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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE MAROC : TRADITION ET MUTATION

L'avantage du monde actuel c'est qu'en quelques heures d'avion on peut changer de repères, perdre ses certitudes et assouvir sa soif éventuelle de découverte en inversant le rapport habituel que l'on a à la connaissance. La réussite d'un voyage quel qu'il soit dépend en effet de la capacité que l'on a à devenir modeste et à admettre que l'on apprend toujours des autres. Si l'on part pour essayer de retrouver ce que l'on sait et ce que l'on veut on est forcément déçu. Malheureusement le système actuel des déplacements groupés organisés ne favorise pas l'enrichissement culturel car il ne propose souvent que du « prêt à porter » dont il est difficile d'apprécier la véritable valeur. Par « culture » personnelle je préfère simplement regarder vivre les gens pour tenter de déceler les parcelles authentiques permettant de constituer le puzzle de la réalité. Il n'y a jamais un lieu qui puisse s'extraire totalement de son environnement humain et l'oublier conduit à se contenter des apparences.
Impossible donc en une poignée de jours au Maroc d'appréhender ce pays dont je n'avais qu'une vision sur papier glacé de magazines. Je n'en ramène donc que des sensations n'ayant pas d'autre valeur que celle de témoigner d'un pays vu par un œil neuf. En s'extrayant du « spectacle » imposé pour s'intéresser à ses à cotés on finit par cumuler les indices d'une évolution probable des idées reçues que l'on transporte dans ses bagages.
En fait je ne reviens qu'avec une certitude : la France première destination touristique du monde a vite intérêt à se remettre au boulot pour conserver sa clientèle car les retombées économiques de cette activité pourraient vite en prendre un coup. Comme bien d'autres destinations dites autrefois secondaires le Maroc progresse à grands pas dans l'accueil, dans la diversification de son offre et plus encore dans le fameux rapport qualité-prix auquel le touriste est très attaché.
Parfaitement organisées autour de la notion nouvelle de patrimoine les propositions marocaines s'affirment avec des sites restaurés, des traditions productives maintenues, une volonté de restaurer une confiance autour de l'authenticité. Il m'a semblé que les axes porteurs que sont « l'itinérance » et surtout la « culture » soient en cours d'exploitation sur des territoires structurés prompts à s'adapter aux besoins des visiteurs. La lourdeur de notre système très cloisonné avec un niveau local, départemental, régional pénalise une image globale forte de la France. La référence au patrimoine architectural s'accompagne d'une dimension humaine faisant singulièrement défaut dans nos propositions touristiques. Partout on accompagne le « produit » du « geste » ce qui donne une dimension particulière à toute la démarche. La France n'a pas maintenu cette valorisation de la création sans laquelle rien n'aurait pu exister ou peut exister. Au Maroc elle apparaît comme essentielle.
L'histoire des traditions et de l'art marocains remonte à l'époque néolithique. C'est durant cette période que les peuples venus de l'Est et du Nord migrent et s'implantent dans cette région, marquant ainsi les prémices de la culture du Royaume du Maroc. L'artisanat marocain d'aujourd'hui puise ses sources dans cet héritage ancestral, modelé par une culture bouillonnante par sa diversité et sa créativité. Ayant été beaucoup épargné par l'industrialisation il a pu maintenir dans une société très « familiale » la transmission des « arts de la main ».
UN SECTEUR ESSENTIEL
Cet artisanat est donc en perpétuelle évolution. Confronté à l'économie moderne, à l'exportation, au tourisme et aux besoins de la population, il allie tradition et modernité grâce à des structures oubliées chez nous : les coopératives. A Fés, les potiers céramistes, les brodeuses, les tisseuses, les fabricantes de tapis... sont organisées pour une fabrication authentique qu'ils commercialisent ensuite collectivement.
Ces réseaux ont permis de maintenir en vie des filière menacées de disparition. Il s'agit cependant d'un patrimoine fragile, faisant partie intégrante de l'histoire marocaine et qu'il est nécessaire de préserver. Regroupant 70 métiers et faisant vivre des milliers de familles, une grande partie de la population serait plongée dans la pauvreté sans l'artisanat.
Du façonnage du bois à la production d'huile d'argan très tendance dans les pays développés , de l'art du tapis au travail du cuir, de la terre ou du métal, une ville comme Fés propose un voyage dans le passé et le présent du Royaume marocain. Dans quelques années on mesurera, chez nous, combien la disparition de ces « artisans » méprisés car « peu rentables » appauvrira la culture française.
De nombreux indicateurs économiques attestent à quel point le secteur de l'artisanat est primordial pour l'économie marocaine mais aussi pour une grande partie de la population. En effet, par exemple, en 2004 ce secteur représentait 19 % du PIB marocain contre 8 % en 1996. Il générait près de 800 millions de Dirhams grâce à l'exportation. Aujourd'hui, ce secteur est le deuxième employeur après l'agriculture, puisqu'il emploie près de... 20 % de la population active et permet à un tiers de la population de vivre. Il faut préciser que la seule exploitation de la production de l'huile d'argan la permet à plus de... deux millions de marocaines et marocains de subsister. Enfin, il est important de signaler que le touriste joue un rôle primordial dans la survie de ce secteur, puisque les recettes des produits vendus, notamment dans les souks, permettent à de nombreuses familles rurales de vivre. Le Maroc fait un effort important pour préserver cette authenticité des créatrices et des créateurs même si parfois il faut être extrêmement méfiant pour... démêler le faux du vrai ! Je rentre cependant persuadé que cette micro économie structurée résistera mieux que d'autres aux aléas de la conjoncture mondiale !
MODIFICATION DES COMPORTEMENTS
D'ailleurs l'autre impression c'est la montée en puissance d'un pays connaissant une modification démographique à la fois préoccupante mais aussi rassurante pour son avenir. Un processus de modernisation sociale basé sur la baisse de l'indice de fécondité et le taux d'analphabétisme est en effet en cours. La première conséquence de cette évolution c'est que la modernisation sociale au Maroc est beaucoup plus avancée que ne le laissent penser les indicateurs économiques. Elle se voit en s'asseyant à la terrasse d'un café et en regardant en début de soirée la foule déambuler sur l'avenue Mohamed V de Fés, sortes de Champs Elysées de la ville impériale. L'indice de fécondité est passé de 5,5 à 2,5 enfants par femme entre 1982 et 2004. Cette évolution a des conséquences extrêmement importantes sur le système de valeurs des Marocains. En acceptant d'avoir moins d'enfants, les Marocains diminuent les chances d'avoir un garçon et les comportements s'en ressentent.
L'égalisation des statuts masculin et féminin est en marche de par la volonté et l'action même de la population et on le voit par la présence féminine extrêmement fortes des « gazelles » comme disent les hommes dans la vie collective. Dans une étude récente très poussée deux spécialistes expliquent cette chute spectaculaire de l'indice de fécondité au Maroc par la concomitance de deux phénomènes, la crise économique du milieu des années 70 et la hausse du taux d'alphabétisation des hommes.
DEVELOPPEMENT CONTINU
Le premier phénomène a obligé les ménages à chercher de nouvelles sources de revenus avec, comme conséquence, un accès plus ouvert des femmes au monde du travail. Le deuxième phénomène a permis aux hommes de mieux accepter l'émancipation économique de la femme avec ses corollaires sociaux. Les auteurs de l'étude soulignent aussi fortement les particularités du Maroc par rapport au reste du monde arabe. En fait, il prédisent une évolution économique et sociale radieuse pour le Maroc dans les 25 années à venir du seul fait de cette évolution démographique. Les constructions se multiplient. Les investisseurs se précipitent.
Les flux d'investissements et prêts privés reçus en 2007 ont par exemple progressé de 41,9% par rapport à 2006 confirmant le renforcement de l'attrait du Maroc pour l'investissement international. On le sent. On le vérifie.
Le Maroc ressemble étrangement à l'Espagne d'il y a une trentaine d'années. Le problème c'est que la France n'est plus nécessairement la référence en matière de développement. Les liens se distendent et les interpellations dans la Médina de Fés avec le nom de « Sarkozy » comme référence hostile ne laissent pas augurer de jours meilleurs. J'ai parfois mal vécu que notre pays soit associé aux positions de son Président. Nicolas Sarkozy a été le premier à émettre l'idée d'une Union méditerranéenne pendant sa campagne électorale en 2007, en proposant que cinq pays d'Afrique du Nord (le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Mauritanie et la Libye) et cinq Etats membres (la France, l'Espagne, l'Italie, le Portugal et Malte) s'unissent afin de faire progresser la coopération dans la région. Il va falloir, encore une fois, ne pas oublier les peuples
En tous cas un séjour libre, indépendant et... de curieux invétéré avec une journée dans la Médina permet de vérifier que le tourisme n'a pas nécessairement la même signification pour tout le monde.
Mais je déblogue...
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C
un sans papier crée un site bizarre un dictionnaire des sites français, un nouveau concept de référencement! avec lequel il veut avoir 1 million d'euro et être millionnaire voici le lien : www.jeseraimillionnaire.com
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E
Oh, Yvette semble être une de ces privilégiés que notre cher Chanoine national protège ! Pas étonnant qu'elle tienne des discours stupides sur la suppression des postes d'enseignants et autres !
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Y
Avec 1/3 de chômage, un SMIG (et non SMIC) à 1900 Dhs (200 €) il est normal que l'artisanat continu...Oui, c'est bien le Maroc quand on est européen avec des euros dans la poche !Je sais de quoi je parle....après plusieurs années et 4 tours complets du pays j'y réside dans ma maison secondaire 6 mois tous les hivers !
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A
On retrouve dans ce texte tout ton talent à communiquer tes impressions de voyage, ta recherche de l'authenticité, ta curiosité de découvrir les hommes dans leur vie de tous les jours. Tu décris la survivance de l'artisanat qu'ils pratiquent depuis des siècles...alors que nous avons tendance à oublier à quel point ces activités manuelles et artistiques sont imortantes pour la vie collective et le maintien des traditions ! Bref, tu donnes envie d'aller passer quelque temps dans ce pays de traditions, en pleine transformation, tant par son économie que par l'évolution des mentalités....Nombre de nos compatriotes ont d'ailleurs choisi d'y acheter un pied à terre, les conditions de l'immobilier étant, à ce qu'on dit, extèmement favorables, et d'aller y passer leurs vacances ou leur retraite... Il y a trente ans, on achetait ainsi sur la Costa Brava !Et il est bien regrettable que le dépaysement n'ait pas pu être total, puisque même là-bas, "Sarkozy" que vous souhaitiez un peu oublier, s'est imposé dans le voyage....J'imagine tout à fait combien il t'a été pénible de voir et d'entendre les marocains de la Médina associer dans leurs critiques  la France et son Président... Et tu as dû être mille fois tenté de les détromper et de leur expliquer que Sarkozy n'est pas vraiment la France.....
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