On assiste en ce moment à de grands moment de la vie politique, du genre de ceux qui font fuir les électrices et les électeurs et qui les incitent à rester sur leur canapé le jour où ils doivent s’exprimer. Plus personne ne s’affiche par exemple de droite décomplexée filière Sarkozy. On en revient au bon vieux temps du RPR avec ses références à des personnalités plus stables et à la fameuse " défense des intérêts locaux ". A gauche on essaie de colmater des brèches avec l’espoir que les " ralliés " ou les " débauchés " ne pèseront pas sur le moral en hausse. Au centre on pratique la politique de la bouillabaisse consistant à partir à la pêche pour remplir les frigos et faire ultérieurement la tambouille présidentielle du maître Bayrou ! De partout les trahisons se multiplient, les complots fleurissent, les attentats se préparent. La situation la plus spectaculaire vient de se produire à Neuilly, cité où les logements sociaux sont aussi rares que les bonnes idées chez un ministre des finances. N’empêche que ce n’est pas plus clair qu’une crise des banlieues car on croirait en un affrontement entre bandes rivales pour le contrôle d’une cage d’escalier rentable.
David Martinon ami de Cécilia Sarkozy et grand prêtre de la communication élyséenne, a annoncé hier qu'il se retirait de la course électorale à Neuilly-sur-Seine, où il était tête de liste UMP. " J'ai présenté ma démission de mes fonctions de porte-parole de l'Elysée au président de la République, qui l'a refusée " a avoué le malheureux déchu. " Les conditions ne sont plus réunies pour que je mène la campagne des municipales " a avoué le jeune qui descend après s’être vu aux sommets, au lendemain de son lâchage par ses principaux colistiers et par Jean Sarkozy, le fils du chef de l'Etat. " J'en tire toutes les conséquences et je me retire ", a déclaré David Martinon " Merci à tous ceux, et ils sont nombreux, qui m'ont accompagné, qui m'ont aidé et qui se sont investis comme moi sans compter. Je ne vous oublierai jamais ", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, a vite tenté de sauver les meubles en affirmant, sans se démonter, que Nicolas Sarkozy, le fils à papap, n'était pour rien dans la crise que traversait la liste de son parti à Neuilly. " Nicolas Sarkozy n'est pas intervenu directement (sic) dans cette affaire ", a assuré ce brave soldat alors que le propre fils du Président, ainsi qu'Arnaud Teullé et Marie-Cécile Ménard, avaient annoncé dimanche leur intention de créer leur liste, faisant état de divergences profondes avec David Martinon. Ils l’ont proprement poignardé au nom du père, du fils et du saint esprit qui règne à Neuilly ! Son crime : insuffisance notoire dans les sondages !
LE PUTSCH MANQUE DE FISTON
Le président de la République, rappelons le, a été maire de Neuilly de 1983 à 2002. Il avait lui-même choisi d'imposer David Martinon, le porte-parole de l'Elysée, pour conduire la liste de l'UMP lors des municipales de mars prochain. A l’époque il voulait certainement faire plaisir à Cécilia mais désormais il faut encore sauver ce qui peut l’être. Selon plusieurs sources, le président a donc suivi heure par heure l'évolution du week-end et a donné son aval à l'initiative du trio Teullé-Ménard-Sarkozy. "L'Elysée a sifflé la fin de la partie pour Martinon samedi soir", selon une source ministérielle. Et cette info n’est pas parvenue par SMS à l’intéressé mais en direct ! Congédié !
Sachant que le temps presse et que Neuilly sanctuaire historique du Sarkozysme ne peut échapper au contrôle présidentiel au cas où…Une réunion de crise a eu lieu hier soir, au siège de l'UMP car il faut investir un autre candidat. Interrogé sur l'éventualité que Jean Sarkozy devienne tête de liste, Dominique Paillé a estimé que "Jean Sarkozy est un garçon bourré de talent. Il a d'énormes qualités (...) c'est une hypothèse qu'il ne faudrait pas écarter", a-t-il dit. Patrick Devedjian, le secrétaire général de l'UMP, a assuré de son coté que le sondage confidentiel, dont la publication a mis le feu aux poudres, n'avait été commandé " ni par l'Elysée, ni par l'UMP ". Probablement un message subliminal qui aurait été envoyé ni par le père, ni par le fils et donc forcément par le Saint Esprit. En fait on n’aura aps recours au fils de Dieu car la cote de popularité de papa ne s’en remettrait pas. Fiston va être mis en réserve de la République.
Ce sondage BVA créditait David Martinon de seulement "40% des voix" au 1er tour face à son adversaire de droite Christophe Fromentin (45%). Interrogé sur l'éventualité que Jean Sarkozy devienne tête de liste il a lui-aussi répondu: Jean Sarkozy avait " beaucoup de talent, il a sans doute hérité des qualités politiques de son père, il est très sympathique, il se débrouille très bien... il a 22 ans ". Pour Stéphane Le Foll porte parole du PS " la vitrine locale de Sarkozy ", est " en train de se briser ", avec la remise en cause de celui qui avait été " intronisé par le président de la République lui-même " et le " mini-putsch organisé par le fils du président de la République, Jean Sarkozy". Il aura été finalement inutile puisqu’on en reviendra à la liste initialement prévue avec quelques arrangements destinés à estomper les blessures d’amour propre.
LA CUISINE ELECTORALE EST OUVERTE
Rien n’est en effet très simple sur la planète divers droite qui fourmille de ralliés alors que celle de l’Ump se vide au fil des jours. Un peu plus tôt mardi, l’Ump avait annoncé ainsi officiellement apporter son soutien au candidat divers-droite Jean-Christophe Fromantin, à l'issue de la réunion de la commission d'investiture du parti. " Je serai le seul candidat à avoir soutenu Nicolas Sarkozy pendant 20 ans dans cette ville. Je serai le seul candidat à avoir l'expérience de la gestion municipale, puisque j'ai été adjoint pendant 13 ans dans cette ville. Et je serai le seul candidat à avoir mené l'UMP de 350 à 3.800 militants. Je serai donc le candidat des Neuilléens ", a immédiatement réplique Arnaud Teullé à la presse devant le siège de la fédération locale du parti présidentiel ! Et dire que les médias prétendent que seul le Parti socialiste offre ce visage d’une véritable unité !
On en arrive à la bouillabaisse de François Bayrou, président du MoDem, pour les prochaines élections municipales ce qui donne une idée exacte de ce qui serait arrivé ou arriverait si la PS passait par-dessus ses valeurs fondatrices pour aller à la pêche au centre. François Bayrou cherche en définitive à faire des élections municipales " un troisième tour à la présidentielle et une préparation pour la présidentielle de 2012 " en faisant des alliances tous azimuts totalement contradictoires. Ce n(‘est pas mieux de son coté car on imagine mal comment il pourrait finir d’accord avec tout le monde dans un parti au sein duquel chacun aura pris la direction qui lui paraît la plus " rentable ". Le prochain congrès du Modem ressemblera à une auberge espagnole où chacun posera sur la table ses réussites de cuisine électorale et surtout… ses recettes locales incompatibles avec un engament national clair. Le parti devenu hétéroclite ne pourra se nourrir que de la faiblesse des autres ! et c’est sur cette stratégie que compte Bayrou : implosion du PS et délitement de l’Ump !
BIEN AU CHAUD
" Pas un mot sur un projet pour les municipales, sur l'action concrète qu'entend conduire le Modem lors de ces municipales! ",
Vous avez sûrement noté que tous ne partent pas en première ligne car ils ont une telle confiance dans leurs choix et dans… leur Président favori qu’ils ont adopté le fameux principe : " armons nous… partez ! "
François Bayrou annonce que sa seule stratégie est d'exclure les sectaires, il passe un accord avec Alain Juppé à Bordeaux qui lui apporte son soutien à Pau, qu'il souhaite conquérir alors qu'il y a une liste de gauche. Comprenne qui pourra ! François Bayrou est donc bien dans une stratégie non pas d'être utile aux Français mais dans une cuisine politique à la sauce béarnaise pour passer avec le moins de dégâts possibles cette étape des municipales et ce qui sera plus dur pour lui des cantonales car le scrutin individuel est impitoyable.
Tous les sondages concordent. Surtout dans les grandes villes qui avaient déjà largement soutenues la candidature de Ségolène Royal, la vague monte et l’inquiétude des " divers droite " en place grandit. Ils ne cessent de ressasser pour se rassurer que les votes du 9 mars seront à dimension locale, que la politique n’a rien à y faire, que l’on ne choisit pas un maire pour son étiquette. C’est le refrain de la Droite quand elle est menacée car elle compte sur la mémoire courte des électrices et des électeurs.
Je suis certain que tous les employés, les ouvriers, les fonctionnaires, les artisans, les commerçants, les infirmières, les enseignants… seront par exemple ravis, au moment de voter, capables de se rappeler que selon une étude de Hay Group, 77% des principaux dirigeants d'entreprises françaises ont vu leur rémunération augmenter de… 40% entre 2006 et 2007, faisant des P-DG de l'Hexagone les patrons les mieux payés d'Europe. Allez un bon geste… votez de la main gauche contrairement à ce que l’on pourrait croire c’est celle du cœur, des valeurs et de la colère !
Mais je déblogue…
a noté Stéphane Le Foll porte parole du Ps qui devient tout à coup lucide. Il a dans cette perspective évoqué la convention du MoDem sur les municipales de dimanche dernier dont il n’est rien ressorti autrement que " débrouillez vous à récupérer le maximum de postes ". Cette doctrine conduit à l'incohérence totale de la stratégie Modem basée par des accords à la carte contre l'avis même de François Bayrou sur la base du plus offrant. Une réalité qui ne me réconciliera pas avec la vision d’un parti socialiste mettant le cap à droite. D’ailleurs tous les ministres d’ouverture resteront bien au chaud chez eux lors des échéances électorales qui se profilent.