéciaux le " collaborateur du Président " a réussi avec le soutien actif des médias nationaux à dresser la France qui bosse contre celle des " privilèges ", à faire s’affronter des " victimes " et des " bourreaux ", des " vaillants " et des " fainéants ", des " nantis " et de travailleurs plus pour gagner moins ". On sait en effet que pour espérer régner il faut absolument diviser : la tactique n’a pas vieilli. Dans cette idée là tous les sondages concordent et démontrent que le " service " minimum peut devenir une belle pomme de discorde !
Le service minimum désigne l'obligation faite aux salariés de certains services publics tels que les transports en commun, d'assurer un service minimum, en temps de grève, en particulier pendant les périodes de pointe… alors que de fait il sera impossible en cas de cessation massive du travail de faire mieux que ce qui existe actuellement. Mais peu importe l’essentiel c’est de faire croire à la solution miracle ! Cette proposition resurgit à chaque mouvement de grève concernant les transports en commun. Selon la principale fédération d'usagers agréée, le service minimum est totalement inutile pour les usagers : " la dégradation de la qualité des transports constitue désormais le sujet de préoccupation n°1 des usagers. Si les usagers n'accueillent pas avec plaisir les mouvements de grève, les problèmes des usagers ne cessent pas lorsque la grève s’arrête. Bien au contraire, c'est tous les jours de l'année que les usagers sont victimes de retards, de pannes, d’annulations de trains, d’incidents techniques dus au manque de matériel moderne, à l'entretien déficient des rames et des installations fixes, et aux effectifs insuffisants ".
Selon la CGT cheminots, sur 6 000 incidents relevés par la SNCF ayant occasionné ou des retards ou des annulations de trains, seuls 2 % sont imputables aux mouvements sociaux. Les autres retards et annulations sont dus à des … problèmes matériels, problèmes en grande partie liés au manque d'investissement et de personnel. Mais dans le fond ce n’est pas ces faits qui intéressent les gens puisqu’ils sont imprévisibles et qu’ils ne rencontrent jamais les responsables de leurs déboires ! Alors qu’un jour de grève, ils n’ont pas besoin de se fatiguer : les coupables, forcément irresponsables, leur sont désignés par TF1 et France Télévision !
ON RETRIBUE LES BRISEURS DE GREVE
Alors comme le système de la haine organisée au profit de la cote de popularité du gouvernement fonctionne bien tous les ministres rivalisent dans le service minimum. Dans une note adressée hier aux recteurs d’académie, le ministre de l’Education Nationale propose un dispositif pour tester la mise en place d’un service minimum dans les écoles primaires. Xavier Darcos avait présenté une première ébauche de ce dispositif le mois dernier, avec un objectif simple : que les écoliers puissent être accueillis, même en cas de grève des enseignants.
La journée d’action, organisée le 24 janvier prochain dans la Fonction Publique, lui offre l’occasion d’expérimenter ce dispositif qui existe déjà.
La note envoyée aux recteurs précise le système : il s’agit de passer une convention avec les… mairies volontaires (allez encore les Maires en première ligne), pour qu’elles organisent l’accueil des enfants dans le cas où… tous les enseignants seraient grévistes car il faudrait en effet préciser que quand un seul enseignant de l’école est présent, il doit, de par la loi, accueillir tous les enfants qui se présentent dans l’établissement.
Une compensation financière serait versée à ces municipalités, dans la seule hypothèse de 100 % de grévistes, financée par les retenues sur les salaires des enseignants absents ce jour là. Le ministère a même déjà fait les calculs : cette prime "service minimum" devrait se monter à " 90 euros pour 1 à 15 élèves accueillis et au-delà, à 90 euros par tranche de 15 élèves accueillis ".
Qui vérifiera ? Qui facturera ? Dans quels délais l’Etat paiera-t-il ? Comment aura-t-on l’assurance que les enseignants non grévistes seront là ou absents le 24 janvier au matin ? En fait, Xavier Darcos, malhonnêtement, cherche à transformer les Maires en… briseurs de grève des enseignants. Il va même plus loin ils les paient pour cela ! Un comble qui n’existe dans aucun pays démocratique. Mais je ne fais guère d’illusion : les parents vont aimer à moins de deux mois des élections municipales. Ils vont téléphoner illico en Mairie pour demander les raisons pour lesquelles leur édile n’a pas mis en place le service minimum qui les sauve de ces grévistes sans scrupules ! La droite ne va pas se gêner pour mobiliser !
AVANT ET APRES LES MUNICIPALES
Si Xavier Darcos a déclaré les suppressions de classes non urgentes à ses yeux en les repoussant après les échéances électorales locales, il a estimé en revanche que le service minimum était capital dans cette période de préparation de la prochaine rentrée. Qui a dit qu’il s’agissait encore d’une provocation ? Qui a osé affirmé publiquement que c’est un effet d’annonce politicienne ? Qui a pensé que les enseignants ne perdaient pas de leur pouvoir d’achat pour leur seule satisfaction mais pour la défense des enfants qui leur sont confiés ? Qui a pensé que quand il y aura des écoles occupées après des mesures désastreuses de carte scolaire il sera un peu difficile d’aller solliciter la solidarité des professeurs ? Demandera-t-on au Maire de mettre alors en place le service minimum contre l’intérêt des élèves et des parents citoyens ? 
" Si cela ne fonctionne pas, il faudra aller plus loin", indique en effet le ministre lors d'un entretien hier sur LCI, la Pravda télévisée du Sarkozysme. "Je ne reculerai pas sur ce sujet parce que c'est une promesse du président Nicolas Sarkozy", ajoute-t-il. Lors de cet entretien, Xavier Darcos a rappelé qu'il " tenait beaucoup " à ce que les grévistes se déclarent 48 heures à l'avance. " Il faut que les inspecteurs d'académie aient une clarté de la situation au préalable ", remarque-t-il. 
Ces inspecteurs d'académie devront alors informer les communes des mouvements sociaux prévus. Les directeurs d'école restent responsables de l'information aux familles, qui insiste notamment sur l'obligation d'affichage " au minimum 48 heures avant le commencement " de la grève. Le piège est mis en œuvre : si un enseignant n’est pas gréviste il se met en position de gérer le " service minimum ", s’il reste chez lui il se défausse sur le Maire !
FSU ET AMF D’ACCORD
Les discussions autour d'un service minimum dans le primaire étaient engagées depuis la rentrée de septembre 2007, mais sa mise en œuvre était envisagée pour la rentrée 2008. "Ce dont je veux parler avec les syndicats, qui en sont d'ailleurs d'accord, c'est de prévoir l'accueil des élèves, au moins jusqu'au collège, les jours de grève", avait indiqué le ministre le 3 septembre 2007. En juillet 2007, les premières évocations d'un service minimum avaient déclenché l'ire des puissants syndicats de l'Education nationale qui considéraient cette mesure comme une atteinte au droit de grève.
" Ceci est présenté comme un accueil aux élèves. Mais la manière dont le ministre dit les choses annonce, pour l'avenir, le souhait d'une limitation du droit de grève. Et c'est inquiétant. Car Xavier Darcos et le gouvernement nous désignent comme des perturbateurs, eux-mêmes s'affichant comme des sauveurs. La grève est un droit. De plus, lorsque nous exerçons ce droit, une retenue sur salaire est effectuée. Ce qu'il faut, avant d'envisager un service minimum, c'est éviter les grèves par la prise en compte des revendications du personnel enseignant. Le ministre n'entend pas nos demandes et poursuit sa politique qui remet en cause la réussite de tous les élèves. Le 24 janvier, nous manifesterons pour les salaires, contre la suppression des postes et contre la politique éducative mis en place actuellement qui remet en cause la réussite pour tous " explique sur NouvelObs.com Gérard Aschieri,Secrétaire général de la FSU (Fédération syndicale unitaire). Je suis désolé pour lui mais il n’a aucune chance d’être entendu par une opinion publique dominante ayant depuis longtemps classé les profs dans la catégorie des " trop payés jamais contents de leur sort ! "
Même le Président Ump de la puissante association des Maires de France, Jacques Pelissard, se révolte puisqu’il a estimé hier dans un communiqué que " c'est à l'Education nationale d'organiser le service minimum dans les écoles primaires en cas de grève des enseignants ". Selon cet élu respectable, la proposition du ministre " que ce service soit organisé en externe par les communes qui le veulent " relève " d'une conception originale du service minimum par report de la responsabilité de l'Etat sur des acteurs étrangers aux conflits ayant conduit à la grève ". Mais Xavier Darcos n’en a cure : lui, il fait du Sarkozysme intégral et pas de politique, surtout pas de politique ! Il veut être reçu à son examen de ministre et attends avec anxiété son évaluation. En revanche je ne capitulerai pas devant cette mesure grave pour la démocratie : c’est un minimum !
Mais je déblogue…
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E
Darcos a également trouvé une solution pour que les chefs d'établissement ferment leur "gueule" et l'aident dans la mise en place des réformes très injustes, voulues par la bande à Sarko : Les "chefs" ont touché 750 euros de primes pour Noël et leurs adjoints, 375 euros ! C'est une première !<br /> J'ai vérifié auprès de mes "chefs" car je pensais que c'était encore un "hoax" tellement cela me paraît énorme (pas la prime, mais le principe) ! C'est bien réel !
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E
@ JP<br /> tu aurais aussi pu relever le passage suivant : "Selon la principale fédération d'usagers agréée, le service minimum est totalement inutile pour les usagers : " la dégradation de la qualité des transports constitue désormais le sujet de préoccupation n°1 des usagers. Si les usagers n'accueillent pas avec plaisir les mouvements de grève, les problèmes des usagers ne cessent pas lorsque la grève s’arrête. Bien au contraire, c'est tous les jours de l'année que les usagers sont victimes de retards, de pannes, d’annulations de trains, d’incidents techniques dus au manque de matériel moderne, à l'entretien déficient des rames et des installations fixes, et aux effectifs insuffisants "."<br /> Cette fédération d'usagers a toujours eu des préoccupations de droite ! Je pense donc que nous ne pouvons pas la soupçonner de raconter des bêtises pour nuire au gouvernement en place !<br /> Pour l'argent ou Carla, JP, le bonheur est ailleurs ! ;-)<br /> Payer les enseignants non grévistes davantage fera qu'il y aura moins de grévistes et donc, plus aucun problème de service minimum... Ce n'est pas ma façon de voir, mais il me semble que Darcos devrait aller au bout de sa politique !
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R
"Selon la CGT cheminots, sur 6 000 incidents relevés par la SNCF ayant occasionné ou des retards ou des annulations de trains, seuls 2 % sont imputables aux mouvements sociaux"Je demande à voir!Si l'on qualifie d'incident, un train qui ne circule pas ou bien est en retard, les derniers mouvements sociaux en ont certainement généré des milliers (probablement même plus de 6000) et non seulement 120!@EricProposer de donner aux enseignants non-grévistes le salaire des grévistes en plus du leur, me semble exagéré, car comme ils ne travaillent pas plus, il n'y a pas de raison qu'ils gagnent plus! ;-)Comme tu l'avais fait remarquer fort justement lors d'une précédente grève ils travaillent même moins puisque les élèves en profitent pour "sécher", ou....!Heureux aussi de savoir que tu n'as pas besoin ni d'argent ni de Carla…
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E
@ Nanou<br /> Heu... Pour Carla, non merci ! ;-)
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N
Tu as raison E.M. et moi je trouve que ce qui serait logique et juste c'est que tout le monde ait du travail, un toit, une rollex, des vacances à Petra un remboursement d'impôts et pour vous Messieurs une Carla au bras.C'est fou comme on trouve, si l'on tient bien sa droite,  que les enseignants ont trop de chance, ils sont bien payés, ils ont des vacances etc...et que notre président arrive à peine au salaire des autres chefs d'état.
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