Le déficit du budget de l'Etat en exécution s'est creusé à 22,7 milliards d'euros à la fin du mois de février, contre 20,15 milliards à la même date en 2007, annonce le ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique. Comment peut-on discrètement faire un tel communiqué au moment où le gouvernement en chœur se défend de lancer le plus terrible plan de rigueur qui ait jamais été mis en œuvre ? En fait l'Etat qui ne cesse de se délester par diverses astuces réglementaires ou législatives va droit vers le précipice car même avec 7 ou 12 milliards de coupes drastiques dans son budget il n'arrivera pas à combler le cadeau de 15 milliards faits en 2007. Et comme les collectivisé locales vont également être obligées face aux attaques dont elles font l'objet de réduire leurs investissements en 2008 on va assister à une crise sans précédents parce que personne aura eu le courage politique d'affirmer que les impôts justes favorisent la croissance et non pas l'inverse ! Le dogme libéral va tuer les fondements de la République. Au 29 février, les dépenses du budget général totalisent déjà 44,23 milliards d'euros contre 40,50 milliards un an plus tôt ce qui explique qu'il y ait le feu à Bercy !
« Cette augmentation (...) ne remet pas en cause l'objectif de dépenses pour l'ensemble de l'année voté en loi de finances », indique Bercy dans un communiqué en précisant qu'à ce stade de l'exécution budgétaire, les comparaisons d'une année sur l'autre restent peu significatives. Les recettes nettes s'établissent de leur côté à 27,75 milliards contre 27,77 milliards à fin février 2007. Plus rien ne fonctionne puisque les dépenses augmentent alors que la suppression de milliers de postes devaient les réduire et la baisse affichée triomphalement du chômage n'a créé aucun sursaut des recettes puisque la précarité n'implique pas la participation financière à la vie sociale. La chandelle se consume par les deux bouts. Objectivement jamais depuis un demi-siècle la France n'a été dans un tel état.
Toutes les annonces gouvernementales ne constituent que des cache misère pour un peuple anesthésié par des futilités présidentielles alors que son avenir est en passe de basculer vers la paupérisation massive.
La seule satisfaction que peuvent afficher les penseurs du Ministère des Finances c'est que la consommation demeure encore productive de recettes. A périmètre constant, les recettes fiscales nettes s'inscrivent, en effet à la fin du mois de février, en hausse de 4,1% par rapport à la même période de 2007, du fait d'un bon niveau des recettes de TVA (+7,3%). On lorgne donc de plus en plus vers cette fameuse TVA qui passe mieux que tout le erste car personne ne semble en mesurer le poids sur son pouvoir d'achat. On prépare même le terrain d'un hausse quis era durant le quinquennat inévitable ! « Cette évolution reste toutefois peu significative et ne préfigure pas l'évolution des recettes fiscales sur l'ensemble de l'année », précise Bercy.
DEUX AXIOMES EXPLOITES
Toutes les propositions de Sarkozy, dont plus personne ne rappelle qu'il a été lui-même Ministre d'Etat, de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, dans le troisième gouvernement de Raffarin en mars 2004, poste qu'il occupe pendant neuf mois. Il axe, avec grand fracas, dans un premier temps sa politique sur la... réduction du déficit (déjà) et il annonce en 2005 le respect par la France du pacte de stabilité avec un déficit de 2,9 % du PIB ; Plus personne explique qu'il est parti en grand seigneur sans avoir atteint aucun des deux objectifs, laissant à son successeur le soin de boucher les trous qu'il avait tenté de masquer en vendant une part des réserves d'or de la Banque de France et surtout le capital public de France Télécom. Il avait aussi promis qu'il faudrait lui passer sur le corps avant de privatiser EDF avant de laisser faire le contraire.
Et comme le passé ne compte plus pour construire l'avenir et comme on ne juge l'action que par l'impact que lui donne le système médiatique, il échappe à toutes les mises en cause. Les Ministres continuent à « taper » sur des axiomes déclinés sans cesse sur les plateaux de télés ou devant les micros : « socialisme = augmentation des impôts » et « libéralisme = exonération de participation à la vie collective ». En dehors de ces principes de base ressassés comme des vérités. Et le pire c'est que ça marche en raison tout simplement de l'ignorance citoyenne absolue en matière de fiscalité. Dramatique car on ne vit que sur des clichés, des poncifs, des approximations. Nul ne sait véritablement qui paye quoi et surtout combien... et mieux personne ne veut faire de lien entre ce qu'il verse et les services qui en découlent. Il exige « tout » et croît facilement que le financement de « tout » sera nul ! Il ya joute une dose de mauvaise foi lui permettant simplement d'affirmer qu'il est trop imposé (alors que souvent il ne paye pas ce qu'il devrait payer) et trouve un coupable dans la proximité mais jamais sur son écran de télé !
La France est en perdition sur le plan de ses finances car Sarkozy a fait des choix dans l'euphorie de sa victoire qui vont peser sur l'avenir. Il a fait non pas du « développement durable » mais de « l'effondrement durable » !
NE PAS PARLER DES RECETTES
Lorsqu'il est arrivé au pouvoir en mai 2007, il a lancé une politique qui, aujourd'hui, ne produit pas d'effet. La première décision qui découle de cette erreur originelle a été de ne plus distribuer les crédits votés pour les divers ministères et qui seront donc congelés avant d'être purement être supprimés. La deuxième décisions est relative au futur budget 2009. L'Etat doit revoir les dépenses publiques en réduisant le nombre de fonctionnaires notamment, par le biais du diagnostic de révision générale des politiques publiques qui ne sera qu'un prétexte. Il s'agit d'améliorer l'administration en faisant fusionner certains pôles qui font doublons et d'en supprimer d'autres. Par ce biais, le gouvernement souhaite mieux gérer le service public (vérité officielle) mais surtout à diminuer provisoirement ses dépenses. Il a décidé de tromper l'opinion publique en espérant des jours meilleurs en expliquant qu'un déficit se réduit uniquement pas la baisse des dépenses alors que sur le terrain il exige des collectivités locales des capacités d'autofinancement qu'il n'a jamais dégagées !
Dans les pratiques antérieures, un plan de rigueur équivalait à la combinaison de deux décisions complémentaires : une réduction des dépenses publiques et l'augmentation des impôts ou des prélèvements sociaux. Le plan de rigueur était mis en place lorsque les déficits publics et sociaux étaient insoutenables. On y est mais on ne peut pas après le cadeau du paquet fiscal présenté comme la panacée annoncer un effort fiscal. Question d'orgueil mal placé et... le retour au pays de Johnny en dépend !
Actuellement, les déficits dérapent, la dette publique augmente ainsi que les déficits sociaux. Mais le gouvernement préfère sciemment laisser filer le déficit plutôt que d'augmenter les impôts. Une absurdité que nous allons payer très cher. Une hérésie économique. Et même si la tentation est grande pour le gouvernement de les augmenter, il ne le fera pas pour des raisons de... communication. Il sait que ce serait condamner le pouvoir d'achat des classes moyennes qui participeraient le plus à cette effort. Nicolas Sarkozy pense que cette mesure serait désastreuse pour son image et que son quinquennat s'achèverait dans le chaos. Il trichera aussi longtemps que possible (2010 à mon humble avis) pour ne pas en arriver à ce qui... sera inévitable. A l'heure actuelle l'Etat diffère les dépenses mais demain, il faudra solder l'addition. Les augmentations ne sont remises qu'à plus tard mais elles viendront. D'abord par la fiscalité locale , ensuite par la TVA et enfin par les cotisations sociales !
UN CHOIX A FAIRE
L'Etat n'a pas le courage de dire aux Français qu'ils ne paient pas le coût exact de ce que valent réellement les dépenses de santé. Le gouvernement a peur de dire aux Français qu'il faudrait se serrer la ceinture. Les difficultés économiques surviennent alors qu'il y a des problèmes de monnaie et des problèmes financiers. Dans ce contexte, la France connaît davantage de difficultés que bien d'autres pays à cause d'une croissance moindre et d'une dette importante. Dans une semaine seront annoncées les suppressions de postes dans l'Education nationale et les parents vont s'agiter localement, découvrant que des fonctionnaires en moins c'est aussi des effectifs plus lourds dans les classes, le non remplacement des enseignants malades. Les hôpitaux prennent des allures d'établissements roumains avec une pénurie de personnel que l'on ne mesure que... quand on est malade mais dont on se moque quand on est riche et bien portant ! Les gendarmeries vont être rayées de la carte (un plan confidentiel est en cours) afin d'améliorer la sécurité des gens des zones périurbaines ou rurales. Et la liste va s'allonger pour sûrement la plus grande satisfaction des... contribuables mais pas pour celles des usagers ! Il faudra faire un choix citoyen : se débrouiller seul face au quotidien ou compter sur la solidarité républicaine. Se rend-on compte que les étudiants qui vont se retrouver avec des concours aux IUFM réduits à la portion congrue, des CAPS avec des quotas minables, des écoles d'infirmières sans places disponibles, des postes de gendarmes réduits... C'est un bon moyen de résorber le chômage à échéance 2010 !
Comme l'explique parfaitement le remarquable André Santini, Ministre de la fonction publique : « ces réformes étaient dans le programme de Nicolas Sarkozy, ce n'est donc pas une surprise ! » Le problème c'est que je ne suis pas encore certain que tous les malades potentiels, tous les parents des élèves, tous les étudiants, tous les fonctionnaires, tous les élus locaux qui ont voté en sa faveur aient eu conscience de ce qui les attendait. Ils ont entendu moins d'impôts et ça aura suffi à leur bonheur ! Maintenant dans le fond qu'ils assument les conséquences de leur vote, c'est assez logique. Mais en sont-ils fiers ?
Mais je déblogue...