A mon avis, le gouvernement se trompe de cible. Il a inventé de nombreux groupes de travail sur des sujets qui paraissent "essentiels" au gré des événements. La teneur générale de toutes ces commissions est pourtant la même : comment supprimer des fonctionnaires en prétextant des aménagements de leur profession. Toutes les catégories ont droit désormais à la mise à plat de leur statut.
On vient de voir que les enseignants se retrouvaient rapidement sur le devant de la scène et qu’ils étaient accusés par leur propre ministre d’être responsable de tous les maux de notre société. Un rapport sera rendu public ce matin et vite enseveli dans les oubliettes de l’histoire car comme les autres il sera dirigé contre les enseignants et pas mis au service de la réussite des enfants et des jeunes.
On murmure que l’audiovisuel public serait la prochaine cible présidentielle en une période où sa cote de popularité ressemble à un peau de chagrin. Il nommerait même selon certaines confidences Frédéric Mitterrand comme… Président. Il aurait réussi à en capturer un pour faire les basses œuvres alors il en profite. Kouchner, Besson, Lang, Bockel, Attali, Rocard… ont tous été associés à des propositions dont rougirait le moindre militant socialiste de base promu conseiller présidentiel !
Il reste pourtant un secteur dans lequel on n’a pas encore lancé une commission pour conduire une réforme forte. C’est celui de la… police ! Est-ce un hasard ? Il est vrai que cette activité sociale chère au cœur présidentiel n’a absolument pas besoin de faire l’objet d’un procès en sorcellerie comme celui que l’on fait actuellement au reste de la fonction publique. Il est parfait. Sauf que ce week-end un client d'un restaurant de Franconville a été gravement blessé par balle suite au comportement " intolérable " et " inadmissible " de deux policiers, immédiatement suspendus, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Hier, ils étaient toujours en garde à vue.
Selon les informations récoltées auprès de deux sources proches du dossier, un policier hors service et en état d'ébriété (2 grammes d’alcool dans le sang) aurait fait usage de son arme lors d'une soirée privée dans ce restaurant. Son collègue courageux aurait pris la fuite immédiatement après les faits. Les " agissements " des deux policiers, fonctionnaires du service central automobile, " ont abouti cette nuit à la blessure grave d'un client par balle" " écrit dans son communiqué la ministre. Il est vrai que le blessé ne sera que tétraplégique (moelle épinière touchée) et que il se retrouvera handicapé à vie car le tireur voulait fumer… une cigarette dans le restaurant ! Je pense qu’il faut absolument créer un groupe de travail présidé par Lucky Luke pour réguler la manière dont doivent travailler et être notés les policiers d’élite. Le mérite ? Ou au moins le principe de travailler plus pour etre payé plus. Ces gars là faisaient tout simplement des heures supplémentaires et cherchaient probablement dans les bars des sans papiers à expulser !
LES RAMBOS EXISTENT
Ces faits regrettables et qui ne mettent pas en cause l’ensemble d’une profession pas plus qu’un enseignant mal noté ne remet pas en cause tous ceux qui font parfaitement leur travail mériteraient d’être rapprochés de bien d’autres. Voici le récit d’une autre bavure parmi beaucoup d’autres liée au port d’armes hors service.
Vers 19 heures, sept hommes de la 2e division de police judiciaire (DPJ) débarquent en civil. Ils suivent un jeune du quartier qui sort de chez lui, monte dans une voiture verte conduite par une femme. Balé Traoré est suspecté de dealer du crack. Au feu rouge, à l’angle de la rue de la Goutte-d’Or et du boulevard Barbès, l’interpellation dérape, un coup de feu part, Balé Traoré s’effondre. Une balle a perforé le thorax, l’épaule, passant à quelques millimètres du cœur. Les pompiers entament un massage cardiaque, le garçon est conduit à l’hôpital Georges-Pompidou, où il est opéré à deux reprises.
Le lendemain des faits, Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur, parle d’une intervention policière " parfaitement justifiée ", qui visait un "trafiquant de crack bien connu des services de police et au casier judiciaire bien fourni". C’est faux: Balé Traoré n’a pas de casier judiciaire. Son avocat envoie donc un courrier place Beauvau: "Aucun casier judiciaire ni aucune fiche de police de l’intéressé ne figurant à la procédure, vous m’obligeriez en me faisant savoir si vous disposez des pièces que vos services n’auraient pas jugé utile de communiquer à la justice et en m’en faisant tenir copie." Le policier, auteur du tir, mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, passait le même jour deux épreuves pour obtenir son titre de brigadier ce jour là. Il a 31 ans, il travaille depuis près d’un an à la 2e DPJ, et ça fait seulement trois jours qu’il est officier de police judiciaire. Lors de sa garde à vue, Dominique D. a expliqué aux enquêteurs de l’Inspection générale des Services qu’il est repassé au commissariat ce soir-là récupérer… son arme pour le lendemain. Il n’était pas de service, mais quand ses collègues lui ont dit qu’ils avaient " un plan stup en flagrance ", l’ardent policier, s’est senti motivé: " J’ai dit que j’étais partant même si je n’étais pas de service." Comme dans les films. Sauf que là, le coup de feu, c’est pour de vrai… Les armes à feu finissent toujours par poser des problèmes quand elles sont mises dans des mains un peu trop nerveuses ou excitées. Une commission devrait être constituée et remettre à MAM un rapport. Si Lucky Luke n’est pas disponible le ministre de l’Intérieur pourrait demander à Claude Allègre qui dégaine les c……… plus vite que son ombre d’en prendre la tête au nom de l’ouverture car pour les enseignants c’est perdu d’avance avec lui.
LA DISPROPORTION DES PROCEDURES
Si on regarde d’un peu plus près on constate qu’un enseignant, qui a reconnu avoir giflé en classe un élève de onze ans qui l'avait insulté, sera jugé fin mars pour… " violence aggravée sur mineur ", a-t-on appris mercredi dernierde source judiciaire. Lundi dernier, le professeur de technologie dans un collège, âgé de 49 ans, et l'enfant ont eu un différend au sujet du rangement d'une table. C’est bien moins grave que le fait de vouloir fumer une cigarette dans un lieu public alors que l’on est déjà ivre. Selon sa version des faits, le professeur a alors poussé l'enfant contre la porte, et celui-ci, le regardant dans les yeux, l'a traité de " connard ", ce qui a déclenché la gifle.
En fin de matinée, le père du mineur, lui-même gendarme, est arrivé… en uniforme au collège pour demander des explications au professeur avant de déposer plainte. Plus tard, des policiers sont venus chercher l'enseignant chez lui et l'ont placé en garde à vue 24 heures. Imaginez un peu : une garde à vue, c’est à dire le même sort, la même situation que le policier ayant tiré dans le restaurant avec son arme de service.
" En 30 ans de carrière, on ne m'avait jamais parlé comme ça. Mon sang n'a fait qu'un tour, et je l'ai giflé. Je le reconnais ", a expliqué le professeur aux enquêteurs après avoir décliné son identité, celle de son père, de sa mère, remis sa ceinture, ses lacets éventuels et avoir entendu les articles de la procédure.
" On ne peut pas accepter qu'un professeur gifle un enfant quelles que soient les circonstances ",
Parents, anciens élèves et collègues ont unanimement souligné le " sérieux " et la " conscience professionnelle " du professeur qui avait un grand mérite pouvant lui valoir une promotion. Beaucoup s'étonnaient de la sévérité des autorités, plusieurs d'entre eux l'attribuant au fait que la victime est fils d'un gendarme. Signalons en effet que la " victime " n’aura absolument aucune séquelle physique de cet instant d’égarement d’un homme n’ayant pas deux grammes de sang dans le sang. Il a certainement une blessure d’amour-propre mais comme elle lui a permis de devenir une vedette nationale ou internationale à la StarAc’ de l’actualité. Il a égalé le gamin qui avait tenté de piquer dans la poche de François Bayrou. Mais lui n’était pas fils de représentant de l’ordre public.
a déclaré le rectorat. L'enseignant a donc… été suspendu jusqu'à son jugement pour " violence aggravée " jusqu’au 27 mars devant le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe qui a échappé aux ravages du plan Dati sur la carte judiciaire. RECHERCHE PERMANENTE D’UN EQUILIBRE
Les syndicats d'enseignants et les fédérations de parents d'élèves, sans défendre le geste, se sont étonnés de la judiciarisation de l'affaire, qu'ils ont qualifié de " disproportionnée ". Le ministre de l'Education Xavier Darcos a demandé au recteur de Lille de veiller à ce que l'élève soit sanctionné également. Ce qui a été fait : trois jours de repos à la maison pour cet enfant qui aura ainsi une belle idée de ce que peut être le respect des adultes.
En fait cet incident démontre qu’il y a loin entre les commissions d’experts bien pensants et le terrain. Ce n’est qu’un moyen comme un autre la masquer des problèmes de fond que l’on ne peut jamais aborder car ils mettent en cause le fond même d’une société qui réagit par des spasmes liés à la médiatisation plus ou moins forte d’un fait. Focalisation immédiate sur le sujet. Réaction disproportionnée. Constitution d’une commission. Edition d’un rapport. Oubli total jusqu’à la prochaine fois. On recommencera au prochain éclat. Qu’a-t-on fait réellement après Outreau ? Si ce n’est des préconisations jamais traduites dans des actes concrets.
Tant l’on gagnera son " mérite " en bafouant en permanence les principes républicains, lorsque l’on s’assoie sur la Constitution pour revendiquer le " mérite " de l’efficacité politique, lorsque l’on criminalise une gifle pour faire reconnaître le mérite des enseignants, lorsque le " mérite " chez les représentants de l’ordre repose sur le nombre de sans papiers arrêtés ou de procès-verbaux dressés, lorsque l’on considère qu’un banquier peut laisser s’évaporer durant des mois 5 milliards d’euros sans perdre son " mérite " on peut créer toutes les commissions que l’on voudra le résultat sera le même. La morale ne se décrète pas : elle se pratique avec le maximum de soins et avec le sentiment permanent que la perfection n’existe pas et que nous franchissons toutes et tous à un moment ou un autre la ligne jaune.
La seule vérité c’est de l’admettre et de chercher en permanence cet équilibre qui permet à tout groupe constitué de vivre dans le respect et sans tension. L’enseignant a détruit sa vie professionnelle dans un instant de faiblesse… Le policier a détruit une autre vie que la sienne dans un instant de mégalomanie alcoolisée. Tous deux servaient la République et se devait d’être exemplaire : c’est le seul mérite que l’on peut reconnaître à un fonctionnaire !
Mais je déblogue…