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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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PROMESSES DE RECOLTES

Actuellement le monde agricole est agité par un vaste débat sur la valeur de l'Union européenne. Malheureusement malgré la visite du Président de la République il ne mobilise pas l'opinion alors que son contenu même rappelle étrangement celui des prises de position sur le traité constitutionnel européen et sur le récent traité de Lisbonne. Dans le premier cas le refus populaire très mal vécu par les élites de tous bords reposait essentiellement sur une vision de l'Europe exclusivement basée sur la concurrence facteur de profits. Dans le second cas la négation absolue, en France, de la valeur fondamentalement démocratique du suffrage universel, aura permis d'éviter le débat de fond sur l'utilité de textes réputés indispensables pour relancer une structure ayant explosé sous l'influence d'intérêts socio-économiques différents. Jamais la politique agricole n'aura pas en effet mérité son qualificatif de « commune ». Le paradoxe extraordinaire réside dans le fait que la droite libérale devant porter le principe même de la non intervention étatique face à la loi du marché se rend brutalement compte de l'absurdité de ses positions dans le contexte européen actuel. Elle veut bien d'une concurrence échevelée mais... jamais dans sa filière de production !
Le premier syndicat agricole de France, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles. a demandé par exemple hier le maintien des « outils de gestion de marché » (jachère, subventions, quotas), après le « bilan de santé » de la Politique Agricole Commune (PAC) qui doit être adopté au second semestre 2008 lors de la présidence française de l'Union européenne. Autant dire qu'il réclame un maintien d'une politique dirigiste destinée à atténuer les ravages que devrait faire dans le monde agricole français une libéralisation élargie du système productif.
« La volatilité des marchés n'est pas supportable et la puissance publique doit pouvoir intervenir avec efficience quand la situation l'exige », estime le principal syndicat agricole dans une motion adoptée lors de son 62ème congrès à Nantes. Il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'un syndicat de gauche mais bel et bien le plus marqué à droite de tous ceux qui existent en France.
La FNSEA estime sans sourciller que « pour le cas particulier des quotas laitiers, il faut que leur évolution jusqu'en 2015 reste liée à l'état du marché et non à des considérations d'arbitrage aveugle entre les uns et les autres ». Une motion sur les traités européens en cours qui ne reposent en fait que sur des arbitrages « économiques libéraux » s'imposeraient mais ils ne l'ont pas fait et ils ne le feront pas !
LBERAUX SAUF POUR EUX
Le principal syndicat agricole reconnaît qu'il y certes une majorité des pays de l'UE qui considèrent que les aides directes de Burxelles, constituent cependant une assurance tous risques, une réponse à toutes les difficultés et aléas rencontrés par les exploitations. Encore un exemple de ce hiatus entre des gens votant majoritairement pour un système social sans contraintes environnementales, réglementaires avec souvent du travail dissimulé, sans cotisations sociales mais qui veulent une Europe qui leur garantit des revenus et une pérennité de leur situation avec les impôts payés par les autres.
Mais pour la FNSEA, le système initié en 2003, lors de la réforme de la PAC à Luxembourg, non seulement ignore le modèle agricole européen mais en plus porte en germe des conflits permanents entre paysans, entre systèmes de production, entre régions et affaiblit la légitimité des soutiens apportés à l'agriculture. mais diable pourquoi ont-ils accepté que Sarkozy ne les consultent pas sur le traité de Lisbonne si cette Europe ne leur convient pas. Ne savaient-ils pas ces braves paysans que tout se retournera contre ce choix ?
A quelques semaines d'un présidence française de l'UE qui s'annonce mouvementée compte tenu de la faiblesse économique de la France ruinée par les cadeaux fiscaux de 2007, Nicolas Sarkozy est allé en... campagne séduire les agriculteurs bien pensants. Le chef de l'Etat a souhaité « une véritable simplification durable » de la Politique agricole commune (PAC). Dans son discours au salon de l'agriculture, il avait déjà souhaité que la présidence française de l'UE soit l'occasion d'une « refondation » de la PAC, le principal défi pour la France, principal bénéficiaire de la PAC, étant de préserver la majorité de ses aides en provenance de Bruxelles, 10 milliards d'euros par an. Et ça c'est pas gagné d'avance car les autres nous guettent au coin du bois !
Le président Sarkozy a presque avoué qu'il n'était plus pour la loi du marché car il a également affirmé que « les négociations au sein de l'Organisation mondiale du Commerce doivent repartir sur des bases saines et des objectifs clarifiés ». il n'est pas encore altermondialiste mais ça va venir. « Je m'opposerai fermement à tout accord qui ne servira pas les intérêts de notre pays », a-t-il déclaré. Et alors que pèse une France ruinée dans un concert des nations de plus en plus égoïste et dans une Europe non protégée au nom du libre échange productif ?
Il vient d'écrire au président de la Commission européenne Manuel Barroso pour lui rappeler cette ligne. « Je ne veux pas que l'Europe fasse preuve de naïveté », a-t-il dit comme s'il se méfiait déjà des positions qu'il serait conduit à assumer au nom de ses amis anglais, polonais ou luxembourgeois ou pour porter les revendications allemandes ou espagnoles.
RETRAITES PAUVRES
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a promis une revalorisation des petites retraites agricoles avant fin juin. « Au cours de la campagne électorale, j'ai pris deux engagements très clairs et je tiendrai tous mes engagements: revaloriser le minimum vieillesse et porter de 54% à 60% le taux des pensions de réversion sur la durée du quinquennat », a lancé le président au risque d'être démenti par son premier Ministre dans quelques jours ! La réalité est simple la Mutualité Sociale agricole doit rire jaune en enregistrant cette promesse alors qu'elle vient de supprimer les heures d'aide ménagères à ses ressortissants car elle est incapable de les payer. Alors si leur retraite augmente ils pourront toujours s'offrir des prestations payantes plein pot de substitution. Du délire électoraliste... dans un contexte où l'on n'a aucune perspective sur un monde agricole qui « s'industrialise », qui réduits es cotisants, qui se transforme en outil de spéculation financière sur les matières premières et sur le foncier !
« Ces engagements seront tenus avec méthode et sans démagogie, car on ne peut pas continuer de payer des retraites à crédit », a-t-il poursuivi a celui qui vit non pas encore à crédit mais sur l'incrédulité générale. Bon nombre des quelque 2 millions de retraités agricoles (pour seulement 570.000 actifs) que compte en effet la France touchent de très faibles retraites car ils ont des carrières incomplètes en tant que veuves, conjoints ou ayant longtemps travaillé sur l'exploitation familiales sans avoir été déclarés. Mais à qui la faute ? On oublie que durant ces périodes personne n'a réagi et mieux à laissé faire en toute connaissance de cause au nom de la rentabilité incertaine de l'agriculture subventionnée.
Devant un auditoire qu'il a eu beaucoup de mal à réveiller, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois tenté de séduire le monde agricole, après le Salon de l'élevage, en septembre à Rennes, et celui de l'agriculture à Paris en février. Il sait que si cet électorat le quitte il ne pourra plus compter sur une part importante des forces historiques de la Droite. Et il fera la danse du ventre s'il le faut pour le conserver !
TRES CONTENTS DES ANNONCES
D'ailleurs si les adhérent(e)s sont restés modérés, les dirigeants proches du sarkozysme ambiant ont vite applaudi aux... effets d'annonces présidentiels ! « Les propos que nous a tenus le Président de la République nous ont rassurés sur la volonté de la France de maintenir la préférence communautaire et sur sa fermeté dans le cadre des négociations à l'OMC », s'est félicité le président du plus important syndicat agricole lors du discours de clôture du 62è congrès qui s'est terminé jeudi à Nantes. Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, qui doit être reconduit à la tête de l'organisation, a même qualifié d'historique la visite mercredi du Président, une première dans un congrès d'un syndicat agricole, estimant que Nicolas Sarkozy avait fait siennes les positions que la FNSEA défend depuis de longues années. Il reste au gouvernement du collaborateur Fillon à passer aux actes, et en particulier après la promesse renouvelée par Nicolas Sarkozy d'une prochaine revalorisation des petites retraites agricoles. Et ce ne sera pas chose facile. En effet l'objectif d'une retraite minimale à 75% du SMIC figurait dans la loi créant la retraite complémentaire obligatoire mais le problème est complexe pour les finances publiques car la France compte désormais 2 millions de retraités agricoles pour seulement 570.000 actifs dans ce secteur. C'est dons quasiment un régime... spécial à recréer !
L'adoption, hier à l'Assemblée, d'un amendement qui encadre l'utilisation des OGM, notamment dans les zones d'appelation d'origine contrôlée (AOC), a provoqué la colère des promoteurs des cultures d'organismes génétiquement modifiés. « C'est un amendement dangereux », a immédiatement déclaré Christophe Terrain, président de l'Assemblée générale des producteurs de maïs (AGPM).
« Avec cet amendement on peut faire une interprétation très exhaustive, mettre des restrictions, voire des interdictions de productions commerciales OGM dans toutes les zones AOC, comme par exemple dans tout le département de la Dordogne qui est en AOC Noix du Périgord. Nous allons demander aux sénateurs de modifier le texte de loi en deuxième lecture pour revenir à la rédaction initiale » a affirmé sûr de lui le président des maïsiculteurs. Il est vrai que le président de la FNSEA est producteur laitier et céréalier en Ille-et-Vilaine. C'est donc un sujet qui le concerne particulièrement.
Le lobby qui œuvre dans l'ombre peut trouver, si l'on en croit les conversations de couloirs du congrès des arguments plus forts à l'égard des sénateurs renouvelables dans 5 mois que chez des députés élus pour encore 5 ans ! Mais bien évidemment comme pour tout le reste il faudra attendre...pour vérifier fin 2008 si les promesses n'engagent que celles et ceux qui les écoutent !
Mais je déblogue...
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A
Ce qui apparaît comme le plus surprenant - et le plus inquiétant- c'est cette confiance réaffirmée en soi-même, cette conviction irréaliste que l'on va pouvoir, puisqu'on aura la présidence de l'union européenne durant six mois, infléchir la PAC dans le sens souhaité par les agriculteurs français.....Alors, on fait des promesses qui ont fort peu de chances d'être tenues ! Mais les partenaires européens ne sont pas les électeurs français, ils ne sont pas décidés à laisser faire à Mr Sarkozy ce que bon lui semble. La France n'a pas été en mesure de respecter les règles du jeu fixes par l'Union européenne, et il est probable qu'elle n'aura pas beaucoup de poids lorsqu'il s'agira d' "imposer" ses arguments aux partenaires européens.... Il est à craindre que, là encore, la France ne sorte pas grandie des affrontements qui ne manqueront pas de l'opposer à ses partenaires. Et aussi que, six mois plus tard, il y ait beaucoup de déçus dans les rangs des "petits" agriculteurs français. Les autres s'en sortent toujours plutôt bien !
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M
Sur la position de la FNSEA au sujet de la réforme de la PAC, ne soyons pas naïfs sur ses "bonnes intentions": elle défend d'abord le maintien d'un mode de répartition des subventions européennes qui profite essentiellement aux gros producteurs céréaliers. Rappelons, en effet, que 80% des aides PAC profitent à moins de 20% des paysans. La FNSEA s'oppose d'ailleurs, dans le projet de réforme, avec l'appui du gouvernement français, à ce qu'il y ait une distributuon différente de ces aides qui profiteraient davantage aux petits producteurs, à l'agriculture biologique, aux filières de qualité ou à l'agriculture de montagne, et à ce que cette répartition soit régionalisée.Qunat au débat sur les OGM, la gauche a, certes, réussi un joli coup hier à l'Assemblée Nationale, avec la "complicité" de quelques députés UMP qui ont en core quelques scrupules. Mais, n'en doutons pas, tout cela va rentrer dans l'ordre après les quelques coups de sifflet qui vont être donnés par l'assemblage UMP-FNSEA-AGPM-semenciers.
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