Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

NOM DE ZEUS !

Ma religion est faite : je n’en ai aucune ! Et je crois que, plus le temps avance, et moins je suis disposé à me reconnaître dans une version divine. Je me demande même comment on peut continuer à croire en la manière dont on célèbre un " Etre suprême " ou un autre. Dans le fond, ce n’est pas le concept religieux lui-même qui pose problème, mais ce que l’on fait en son nom. La porte vient une fois encore de s’ouvrir sur l’intégrisme, dont on sait qu’il constitue le cancer le plus dangereux de l’esprit. Il débouche, tôt ou tard, sur la phase terminale mortelle pour toutes les sociétés : le fanatisme.

La tentation de se croire à l’abri de ces déflagrations intellectuelles qui ravagent régulièrement les certitudes les plus tenaces, serait désastreuse. Elle conduirait au gouffre du conservatisme le plus noir, et induirait un retour inéluctable vers des époques sombres de l’histoire de l’Humanité. Les récents événements démontrent que le chemin de l’enfer n’est pas, en effet, pavé que de bonnes intentions.

SOUS INFLUENCE.-
Il n’est pas inutile de souligner que le fléau essentiel n’a jamais été les valeurs portées par les religions, mais ce qu’en font les hommes chargés de les diffuser. Chrétiens, musulmans, bouddhistes, juifs, animistes et tous les autres, quels qu’ils soient, deviennent dangereux dès qu’ils sont sous influence. Or, pour exister, une religion doit posséder des hommes d’influence capables de prendre l’ascendant sur celles et ceux qui ont parfois des convictions hésitantes. D’ailleurs, lorsqu’ils manquaient d’arguments raisonnables ils n’ont jamais lésiné sur la manière " d’évangéliser " les peuples, de les contraindre à rejoindre les rangs de leurs ouailles. Ces porte voix d’un prosélytisme plus ou moins violent reviennent au premier plan, au nom de la défense de leur Dieu, qui ne leur demande probablement pas autant de zèle ! Ils prêchent exactement, sans aucun état…d’âme, le contraire de ce que leurs propres textes de références portent comme convictions : l’intolérance absolue ou, pire, le meurtre !

Notre civilisation judéo-chrétienne a la mémoire courte, trop courte. Comme dans de nombreuses circonstances, elle se rassure en ressassant que l’Histoire ne se renouvelle pas. Elle se donne bonne conscience (c’est plus concret que l’âme), alors que ses prophètes modernes ne prédisent, dans le fond, que de l’Histoire ancienne. De tous les côtés viennent l’anathème, les atteintes au libre arbitre, les procès, la vindicte publique, les condamnations à mort. Suit la chasse morale ou physique à l’hérétique. Chacun sait que ce n’est pas une nouveauté sur la planète. La seule différence, c’est que l’œil noir des caméras n’étaient pas là pour témoigner des horreurs commises au nom des Dieux des uns ou des autres.

ON PURIFIA ALLEGREMENT.-
Par exemple, en dix-sept ans d'activité en Espagne, le nombre de condamnations prononcées par le tribunal inquisitorial de Tolède sous la tutelle de Torquemada se révéla important : 10 220 brûlés vifs, 6 840 égorgés et brûlés, 65 271 suppliciés et morts au cachot, 12 340 pendus, 19 760 condamnés aux galères à perpétuité, soit un total de 114 431 condamnations à des peines lourdes… Une " bagatelle ", qui toucha les Maures (on ne disait pas encore les musulmans) et les juifs. En France, on purifia allègrement par le feu, avec le sentiment précieux du travail bien fait, pour gagner les faveurs divines.
Un véritable crime contre l'Humanité non reconnu par une journée du souvenir.

Robert le Bourge se montra aussi, en France, un inquisiteur particulièrement efficace. Il détruisit notamment la totalité de la très ancienne communauté cathare de Mont-Aimé en Champagne, brûlant vif une cinquantaine d'hérétiques, et envoyant quelques 187 autres "infidèles" au bûcher à Mont-Wimer. Il faut encore préciser que la moitié nord de la France resta surtout le terrain d'hérésies individuelles alors que la région languedocienne se cantonna à l'hérésie cathare et vaudoise. L'Inquisition, quelque peu dépourvue par la fin rapide de ces " avatars " religieux sectorisés, se concentra sur les… " astrologues ", les " alchimistes ", les " sorciers et sorcières ", les " envoûteurs ", " incantateurs ", " magiciens " et les " devins " dont elle assimila les pratiques à la démonologie. Et on accumula les sentences sans vergogne! Les dessinateurs de presse n'existaient pas encore!

Les juges avaient même à leur disposition des manuels pratiques, pour les aider dans leur mission de purification idéologique, comme le " Pratica Inquisitionis " de Bernard Gui. Ce dernier, Inquisiteur en charge à Toulouse dans les années 1310, compta à son actif 18 hérétiques brûlés vifs, et 65 emprisonnés à perpétuité. Il fut moins performant que le Ben Laden de l’époque : Torquemada !

Ce fut pourtant une véritable lutte sanglante qu'engagea l'Inquisition aux 15e et 16e siècles sur notre sol. La France usa alors de plus en plus de la torture, et brûla un nombre considérable de ces "représentants du diable", dont certains avaient eu le tort de parler, de dessiner, ou d’écrire. Beaucoup d’entre eux ont été expédiés dans un monde… supposé meilleur, au nom de la liberté de ne pas... penser. 

ENDORMISSEMENT DE L’ESPRIT.-
" Le péché fondamental des religions : faire des adeptes qui ne posent plus de questions " explique Albert Jacquard. Ce scientifique, dont la seule religion demeure le bonheur de l’Homme, ne cesse de rappeler ce principe, dont on mesure, et pas seulement depuis le début de cette semaine, les effets pervers. Bien des pratiques religieuses conduisent en effet à ce paroxysme de l’endormissement de l’esprit, à l’acculturation absolue. 

Je n’ai absolument rien contre celles qui font vivre réellement des principes, au-delà de quelques secondes de recueillement. Je ne déteste pas celles qui respectent la solidarité entre les femmes et les hommes. Je ne critique pas celles qui font du passage sur terre le véritable moment de vérité de l’existence. Je ne m’offusque pas de celles qui mènent au respect de toutes les vies constituées. Je ne réfute pas les effets de celles qui considèrent que le bonheur est d’abord dans le pré, avant d’être au ciel ! Malheureusement la dérive actuelle nous pousse dans les bras des exploiteurs des naufrages collectifs.

La télé se régale, se goinfre, d’images tonitruantes relatives à toutes les formes minoritaires d’intolérance. Elle transforme en tempête universelle les vents mauvais soufflant sur quelques récifs. Elle soulève les vagues précipitant sur les rochers le frêle esquif d’une laïcité qu’elle n’a jamais défendue. Les "naufrageurs" guettent avec cupidité, sur les plages du désespoir, les épaves d’une société de raison, de libre pensée, de respect. Ils se constituent un fond de commerce pour les échéances futures, sans se douter que bien des Inquisiteurs sont, à leur tour, morts dans les flammes, comme ceux qui les avaient laissé faire sans broncher.

Le 18 floréal de l'an II (7 mai 1794), la Convention, sur la proposition de Robespierre, avait adopté par acclamation un décret dont l'article 1er était ainsi conçu : " Le peuple français reconnaît l'existence de l'Être Suprême et de l'immortalité de l'âme. " L'Assemblée avait ordonné en même temps qu'une fête solennelle à l'Être Suprême soit célébrée le 20 prairial (8 juin).

AU COMBLE DES HONNEURS.-
Robespierre, son " créateur ",
parut au milieu des membres de la Convention qui, précédés d'un corps de musique nombreux, sortirent du palais des séances par le pavillon de l'Horloge, et prirent place sur un vaste amphithéâtre élevé dans le jardin. Robespierre était soigneusement paré ; il portait un habit violet, un chapeau surmonté d'un panache ; il était ceint d'une écharpe tricolore, et tenait à la main, comme tous les représentants, des bouquets de fleurs, fruits et d'épis de blé. Sur son visage, habituellement sombre, éclatait une joie qui ne lui était pas ordinaire. Robespierre, en ce jour, était parvenu au comble des honneurs. Ce fut sa perte, d'avoir mêlé le religieux et le politique. il n'était arrivé au faîte que pour en être précipité…et raccourci ! Il y a des Robespierre de plus en plus nombreux !

Qui a dit que l’Histoire ne se renouvelait pas ?

Mais je déblogue…

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
En fait, les hommes croient en un dieu parce qu'ils sont prétentieux ! <br /> Ils voudraient être autre chose que des animaux dominant notre monde !<br /> Ils croient mériter mieux que le moustique qui s'écrase sur le pare-brise de leur voiture ! Stupide et prétentieux !<br /> Nous ne sommes que poussière dans l'univers et rien d'autre !
Répondre
J
En ragardant les images d'autodafés qui défilents ur l'écran de ma télé je ne suis guère rassuré sur le rôle des religeiux dans le monde. Mais probablement que ce ne sont que des mauvaises impressions...
E
Dans le doute il vaut mieux s'abstenir... de croire !
Répondre
J
Voilà une excellente idée : créer une journée du souvenir des massacres en tous genres ayant leur origine dans la croyance ou dans la non-croyance. Autrement dit mettre dos à dos Torquemada et Fouquier-Thinville (pas sûr de l'orthographe ...).<br /> Il faut bien en convenir : affubler Mahomet d'une sorte de coiffe avec un bombe sur la tête est une STUPIDITE ... voire une vraie provocation. Autrement dit une initiative répréhensible. L'auteur aurait été mieux inspiré de représenter Ben Laden affublé de ce couvre-chef.<br /> Voyez le commentaire que je mets sur le blog de Jean Daumont (lien sur mon blog) quant à ce que je pense des journalistes ... Ce n'est pas piqué des vers! 
Répondre
G
Il est vrai que personne ne peux prouver que dieu existe! Mais qui peux prouver le contraire? On croyait en dieu bien avant les religions actuelles, quel évènement et qui,a conduit l'homme à croire à un ou plusieurs dieux? Je pense que je comprends la pensée de J.M.D.
Répondre
E
Et si on avait le courage de dire aux peuples que les dieux n'existent pas !
Répondre