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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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OUVREZ LES UNIVERSITES

Le "besoin de savoir" traduit souvent  la manifestation d’une frustration particulière. En effet, il fut une période où il ne suffisait pourtant pas à assurer un avenir. Pour poursuivre ses études, selon une formule consacrée et galvaudée, la motivation était en effet insuffisante. Elle ne tenait pas compte d'un viatique pour le bac. Elle était trahie par une absence de moyens financiers, ou par la nécessité absolue de "gagner sa vie", selon une autre vérité, annoncée comme une fin de non recevoir à la volonté de continuer à apprendre.
En 1966, quand j’a passé le fameux bac unique de la réforme Fouchet, il y avait eu environ 100 000 reçus. Un nombre ridiculement bas qui se situait à moins de 15 % de ma génération, avec un taux de réussite inférieur à … 50 %. Dix ans plus tard on en était à 24 % d’une génération et à 65 % de réussite. En 86 à 65 % et à 75 % pour peut-être en 2006 terminer à 3 jeunes sur 4 d’une génération, titulaires d’un bac, soit un nombre assez proche de la réussite globale à cet examen. Nul ne songerait à penser que le niveau intellectuel d’il y a 40 ans était inférieur à celui de notre époque, et que la soif de connaître était inférieure à ce qu’elle est maintenant.
De cette période, pourtant, est née un besoin impérieux d’effacer la désillusion de ne pas avoir assez consacré de temps à, non seulement apprendre, mais aussi et plus sûrement, à se cultiver. Le plus fort témoignage vient du succès foudroyant des universités du temps libre. Ces institutions récentes drainent des centaines et même des milliers de retraités, désireux d’assouvir enfin leur besoin de renouer avec le savoir.
Ateliers pratiques, cours intensifs, conférences savantes, visites documentées, découvertes proches ou lointaines : jamais on n’a autant souhaité ne pas vieillir idiots. Ce phénomène va de pair avec le papy boom et plus encore avec la mise à la retraite précoce pour nécessités économiques. Il illustre, dans le fond, la réussite du système éducatif d'antan, qui a su conjuguer liberté d’apprendre, et résultats scolaires purs.

PROFIL DU RETRAITE PARFAIT

Ces "jeunes" frustrés retrouvent donc, avec plaisir, les bancs d’une école où rien n’est enfin exigé si ce n’est la volonté de s’intéresser à autre chose qu’à la morosité ou à la banalité du quotidien. Ils avancent sans la pression, libérés de la notion de rendement et surtout heureux de "s’enrichir" dans la discipline de leur choix. Si vous ajoutez la randonnée pédestre pour maintenir la forme physique, vous avez le profil du retraité parfait.
C’est, en revanche, la fin programmée des clubs de ce 3° âge que personne ne veut atteindre…,et des grandes bouffes qui ne font plus recette car, désormais, il faut absolument vieillir en ayant un esprit sain dans un corps sain ! On redevient étudiant (e) avec un entrain à nul autre pareil, une assiduité qui mériterait des appréciations flatteuses sur un carnet de notes. Ils sont ainsi 8 000 en Aquitaine (dont 144 en Créonnais), à poursuivre les études qu’ils n’ont, majoritairement, jamais eu  le bonheur de faire.

Le problème, c’est que ces nouvelles pratiques sociales sont essentiellement urbaines, et confortent le sentiment que ruralité s’accompagne désormais exclusivement de télé… A l’heure où certains vont à leur cours sur "les fêtes des Flandres" chez Bruegel, d’autres se calent pour faire la sieste devant l’inspecteur Derrick… Il n’y a plus guère de belote dans les cafés, pour occuper les journées pluvieuses. On se morfond à la maison!
Le lien social du partage s’est distendu et malheureusement, on a l’impression justement qu’il ne profite qu’aux plus avertis, aux plus informés, aux plus cultivés. Il est facile de vérifier que, là encore, comme ailleurs, dans une même génération, le fossé se creuse sur la base du parcours professionnel et de l’appétence qu’il a laissé pour le savoir.

RETOUR FUTUR VERS LES MAUVAIS SOUVENIRS

Dans quelques dizaines d’années je ne suis pas certain que cette volonté de progresser sera aussi patente, aussi présente. En effet, il semble que l’acquisition des connaissances soit extrêmement mal vécue par les étudiants actuels. La longueur de leur passage sur les bancs des lycées ou des facs ne les prédisposera pas à un retour futur vers les mauvais souvenirs. Il est déjà écrit que la civilisation des loisirs remplacera, lentement mais sûrement, celle du savoir. On ira au contraire vers la "dépollution", vers l’activité non intellectuelle et surtout vers "l’auto-culture" basée sur les nouvelles technologies de la communication : internet, Cdrom, home cinéma, magazine…L’exotisme l’emportera également sur tout le reste. Il faudra du dépaysement pour séduire. Il sera indispensable d’innover pour espérer faire sortir le retraité de son salon, de son club ou de son triptyque "maison, gazon, télévision".
En 2004, le nombre de retraités est estimé à 13,4 millions, y compris ceux percevant une pension de réversion, ce qui donne une idée exacte de la réalité de leur poids dans la société actuelle. Il faut dire que ceux qui sont actuellement sous ce statut social, représentent les générations du plein emploi. Leurs annuités ont été complètes et ils n’ont pas majoritairement connu de longues périodes d’interruption du statut d’actif. Ils ont donc les moyens de leurs ambitions culturelles et assument donc les frais inhérents à leurs passions. On est aux alentours de 1450 € bruts par mois pour les hommes et de 880 € pour les femmes, auxquels il faut appliquer les prélèvements sociaux. Ces niveaux vont aller désormais en diminuant, mais ils représentent pourtant un eldorado pour la consommation…

VACANCES ET SORTIES

Les marchés les plus typiques des retraités sont ceux de l'alimentation (et notamment de la viande, des graisses, du vin, du cidre ... ), des produits d'entretien, des services traditionnels (coiffure, blanchisserie, réparation des vêtements, services médicaux, journaux en abonnements). Les dépenses de vacances et de sorties sont très importantes pour les classes d'âge inférieures à 70 ans, mais elles sont relativement faibles ensuite. En ce qui concerne l'alimentation, par exemple, les plus jeunes sont séduits par les produits surgelés, les eaux minérales et les fromages, tandis que les plus âgés sont très attirés par les articles de boulangerie, les fruits et les légumes frais. La consommation des retraités des années à venir comporte des aspects prévisible: extension des départs en vacances après 70 ans, par exemple... et d'autres qui le sont moins.
Il est pourtant particulièrement facile aujourd’hui de prédire que les nouveaux services destinés à aider les personnes âgées constitueront un puissant gisement de croissance de la demande et de création d'emplois pour les années à venir. Du portage des repas à domicile, à la vente de certains plats cuisinés industriels, des systèmes de télé-alarme aux alternatives médicales et sociales au placement en institution, ces services sont en effet très nombreux. Mais s' ils constituent un potentiel indéniable, il faut prendre conscience, là aussi, de freins culturels (et pas seulement économiques) à leur développement. On le sait bien trop rarement, mais les retraités actuels veulent être le plus indépendants possible, et refusent souvent jusqu'au dernier moment le recours aux services de proximité.
Selon Robert Rochefort directeur du CREDOC, « par la progression de leur nombre et par celle de leurs revenus, les retraités sont l'avenir obligé de la consommation ». Tiens donc, je vais devenir un cœur de cible, comme le fut il y a quelques années la ménagère de 50 ans !
Mais je déblogue…

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M
Bien vu ce blog ! Continue ainsi ! :)\r\r\r\r Sonnerie Gratuite
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D
Il est pourtant particulièrement facile aujourd’hui de prédire que les nouveaux services destinés à aider les personnes âgées constitueront un puissant gisement de croissance de la demande et de création d'emplois.<br /> Un puissant gisement de croissance commerciale certainement, de création d'emploi cela reste encore à le démontrer.<br /> En effet si l'on examine dans le détail l'opération "internet accompagné " lancé par le gouvernement cette semaine, cela semble se réduire plus à vendre des ordinateurs accompagné de 4 heures de formation par des organismes partenaires bien ciblés, et on ne voit pas bien comment l'ensemble des prestataires de services à la personne pourraient se développer sur ce créneau, sachant que tout est organisé au profit des organisateurs!<br />
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