Chronique écrite le 25 mai 2007... Les caisses étaient déjà vides mais depuis comme chacun le sait elles vont se renflouer! La politique fiscale est bel et bien le reflet d'une idéologie politique hostile aux principes républicains. A relire!
Les promesses seront tenues. Le message a été maintes fois répété. Nicolas Sarkozy le maintient et François Fillon le ressasse chaque fois qu’il fait un pas de premier Ministre VRP de l’UMP. Celles qui concernent les salariés attendront des concertations, des Genelle plus ou moins éloignés, des ajustements budgétaires indispensables. Au nom de la concertation toutes les décisions sont habilement renvoyées après le législatives selon le principe : il est urgent d’annoncer, de promettre, de gratifier mais il est prévu d’attendre la concrétisation car si toutes les commissions mises en place ne corroborent pas la vision sarkoziste on en rendra responsable les partenaires réfractaires aux réformes ! Le tout c’est de communiquer, de communiquer, de communiquer !
En revanche il semble que la fameuse concertation sarkoziste ne s’applique pas à tous les domaines et qu’il n’y ait pas besoin de patienter outre mesure pour mettre en place les… bonnes nouvelles concrètes. La perspective du collectif budgétaire en juillet offre une opportunité de récompenser, par exemple, les classes laborieuses du CAC 40. Les syndicats ne seront pas présents à la table des comités interministériels ou des salons de l’Elysée quand il s’agira de se prononcer sur l'impôt sur la fortune, le bouclier fiscal, la baisse des droits de succession et la prime à la rente. Là on agit vite et de manière très directe. On ne repousse pas à la rentrée et aucun ultimatum n’est lancé.
Au final, la politique fiscale immédiate menée par le gouvernement Fillon au pas de charge, va selon Michel Sapin, député et spécialiste de la fiscalité au PS, " profiter aux grosses fortunes tout en faisant croire aux petits contribuables qu'ils vont en bénéficier ". Et ça c'est fort : faire voter par les plus pauvres des mesures destinées aux plus riches sous prétexte que ces gens là sont malheureux et brimés! Le doute n'est guère permis. Le cumul des mesures annoncées pendant la campagne par Nicolas Sarkozy et que s'apprête à présenter devant le Parlement en juillet son ministre du Budget, Eric Woerth, cible les gros revenus. Il y aura au moins une catégorie sociale dans ce pays qui verra son pouvoir d’achat augmenter en un temps record !
JOHNNY SERA CONTENT
On sait que le fameux bouclier fiscal qui permettra aux fans de Johnny de le revoir sur le sol français et à ces pauvres malheureux exilés de revenir au pays comme ce fut le cas durant la période historique de la Restauration figurera parmi les premières mesures prises. Dès juillet, la majorité UMP envoyée au parlement pas les cochons de payants contribuables ordinaires va le faire passer de 60 % à 50 %. En clair, selon un slogan simple, un contribuable ne pourra pas donner plus de la moitié de ses revenus tirés du travail à l'Etat par l'impôt. Populaire. Mais le Snui (Syndicat national unifié des impôts) relativise la portée de la mesure.
" Le bouclier, c'est juste un moyen d'augmenter sans effort et sans mérite la fortune de ceux qui sont déjà les plus riches", explique Vincent Drezet, le secrétaire national du Snui ( de dangereux gauchistes le dirigent) qui n’a probablement pas été invité à donner son avis sur ce sujet ! " Il profitera à… 93 000 foyers, dont 16 000 contribuables assujettis à l'ISF. Alors que 18 millions de foyers fiscaux paient l'impôt sur le revenu... " ajoute cet homme qui sera taxé (le comble pour un employé du trésor) de parti pris hostile à ces entrepreneurs remarquables que sont ces 16 000 lève-tôt de la bourse.
Ces contribuables déjà super privilégiés ont déjà reçu en… trop-perçu de l'administration fiscale près de 350 millions d'€ en remboursement mais ils se sont bien gardés de le crier dans les rues. Ce boni incontestable renforce le sentiment qu’une France des nantis a pris le contrôle de la République !
A cette mesure il faudra vite ajouter la réforme de l'impôt sur la fortune, qui touche les contribuables qui déclarant plus de 760 000 € de patrimoine net, soit… une infime " caste " de 500 000 foyers en France. Si en juillet (ce sera le mois de tous les dangers) le gouvernement met en place une nouvelle déduction contre un investissement dans les PME, ce sont… plusieurs nouveaux milliards qui s'envoleront pour le budget de l'Etat dont on vous a prédit un désendettement rapide et sérieux.
UNE SUCCESSION ENVIEE
Mais les cadeaux fiscaux ne s'arrêteront pas là, puisqu'une réforme des droits de succession viendra compléter le pactole. Sarkozy souhaite que 95 % des successions soient exonérées d'impôts. Cette mesure qui a fait un tabac dans les chaumières sous hypnoses télévisuelles n’aura pas que des effets lénifiants pour le bon peuple surtout chez les contribuables qui ne sont pas assujettis à ces prélèvements.
Aujourd'hui, selon les chiffres du ministère des Finances, seules… 25 % des successions à la suite d'un décès sont imposées. Alors quel est intérêt, au-delà de la popularité ? Là aussi, un cadeau aux plus riches. Mais on se gardera bien de le dire durant la campagne : histoire que le monde rural des petits propriétaires votent bien en croyant que les enfants profiteront de cette idée géniale qui consiste à offrir au peuple la possibilité de consolider les nantis.
Ces mesures risquent en effet de coûter près de 4 milliards d’€ à l'Etat. " Le bouclier à 50 %, plus la modification de l'ISF et les successions, auquel il faut ajouter la défiscalisation des heures supplémentaires et la déduction des intérêts d'emprunt, vont coûter pas loin de 13 milliards d'€ ", selon Drezet. Ce qui revient à tirer un trait sur le produit annuel de la taxe d'habitation... Que la gauche et les syndicats s'offusquent n'est pas surprenant ni choquant. Leur problème c’est qu’ils auront du mal à faire entendre leur analyse face à un pays subjugué par les yachts, les avions privés, le Fouquet’s et l’Euromillion !
En instituant la " pipolisation " comme idéal politique, les " sarko golden boys " ont réussi à diffuser un rideau de fumée dissimulant les contours exacts d’un programme désastreux pour celles et ceux qui l’ont approuvé. Comment expliquer que des pauvres retraités ne payant ni impôts sur le revenu, ayant transmis leur patrimoine, non assujetti à l’ISF ait soutenu un homme qui se dépêchera de les oublier et d’enfoncer ceux qui l’ont soutenu comme on soutient le Messie? A moins de penser que ne restera dans quelques mois de cette agitation médiatique que des photos dans VSD, Voici ou Gala qui sont véritablement devenus des journaux d’opinion !
SORTIE DES CALCULETTES
Ce qui est encore plus étonnnant, c'est que même à droite on traîne des pieds. Les orthodoxes budgétaires sortent les calculettes et arrivent peu ou prou aux mêmes chiffres que la gauche. " C'est une révolution fiscale qui peut coûter très cher, note un député UMP qui préfère rester anonyme (on le comprend). Surtout si tout ça n'a pas les effets espérés sur la croissance." Derrière, difficile de tenir les engagements européens, de désendetter l'Etat, de baisser le taux de prélèvements obligatoires. Bref, de mettre en œuvre l'autre volet économique du programme de Sarkozy. Mais manifestement, le nouveau gouvernement espère mettre en avant le retour des exilés de l'ISF. Johnny a donc intérêt à plier ses bagages en Suisse dans les plus brefs délais. Ce retour au pays des brebis fiscales égarées sera toujours plus médiatique qu'un impôt plus juste ou une comptabilité publique plus équilibrée.
En 2008 les impôts locaux augmenteront en raison du désengagement de l’Etat, de la fin des soutiens de la CAF, de la dure réalité de l’inflation sur les prix des services, de la perte des ressources liées à un réforme de la taxe professionnelle enclenchée par Chirac ! Peu importe les conséquences sur les élus locaux qui passeront devant les électrices et les électeurs quelques jours plus tard.
Il reste pourtant un espoir : les Sarko technocrates vont tellement vite dans les effets d’annonce que les pas en arrières vont être nombreux ! les démentis arrivent. Tenez le ministre du Budget Eric Woerth a précisé que le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt pour les transactions immobilières n'était pas " un arbitrage gouvernemental " mais " une opinion personnelle ", que le gouvernement et l'Assemblée devront confirmer.
" Je ne me suis pas avancé un peu vite, mais il fallait très très vite pouvoir débloquer les transactions ", a expliqué Eric Woerth sur RTL. " Ce n'est pas un arbitrage gouvernemental, c'est une opinion personnelle et c'est aussi une piste lancée ".
La veille, il avait annoncé que " les intérêts d'emprunt pour des biens immobiliers pourront être déduits des revenus, à hauteur de 20%, ce qui correspond au taux d'imposition moyen des ménages. Elle sera applicable aux résidences principales, dont l'acte authentique de vente a été signé après le 6 mai 2007 ". Dommage pour celles et ceux qui ont cru à cette bonne nouvelle. Il leur faudra patienter derrière le bouclier UMP, placer l'argent pour se faire une rente et espérer être touché par l'ISF. Voter pour les députés sarkoziens c'est surtout ne pas se montrer trop exigeant sur la vérité.
Mais je déblogue…