Toutes les institutrices d’école maternelle en ont au moins rencontré un dans leur vie professionnelle. Un petit, teigneux, prêt à bouder pour un rien, revendiquant la place de chef alors qu’il n’a aucun espace pour y parvenir. Ce gamin là témoigne d’un acharnement qui vire à l’obsession. Incontrôlable il décoche un gnon au premier venu, par incapacité à se contrôler, à cause d’une impulsivité maladive. Il est sans cesse victime et sans cesse agresseur. Il ne parvient jamais à finir un récréation sans un incident ou un autre.
Dans ma carrière d’enseignant j’en ai croisé moi aussi quelques-uns plus cabochards les uns que les autres. Ils défiaient tout ceux qui s’opposaient à eux en permanence, malgré le sentiment affirmé qu’ils aggravaient forcement leur cas. La gouvernance présidentielle actuelle est de cet acabit. Elle repose sur un coupable entêtement à vouloir avoir raison face à tout le monde. Rien d’autre que des crises répétées avec dérapages plus ou moins contrôlés. Le Président de la République ressemble de plus en plus à un petit Nicolas de communale qui détruit le jouet qu’il a tant envié. Il traverse des moments irrationnels pour aussitôt regretter de les avoir pris en compte. Aucune stabilité, aucune fiabilité, aucune sérénité. En ce moment nous sommes dans sa période religieuse.
De tous bords arrivent des inquiétudes ou des critiques sur ses affirmations, ses actes, ses déclarations d’une autre époque. Mais plus les oppositions se font jour et plus il insiste comme s'il voulait absolument dresser une partie de la France contre une autre et rallumer une guerre dont il sortirait forcément vainqueur. Il bouffe de la laïcité comme d’autres dévoraient du curé. Il se prend pour le nouvel évangéliste investi de la mission de sauver le monde catholique.
Ce week-end il a encore franchi une étape. Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a en effet fait parvenir un message de " vœux " et d’excuse à quatre diacres catholiques traditionalistes qui y ont été ordonnés samedi. Cette lettre a été lue à la fin de la cérémonie d'ordination de quatre diacres - deux Français, un Italien et un Polonais - par l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'institut traditionaliste du Bon Pasteur. On connaît bien l’abbé Laguérie en Gironde et on sait qu’il ne manque jamais une occasion de flirter avec la Droite complaisante et qui a été prompt à exploiter de manière mensongère ce courrier !
Issu d'une famille catholique, il est entré au séminaire à Ecône au sein de la Fraternité Saint-Pie-X et est ordonné prêtre le 29 juin 1979 par le célèbre Monseigneur Lefebvre. Un de ses frères est également prêtre de cette fraternité. À partir de 1984, il est nommé curé de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet dans le V° arrondissement de Paris. Il y reste pendant 13 ans jusqu'en 1997, et tente en mars 1993 avec l'aide de 400 fidèles d'occuper l'église Saint germain L’Auxerrois. Chassé par la police, il est sanctionné le 10 mars 93 puis pardonné le 14.
LE BON PASTEUR SAINT ELOI
En 1998, il rejoint justement Bordeaux où il obtient d’Alain Juppé en 2002 l'autorisation d'utiliser l'église Saint Eloi, église désaffectée entre 1981 et 2001 qu'il rend au culte. À la suite de critiques faites par lettres privées à certains de ses confrères quant au fonctionnement des séminaires de la FSSPX et quelques mois avant la tenue du chapitre général auquel s'est représenté son supérieur général, il est exclu par le supérieur de cette fraternité, le 16 septembre 2004… Un parcours très agité avec des accointances politiques très fortes qui en font le leader incontesté des intégristes.
Le 8 septembre 2006, l'abbé Laguérie est nommé supérieur du nouvel institut du Bon Pasteur, fondé avec l'accord du pape Benoît XVI, institut de droit pontifical dont le siège est à Bordeaux où se trouve aussi l'église Saint-Éloi où il exerce son ministère après une convention signée avec Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux. Cette acte consacre le retour de l'abbé Laguérie et de ses fidèles au sein de l'Eglise catholique, et son excommunication est levée.
Selon le droit canon, l'Institut de droit pontifical du Bon-Pasteur est devenu une société de vie apostolique. Il a une juridiction ordinaire sur les prêtres qui en dépendent. Le 1er février 2007, un décret du cardinal Jean Pierre Ricard archevêque de Bordeaux, érige Saint-Éloi en paroisse personnelle en l'église Saint-Éloi. Prêtre très médiatique et figure emblématique du catholicisme traditionaliste en France, il est régulièrement invité à s'exprimer sur les ondes et à la télévision. Il y exprime des positions extrêmement discutables. Ainsi tous les ans, une messe pour le repos de l'âme du… maréchal Pétain est célébrée, le 23 juillet, date anniversaire de sa mort. Saint Éloi selon son thuriféraire serait lié de deux manières à Philippe Pétain : c’est du Mont Saint-Éloi près d’Arras qu’il commanda son corps lors de la bataille d’Artois, au printemps 1915 et cerise sur le gâteau la devise Travail, Famille, Patrie serait attribuée à Saint Eloi par l’extrême Droite française. Cet abbé mérite donc le respect et ses prosélytes aussi !
UN SIGNE SUPPLEMENTAIRE
L’abbé Philippe Laguérie a donc précisé avec grande délectation que le président français avait " confié le soin à son chef de cabinet " (tiens donc on retrouve les précieux conseillers) de souligner combien il avait été " sensible " à la nouvelle de ces ordinations et de transmettre " personnellement tous ses vœux (et à tort semble-t-il ses " félicitations ") aux futurs diacres " La France est un des bastions des Lefebvristes qui célèbrent la messe en latin dite " tridentine " et refusent les enseignements du concile Vatican II sur la liberté religieuse et le dialogue inter-religieux. Rappelons par hasard que
Nicolas Sarkozy s'était déplacé le 20 décembre dernier à Rome pour recevoir le titre de chanoine d'honneur de Saint-Jean de Latran, la cathédrale du Pape, une distinction purement honorifique accordée aux rois et présidents français depuis Henri IV au 17e siècle. Le discours qu'il avait prononcé à cette occasion continue à provoquer une vive polémique en France. Nicolas Sarkozy y a exalté les " racines chrétiennes de la France " et évoqué " les souffrances " provoquées chez les catholiques par la mise en œuvre de l'instauration de la laïcité avec la loi de 1905. Son message aux traditionalistes a donc tout lieu d’être pris pour la confirmation d’une position qui sera encore beaucoup plus dangereuse qu’in pouvait l’imaginer. On peut penser en effet qu’un message de ce type relève soit de la naïveté absolue soit de l’inconscience totale. En effet il faut rapprocher ce message du directeur de cabinet des déclarations récentes que l’Elysée a tenté de minimiser les propos d’Emmanuelle Migon déclarant que " la lutte contre les sectes a longtemps permis de dissimuler les vrais sujets. Mais, en France, les sectes sont un non-problème ". Les intégristes non plus probablement !
" La liste établie en 1995 est scandaleuse ", y ajoute-t-elle en évoquant la liste des " mouvements sectaires " de la Commission parlementaire d'enquête sur les sectes. " Quant à la Scientologie ", qui figurait dans cette liste, " je ne les connais pas, mais on peut s'interroger ", estime-t-elle. Elle pourrait ajouter que l’abbé du Bon Pasteur elle ne
Interrogée à nouveau ce jeudi matin par Le Figaro, Emmanuelle Mignon a nié une nouvelle fois avoir affirmé que " les sectes sont un non-problème ", comme il est écrit dans l'hebdomadaire, mais conteste néanmoins la liste des sectes établie en 1995. Emmanuelle Mignon affirme dans le quotidien que " s'il y a des mouvements sectaires qui abusent de la faiblesse des gens (...) il y a un problème. On cherche d'ailleurs les moyens de renforcer notre action contre ces mouvements ". Mais elle souligne que la liste des sectes établie en 1995 l'a été " sans vérification approfondie " et que " certains mouvements n'auraient pas dû y figurer ". Interrogée sur la Scientologie, elle affirme que ce mouvement ne peut être interdit s'il n'est pas " à l'origine d'abus de faiblesse de gens ". UN ENTOURAGE D’ENFANTS DE CHOEUR
Ce pouvoir est le plus "catho" qu'on ait connu depuis longtemps. Le gouvernement est rempli de croyants qui s'assument (Christine Boutin, François Fillon, Jean-Marie Bockel, Xavier Darcos, Michèle Alliot-Marie…). Rachida Dati, fait campagne pour les municipales à Paris en allant à la messe et a demandé vainement à participer au voyage de Rome... L’élysée ressemble de plus en plus à une sacristie. Catho, Claude Guéant, surnommé " le Cardinal ". Catho, Henri Guaino, la plume " républicaine " de Sarkozy, amoureux du "long manteau d'églises et de cathédrales qui recouvre la France", une formule utilisée à plusieurs reprises dans les discours de son patron . Catho enfin, Emmanuelle Mignon, directrice adjointe du cabinet, l'auteur du discours du Latran. " Chrétienne plutôt ", corrige-t-elle : " Aujourd'hui, je me sens plus proche du dogme protestant." Elevée par des parents catholiques mais non pratiquants, éduquée à Sainte-Marie de Neuilly ("parce que c'était la meilleure école du quartier"), Mignon a eu sa révélation à l'âge de 15 ans.
" J'ai rencontré une religieuse qui par son exemplarité m'a initiée à la dimension spirituelle de l'existence. " Elle a commencé une licence de théologie (" j'adore l'exégèse") et a été tentée par la " vie monastique ". Elle a finalement choisi un ordre laïque : l'ENA, puis le Conseil d'Etat, puis le sarkozysme, dont elle a été la boîte à idées... Et l'évangélisatrice ? "Le service du bien public fait partie des missions du chrétien, répond-elle. La religion serait de l'ordre de la vie privée, nous assène-t-on en permanence. C'est absurde. Quand on est croyant, cela irrigue toute votre vie." Et cela a irrigué le discours du Latran.
"Je sais ce que l'on va dire. Le président est manipulé par une catho cinglée. Vous croyez qu'il a besoin de moi pour arrêter sa ligne de conduite ?" Ces propos cités par Marie-France Etchegoin, Claude Askolovitch dans un article sur Le Nouvel Observateur illustre parfaitement la dérive actuelle. Dans son entourage également un Dominicain Philippe Verdin qui a été du voyage à Rome. Tout ce petit monde s'est retrouvé pour y accompagner le président. "Ils rayonnaient, tout à la joie d'être là", assurait Guy Gilbert, le "prêtre des loubards", invité lui aussi. Heureux aussi, Max Gallo, le gaullo-souverainiste revenu au christianisme devenu sarkozyste. Il s'est lui aussi incliné devant Benoît XVI sans ensuite lire ses SMS.
Patrick Buisson, autrefois directeur de " Minute ", l'hebdomadaire d'extrême droite, aujourd'hui patron de la chaîne Histoire, ami et conseiller influent du chef de l'Etat, a, lui, baisé l'anneau papal en murmurant : "Merci Très Saint-Père pour votre motu proprio." Motu proprio ? En diplomatique vaticane, le terme désigne un décret du pape. Le dernier en date remonte à juillet dernier et autorise la messe en latin, revendiquée notamment par les intégristes et les partisans de Mgr Lefebvre ! Si tout cela ne fait pas un "lobby" catho à l'Elysée, cela crée une ambiance. On le constate tous les jours ou presque. La laïcité ? C’est aussi dépassé que les instits… qui devront ensiegné les 10 commandements pour retrouver leur crédibilité pédagogique !
Mais je déblogue…