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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE SYNDROME DU JOUEUR DE FLUTE

Il y a longtemps que pareil avatar n'était pas arrivé en politique. Rares ont été les cas dans lesquels une majorité parlementaire se désolidarise de son gouvernement sur un sujet de société. Nicolas Sarkozy aura donc réussi un véritable exploit : laisser désavouer par les représentants majoritaires de la nation son propre gouvernement comme si dans le fond, il n'était pas mécontent de voir Fillon se gaufrer face à des Ump déboussolés par les résultats des élections municipales. Copé incapable de mobiliser les « godillots » pour faire adopter face à une Gauche également désunie sur le thème des OGM. Le rejet mardi dernier du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés, du fait de l'adoption, avec la complicité passive d'une partie des députés Ump, d'une motion de procédure présentée par l'opposition a quelque peu traumatisé le gouvernement et sa majorité mais pas trop le Président de la République ! Pour clore ce que l'on s'est contenté de qualifier « d'incident regrettable » et pour faire bonne figure, Matignon a convoqué le plus rapidement possible une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat qui a adopté mercredi soir, à la hâte, le texte tel que le Sénat l'avait voté le 16 avril dernier. Le gouvernement désavoué par sa majorité a décidé ensuite de soumettre le texte de synthèse dès mardi aux députés et jeudi aux sénateurs pour son adoption définitive. Une tactique destinée à effacer ce qui aurait dû être montrer en exemple de la déliquescence totale du pouvoir actuel. Non majoritaire de fait dans le pays après les récentes consultations électorales, tancé par l'Europe pour son incapacité à effacer les déficits, lancé dans une politique de destruction des missions républicaines fondamentales de l'Etat, en guerre avec les tissu des forces vives du pays, englué dans ses cadeaux fiscaux démesurés faits à son propre camp, l'Ump ne survit que parce que le parti Socialiste s'épuise dans sa Star Ac' quotidienne pour désigner celle ou celui qui ne représentera jamais qu'une fraction de la Gauche.
Si nous étions dans un autre contexte politique ce désaveu aurait en effet une autre dimension car les débats sur le projet de loi constitutionnelle s'annoncent difficiles pour le gouvernement. Une partie du groupe UMP traîne les pieds sur cette réforme, des "chiraquiens" et des "villepinistes" mais aussi quelques... "sarkozystes". Le PS solidaire aurait un boulevard devant lui car jamais la majorité des 3/5° du Parlement pourrait être réunie sur le texte actuel. Or on finira bien par s'écraser au prétexte que la réforme des institutions ne peut se faire que sur un consensus mou !
DES TRAITRES PARTOUT
Le gouvernement et le président du groupe UMP au Palais-Bourbon, Jean-François Copé, devront faire preuve de beaucoup de fermeté afin que les récalcitrants de la majorité présidentielle rentrent dans le rang. Ils ont tous lus ou entendus le conte du joueur de flûte de Hamelin. Il parâit que lors d'une réunion du groupe Ump certains l'ont évoqué pour résumer un an de mandat présidentiel. « En cette année 2007 serait arrivé dans le pays un « dératiseur ». Les gens de Hamelin lui promirent une prime pour les débarrasser leur contrée de tous les « fonctionnaires » inutiles qui infestaient la société et l'empêchaient de se développer. L'homme prit sa flûte médiatique et attira, par sa musique, les rats fonctionnaires qui le suivirent jusqu'à la rivière qui arrosait la ville, où ils se noyèrent. Bien que la ville fût ainsi libérée des « rongeurs de son budget », les contribuables finirent par revenir sur leur promesse et refusèrent de payer le joueur de flûte... par leur vote ! Il quitta la ville, mais revint quelques semaines plus tard. Lorsque les habitants se rendaient à la messe, il joua de nouveau de sa « flûte », attirant cette fois tous les salariés, les retraités, les marins pêcheurs, les enseignants... les petits commerçants et artisans et surtout les députés. Ils le suivirent jusqu'à une grotte, qui se referma derrière eux. Selon certaines versions, seuls deux députés échappèrent à la mort ». Le conte n'a pas déridé le groupe... La preuve : mercredi dernier, lors de la commission des Affaires étrangères, saisie pour avis, les... 7 « survivants » présents ont rejeté ce texte par 4 voix contre 3. Parmi les quatre voix contre figuraient trois UMP devenus méfiants avec le texte sur la réforme des institutions qu'ils vivent comme un nouveau piège à « cons » pour leur propre avenir ! Le débat devrait s donc se poursuivre car les députés ne devront se prononcer par un vote solennel seulement le mardi 27 mai sur l'ensemble du projet de loi que le Sénat examinera à son tour à partir du mardi 10 juin. Il va falloir en jouer des airs de flûte pour calmer la contestation !
ECHOUER OU CAPITULER
Outre les réticences de certains élus UMP et du Nouveau centre (NC), le vote de l'opposition et tout particulièrement des socialistes inquiète le gouvernement. Et ce qui préoccupe le plus l'Elysée c'est qu'il n'y a plus du tout de commandant de bord dans l'avion socialiste qui se cherche un pilote... Les députés sont aussi libres que l'air et personne ne parvient à leur imposer une ligne de conduite claire. En fait les négociations ne permettront pas quel qu'en soit le résultat d'assurer la fameuse majorité des 3/5° car députés et sénateurs socialistes ont adopté le principe « en mai fais ce qu'il te plaît ». Ah ! le bon vieux temps où on avait dans l'Assemblée des « gens » de confiance est loin. « L'ouverture » a des conséquences imprévues : elle a déplacé les lignes dans les deux camps et sur un texte de référence on n'a plus aucune certitude.
Malgré quelques concessions faites par la majorité à la gauche lors de l'examen par la commission des Lois, les socialistes estiment que les avancées sont toujours « insuffisantes » et ne peut pas faire l'unanimité dans ses propres rangs. Le PS ne ferme toutefois pas la porte à un accord, à condition que le gouvernement accepte ses revendications: pas d'intervention de président de la République devant le Parlement, vote des étrangers aux élections locales, une dose de 10% de proportionnelle dans l'élection des députés, réforme du mode d'élection des sénateurs et égalité audiovisuelle entre la majorité et l'opposition. Autant de sujets qui révulsent une partie de la majorité de droite et devrait donc faire perdre ce que le gouvernement peut espérer gagner. Tous les mariages de la carpe et du lapin ont échoué.
Cette réalité est renforcée par le fait que les Socialistes ont déposé deux projets de loi constitutionnelle sur le Sénat et l'égalité audiovisuelle. Si ses propositions sont repoussées, la réforme des institutions sera gravement compromise car outre le fait que ce texte doit être adopté dans les mêmes termes par les deux assemblées (l'Ump n'a plus la majorité absolue au Sénat) le projet de loi, comme toute révision de la Constitution, doit obtenir la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Parlement réuni en Congrès à Versailles. En fait si le gouvernement s'entête à maintenir son texte et si le Président multiplie les déclarations du genre de celles qu'il a faites sur le service minimum d'éducation, il y aura des défections pour valider un « accord » plus « politicien » que « politique » conduisant tous les parlementaires vers le gouffre !
DOUBLE DANGER
Autre difficulté pour le gouvernement mais beaucoup moins sérieuse, l'examen à partir du 27 mai en séance par les députés du projet de loi de modernisation de l'économie (la fameuse LME) qui va provoquer des éclats au sein de la majorité actuelle. Si la plupart des dispositions de ce texte sont acceptées par l'UMP que Nouveau centre, celle relative à l'implantation des grandes surfaces fait débat. Le texte prévoit en effet de relever de 300 à 1.000 m2 le seuil de déclenchement de la procédure d'autorisation d'implantation des grandes surfaces. Les Commissions Départementales d'Equipement Commercial qui ont l'œil rivé sur les ratios en matière de m² de moyennes et grandes surfaces de référence sur un territoire n'auront plus qu'à s'asseoir sur leurs dossiers. Alain Juppé qui avait souscrit lors de son passage à Matignon des engagements à l'égard des petits commerçants de proximité devra avaler sa toque de fourrure québécoise. Beaucoup d'élus, de droite comme de gauche, craignent, comme lui, que cette mesure "tue" le petit commerce dans les centres villes. Un amendement est en cours de préparation qui laisserait... aux seules municipalités la décision d'implanter ou non les nouvelles grandes surfaces de 300 à 1.000 mètres carrés. Encore un transfert des responsabilités de l'Etat vers les élus locaux pris au piège le plus souvent des pressions locales toujours fortes. Ce sera un désastre annoncé pour les économies structurées.
Enfin, le projet de loi annoncé avec fracas par Nicolas Sarkozy visant à instaurer un « droit à l'accueil des enfants » dans les écoles les jours de grève, que le gouvernement devrait présenter « avant l'été », risque aussi de provoquer des remous au Parlement quand on sait que Jacques Pélissard, Président de la puissante association des Maires de France, en année de renouvellement de son mandat et surtout de sanatoriales ne va pas se mettre les maires des petites communes à dos en soutenant une absurdité semblable à l'inapplicable loi sur le « Droit opposable au logement » !
En fait il est inutile de réviser les institutions car si la majorité présidentielle en phase d'implosion voulait relancer le rôle du parlement elle le fait à l'insu de son plein gré avec le soutien objectif de son joueur de flûte. Le danger sera partout et ce n'est pas pour rien que le Président de l'assemblée commence à parler de sanctionner les députés intermittents du seul spectacle des questions orales du mercredi ! Il sait qu'il n'y a pas de meilleur argument politique que celui de frapper au portefeuille !
Mais je déblogue...
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A
Le spectacle des événements politiques de cette semaine a été, tout à la fois, de nature à nous faire sourire mais aussi à nous faire pleurer... A nous faire sourire, car en effet, voir le projet sur les OGM rejeté à une voix de majorité en faveur de la gauche....c'est assez exceptionnel pour que nos élus se réjouissent du bon tour qu'ils avaient joué à la Droite, par SMS interposés. Qu'ils aient acceuilli ce résultat inespéré par une "standing ovation", cela se comprend, et pour qui était devant son poste de télé à ce moment-là, leur joie faisait plaisir à voir. Cela méritait-il toutefois que l'on sable le champagne dans le bureau de Marc Ayrault à l'issue de la séance ? Pas sûr....Tout le monde savait très bien que le texte reviendrait très vite devant l'Assemblée, avec toutes les chances de passer....Ce sera chose faite dans le courant de cette semaine ! Mais enfin, on avait semé le trouble au sein de la majorité. Satisfaisant aussi, de constater les difficultés que rencontre le gouvernement à faire approuver le projet de loi sur la réforme des institutions... et son rejet par la Commission des Lois. Satisfaisant, enfin, de constater que la majorité a perdu son unité et que chacun de ses députés a plus tendance à défendre ses intérêts d'élu face à son électorat qu'à respecter la discipline de groupe.Moins réjouissant, par contre, le spectacle de ce que tu appelle "la Star'Ac quotidienne" du parti Socialiste ! Nous en sommes toujours à la bataille des chefs, sans que la réflexion collective sur les idées avance beaucoup. Mme Royal a pris tout le monde de vitesse dans sa course au poste de Premier Secrétaire, Bertrand Delanoë lui emboite le pas.... et les autres s'interrogent. Qui suivra qui? Y aura-t-il une "troisième force"? Et les militants ne savent plus très bien à quel saint se vouer...Ce qui préoccupe les chefs du parti ce sont des problèmes qui nous apparaissent, à nous, comme des détails mineurs, des problèmes d'intendance, que nous pensions réglés : le Congrès devait se dérouler à Toulouse, et un accord avait même été trouvé avec le groupe hôtelier ACCOR pour l'hébergement des participants. Et bien non, ce ne sera pas Toulouse, au motif hautement politique que le maire nouvellement élu dans cette ville est favorable à Bertrand Delanoë. N'y a-t-il pas plus important à régler en ce moment que ces sordides batailles d'influence? Les militants ne comprennent pas, ils sont déçus et nous allons finir par les éloigner à tout jamais du débat politique, le vrai...Et parmi les déclarations entendues cette semaine, deux ont retenu mon attention : la première est celle de M. Accoyer, Président de l'Assemblée que tu soulignes, toi aussi. Il parle de sanctionner financièrement les députés qui ne sont présents que le jour des questions orales du mardi et du mercredi. Oui, bien sûr, il est très regrettable que certains ne soient présents que pour "se montrer" à la télé ces jours là (et ils font des efforts surhumains  et - souvent ridicules - pour apparaître dans le champ de la caméra)...Mais il est vrai aussi qu'en plus du travail en commissions, pour beaucoup d'entre eux le cumul des mandats de député ou de sénateur avec des fonctions électives locales ne leur permet pas de prolonger leur séjour à Paris.. Dans ces conditions, la première chose à faire n'est-elle pas de supprimer le cumul de certains mandats difficilement compatibles? Cette disposition donnerait satisfaction à une grande partie des électeurs qui la réclament dans pratiquement  toutes nos réunions.La seconde émane de Mme Royal qui, au cours d'une émission d'informations sur France 2, a déclaré que si elle était Premier Secrétaire, elle ne tolérerait pas que des socialistes se critiquent les uns les autres... et que si cela arrivait, "il y aurait des sanctions" ! .... Et, je ne sais trop pourquoi, ces deux déclarations, ont résonné de la même manière à mes oreilles. Et je n'ai pu m'empêche de penser que notre démocratie était bien mal en point !Annie
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