Ils seraient aujourd'hui 530, selon le décompte de l'association "Droits Devant !" et de la CGT. Originaires de l'Afrique de l'Ouest pour la plupart, travaillant - parfois depuis plusieurs années - en France, et désormais en grève pour réclamer leur régularisation. C'est un événement : uns sorte de révolte des soutiers, de ceux qui majoritairement triment dans la « cale » à l'abri des regards indiscrets ou qui au vu et au su de tout le monde apportent à des touristes étrangers ravis un café et des croissants. Ils sortent de l'ombre dans laquelle personne ne veut réellement les sortir car dans le fond l'obscurité leur va très bien.
Le mouvement, qui a débuté la semaine dernière dans le secteur de la restauration parisienne, fait tache d'huile. Aujourd'hui, des salariés d'entreprises de la sécurité, du BTP, du nettoyage, ont eux aussi tombé le masque. C'est une nouveauté car jusqu'alors ils avaient peur de la lumière du jour. Ils vivaient « officiellement » dans la clandestinité. On sait fort bien que les secteurs touchés par cette grève sont ceux qui souffrent d'une pénurie flagrante de main d'œuvre. Certaines organisations patronales ont donc décidé de soutenir le mouvement de grève des salariés ce qui constitue une preuve éclatante de la situation absurde dans laquelle on se trouve. Voici des employé(e)s dont on ne sait pas se passer mais que l'on fait semblant de ne pas admettre sur notre territoire.
l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, estime par exemple que la France devrait procéder à au moins 100.000 régularisations : « si on ne les régularise pas, il faut les licencier, donc dans Paris des tas de restaurants seront totalement désorganisés, on va tuer une partie du tourisme », a prévenu le président de l'UMIH André Daguin, grande gueule gasconne de droite ! « Les gens qui travaillent chez nous, qui sont déclarés par leur patron, qui paient leurs impôts, leurs cotisations à la sécurité sociale (...) Ceux qui donnent satisfaction dans leur boulot, qui n'ont jamais agressé qui que ce soit, ceux qui mènent une vie normale il faut les régulariser », a-t-il lancé sans grand espoir d'être entendu par Brice Hortefeux et un Nicioals Sarkozy pris au piège de leur logique.
Et l'UMIH n'est pas la seule organisation à soutenir le mouvement : le Parti Communiste, la Ligue Ouvrière, les Verts, la Ligue des Droits de l'Homme, SOS racisme ou encore la secrétaire d'État à la Ville Fadela Amara se sont prononcés pour une régularisation des travailleurs. Cette dernière va courir les risque de déplaire à son Ministre de tutelle qui sûrement est très loin de partager cette volonté « humanitaire ». Ses collègues Bernard Kouchner ou Rama Yade sont muets comme des carpes. Il faudrait probablement les réveiller car ils sont anesthésiés par la ligne de l'immigration choisie !
La CGT et l'association Droits devant ! demandent une négociation avec le ministère du Travail pour des régularisations dans 150 métiers manquant de main d'oeuvre, principalement la restauration et le bâtiment, comme le prévoit une circulaire depuis janvier dernier mais qui n'est que rarement appliquée. La Ligue des droits de l'Homme, la FSU, l'Unef et l'association France Terre d'asile se sont jointes à ces revendications et ont appelé à participer à un meeting mercredi soir à la Bourse du travail, à Paris. Sans « ouvrir la porte à une régularisation générale », le Parti socialiste a souhaité « un retour à une politique qui s'appuie sur des critères clairs et objectifs » pour une régularisation. « Le contrat de travail doit trouver une place prépondérante » dans ces critères, a déclaré le député européen Stéphane Le Foll lors du point de presse hebdomadaire.
REDEVENIR CLANDESTINS
Depuis le 1er juillet 2007, les employeurs doivent vérifier auprès des préfets l'authenticité des papiers des travailleurs étrangers. Selon le ministre du Travail, Xavier Bertrand, « les préfets ont un rôle clé à jouer, un rôle de régularisation au cas par cas en faisant du sur-mesure ». Les mêmes qui doivent faire du chiffre pour les reconduites à la frontière vont désormais faire dans l'humanitaire « économique » c'est à dire qu'ils vont baser leurs décisions sur l'utilité de l'étranger pour l'enrichissement du pays par son travail. On en arrive à une nouvelle donne en matière d'immigration : seul le « rentable » a sa place sur notre sol ! Les femmes, les enfants devront quitter le navire France d'abord.
La Ligue des droits de l'Homme demande comme à l'habitude avec courage et détermination « que l'on ne renvoie pas dans la clandestinité des milliers de personnes qui ont osé venir en pleine lumière pour revendiquer leur juste place dans notre société ». Justement le pays des Lumières préfèrent la dissimulation à la franchise de ses actes ! Elle demande « qu'aucune solution de force ne vienne consacrer la ségrégation et l'injustice sociale. »
France Terre d'asile s'élève de son côté contre la « ligne dure » du gouvernement et interpelle le Parti socialiste qui doit contribuer à « un puissant élan de solidarité ». L'association prône la mise en place d'une « commission des sages » venant de divers horizons pour s'occuper de la question des travailleurs sans papiers. « Ils ne constituent pas une charge. La preuve, ils veulent participer à l'effort national en cotisant ». Et en ce moment on peut se demander, face au trou béant de la sécurité sociale et au déficit prévu des régimes des retraites s'il ne vaut pas mieux des « cotisants » régularisés que des « sans papiers » non cotisants car employés au « noir » car ils sont au moins aussi nombreux que ceux qui sont en grève.
« PATRONS VOYOUS ! » CLAME LE FN
Le Front national a bien entendu fait dans la nuance afin d'éviter que le sarkozysme lui vole sa clientèle puisque ces salariés « sont en infraction et doivent être expulsés ». Le parti d'extrême-droite a appelé par ailleurs à des sévères sanctions contre les « patrons voyous » qui ont embauché des salariés sans-papiers.
Ces patrons embauchent, selon le FN, des sans-papiers « non parce qu'ils ne trouvent pas de travailleurs français, mais parce qu'ils veulent une main d'oeuvre taillable et corvéable et peser sur les salaires », a dénoncé dans un communiqué Wallerand de Saint-Just, vice-président du FN. Il a été inspiré par le Saint Esprit car il découvre que la précarité est encore plus terrible pour une personne qu'un patron a embauché en connaissance de cause et bizarrement il semble leur donner raison en demandant que « le gouvernement avait dit qu'il s'attaquerait aux filières d'immigration illégales, aux marchands de sommeil et aux patrons-voyous, qu'il le fasse ». On croirait une diatribe de la LCR ou de LO ! Il aurait pu ajouter que les « sans papiers » ne sont pas trop regardant sur les horaires hebdomadaires de travail , sur les règles de sécurité, sur les tickets restaurants, sur les frais de déplacements... Ils sont, en plus, très souvent révocables à volonté ! Le gouvernement, lui-même, estime qu'il y a entre 200 000 et 300 000 sans papiers en France, les associations parlent même de 400 000. La très grande majorité travaille. Ils occupent une place importante dans l'économie française : les Français ne veulent pas faire les emplois qu'ils occupent, en tout cas pas à ce prix et comme les employeurs ne veulent pas augmenter les salaires, chacun y trouvent son compte. C'est ceci la réalité ! Le reste n'est que larmes de crocodile ! D'autant que ces travailleurs ont dû apprendre hier que leur participation à la vie collective d'une France qui ne veut pas d'eux est plus que jamais indispensable !
DES COTISANTS GENEREUX
Le déficit du régime général de la Sécurité sociale en 2007 a atteint 9,5 milliards d'euros, contre un déficit de 8,7 milliards en 2006, a indiqué hier la Commission des comptes de la sécurité sociale (CCSS). En septembre, avant l'annonce des mesures correctrices du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), la prévision de déficit pour 2007 s'établissait à 11,7 milliards d'euros. Donc on en déduira que la catastrophe est moins prononcée que prévue. « Cette dégradation des comptes du régime général cache des évolutions contrastées selon les branches : les branches maladie et famille sont en amélioration par rapport à 2006, tandis que les déficits des branches accidents du travail et maladies professionnelles (tiens donc si on parlait amiante, cancers, prévention...) et surtout vieillesse se creusent », précise la CCSS.
La branche maladie enregistre « une nette amélioration », avec un déficit à 4,6 milliards d'euros, contre 5,9 milliards en 2006. La branche famille est elle excédentaire pour la première fois depuis 2003, avec un solde à +0,2 milliard d'euros. La branche vieillesse enregistre elle un déficit à 4,6 milliards d'euros (contre -1,9 milliard en 2006), au même niveau que celui de la branche maladie. Mais que font les « sans papiers » qui travaillent pour nous apporter les subsides qui nous manquent ?
En effet la plupart d'entre eux ont des feuilles de paye, déclarent leurs impôts et versent des cotisations aux caisses d'assurance maladie, retraite, Assedic dont ils ne profiteront jamais. La majorité d'entre eux travaille pour des patrons qui savent pertinemment qu'ils sont sans papiers et qui peuvent ainsi les exploiter sans vergogne. Mais c'est plus joli pour les contes de fées de déclarer que ce sont les immigrés qui coûtent cher à notre pays.
Mais je déblogue...